Il est 6h30 ce matin et j’attends le RER dans ma station de banlieue lointaine. Sur le grillage vert qui nous sépare de la rue et au-delà de la voie ferrée, une grosse corneille me regarde fixement. Usée par les ans, le plumage amoché, elle ne craille ni ne graille, elle me fixe sans un bruit. Alors que je prends conscience de son regard, passe un vol de canards, escadrille sympathique d’une dizaine de volatiles au cou tendu, volant assez bas et cancanant bruyamment. Ils font un large demi-cercle et s’éloignent dans le petit matin humide. La corneille agacée prend son élan et s’en va dans...

Lire la suite 0