24.11.2009

Les vitrines de Noël

Le week-end dernier je me suis rendu en pèlerinage à Sèvres Babylone, comme tout les ans vers cette époque, traîner dans les rayons du Bon Marché ce magasin parisien qui sent encore son Boucicaut et les traditions, trait d'union entre les grands magasins de notre capitale et les enseignes Britanniques comme Harrod's. Car je ne sais pas pourquoi mais ce magasin me rappelle toujours ces temples londoniens où le bon chic bon genre aime prendre ses quartiers. Dans les rayons, cashmeres et tweeds fricotent avec les soies. Le bourgeois vient y faire ses courses en famille, ici on flâne dans les allées sans brusquerie, on tâte d'une main experte les étoffes sans s'inquiéter des prix, ensuite on passe dans l'autre magasin consacré à l'alimentaire, étalages à profusion de produits de qualité, thés et confitures, viandes et poissons, pains et mille autres appétissants attraits.

Quand vient Noël, le coin décorations au dernier étage et les vitrines à l'extérieur savaient restituer cette ambiance festive de mon enfance. Las ! Tout s'écroule. Le coin décorations pour le sapin est d'une froideur à transir toute velléité et les vitrines sont à pleurer de rage. Dans tous les magasins, les décors de Noël me font penser à ce qu'on appelait la nouvelle cuisine il y a encore peu de temps (mais on commence à faire marche arrière), trois haricots verts alignés contre un morceau de poisson large comme mon pouce ou pire encore les fameuses émulsions qui devaient affoler les papilles. Ne sachant plus quoi inventer - car hors de l'invention il n'y a pas de vie - on se rue dans le n'importe quoi, l'important étant de faire moderne. Pour en revenir aux vitrines, il ne reste quasiment rien de Noël. Bien entendu l'aspect originel de la tradition religieuse a été effacé au maximum au fil des ans, en ces temps de diktats contre toute manifestation ostentatoire de sa religion il n'eût plus manqué de voir des vitrines caillassées, et plus le Noël des marchands devient laïc plus il devient laid. Finies les décors de neige, les rênes et autres animaux gambadant dans la forêt, tirés des livres d'images des enfants. Aujourd'hui les vitrines sont pour les adultes, néons clinquants, verre et métal, message subliminal que seul la lecture du dossier de presse permet d'expliciter. Cachez ce Noël que je ne saurais voir, mais trouvons une combine pour que le client continue à rappliquer.

Je suis certainement dépassé par les évènements et n'ayant pas d'enfants, je m'égare sûrement, les gosses d'aujourd'hui s'émerveillent peut-être devant ces vitrines sinistres pour mon goût. D'ailleurs Noël en soit, ils n'en ont rien à battre, du moment que l'école est fermée et qu'ils reçoivent la paire de Nike ou la PlayStation qu'ils espèrent.

Du coup en rentrant de ma tournée des Grands Magasins, je repensais à mon billet d'il y a quelques jours où je fustigeais la hâte des magasins à afficher dès la mi-novembre Noël ; j'avais critiqué le goût déplorable de Bricolex avec ses Pères Noël gonflables bêtement suspendus dans leurs vitrines, mais je m'aperçois que ce sont eux qui restent finalement au plus près de la tradition. Les bras m'en tombent de découragement, en ce nouveau millénaire, pour rêver de mes Noëls d'antan, il ne me reste plus que Bricolex pour me souvenir. Quelle mascarade !          

 

11.11.2009

Pourquoi se forment les guerres

La dernière semaine de la paix passa, les ordres de mobilisation générale traversaient l'Europe comme des éclairs, les derniers télégrammes diplomatiques filaient vers le ciel. Ces chocs ébranlaient à peine la sérénité de la ville. Le nombre des hommes angoissés avait légèrement augmenté : Antoine Bloyé était enfin parmi eux. Il y avait déjà dans le monde des chemins de fer un certain remue-ménage, une certaine rumeur de préparatifs sensible à un homme aussi familier que lui avec l'air de sa Compagnie. Des instructions commençaient à descendre des grands bureaux. Il sut que la guerre était complètement montée, comme une grande machine ; il n'y avait plus qu'à donner le contact pour qu'elle tournât...

