07.11.2009
Imbéciles !
Ca me reprend, je m'énerve. Je suis souvent agacé c'est vrai. Dès que je sors de chez moi j'ai l'impression d'être cerné par la bêtise, poursuivi par la connerie humaine, traqué par l'imbécillité de notre société moderne. Et là ça y est, mon énervement saisonnier me reprend, comme tous les ans à la même époque. J'ai certainement déjà écrit dans ce blog sur ce tourment, il faudrait remonter dans l'historique ou taper un mot clé dans le moteur de recherche, je suis certain qu'on retrouvera trace de tout cela. Imbéciles !
Je viens de passer devant la boutique Bricolex à côté de chez moi. Je cafte cette enseigne, mais c'est pour mieux focaliser ma haine, tous les commerces s'y mettent. Nous sommes au tout début du mois de novembre et déjà les vitrines sont à l'heure de Noël, chez Bricolex les ignobles Pères Noël en plactoc gonflable sont suspendus à leurs cordes comme des jambons. Nous fêterons la Nativité dans presque deux mois mais déjà les marchands sont sur le pont. Je comprends bien qu'ils ne vont pas faire leurs étalages à la dernière minute, mais ils pourraient avoir la décence d'attendre décembre. Toujours vouloir accélérer le mouvement, vouloir être les premiers mais comme tout le monde fait pareil, tout s'annule. Imbéciles !
Les achats de rentrée des classes se font en juillet, ceux de Noël en novembre, les soldes d'été avant que l'été ne batte son plein, idem pour l'hiver, la saison du blanc de janvier démarre en décembre etc. Je peux aussi citer les agendas, qui désormais ne commencent pas au 1er janvier mais au lundi 23 novembre ! Je vous le jure, je viens d'acheter mon agenda 2010, un Exacompta, la première page est datée de novembre. On croit rêver, on se pince, mais non ç'est la réalité vraie. La triste réalité de cette époque où rien ne vient assez rapidement, tout doit être instantané comme le café soluble et les plats micro-ondables. Imbéciles !
Pour emmerder le monde, je ne ferai aucun achat de Noël en novembre, marchands du Temple je vais vous pourrir votre ratio chiffre d'affaire saisonnier / mètre carré de surface de vente. Réveillons-nous, ne subissons plus le diktat des commerces toujours pressés de transférer notre avoir dans leurs tiroirs-caisses. Imbéciles !
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27.10.2009
Remise à l'heure
Dans la nuit de samedi à dimanche nous avons changé d'heure. Deux fois l'an nous devons remettre à l'heure tous les appareils domestiques qui ne savent pas le faire eux-mêmes. Cette remise à niveau porte ses fruits ; la semaine dernière - avant le changement d'heure donc - quand je me levais le matin à l'aube pour aller bosser, j'allumais la lumière, ce lundi - après le changement d'heure donc - j'allume toujours la lumière. La semaine dernière - avant le changement d'heure donc - quand je rentrais du travail je n'avais pas besoin d'allumer la lumière durant une petite heure, hier quand je suis rentré du travail à la même heure, j'ai allumé la lumière immédiatement !
Je n'ai certainement pas bien compris le but de la manœuvre, car tout ce que je constate c'est que je vais dépenser plus d'électricité !
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23.09.2009
Le pigeon
C'est le Mail & Guardian qui nous donne cette information. A l'heure d'Internet et de l'ADSL on pensait que la technologie avait enterré pour toujours les pratiques des temps jadis, mais on avait peut-être tort. La preuve, en Afrique du Sud devant la lenteur de l'opérateur national Telkom, une société a fait un test pour comparer le transfert de données par Internet et par ... un pigeon voyageur !
Un brave pigeon nommé Winston, c'est son moment de gloire alors citons son nom, qui s'était vu confier une carte mémoire de 4 gigas fixée à la patte, a mis 1h08 pour relier deux filiales de l'entreprise distantes de 67km et le transfert des données a pris 2h06. Dans ce même temps, seules 4% des données avaient pu être transmises par le biais d'Internet. Pigeon 1 - Internet 0.
