04.11.2009

La musique n’adoucit pas toujours les mœurs

Un récent article du Washington Post nous apprend que le 22 octobre des artistes comme REM, Pearl Jam et d'autres groupes ont demandé des comptes aux pouvoirs publics américains. Non pas des comptes comptables - du moins pas cette fois - mais ils veulent connaître la liste des chansons qui ont été utilisées pour torturer les prisonniers de Guantanamo Bay. Quels sont ces titres qui ont été passés en boucle, à tout berzingue, pour contraindre les prisonniers à coopérer ? On ne voit pas très bien quel est l'intérêt d'obtenir cette liste, dresser un hit-parade d'un nouveau genre, faire une compile sur un CD ? En tout cas depuis l'avènement d'Obama, il semble que la musique ne soit plus utilisée comme moyen de torture d'après le porte-parole du gouvernement. D'après une enquête faite par un professeur de musique, le rap et le heavy metal auraient fourni de la matière mais on cite aussi le fameux We Are The Champions ... de Couine ( ?).

Cette réaction des artistes est à double tranchant, car partir en croisade contre le gouvernement américain c'est une chose, mais ça pourrait donner des idées à des gens comme vous ou moi. Quand on branche la radio ou qu'on regarde les émissions de variétés à la télévision, c'est parfois - voire souvent - une réelle torture, c'est bien le mot, d'avoir à subir certains artistes. Vous me répondrez que je peux éteindre le poste, alors qu'à Guantanamo seuls les gardiens ont accès à la zapette ou au bouton volume. Certes, mais si les consommateurs créaient une association, avec le concours de quelques avocats retors tous les espoirs seraient permis.

 

 

01.11.2009

Bob Dylan : Christmas In The Heart

Dylan.jpgJe n'ai pas pu m'en empêcher, comme un gamin qui met sa main au feu sachant très bien qu'il sera brûlé. J'avais lu dans la presse spécialisée que Bob Dylan se préparait à sortir un album de chants de Noël et je dois dire que j'hésitais entre incrédulité et franche rigolade, mais dans un cas comme dans l'autre je ne me voyais pas acheter ce truc là ! Et puis je suis entré chez mon disquaire, j'ai vu le CD et je suis reparti avec. Même moi, j'ai du mal à me comprendre parfois.

Dès l'entame avec Here Comes Santa Claus j'ai failli m'étrangler, les clochettes et la voix éraillée de canard du Grand Bob, on hésite, est-ce un gag, est-ce la bande son d'un dessin animé ? Remarquez, d'autres pointures avant Dylan se sont engouffrées dans la brèche de l'album de chants de Noël, Elvis Presley et David Bowie par exemple, sinon ce type de disque est tout à fait dans l'esprit américain, Barbara Streisand et surtout Bing Crosby s'en sont fait une spécialité. Pour Dylan, la raison est motivée par une bonne cause, les royalties de Christmas In The Heart seront reversées à de bonnes œuvres qui viennent en aide aux vingt-cinq millions ( !) d'américains qui ne mangent pas à leur faim, dont neuf millions d'enfants. Mon argent n'aura donc pas été gaspillé en vain.

Parmi les autres titres repris sur le CD, Little Drummer Boy qui me rappelle (hélas ?) que dans une autre vie j'écoutais Nana Mouskouri à la radio ou bien Silver Bells cher à Bing Crosby. Si tous ces chants sont des classiques de Noël, Bob Dylan y apporte heureusement sa touche personnelle, Must Be Santa est particulièrement enjoué sur un tempo rapide mené par l'accordéon de David Hidalgo (Los Lobos) alors qu'une agréable pedal steel guitar enjolive Christmas Island.

Pour conclure, un disque que je ne ressortirai qu'une fois par an en décembre mais qui me permet cette année de faire un second geste caritatif en plus de mon chèque habituel aux Restos du Cœur. Sachez aussi que le CD est vendu avec un jeu de cartes de Noël et enveloppes et que si la pochette recto du livret fait dans le style gnan-gnan, le recto est beaucoup plus égrillard avec une Mère Noël en décolleté plus que généreux et jarretelles affolantes. Une bien belle image de Noël en vérité.     