Antoine était un homme qui n'avait pas d'idées politiques, c'était simplement un homme qui voulait continuer à faire en paix le travail qu'il savait faire, et il se tournait vers ses ouvriers comme vers la seule force capable de protéger sa propre vie, sa propre paix. Il y avait des millions d'hommes en France semblables à lui, mais qui ignoraient comme lui pourquoi se forment les guerres.

Paul Nizan  Antoine Bloyé  Les Cahiers Rouges chez Grasset

07.11.2009

Imbéciles !

Ca me reprend, je m'énerve. Je suis souvent agacé c'est vrai. Dès que je sors de chez moi j'ai l'impression d'être cerné par la bêtise, poursuivi par la connerie humaine, traqué par l'imbécillité de notre société moderne. Et là ça y est, mon énervement saisonnier me reprend, comme tous les ans à la même époque. J'ai certainement déjà écrit dans ce blog sur ce tourment, il faudrait remonter dans l'historique ou taper un mot clé dans le moteur de recherche, je suis certain qu'on retrouvera trace de tout cela. Imbéciles !

Je viens de passer devant la boutique Bricolex à côté de chez moi. Je cafte cette enseigne, mais c'est pour mieux focaliser ma haine, tous les commerces s'y mettent. Nous sommes au tout début du mois de novembre et déjà les vitrines sont à l'heure de Noël, chez Bricolex les ignobles Pères Noël en plactoc gonflable sont suspendus à leurs cordes comme des jambons. Nous fêterons la Nativité dans presque deux mois mais déjà les marchands sont sur le pont. Je comprends bien qu'ils ne vont pas faire leurs étalages à la dernière minute, mais ils pourraient avoir la décence d'attendre décembre. Toujours vouloir accélérer le mouvement, vouloir être les premiers mais comme tout le monde fait pareil, tout s'annule. Imbéciles !

Les achats de rentrée des classes se font en juillet, ceux de Noël en novembre, les soldes d'été avant que l'été ne batte son plein, idem pour l'hiver, la saison du blanc de janvier démarre en décembre etc. Je peux aussi citer les agendas, qui désormais ne commencent pas au 1er janvier mais au lundi 23 novembre ! Je vous le jure, je viens d'acheter mon agenda 2010, un Exacompta, la première page est datée de novembre. On croit rêver, on se pince, mais non ç'est la réalité vraie. La triste réalité de cette époque où rien ne vient assez rapidement, tout doit être instantané comme le café soluble et les plats micro-ondables. Imbéciles !

Pour emmerder le monde, je ne ferai aucun achat de Noël en novembre, marchands du Temple je vais vous pourrir votre ratio chiffre d'affaire saisonnier / mètre carré de surface de vente. Réveillons-nous, ne subissons plus le diktat des commerces toujours pressés de transférer notre avoir dans leurs tiroirs-caisses. Imbéciles !       

 

27.10.2009

Remise à l'heure

Dans la nuit de samedi à dimanche nous avons changé d'heure. Deux fois l'an nous devons remettre à l'heure tous les appareils domestiques qui ne savent pas le faire eux-mêmes. Cette remise à niveau porte ses fruits ; la semaine dernière - avant le changement d'heure donc - quand je me levais le matin à l'aube pour aller bosser, j'allumais la lumière, ce lundi - après le changement d'heure donc - j'allume toujours la lumière. La semaine dernière - avant le changement d'heure donc - quand je rentrais du travail je n'avais pas besoin d'allumer la lumière durant une petite heure, hier quand je suis rentré du travail à la même heure, j'ai allumé la lumière immédiatement !

Je n'ai certainement pas bien compris le but de la manœuvre, car tout ce que je constate c'est que je vais dépenser plus d'électricité !   

23.09.2009

Le pigeon

C'est le Mail & Guardian qui nous donne cette information. A l'heure d'Internet et de l'ADSL on pensait que la technologie avait enterré pour toujours les pratiques des temps jadis, mais on avait peut-être tort. La preuve, en Afrique du Sud devant la lenteur de l'opérateur national Telkom, une société a fait un test pour comparer le transfert de données par Internet et par ... un pigeon voyageur !