Je ne sais pas si on doit tirer une morale de cette histoire mais entre ceux qui ont souscrit un abonnement Internet chez Telkom et Winston, je ne sais pas qui est réellement le pigeon !
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13.09.2009
Tintin au Congo
J'apprends par la presse qu'un Belge d'origine congolaise tente de relancer une nouvelle procédure en France cette fois, contre la BD d'Hergé Tintin au Congo, afin d'en dénoncer « le caractère raciste et xénophobe ». Il y a deux ans en 2007 il avait déjà initié la même manœuvre dans son pays. Il voudrait que l'album soit retiré de la vente. Carrément !
Une fois encore ça m'énerve au plus haut point. Cette bande dessinée est parue en 1931 pour sa première version, il faut se remettre dans le contexte de l'époque, les mentalités n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui. Les gens ne voyaient pas les choses de la même façon, et je ne porte aucun jugement de valeur sur cette réflexion, d'ailleurs que vaudront nos mentalités de 2009 en 2100 ? Bien malin, pour ne pas dire prétentieux, celui qui pourrait le dire. On ne va pas réécrire l'Histoire en permanence.
Et puis il ne faut pas charrier, il ne s'agit pas d'un texte de propagande ou un pamphlet raciste, ce n'est qu'une bande dessinée, pleine d'invraisemblances qui montrent bien que nous sommes dans la fiction. Quand page 19 la voiture de Tintin est heurtée par un train lancé à pleine vitesse, c'est le train qui déraille alors que la voiture n'a rien ! Quand page 22 Tintin est attaqué par un lion nous sommes dans le comique (la quatrième case de la page sera d'ailleurs reprise pour une pub célèbre).
De plus Tintin prend toujours la défense des faibles ou tente d'apporter du soulagement partout où il passe ; toujours dans ce même album, page 27 il sépare deux indigènes qui se battent pour un motif futile (un chapeau) et page suivante il soigne un malade avec de la quinine. Dans un autre livre, il risquera sa vie pour sauver un jeune Chinois (Tintin au Tibet) etc.
A force de vouloir refaire le monde passé, on gèle les initiatives ou pensées qui pourraient améliorer notre monde présent par crainte de dévier du politiquement correct. Ce terrorisme intellectuel devient de plus en plus insupportable.
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11.09.2009
Rien n’y fera jamais plus rien
A la question bateau « où étiez-vous le 11 septembre 2001 ? » tout le monde peut fournir une réponse. Moi aussi j'ai un alibi comme ils disent dans les films policiers, je me souviens très bien que j'étais en vacances. J'ai l'habitude de partir en juin ou septembre et cette année là c'était septembre, j'étais à Jussac un petit village du Cantal.
Nous étions partis en balade avec ma femme et l'après-midi en rentrant, prémonition ou instinct, n'ayant pas écouté les informations de toute la journée - en vacances je n'emporte pas la radio et la télévision n'est allumée que le soir - j'ai branché le poste de télé. Le son était en sourdine et je vidais mon sac tout en discutant avec ma femme quand mon cerveau a enregistré une information floue, une sensation tragique en provenance du poste. J'ai brutalement interrompu notre discussion et me suis rué sur la télévision pour monter le volume. Les images montrant les avions qui s'encastraient dans les tours et les commentaires catastrophés du présentateur nous ont scotchés devant l'écran. Nos yeux voyaient, nos oreilles entendaient mais notre cerveau n'arrivait pas à enregistrer l'information, quelque part un contrôle de vraisemblance lui intimait l'ordre de ne pas le croire, les faits présentés ne pouvaient pas être réels ; il devait nous manquer des données, un flux d'informations avait été rompu, nos neurones étaient paralysés, impuissants devant ce cas de figure non prévu.