 

 

25.10.2009

Joe Louis Walker : Between a Rock and the Blues

Joe Louis Walker.jpgEncore un disque de blues direz-vous et j'avoue que c'est dans cette musique que je tire le plus de satisfactions. Superbe ou quelconque le blues restera toujours ma musique préférée. Ce mois-ci j'ai craqué pour Joe Louis Walker - dont je n'avais aucun disque - pourtant le bougre n'est pas un jeunot à peine éclos de son œuf puisqu'il est né en 1949 et fréquenté Mike Bloomfield. Son album Between a Rock and the Blues est produit par Duke Robillard, une référence, venu avec quelques pointures de son entourage habituel soutenir les efforts de Walker. Nous retrouvons donc entre autres, Mark Teixeira à la batterie, « Sugar » Ray Norcia à l'hamonica et le Duke himself à la guitare sur l'un de ses titres Tell Me Why repris sur ce CD.

Chaque morceau ou presque offre un aspect intéressant du blues. Sur Way Too Expensive, ce sont les vocaux rageurs, sur I'm Tide qui ouvre le CD c'est le rythme enlevé et ses solos de guitare simples mais bien balancés, avec Eyes Like A Cat le piano et le saxophone se distinguent, Hallways est un blues pleureur comme il se doit, Blackjack avec ses trilles de piano vaut le détour, et nous avons un blues rock avec I've Been Down. La fin du CD propose Big Fine Woman où Joe Louis Walker actionne la wah-wha avant de terminer en beauté sur Send You Back un blues acoustique avec harmonica.

Au final douze titres pour les douze mesures du blues, le compte est bon et l'affaire entendue, un bon disque pour les amateurs du genre.     

06.10.2009

Nouveautés discographiques

La pile de CD des Beatles attend près du lecteur que j'en ai exploré tous ses trésors livrés à nos oreilles gourmandes mais je n'ignore pas pour autant les nouveautés qui continuent à sortir. Je parle de nouveaux disques, car ici comme vous l'avez constaté il y a peu de nouveaux artistes. Un choix délibéré car du peu qui arrive jusqu'à mes pavillons, ce qui est vendu comme « nouveau » ressemble étrangement pour moi à de l'ancien en moins bien et de l'ancien justement j'en ai plein mes étagères et je le connais bien.

MAYALL.jpgAvec le nouvel album de John Mayall nous ne sommes plus dans l'ancien mais carrément dans l'historique. Il serait d'ailleurs temps de le classer au patrimoine de l'UNESCO avant qu'il ne soit trop tard car papy a 76 ans quand même. Il y a deux ans il nous avait livré un excellent hommage à Freddie King (In the Palace of the King) plein de tonus, aujourd'hui son nouveau disque Tough mérite moins d'éloges. Tout est un peu dilué. La musique est toujours le blues mais avec un peu de ceci ou un peu de cela selon les morceaux et les musiciens n'ont pas le talent des illustres aînés qui les ont précédés aux côtés du maître du British Blues, en particulier le guitariste Rocky Athas assez falot. Il reste néanmoins quelques bons moments comme An Eye For An Eye avec Mayall au piano, le très bon Slow Train To Nowhere blues lent nappé d'orgue et sur l'ensemble du CD toutes les interventions à l'harmonica du vieux qui se clôt sur l'enlevé The Sum Of Something. Un disque en mineur pour l'immense John Mayall. A noter les très belles photos du livret.