Un brave pigeon nommé Winston, c'est son moment de gloire alors citons son nom, qui s'était vu confier une carte mémoire de 4 gigas fixée à la patte, a mis 1h08 pour relier deux filiales de l'entreprise distantes de 67km et le transfert des données a pris 2h06. Dans ce même temps, seules 4% des données avaient pu être transmises par le biais d'Internet. Pigeon 1 - Internet 0.

Je ne sais pas si on doit tirer une morale de cette histoire mais entre ceux qui ont souscrit un abonnement Internet chez Telkom et Winston, je ne sais pas qui est réellement le pigeon !

   

13.09.2009

Tintin au Congo

Tintin.jpgJ'apprends par la presse qu'un Belge d'origine congolaise tente de relancer une nouvelle procédure en France cette fois, contre la BD d'Hergé Tintin au Congo, afin d'en dénoncer « le caractère raciste et xénophobe ». Il y a deux ans en 2007 il avait déjà initié la même manœuvre dans son pays. Il voudrait que l'album soit retiré de la vente. Carrément !

Une fois encore ça m'énerve au plus haut point. Cette bande dessinée est parue en 1931 pour sa première version, il faut se remettre dans le contexte de l'époque, les mentalités n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui. Les gens ne voyaient pas les choses de la même façon, et je ne porte aucun jugement de valeur sur cette réflexion, d'ailleurs que vaudront nos mentalités de 2009 en 2100 ? Bien malin, pour ne pas dire prétentieux, celui qui pourrait le dire. On ne va pas réécrire l'Histoire en permanence.

Et puis il ne faut pas charrier, il ne s'agit pas d'un texte de propagande ou un pamphlet raciste, ce n'est qu'une bande dessinée, pleine d'invraisemblances qui montrent bien que nous sommes dans la fiction. Quand page 19 la voiture de Tintin est heurtée par un train lancé à pleine vitesse, c'est le train qui déraille alors que la voiture n'a rien ! Quand page 22 Tintin est attaqué par un lion nous sommes dans le comique (la quatrième case de la page sera d'ailleurs reprise pour une pub célèbre).

De plus Tintin prend toujours la défense des faibles ou tente d'apporter du soulagement partout où il passe ; toujours dans ce même album, page 27 il sépare deux indigènes qui se battent pour un motif futile (un chapeau) et page suivante il soigne un malade avec de la quinine. Dans un autre livre, il risquera sa vie pour sauver un jeune Chinois (Tintin au Tibet) etc.

A force de vouloir refaire le monde passé, on gèle les initiatives ou pensées qui pourraient améliorer notre monde présent par crainte de dévier du politiquement correct. Ce terrorisme intellectuel devient de plus en plus insupportable.

11.09.2009

Rien n’y fera jamais plus rien

A la question bateau « où étiez-vous le 11 septembre 2001 ? » tout le monde peut fournir une réponse. Moi aussi j'ai un alibi comme ils disent dans les films policiers, je me souviens très bien que j'étais en vacances. J'ai l'habitude de partir en juin ou septembre et cette année là c'était septembre, j'étais à Jussac un petit village du Cantal.

Nous étions partis en balade avec ma femme et l'après-midi en rentrant, prémonition ou instinct, n'ayant pas écouté les informations de toute la journée - en vacances je n'emporte pas la radio et la télévision n'est allumée que le soir - j'ai branché le poste de télé. Le son était en sourdine et je vidais mon sac tout en discutant avec ma femme quand mon cerveau a enregistré une information floue, une sensation tragique en provenance du poste. J'ai brutalement interrompu notre discussion et me suis rué sur la télévision pour monter le volume. Les images montrant les avions qui s'encastraient dans les tours et les commentaires catastrophés du présentateur nous ont scotchés devant l'écran. Nos yeux voyaient, nos oreilles entendaient mais notre cerveau n'arrivait pas à enregistrer l'information, quelque part un contrôle de vraisemblance lui intimait l'ordre de ne pas le croire, les faits présentés ne pouvaient pas être réels ; il devait nous manquer des données, un flux d'informations avait été rompu, nos neurones étaient paralysés, impuissants devant ce cas de figure non prévu.