Nous sommes restés plusieurs heures assis devant la télévision à regarder les mêmes images qui tournaient en boucle, à écouter ces commentaires qui ne voulaient rien dire puisqu'à cette heure les journalistes ne savaient rien. Nous ne parlions pas, abasourdis devant l'évènement qui lentement maintenant se frayait un chemin vers notre cerveau qui commençait seulement à accepter les faits. L'Amérique touchée sur son sol, New York la ville phare gravement blessée en son cœur, Manhattan à genoux dans la fumée noire, la poussière envahissante et les gravats monstrueux alors qu'à quelques encablures à peine la Statue de la Liberté, cruelle ironie de la situation, scrutait cette dévastation à la lueur de sa chandelle.
Longtemps, très longtemps j'ai regardé les avions frapper inexorablement les Twin Towers, les reportages se complétant d'heure en heure d'images nouvelles, d'angles de prises de vue différents, mais à chaque fois les avions touchaient leur cible. Un sanglot restait coincé dans ma gorge alors que mes yeux hallucinés n'en finissaient pas de s'assécher à suivre les reportages diffusés par les écrans cathodiques. Rien n'y ferait jamais rien, ces images sont désormais gravées pour toujours dans nos mémoires collectives, une nouvelle page de l'histoire du Mal venait d'être tournée.
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08.09.2009
Quelle rigolade
Samedi je me promenais dans les Jardins du Luxembourg à Paris quand mon attention fut attirée par des éclats de voix lointains. La première fois je n'y ai pas fait attention plus que cela, mais ils se sont répétés comme une houle sonore, alors je me suis laissé guider par ces vociférations qui néanmoins semblaient joyeuses. Et je suis tombé sur une bande de gais lurons qui riaient aux éclats. D'habitude à cet endroit des jardins le samedi, ce sont de silencieux adeptes du tai-chi, gymnastique chinoise, qui s'adonnent à leur art fait de gestes gracieux déliant le corps pour délivrer l'esprit. Aujourd'hui une nuée de zébulons guidés par un « maître », se livraient à des exercices physiques accompagnés de rires forcés. Je compris que j'étais tombé sur un groupe de relaxation par le rire. Un de ces nouveaux concepts qui remplissent chaque mois les pages des journaux féminins comme étant la source du bonheur, la méthode ultime du bien être retrouvé, la solution à tous vos problèmes de stress.
Il est vrai qu'une étude aurait démontré qu'on ne riait plus que 5mn par jour alors qu'il y a cent ans on riait 30mn. Inutile de dire que ce genre de conclusion ne pouvait qu'inciter coaches et gurus en tous genres à sauter sur l'occasion avant de sauter sur votre porte-monnaie pour vous vendre des méthodes infaillibles qui vous débloqueraient le boyau de la rigolade.
A regarder ces braves gens s'agiter et exercer leur zygomatique sous les directives de leur professeur, je me suis demandé dans quel genre de monde nous vivions désormais ; un monde où il faut apprendre à rire aujourd'hui, un monde où il faudra apprendre à respirer demain ?
Quand je me suis éloigné, ils continuaient à s'esclaffer et moi aussi d'ailleurs, mais riions nous pour les mêmes raisons, rien n'est moins sûr.
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07.09.2009
Un mauvais feuilleton
Depuis de très longs mois TF1 diffusait une série française dont les épisodes nous étaient distillés à dates irrégulières. Vous avez certainement regardé un ou plusieurs de ces épisodes car à chaque fois il en était fait grand battage dans la presse avec interview des acteurs et du metteur en scène. Bien qu'à chaque fois ou presque j'ai été déçu, soit par le jeu des acteurs, soit par le scénario concocté par le metteur en scène, je me suis entêté à suivre le feuilleton. Je vous en rappelle le synopsis, une bande d'une vingtaine de jeunes garçons sous la férule d'un acteur de théâtre amateur et adepte du tarot, se sont lancés dans la quête d'un graal moderne.
Il est vrai que résumée ainsi, l'histoire ne semblait pas palpitante, pourtant j'avais encore en mémoire une série similaire qui avait vu son dénouement un soir de juillet 1998, où la France toute entière scotchée devant son poste de télévision avait versée des larmes de bonheur, tant l'épilogue avait été magnifique.