Jack Bruce & Robin Trower : Seven Moons Live

BRUCE.jpgParlons maintenant d'un gamin, Jack Bruce qui n'a que 69 ans. L'année dernière en collaboration avec Robin Trower (64 ans) ex-guitariste de Procol Harum, les deux vieux gars nous avaient donné Seven Moons  que j'avais trouvé très bon. Cette année ils récidivent mais tombent dans la facilité en nous donnant un disque enregistré en public qui reprend 9 titres du précédent (Ce que laissait entendre le titre de ce nouveau CD j'en conviens), un titre de Trower Carmen et trois titres des Cream dont Jack Bruce ne se sépare jamais comme un Suisse de son couteau, les inusables ( ?) Sunshine Of Your Love, White Room et Politician. Alors que dire ? La basse de Jack Bruce est toujours puissante et mélodique, ses vocaux toujours aussi attachants et puissants, Robin Trower a toujours des accents hendrixiens rémanents dans son jeu de guitare au son chaud et hypnotisant, quand au troisième larron du trio, Gary Husband, il tape sur ses drums. Alors ? Ben c'est sympa mais ça fait un peu double emploi avec le disque studio. En tout cas, total respect pour ces vieux toujours sur le pont.

John Fogerty : Rides Again

FOGERTY.jpgJ'avais hésité à acheter le CD car je ne suis pas un inconditionnel de l'ex- Creedance Clearwater Revival (circa 1969-1975) mais j'avais aimé en leur temps, ses albums solo Eye Of The Zombie (1986) ou Blue Moon Swamp (1997). Alors quand mon pote, que dis-je, mon maître, m'a dit « C'est canon ! » je me suis précipité. Las ! Je reconnais que la musique est très belle, le son est parfait, les musiciens excellents mais, c'est trop country pour moi, ce n'est pas mon genre de musique préférée. Les titres sont des reprises de Delaney & Bonnie (Never Ending Song Of Love), Ricky Nelson (Garden Party), Everly Brothers (When Will I Be Loved) par exemple. Sur Garden Party un bout des Eagles vient donner de la voix avec Don Henley et Timothy B. Schmit et sur le dernier morceau de l'album When Will I Be Loved c'est Bruce Springsteen himself qui vient pousser la chansonnette. Pas moins. Une critique pas très objective en somme, mais peut-être qu'avec un gros steak sur le barbecue et un verre de bourbon en main je me laisserai convaincre par le violon et la pedal steel guitare aérienne qui épicent ce bon disque ; d'ailleurs j'ai déjà craqué pour Garden Party.         

30.09.2009

Les Beatles

Le coffret est sorti depuis trois semaines maintenant, tous les médias ont évoqué l'évènement, presse généraliste ou spécialisée et télévisions, les blogs, tout le monde a donné son avis, moi-même dès le 9 septembre j'avais marqué le coup avec un billet. Je pensais le compléter par RockFolk.jpgun second texte où j'aurais dressé un tableau critique et comparatif entre ces remasterisations et les versions antérieures dont nous nous contentions jusqu'alors. J'avais affûté mes oreilles, taillé mon crayon pour prendre des notes, posé l'un sur l'autre, bref j'étais prêt.

Mais à lire tous les articles parus, écouter les radios et la télévision, je me suis découragé ; j'attendais ce repas depuis tant d'années que lorsque je me suis mis à table, devant ces quatorze plats copieux dont j'ai voulu goûter aussitôt, j'ai ressenti un léger haut-le-cœur, trop bon, trop d'un coup. Je n'écrirai donc pas cet article, mais si vous voulez lire une critique pointue sur le sujet je vous conseille vivement d'aller jeter un œil chez Kill Me Sarah qui a écrit le meilleur article et la meilleure analyse que j'ai lue tous médias confondus.

Quant à moi lentement je digère tous ces disques, je décortique tous les livrets, je regarde le DVD inclus et je me régale, tout simplement. Car finalement emportés par l'élan général, nous en étions tous venus à disserter sur les aigus moins ceci, les basses plus cela, les voix comme ci, les instruments comme ça. L'audiophile la ramenait en braillant mais je me contenterai de l'avis du mélomane, quand une chanson est réussie qu'on l'écoute sur une chaîne hi-fi ou un transistor elle sera toujours bonne. C'est ça la grande leçon que nous lèguent les Beatles, toutes (ou presque) leurs chansons sont fantastiques, qu'on les écoute sur un Teppaz comme en 1966 ou sur un lecteur de CD en 2009, on reste ébahi devant tant de simplicité apparente (les apparences sont trompeuses) mais qui donne tant de plaisir d'écoute. Leur musique est intemporelle et gorgée d'un ingrédient particulièrement rare, la joie de vivre. Ecoutez un seul de leurs titres et aussitôt un sourire illuminera votre visage. Qui, à part les Beatles, est capable d'un tel exploit ?   

