29.05.2008

La disette

Il serait plus que temps de s’interroger. Dès que j’ouvre le journal ou que j’écoute les informations à la télévision et à la radio ce ne sont que nouvelles déprimantes ou catastrophiques, avec dans l’ensemble un certain point commun. Ce commun dénominateur, c’est le manque ou l’absence. Je m’explique. L’essence devient de plus en plus chère et va bientôt nous manquer ce qui entraîne des mouvements protestataires un peu partout dans le monde. L’eau est une denrée primordiale qui tend à la rareté dans certaines régions du monde et qui va devenir un problème pour nous aussi, si sa potabilité n’est plus assurée. Les richesses halieutiques s’épuisent lentement mais sûrement. Les prix agricoles resteront élevés pendant au moins dix ans conclue l’Organisation de Coopération et Développement Economique (OCDE) dans un rapport qui vient de sortir, car l’offre ne couvre plus la demande. Nous venons d’apprendre que le nombre d’adresses IP disponibles sera épuisé avant 2011 ce qui va interdire les connexions à Internet pour les nouveaux PC ou autres matériels mis sur le marché si rien n’est fait sous peu. Les étrangers sont expulsés car il leur manque des papiers et pour ceux qui restent il manque des logements.  Tous les jours vous constatez que le temps vous manque pour faire votre travail ce qui vous oblige à courir de plus en plus vite et nous savons aussi que Platini et Zidane nous manquent cruellement depuis qu’ils ont pris leur retraite. La liste pourrait s’allonger mais je manque de courage pour poursuivre. Voilà qui n’est pas banal pour une société qui se veut de consommation, car si l’a demande ne peut plus être satisfaite, c’est le modèle de société qui s’effondre. Une aubaine peut-être pour s’engager sur une autre voie ?   

 

19.05.2008

J'arrête l'eau !

Fini, j’arrête l’eau. J’en avais le projet en tête depuis quelques temps déjà mais là c’est décidé je ne bois plus d’eau minérale. Pour autant je ne vais pas me mettre au pinard je vous rassure, du moins pas au quotidien. Non ! J’arrête l’eau minérale et je passe à l’eau du robinet, directement sans phase de transition ou de test. Je sais c’est un risque mais je l’assume, dès que ma dernière bouteille de Contrex sera vide, dans quelques heures, je la remplis de l’eau de la ville. Faut dire que je commençais à en avoir plein le dos, c’est le cas de le dire, de faire le plein. Le magnum de six bouteilles d’un litre et demi ça doit peser pas loin de neuf kilos, à vue de nez. Pour équilibrer l’effort, j’en prenais deux, un dans chaque main, et je ralliais mon appartement au quatrième sans ascenseur avec mon butin au poids de l’or et de l’effort. Longtemps j’ai pensé que c’était bon pour ma santé, exercice physique et eau, ça ressemblait au couplé gagnant. Jusqu’à ce que je tombe sur un article de presse, qui rappelait que l’eau du robinet en France – du moins – est potable. Qu’en en buvant et donc en n’achetant pas d’eau minérale on évite de consommer des bouteilles en plastique et que les dites bouteilles parcourent en moyenne 300 kilomètres entre l’usine et votre habitation, d’où coût d’énergie et gâchis de pétrole etc. Finalement le bon côté des choses était annulé par l’effet polluant de l’autre. Du moment que j’avais une bonne raison pour ne plus faire d’effort, il n’a pas fallût me le répéter deux fois. L’écologie sait parfois trouver les mots justes. Fini l’eau en bouteille, vive le jus de robinet !    

 

20.04.2008

Où va le pet ?

Peut-être comme moi, vous êtes-vous demandé où allait le pet ? Le magazine Vivre Champion distribué gratuitement par l’hypermarché du même nom y répond en page 21 de son édition de ce mois. L’année dernière un article lu dans la presse avait déjà mis l’accent sur le danger méconnu des flatulences des bovins qui seraient en partie responsables de l’augmentation des émanations de CO2, aussi c’est avec intérêt que mon œil tiqua (je sais, seuls des yeux de verre pourraient éventuellement tiquer en se touchant, encore que je ne vois pas très bien dans quelles circonstances ils en arriveraient à de telles extrémités, car même en louchant fort il est difficile voir impossible de faire se heurter vos globes oculaires) donc vous aurez compris qu’il s’agit d’une figure de style et j’en reviens à mon propos. L’article s’intitule « Le PET recyclé: quel est son impact ? » En fait après avoir lu quelques lignes, il s’avère qu’il n’est pas question de pet mais de PET. Où je subodorais un vent, il ne s’agissait en fait que de l’acronyme du polyéthylène téréphtalate ce plastique souple et transparent dont sont constituées les bouteilles d’eau. Or comme vous le savez, ces bouteilles sont recyclables, bouchons inclus, grâce au tri sélectif qui permet de récupérer ces bouteilles pour les broyer en paillettes, les laver, les fondre et les purifier afin d’atteindre le même niveau d’exigence de qualité que pour du PET « vierge » et l’on obtient ainsi du PET recyclé aussi nommé RPET ! Un court article qui ne valait pas un pet de lapin finalement.  