Alors je me suis forcé, j'ai vainement tenté de trouver un intérêt à ces interminables épisodes de 90mn où les acteurs s'épuisaient en agitations stériles, me laissant chaque fois sur ma faim ou carrément effondré devant tant de nullité. Certains voulaient qu'on vire le réalisateur, moi-même j'étais dubitatif ; globalement les acteurs étaient bons, ils jouaient dans des films à l'étranger ou en France et leur côte était au plus haut, donc le problème ne venait pas d'eux. Eussent-ils été mauvais que la faute en aurait incombé au réalisateur qui n'avait pas su dresser un bon casting. Le scénario n'était peut-être pas bien adapté aux situations développées par l'intrigue, là encore le scénariste et metteur en scène en portait toute la responsabilité, puisque c'était lui qui donnait les consignes de jeu aux acteurs. Quelque fût l'angle sous lequel j'essayais d'analyser la faillite de cette série, la faute en revenait toujours au metteur en scène.
Non seulement le feuilleton était pénible, mais quand le metteur en scène était interrogé par la presse, il avait le don d'exaspérer les gens par ses réponses ou son attitude qui dégageait un parfum de désinvolture agaçante. Des contrats avaient été signés, de grosses sommes d'argent avaient été investies, il n'était plus possible d'arrêter la machine, tous les épisodes de la saison 1 devaient implacablement nous être montrés. Je n'avais plus qu'un souhait, qu'on en finisse une bonne fois pour toute, qu'il n'y ait pas de saison 2 pour ces matches de qualification à la Coupe du Monde de football !
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| Tags : football, coupe du monde de football |
31.08.2009
Malade de la grippe A
La grippe A n'en finit plus de faire des ravages. Plus dans les esprits que dans les corps d'ailleurs. Depuis des semaines et des mois on n'arrête pas de nous l'annoncer, qui l'a vue dans tel pays, qui l'a aperçue dans tel autre, un mort par ici, deux morts par là. Lentement mais sûrement médias et gouvernements font monter la psychose comme ma femme la mayonnaise. Les premiers pour vendre de l'information, « toujours être le premier sur l'évènement coco », les seconds en vertu du sacro-saint principe qu'il vaut mieux prévenir que guérir et surtout ne pas avoir à se colleter une casserole au cul genre sang contaminé, on savait mais on n'a rien fait.
Poussées par les plus hautes instances, les entreprises ont emboîté le pas et diffusent à leurs employés des consignes sanitaires très pointues comme « couvrez-vous la bouche quand vous éternuez et lavez-vous les mains », car il existe de gros dégueulasses à qui il est nécessaire de rappeler cette moindre règle de bienséance. Des plans internes sont dressés pour pallier à un éventuel absentéisme de masse et continuer à faire fonctionner les entreprises, car si on craint que les employés soient malades et absents, on espère que les clients seront toujours en bonne santé pour venir faire leurs achats chez nous.
La grippe porcine est devenue grippe A, du péjoratif qualificatif animalier elle est passée au nom de code plus anonyme, donc plus sérieux et par là même plus inquiétant. Le politiquement correct invite à la fermer, nombreux s'y emploient. Pour l'instant d'un évènement mineur on nous fait une montagne à venir ; pourtant tous les ans des gens meurent de la grippe sans que tambours ne soient battus. On nous avait prédit mille maux lors du passage en l'an 2000, à part une ou deux gueules de bois suite au réveillon il ne s'est rien passé. Aujourd'hui la trouille en ombre portée devançant l'arrivée de la grippe est le nouveau scénario de la rentrée.
Longtemps on nous a recommandé de « ne pas sortir sans être couverts » c'est-à-dire d'avoir un (pour les petits joueurs) préservatif dans sa poche, demain il faudra circuler avec un masque prophylactique ; les marchands d'armoire à pharmacie portable doivent déjà se frotter les mains ! Ca me rend malade.