Pour en revenir sur ces rééditions, si le mercantilisme n'avait pas pris le pas sur la musique, il n'y aurait qu'un seul coffret, mais chaque CD stéréo serait complété d'un CD bonus en mono, ainsi nous aurions les versions originales en mono telles qu'elles ont été conçues par les Beatles et les versions stéréo que nous dirons « modernes ». En tout cas, une bonne occasion pour réécouter leurs disques et compléter votre discothèque, car il n'est de discothèque sans disques des Beatles.     

09.09.2009

Les Beatles : on a retrouvé la boite noire

Depuis près de six mois la rumeur était devenue une réalité à venir, ce que j'avais déjà évoqué ici, la discographie complète des Beatles allait enfin être rééditée en CD remasterisés. Inutile de vous dire que ce fût l'affolement dans la communauté des fans des Fab' Four et chaque jour décompté du calendrier faisait monter la température dans nos chaumières. Les informations couraient de mails en mails et chacun en rajoutait dans l'excitation suscitée par l'évènement. Didier rapporta des photos de son Magical Mystery Tour  lors d'un week-end à Liverpool, Michel se glissa dans la pochette de l'album Sergent Pepper par un grossier montage photographique, moi-même j'avais mis mon blog à l'heure de l'évènement en y diffusant en permanence la musique des quatre gars dans le vent, bref nous étions tous en ébullition et au bord de la crise de nerfs.

Une semaine avant la date fatale, mon disquaire m'expédia un email me proposant de me réserver le fameux coffret afin d'être paré en cas de rupture de stock et, pour me prouver ses bonnes intentions il m'offrirait un tee-shirt quand je viendrai chercher le colis. 

Enfin le jour « J » est arrivé, 666 est le chiffre de la Bête, 999 sera désormais le chiffre des Beatles,  et ce soir je suis enfin en possession du butin tant convoité après une folle journée immortalisée par mon interview donnée à TF1 et diffusée au JT de 13h.

090909 BEATLES.jpgMaintenant que j'ai la boite noire, le plus beau va commencer, l'écoute de ces 14 albums, le visionnage des vidéos en bonus sur les galettes, la lecture des nouvelles notes de pochettes puis plus tard, la comparaison avec les CD des premiers pressages. Des heures et des heures de bonheur programmé.

A l'heure où j'écris j'ai déjà pioché dans la discographie, le Blanc, Abbey Road, Revolver et With The Beatles, toutes les époques en somme. Les premières impressions, un son plus dense, on n'a plus cette sensation de « trous » dans le spectre sonore, la batterie de Ringo a pris de l'ampleur, je comprends mieux les paroles des chansons, le son est plus moelleux, les basses plus rondes. Parfois un instrument se détache plus clairement que dans mon souvenir, de courts passages me semblent « nouveaux ». Peut-être que je me laisse emporter par l'évènement mais franchement je pense que ce ravalement va donner une nouvelle jeunesse au monument Beatles.    

 

Moi Beatles.jpg

11.08.2009

Chris Wilson : Second life

chris wilson.jpgChris Wilson était membre des Flamin' Groovies  à une époque, puis il s'illustra avec les Barracudas au milieu des années 80, voilà ce qui classe un bonhomme ! Quand j'ai vu son CD sur le panneau des nouveautés chez mon disquaire, mon bras s'est tendu instinctivement vers l'objet sans même que je réfléchisse. Oh ! Je n'attendais pas le disque du siècle mais au vu de ses références passées je savais que ce serait plaisant de laisser tourner en boucle la galette argentée dans le lecteur.