Nous sommes restés plusieurs heures assis devant la télévision à regarder les mêmes images qui tournaient en boucle, à écouter ces commentaires qui ne voulaient rien dire puisqu'à cette heure les journalistes ne savaient rien.  Nous ne parlions pas, abasourdis devant l'évènement qui lentement maintenant se frayait un chemin vers notre cerveau qui commençait seulement à accepter les faits. L'Amérique touchée sur son sol, New York la ville phare gravement blessée en son cœur, Manhattan à genoux dans la fumée noire, la poussière envahissante et les gravats monstrueux alors qu'à quelques encablures à peine la Statue de la Liberté, cruelle ironie de la situation, scrutait cette dévastation à la lueur de sa chandelle.

Longtemps, très longtemps j'ai regardé les avions frapper inexorablement les Twin Towers, les reportages se complétant d'heure en heure d'images nouvelles, d'angles de prises de vue différents, mais à chaque fois les avions touchaient leur cible. Un sanglot restait coincé dans ma gorge alors que mes yeux hallucinés n'en finissaient pas de s'assécher à suivre les reportages diffusés par les écrans cathodiques. Rien n'y ferait jamais rien, ces images sont désormais gravées pour toujours dans nos mémoires collectives, une nouvelle page de l'histoire du Mal venait d'être tournée.

08.09.2009

Quelle rigolade

Samedi je me promenais dans les Jardins du Luxembourg à Paris quand mon attention fut attirée par des éclats de voix lointains. La première fois je n'y ai pas fait attention plus que cela, mais ils se sont répétés comme une houle sonore, alors je me suis laissé guider par ces vociférations qui néanmoins semblaient joyeuses. Et je suis tombé sur une bande de gais lurons qui riaient aux éclats. D'habitude à cet endroit des jardins le samedi, ce sont de silencieux adeptes du tai-chi, gymnastique chinoise, qui s'adonnent à leur art fait de gestes gracieux déliant le corps pour délivrer l'esprit. Aujourd'hui une nuée de zébulons guidés par un « maître », se livraient à des exercices physiques accompagnés de rires forcés. Je compris que j'étais tombé sur un groupe de relaxation par le rire. Un de ces nouveaux concepts qui remplissent chaque mois les pages des journaux féminins comme étant la source du bonheur, la méthode ultime du bien être retrouvé, la solution à tous vos problèmes de stress.

Il est vrai qu'une étude aurait démontré qu'on ne riait plus que 5mn par jour alors qu'il y a cent ans on riait 30mn. Inutile de dire que ce genre de conclusion ne pouvait qu'inciter coaches et gurus en tous genres à sauter sur l'occasion avant de sauter sur votre porte-monnaie pour vous vendre des méthodes infaillibles qui vous débloqueraient le boyau de la rigolade.

A regarder ces braves gens s'agiter et exercer leur zygomatique sous les directives de leur professeur, je me suis demandé dans quel genre de monde nous vivions désormais ; un monde où il faut apprendre à rire aujourd'hui, un monde où il faudra apprendre à respirer demain ?

Quand je me suis éloigné, ils continuaient à s'esclaffer et moi aussi d'ailleurs, mais riions nous pour les mêmes raisons, rien n'est moins sûr.        

07.09.2009

Un mauvais feuilleton

Depuis de très longs mois TF1 diffusait une série française dont les épisodes nous étaient distillés à dates irrégulières. Vous avez certainement regardé un ou plusieurs de ces épisodes car à chaque fois il en était fait grand battage dans la presse avec interview des acteurs et du metteur en scène. Bien qu'à chaque fois ou presque j'ai été déçu, soit par le jeu des acteurs, soit par le scénario concocté par le metteur en scène, je me suis entêté à suivre le feuilleton. Je vous en rappelle le synopsis, une bande d'une vingtaine de jeunes garçons sous la férule d'un acteur de théâtre amateur et adepte du tarot, se sont lancés dans la quête d'un graal moderne.

