J’ai dix ans ou moins, je ne sais plus. Nous habitons Paris, rue Richer, comme vous le savez maintenant. Mes parents ont dressé le sapin il y a quelques jours, son odeur embaume l’appartement et ses aiguilles commencent à se répandre sur le linoléum, nous sommes à la fin des années cinquante, les marchands ne vendent que de véritables sapins tout bêtes, pas encore traités ou obtenus par croisement afin de se conserver plus longtemps dans les logements trop chauffés pour eux. J’ai écrit ma lettre au Père Noël en m’appliquant, car si le pauvre vieux n’arrive pas à me lire c’est moi qui...

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