Douze titres avec deux bonus maigrichons (des prises alternatives de deux des douze titres), trois morceaux écrits par Chris Wilson (vocaux, guitare et harmonica), huit par Anthony Clark (guitare et basse) et une reprise de Bob Dylan Visions Of Johanna assez bien torchée ma foi. On ajoutera Andy Thomas-Emans (clavier) et voilà pour le groupe, auquel s'adjoindront quelques invités selon les titres, comme un saxophoniste rappelant fortement Baker Street le tube de Jerry Rafferty sur l'intro de Sweet Deceit.

Un disque d'échauffement pour Chris Wilson qui ne nous avait rien donné depuis un bon moment, donc rien d'extraordinaire, on branche les guitares et let's go ! Du bon rock et de belles ballades, simple mais efficace avec beaucoup de morceaux sympa comme All The Action, Not For Real, While There's Life. Pour cette fois nous ne serons pas trop critique mais j'attends mieux pour la prochaine fournée !    

08.08.2009

Hasta la vista ! Willie !

deville1.jpgEn 1977 quand Mink Deville a déboulé au milieu de la scène punk le groupe a fait son petit effet. Loin du débrayé et des éructations destroy de la musique de cette époque, Mink Deville et son gang cultivait une certaine classe. Willie DeVille le leader était un nouveau Brummel, grand échalas à la coupe de cheveux Pompadour et moustache fine, costard cintré, cravate mince, boots pointues allongeant encore plus la silhouette si c'est possible, toujours la cigarette à la main et musique élégante elle aussi. Le premier album Cabretta mariait les rythmes mariachis, rythm'n blues et voix de crooner. Je rappelle quelques merveilles de ce premier essai, Mixed Up Shook Up Girl, Cadillac Walk, Spanish Troll etc. Un coup de maître d'entrée. Suivrons les années suivantes, Return To Magenta (1978) et Le Chat Bleu (hommage à Edith Piaf !) en 1980.

La carrière de Willie se poursuivra en solitaire et sous le nom de Willie DeVille avec un nouveau look tout aussi étudié. Très longs cheveux, tatouages, bagues, canne épée à pommeau d'argent, réminiscences indiennes, mais toujours sa musique gardera une élégance et une classe certaine, quelque soit l'inspiration du moment, comme lors de ce Victory Mixture très New Orleans (1990). Son dernier album Pistola est paru l'année dernière et il semblait remonter une pente qui était passée par la deville2.jpgdope. Encore jeune ( ?), 56 ans, nous espérions encore de nombreux CD à venir, mais le destin en a décidé autrement en lui envoyant le crabe fatal avons-nous appris hier.

Il me reste tous ses disques, un trésor qui n'est pas mince et mes souvenirs de concerts, à La Cigale (1988), à l'Elysée Montmartre (1991) ou à l'Olympia (1992) entre autres, où noyé dans des nuages de fumée de cigarette, prenant la pose et nous toisant de sa haute taille il nous balançait ses tripes emballées dans sa voix de velours. Hasta la vista ! Willie !

02.08.2009

Woodstock (3 days of peace & music)

Il y a quarante ans Woodstock. Du 15 au 18 août 1969 près d'un demi million de personnes envahirent le champ de Max Yasgur, fermier à Bethel dans l'état de New York, pour ce qui restera l'évènement majeur ou du moins le plus connu du mouvement hippie. Le festival de Woodstock conservera ce nom, bien que la ville de Woodstock ait refusé à la dernière minute d'accueillir la manifestation et qu'il ce soit déplacé vers Bethel.