 

07.02.2008

Comment j'ai failli sauver la planète

A la boîte, comme partout j’imagine, on cherche à diminuer les frais généraux et on gratte tous les fonds de tiroirs pour ramener de la monnaie. Il y a une piste, modeste bien sûr, mais qui permettrait de faire d’une pierre plusieurs coups ! Economique et écologique. Je n’ai pas encore fait parvenir cette idée à la direction générale, car si j’ai l’idée je ne sais pas comment la présenter. Comme nous sommes entre nous, je vous la livre. Mon idée serait de supprimer la climatisation dans l’entreprise, économique et écologique comme je le disais, et pour néanmoins conserver l’avantage de la climatisation, il suffirait de mettre d’un côté de l’immeuble tous ceux qui brassent de l’air et de l’autre, tous ceux qui nous le pompent ! Vous le voyez, avoir des idées c’est bien, encore faut-il savoir les présenter ce qui n’est pas le plus simple. 

 

23.10.2007

Juste l'essentiel

Vous n’êtes pas sans savoir que lorsqu’il arrive que de grandes villes soient plongées dans le noir en raison d’une gigantesque panne d’électricité, on constate neuf mois plus tard une recrudescence des naissances. Je n’entrerai pas dans les détails pour vous expliquer le rapport de cause à effet suscité par cet incident. Hé ! Bien ! Figurez-vous qu’un collectif d’ONG demande aux Français d’éteindre la lumière ce soir entre 19h55 et 20h pour obtenir des décisions concrètes lors de la phase finale du Grenelle de l’environnement. La première édition de « Cinq minutes pour la planète » le 1er février dernier avait été un succès puisque le Réseau de transport d’électricité avait constaté une « chute brutale » de la consommation. Donc, pour conclure, vous avez ce soir cinq minutes pour vous livrer à un acte fondateur, alors mettez vos montres à l’heure et ne vous attardez pas en préliminaires !    

 

15.10.2007

Faudrait savoir !

La banquise qui fond, les glaciers qui se réduisent à peau de chagrin, à force de nous l’avoir répété depuis quelques années, je l’avais bien mémorisé, l’information était scotchée au fin fond de mon inconscient. Les neiges éternelles du Kilimandjaro qui s’avèrent moins éternelles qu’on ne l’avait pensé, je l’avais vu dans un reportage à la télévision. Et puis aujourd’hui, dans la presse, j’apprends que le Mont Blanc a grandi ! Selon des mesures effectuées mi-septembre la montagne serait passée de 4807 mètres à 4810,90 mètres. Alors ? Quelle leçon devons nous en conclure ? Quand ça se déglingue d’un côté, ça se retape d’un autre ? La Nature est une mécanique bien mystérieuse. A moins qu’ils ne se soient trompés dans leurs mesures …

11.09.2007

Malin le gars !

Le ministre Jean-Louis Borloo est parti au Groenland pour un rapide voyage qui lui permettra de constater le changement climatique dans cette région où la température moyenne s’est réchauffée deux fois plus vite qu’ailleurs. Il semblerait que le ministre n’en soit pas convaincu puisqu’il a besoin de se déplacer en personne pour le vérifier on ne sait comment, de ses propres yeux. C’est un peu comme si les ministres chargés des Sports et de la circulation routière s’étaient rendus près de Béthune pour vérifier la réalité des traces de l’accident mortel qui a eu lieu durant le rallye de samedi ? A moins que pour Borloo, le Groenland ne soit la terre promise où il est sûr de ne pas croiser notre président … ?   

 

09.09.2007

Sylvain Tesson : Eloge de l'énergie vagabonde

De la mer d’Aral à la mer Méditerranée sur un vélo le plus souvent, voilà le défi que s’est donné Sylvain Tesson. Si l’aventure est intéressante, son récit semblait plein de promesses et j’avais hâte de me plonger en suivant du doigt sur la carte, ce périple qui passait par les steppes kazakhes, Bakou, l’Azerbaïdjan, le Caucase géorgien, l’Anatolie et enfin le Kurdistan. Tel était le menu proposé au dos du bouquin, mais comme un contrat d’assurance il faut toujours lire jusqu’au bout ce qui vous est proposé, or c’est là mon erreur, je n’ai pas suffisamment pris en compte cette dernière phrase « Profitant de cette traversée de terres à haute valeur pétrolifère, je consacrerai mon temps d’avancée solitaire à réfléchir au mystère de l’énergie ». D’où ces longues pages sur les pipelines croisés, ou ces interrogations sur l’avenir de l’humanité quand nos réserves énergétiques seront épuisées. Moralité, un voyage bien emmerdant à mon goût même si les questions posées sont évidemment primordiales.