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| Tags : la grippe a |
21.08.2009
Pour lutter contre la canicule
La chaleur de ces derniers jours, voire la canicule pour certains, nous a assommés et peut-être avez-vous souhaité secrètement un retour de la saison froide. Soyons raisonnables, nous sommes en été et c'est le temps de la chaleur, quand viendra l'hiver ce sera celui des gelées. Néanmoins pour vous aider à passer ce cap thermométrique, je vous offre ces quelques lignes :
« Sitôt la port ouverte, le supplice recommence. Comme si la chaleur juste accumulée s'évaporait... Nous n'avons qu'un kilomètre à franchir, mais à hauteur de la poste, dans la rue déserte que nous remontons à grands pas, le vent souffle du nord ; il s'attaque à toute chaire exposée. En tirant la luge qui crisse sur la neige, un espace s'entrouvre à mon poignet droit. La brûlure est vive, tandis que ma main s'engourdit aussi de sa crispation sur la corde. Une écharpe, deux bonnets et une capuche protègent mon visage, mais l'air glacé dépose un peu de givre sur mes cils, m'obligeant à cligner sans cesse des yeux. Avec son Yukon hat et l'écharpe qu'elle presse contre sa face d'une main emmitouflée, Debbie semble mieux résister que moi. L'air lui brûle pourtant les poumons, ainsi qu'elle me le confiera plus tard. Je n'éprouve pas la suffocation que les auteurs mentionnent sous -50°. Malgré mes deux épaisseurs de chaussettes, la semelle isolante et le chausson de feutre d'un centimètre de mes pacs, je sens le froid s'attaquer à mes orteils ! »
Cet extrait est tiré de l'ouvrage d'Emeric Fisset Dans les pas de l'Ours, une traversée solitaire de l'Alaska sauvage, paru chez Transboréal en 1993. J'espère que ces quelques lignes vous ont rafraîchis et qu'elles vous aideront à supporter le climat actuel.
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| Tags : canicule, chaleur |
27.07.2009
Avis de recherche
Je me souviens d'une époque où lorsque l'on circulait en voitures sur les routes, il n'était pas rare de voir des auto-stoppeurs seuls, ou par couples, stratégiquement placés aux sorties des villes à l'amorce d'un grand axe routier, ou bien au pied d'un feu rouge, implorant votre sympathie pour les conduire vers des ailleurs qu'ils espéraient meilleurs et ensoleillés. Le pouce agité quand le voyageur débutait sa journée, le pouce mou en fin de journée, voire pas de pouce mais un vague mouvement de bras quand la lassitude le gagnait. D'autres plus malins, laissaient leur amie vous aguicher ou vous attendrir par des mouvements de hanches subtiles ; toutes les techniques étaient bonnes pour arrêter un véhicule quel qu'il soit mais susceptible de vous emmener.
Le co-voiturage pouvait être intéressant, favorisant des rencontres et des conversations inédites entre conducteur et véhiculé. Je me souviens encore d'avoir été pris en stop par un chevrier dans sa bétaillère sur une petite route Corse alors que j'en effectuais la traversée à pied au début des années 90. Il m'avait expliqué son boulot alors que de l'arrière nous parvenait des odeurs fortes de suint et des bêlements pathétiques. D'un autre côté, le conducteur bien intentionné pouvait se trouver encombré d'un malotru comme celui du fameux sketch de Coluche « c'est comme une poubelle mais sans les poignées ! ». Tous les cas de figure étaient possibles, même les plus dramatiques si l'un des deux protagonistes s'avérait être un serial killer par exemple.
Toujours est-il qu'aujourd'hui j'ai l'impression qu'on ne voit plus beaucoup de ces voyageurs partant le sac au dos, pour des voyages à sauts de puce rythmés par la complaisance des automobilistes. Est-ce que les automobilistes devenus craintifs ou prudents c'est selon, ne prennent plus ces voyageurs ou que les auto-stoppeurs se sont tous payé des voitures ? Pour ma part je ne vois quasiment plus de ces étranges escargots géants. Paradoxalement le réchauffement climatique devrait les voir en masse sur les routes poussés par le besoin d'aller voir ailleurs, mais pourtant c'est le contraire. Une nouvelle espèce en voie de disparition très certainement.
18:55 Publié dans Echos du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : auto-stoppeurs, coluche |