Trois jours et quatre nuits de musique, de « peace and love » sous le soleil et la pluie. Un film mythique a permis à tous ceux qui ne pouvaient y être de faire comme si. Une génération entière a rêvé devant ces images de bonheur affiché, les fleurs dans les cheveux longs, les filles aux seins nus, les bains à poil dans l'étang, les glissades dans la boue sous la pluie (« No rain ! No rain ! »), le sourire perpétuel aux lèvres de tous et la musique, notre musique chérie, à n'en plus finir. Trente trois artistes se succéderont dont Canned Heat, les Who, Santana, Joe Cocker qui met tout le monde à genoux pour toujours avec une version à mourir de bonheur d'une reprise d'un titre des Beatles With a little help from my Friends et puis alors que le festival s'achève, sur ce champ désormais dévasté et quasi abandonné par les beautiful people, comme le soleil se lève à l'horizon au matin du quatrième jour, l'extra-terrestre monte sur scène, Jimi Hendrix explose les dernières consciences encore éveillées à cette heure avec un Star Spangled Banner  (l'hymne américain) ahurissant. Nous sommes nombreux à avoir encore ces images gravées dans nos mémoires avec la bande son qui passe en boucle.

Nous avions jusqu'à maintenant le film et deux disques pour faire revivre à l'infini cet évènement. Pour l'anniversaire, un coffret de 6 CD avec 38 titres inédits vient d'être édité et 4 disques-coffrets individuels reprenant la prestation intégrale de Sly and the Family Stone, Jefferson Airplane, Johnny Winter et Janis Joplin. Ce sont ces deux derniers que j'ai choisi pour commémorer cet anniversaire.

Les CD sont très bien faits, dans un boîtier cartonné au graphisme d'époque, un disque qui reprend le concert complet avec un son impeccable et un second CD correspondant à l'album studio de l'artiste sorti à cette époque, le plus souvent son tout premier disque. Chaque CD est dans une pochette épaisse en carton encore, avec les notes de pochettes à l'identique du vinyle.

Winter.jpgJohnny Winter.   

L'album studio avec sa pochette sobre tout simplement nommé Johnny Winter, noire avec le portrait de notre Texan albinos aux longs cheveux blancs. Neuf titres pur blues qui imposeront le guitariste chanteur dans la catégorie des cadors du genre. La voix rauque, les solos de guitare, la slide où il excelle, tout y est. Willie Dixon et Walter « Shakey » Hornton apportant leur caution sur quelques titres et intronisant le jeunot au panthéon du blues dès ce premier album. Le second CD nous restitue le concert de Woodstock (17 août) dans son intégralité avec 8 titres qui vont de Mama Talk To Your Daughter à Johnny B. Good en passant par Tobacco Road où son frangin Edgar vient rejoindre le trio. Festival de slide guitare et de rugissements, pour fans de blues musclé.

Janis Joplin

Le hasard seul veut que Janis soit elle aussi originaire du Texas et qu'elle ait été programmée le 17 août comme Johnny Winter. Dans son coffret nous trouvons son premier album (qui ne sortira que quelques jours après le festival) que nous appelons Kozmic Blues pour éviter d'en citer le titre exact (I Got Dem Ol' Kozmic Blues Again Mama !) vous comprenez pourquoi. Un album coup de tonnerre tant la voix de Joplin est sidérante et quasi inégalée jusqu'à ce jour. La chanteuse est littéralement possédée, éructant, feulant, hurlant sa douleur et son blues. Sa Joplin.jpgsouffrance morale est palpable et dès ce premier disque on aurait pu deviner que sa fin serait tragique. Maybe , One Good Man, Try, Kozmic Blues, 8 pépites absolues qui vous scotchent dans votre fauteuil dès la première écoute. Un album indispensable. Quand au CD du concert, il nous présente l'artiste en live et en pleine forme - ce qui ne sera pas toujours le cas plus tard - pour une heure de blues et de soul soutenue par une section de cuivres dans la veine de chez Stax. Moins bordélique que lors de prestations futures, le set de la Joplin nous donne de beaux moments avec des titres comme To Love Somebody, Summertime, Try Just A little Bit Harder ou encore Piece Of My Heart et Ball And Chain. Une belle trace de cette artiste météorite qui ne dura que de juin 66, sa première prestation scénique, jusqu'à son décès en 1970.

Au total deux excellents coffrets de deux disques pour se replonger avec délices dans cet inoubliable festival de Woodstock et plus largement dans cette époque bénie entre toutes sur le plan musical entre autre. 