Sylvain Tesson : Eloge de l’énergie vagabonde   Editions des Equateurs   

 

10.06.2007

Ecolos pas réglos

Un signe ostentatoire d’écologie, dans les grandes villes tout du moins, c’est de circuler à vélo en jurant ses grands dieux qu’il n’y a pas mieux, que c’est le seul moyen de circuler en ville qui soit rapide et pratique, que si tout le monde en faisait autant la pollution en prendrait un bon coup dans ses parties honteuses et qu’elle la ramènerait moins pendant le bulletin sur la qualité de l’air qui précède la météo sur FR3 le soir à 19h20. A cet effet et pour aller dans le sens du vent, que le dit bulletin nous signale de très mauvaise qualité dès qu’il fait légèrement chaud, la Mairie de Paris avec la société Decaux (l’ami qu’il vous faut !) installe des bornes, que dis-je, des rails de points de pose et dépose de vélos en libre-service dans toute la ville. Bien. Par contre j’espère qu’un code de la route est fourni avec le biclou, car faire le malin sur sa bécane pourquoi pas ? Ca pollue moins qu’un 4x4 indispensable en ville pour se garer sur les trottoirs d’accès difficile, c’est vrai. Par contre, pour en revenir à nos cyclistes, ils ne sont pas dispensés d’appliquer les règles du code de la route, c'est-à-dire qu’ils ne doivent pas prendre les rues en sens interdit, brûler les feux rouges, rouler sur les trottoirs, slalomer entre les piétons sur les passages protégés etc. En somme, il leur est interdit de faire tout ce qu’ils font dans Paris IV.   

 

08.06.2007

C'est le geste qui compte

"Pour une action conjointe des écrivains et des scientifiques pour sauver la planète"

Mieux qu'un discours ou un article, les livres ont cette faculté exceptionnelle de célébrer la beauté du monde mais aussi d'en souligner la fragilité. Nous, dont le travail consiste à lire et à écrire, à observer et à informer, nous nous efforçons de répondre à cette préoccupation fondamentale. Ceux parmi nous qui voyagent peuvent dire à quel point la planète et ses paysages sont défigurés d'année en année.

Nous sommes chaque jour plus nombreux à estimer que l'aveuglement et la cupidité des hommes se retournent contre l'humanité. Trop souvent les sociétés tolèrent le déversement de produits toxiques dans les cours d'eau, le défrichage des forêts primaires (qui recèlent pourtant les végétaux dont seront tirés les médicaments de demain), la destruction des coraux au profit de complexes touristiques, la dévastation des écosystèmes ou habitats naturels indispensables à la survie de la flore, de la faune et de l'espèce humaine. Trop souvent les sociétés s'inclinent devant la surconsommation énergétique malgré les déséquilibres provoqués par le réchauffement climatique : tempêtes toujours plus fréquentes et toujours plus violentes, disparition des glaciers et d'espèces animales, populations déplacées...

Ecrivains et scientifiques du monde entier, nous voulons contribuer concrètement et conjointement à un développement respectueux de l'environnement. Chacun d'entre nous est l'acteur ou le témoin d'actes de résistance aux résultats incontestables face au laisser-aller. Nous devons définir les prochaines actions prioritaires en rapprochant les experts de la communauté scientifique, les acteurs économiques et les représentants des pouvoirs publics lors d'assises internationales qui se tiendront au printemps 2008. Il est temps, en effet, de dissiper la confusion qui a justifié jusqu'à aujourd'hui inertie et frilosité: nous appelons à une transversalité des lettres et des sciences.

A l'initiative du magazine Lire, nous soussignés appelons à tenir ces assises à l'ambition inédite qui rassembleront autour de ces questions les scientifiques, les écrivains et les philosophes*. Car les enjeux de l'environnement dépassent les idéologies et les frontières, et affectent les générations à venir: ils sont l'affaire de tous.

Parmi les premiers signataires:

Erik Orsenna de l'Académie française, Jean-Christophe Rufin, Jean Malaurie, Isabelle Autissier, Alain Mabanckou, Kenneth White, Dan O'Brien... Pour signer vous aussi l'appel de Lire: Ici la Terre

Si vous voulez ajouter votre nom à la liste des signataires : http://www.lire.fr/evenement.asp/idC=51278/idR=142/idG=

* Ces assises inédites se tiendront à Toulouse dans le cadre de la 4e édition du Marathon des mots.

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