Il est vrai que résumée ainsi, l'histoire ne semblait pas palpitante, pourtant j'avais encore en mémoire une série similaire qui avait vu son dénouement un soir de juillet 1998, où la France toute entière scotchée devant son poste de télévision avait versée des larmes de bonheur, tant l'épilogue avait été magnifique.

Alors je me suis forcé, j'ai vainement tenté de trouver un intérêt à ces interminables épisodes de 90mn où les acteurs s'épuisaient en agitations stériles, me laissant chaque fois sur ma faim ou carrément effondré devant tant de nullité. Certains voulaient qu'on vire le réalisateur, moi-même j'étais dubitatif ; globalement les acteurs étaient bons, ils jouaient dans des films à l'étranger ou en France et leur côte était au plus haut, donc le problème ne venait pas d'eux. Eussent-ils été mauvais que la faute en aurait incombé au réalisateur qui n'avait pas su dresser un bon casting. Le scénario n'était peut-être pas bien adapté aux situations développées par l'intrigue, là encore le scénariste et metteur en scène en portait toute la responsabilité, puisque c'était lui qui donnait les consignes de jeu aux acteurs. Quelque fût l'angle sous lequel j'essayais d'analyser la faillite de cette série, la faute en revenait toujours au metteur en scène.

Non seulement le feuilleton était pénible, mais quand le metteur en scène était interrogé par la presse, il avait le don d'exaspérer les gens par ses réponses ou son attitude qui dégageait un parfum de désinvolture agaçante. Des contrats avaient été signés, de grosses sommes d'argent avaient été investies, il n'était plus possible d'arrêter la machine, tous les épisodes de la saison 1 devaient implacablement nous être montrés. Je n'avais plus qu'un souhait, qu'on en finisse une bonne fois pour toute, qu'il n'y ait pas de saison 2 pour ces matches de qualification à la Coupe du Monde de football !       

31.08.2009

Malade de la grippe A

La grippe A n'en finit plus de faire des ravages. Plus dans les esprits que dans les corps d'ailleurs. Depuis des semaines et des mois on n'arrête pas de nous l'annoncer, qui l'a vue dans tel pays, qui l'a aperçue dans tel autre, un mort par ici, deux morts par là. Lentement mais sûrement médias et gouvernements font monter la psychose comme ma femme la mayonnaise. Les premiers pour vendre de l'information, « toujours être le premier sur l'évènement coco », les seconds en vertu du sacro-saint principe qu'il vaut mieux prévenir que guérir et surtout ne pas avoir à se colleter une casserole au cul genre sang contaminé, on savait mais on n'a rien fait.

Poussées par les plus hautes instances, les entreprises ont emboîté le pas et diffusent à leurs employés des consignes sanitaires très pointues comme « couvrez-vous la bouche quand vous éternuez et lavez-vous les mains », car il existe de gros dégueulasses à qui il est nécessaire de rappeler cette moindre règle de bienséance. Des plans internes sont dressés pour pallier à un éventuel absentéisme de masse et continuer à faire fonctionner les entreprises, car si on craint que les employés soient malades et absents, on espère que les clients seront toujours en bonne santé pour venir faire leurs achats chez nous.

La grippe porcine est devenue grippe A, du péjoratif qualificatif animalier elle est passée au nom de code plus anonyme, donc plus sérieux et par là même plus inquiétant. Le politiquement correct invite à la fermer, nombreux s'y emploient. Pour l'instant d'un évènement mineur on nous fait une montagne à venir ; pourtant tous les ans des gens meurent de la grippe sans que tambours ne soient battus. On nous avait prédit mille maux lors du passage en l'an 2000, à part une ou deux gueules de bois suite au réveillon il ne s'est rien passé. Aujourd'hui la trouille en ombre portée devançant l'arrivée de la grippe est le nouveau scénario de la rentrée.

Longtemps on nous a recommandé de « ne pas sortir sans être couverts » c'est-à-dire d'avoir un (pour les petits joueurs) préservatif dans sa poche, demain il faudra circuler avec un masque prophylactique ; les marchands d'armoire à pharmacie portable doivent déjà se frotter les mains ! Ca me rend malade.    

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