Si vous êtes intéressés la revue Rock&Folk a sorti un hors-série n° 25 avec un CD 4 titres, consacré à l'anniversaire et à certains évènements Woodstock.jpgde la même époque. Indispensable.

14.06.2009

Provisions pour l’été

Dernière visite chez mon disquaire habituel, l'été rien de nouveau n'est mis sur le marché, il faudra attendre la rentrée de septembre avant le flot de fin d'année. Deux ou trois bricoles dans mon cabas, des indispensables en quelque sorte.

New York Dolls.jpgIl y a trois ans les New York Dolls ont fait leur come-back avec succès, voici leur nouvel opus Cause I sez so dans les bacs des bons disquaires. Les Poupées New Yorkaises n'ont plus vingt ans, nous non plus d'ailleurs, et David Johansen leur leader avec ses lunettes d'écaille semble assumer tout en conservant avec son gang leur allure d'ex-petites frappes. Le premier morceau qui donne son titre à l'album dégage bien les sinus sans pour autant casser les oreilles et tout l'album est vraiment agréable à écouter. Les guitares (Sylvain Sylvain et Steve Conte) se la donnent et me ravissent, David a toujours son chant gouailleur, que demander de plus ? La reprise d'un de leurs titres mythiques Trash en version reggae n'était pas indispensable. Un chouette disque pour passer les vacances.

Un qui ne revient pas, pour la bonne raison qu'il n'est jamais parti, c'est Little Bob, notre rocker national, l'unique ! Régulièrement les disques tombent et à chaque fois, c'est le même étonnement ravi, comment ce petit bonhomme peut-il réussir ce tour de force, ne faire que de bons CD gorgés de rock, de blues et de soul, simples mais bourrés de sincérité. Ce gars mérite une statue, voire la Légion d'Honneur, qu'il refuserait certainement car on la donne à n'importe qui Little Bob.jpgdésormais, or le Bob n'est pas n'importe qui. Avec Time to blast le Havrais poursuit sa route, fidèle à son credo, la rage au ventre, toujours. « Le moment de réagir, d'envoyer du son, d'exploser, de dire ce que l'on pense, d'arrêter de se faire marcher dessus. » prévient-il dans le livret qui accompagne le CD avant de conclure « Keep on rockin' ! ». Si vous n'avez pas la frite, Little Bob dans la platine CD et vous retrouvez la patate.

Dans le genre pêchu les Black Crowes s'y connaissent aussi, leur nouveau disque est un double CD enregistré en live. En fait ce Warpaint reprend sur le premier disque l'intégralité de leur album précédent, joué dans le même ordre mais en public. Les guitares (Rich Robinson et Luther Dickinson) fusent et se mêlent en un joyeux rock'n roll sur lequel Chris Robinson chante à s'en cisailler les cordes vocales tout en lâchant parfois des traits d'harmonica, toujours bienvenus. Sur le second CD une reprise du Torn and Frayed des Rolling Stones confirme pour les sourds, War paint.jpgque ces américains sont les dignes héritiers du groupe anglais. It's only rock'n roll ! 

Enfin j'avouerai que si je suis retourné chez mon disquaire c'est aussi parce que ma carte de fidélité me donnait droit à un bon d'achat qui expirait à la fin du mois et qu'il n'était pas question que je n'en profitasse pas, tant d'achats pour si peu ! Repassant en accéléré dans mon esprit ma discothèque en la comparant aux bacs débordants à ras bords du marchand, je constatai que je n'avais pas racheté en CD les Elvis Costello de mon ancienne collection de vinyles. La bévue se devait d'être réparée et ça tombait bien puisque l'album My Aim Is True avait été réédité en version DeLuxe, soit un double CD reprenant le disque original et des bonus plus un second disque enregistré en live à la même époque (1977). Le binoclard énervé égrena dans mon salon ses titres courts mais speedés et je constatais avec émerveillement que j'y retrouvais le même plaisir que trente ans auparavant. Comment avais-je pu vivre toutes ces années sans Alison ou Watching the detectives ?    Costello.jpg

Toutes les notes