30.06.2008
John Hiatt : Same Old Man
On sait depuis longtemps que célébrité et talent ne sont pas synonymes, du moins qu’ils ne vont pas de paire obligatoirement. La preuve avec John Hiatt et je vous entends déjà interroger « Qui ç’est celui-là ? » les yeux écarquillés. Pourtant depuis presque trente ans (personnellement je le suis depuis Two Bit Monsters paru en 1980) l’homme bien que discret nous livre de merveilleuses galettes. Compositeur de talent, ses textes et musiques devraient lui valoir la reconnaissance de tous, guitariste pas manchot et chanteur à la voix attachante, il n’est une vedette que pour un cercle étroit de passionnés de bonne musique. Loin des modes et des effets, discret dans sa vie, il n’intéresse pas le monde. Si lui s’en fiche, moi encore plus, l’essentiel étant qu’il nous/me donne de bons disques comme cet excellent nouvel album Same Old Man. Un groupe basique, guitares, basse, batterie où l’on notera la participation de Luther Dickinson aux guitares et à la mandoline (Il joue avec tout le monde ces derniers mois) aux côtés de Hiatt. Tout paraît simple, sans solos démonstratifs, sur ces onze titres de 4mn chacun. Délicates parties de guitares électriques construites sur une discrète rythmique acoustique où John Hiatt pose sa voix légèrement étranglée pour nous conter ses histoires pleines de sentiments. De What Love Can Do à Ride My Pony en passant par le musclé Cherry Red un disque à écouter un drink bien frais à la main calé dans un rocking-chair sous l’auvent, en regardant la nuit tomber lentement après une belle journée d’été. Exactement ce que je fais tout en écrivant cette chronique.
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08.06.2008
Moreland & Arbuckle : 1861
Moreland & Arbuckle, avec un nom comme celui-là on pourrait penser qu’il s’agit d’un duo de comiques, ce qu’ils sont peut-être dans le privé mais ce n’est pas cette qualité qui nous intéresse ici. Aaron Moreland (guitare) et Dustin Arbuckle (vocaux et harmonica) épaulés par Brad Horner (batterie) forment un redoutable trio de blues pur et dur. Dès les premiers accords de Gonna Send Ya Back To Georgia, la slide guitare puis l’harmonica qui vient se greffer sur le riff, la couleur est donnée, ce sera du bleu pendant tout l’album. Quand l’orgue Hammond apporte sa touche de chaleur comme sur Diamond Ring, la sauce est parfaite et ne demande plus qu’à être lichée jusqu’à la dernière goutte ce dont on ne se privera pas. Presque tous les titres sont écrits par ces deux lurons qui parfois évoquent sur certains morceaux Sonny Terry & Brownie McGhee en plus agressifs peut-être. Bien qu’originaires et fiers de leur Kansas (d’où le titre de l’album, 1861 année du rattachement de l’état à la Confédération ) leur blues sent fort le Texas, état voisin qui nous donna quelques bonnes gâchettes de la six cordes. Je ne connaissais pas ces types qui sont pourtant dans la force de l’âge et à leur troisième album mais désormais il faudra compter avec eux.
14:01 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moreland & arbuckle, blues, kansas, texas
25.05.2008
Jethro Tull : This Was
Il y a quelques jours, dans le post intitulé Mémoires d’esgourdes où j’évoquais les musiques ayant enchanté mon année 1968, il y avait entre autres, le disque de Jethro Tull This Was. Le hasard fait souvent bien les choses puisque ce disque vient de ressortir en version remasterisée sous forme d’un double CD augmenté de bonus. Encore une bonne occasion de s’attarder et s’attendrir sur cette tranche de passé. Quand l’album sort en cette fameuse année, le premier disque de Jethro Tull, d’emblée la pochette séduit, quatre petits vieux qui nous regardent d’un air narquois, au milieu de leurs chiens, tels des bergers ou des clochards. La photo est très belle dans sa forme et sa composition et par le maquillage réussi des musiciens. Le disque démarre sur un tempo rapide avec My Sunday Feeling, breaks et flûte en instrument leader, voilà qui est peu banal ! A l’avenir ce sera la marque de fabrique du groupe, la flûte de Ian Anderson, chanteur et meneur du gang. Pourtant sur ce premier disque, ce n’est pas encore évident, car ici l’harmonica a la part belle comme sur le titre suivant Some Day The Sun Won’t Shine, un blues délicat. Nous sommes en pleine période blues revival et chaque groupe s’y essaie, Jethro Tull lui aussi sous l’influence de son guitariste Mick Abrahams, qui lorsqu’il quittera le groupe dès l’album suivant, laissant la place à Martin Barre, verra la musique du Tull évoluer vers un rock plus progressif et plus personnel. Pour l’heure nos quatre héros cherchent encore leur voie entre blues, reprises (Cat’s Squirrel) et même jazz (Serenade To A Cuckoo un titre de Roland Kirk), balançant une musique néanmoins originale par l’apport de la flûte, la voix du chanteur et la qualité des instrumentistes d’où émergent les solos rageurs de guitare de Mick Abrahams, la basse musclée de Glenn Cornick et la batterie de Clive Bunker. On se régale sur le splendide It’s Breaking Me Up, blues langoureux, truffé de giclées d’harmonica et de guitare, on n’échappe pas au rituel de l’époque à savoir le solo de batterie sur Dharma For One et le groupe s’énerve franchement sur Cat’s Squirrel avec Mick Abrahams qui se lâche, ralentissant le rythme avant de ré-accélérer crescendo. Sur scène la prestation de Ian Anderson marquait aussi les esprit, collant et hautes bottes lacées, long manteau sombre, cheveux longs et bouclés, en équilibre sur une seule jambe, la seconde pliée sur le genou, la flûte traversière en main, il s’agitait comme un furieux, chantant et crachotant dans son instrument pour insuffler de la vigueur à son rock de ménestrel moderne. Plus tard le groupe sera reconnu internationalement avec des titres comme La Bourrée ou encore Locomotive Breath et Aqualung qui font encore les beaux jours des radios. La présente édition offre deux CD, l’un reprend le disque originel en version mono remasterisée avec en bonus des morceaux joués pour la BBC et le second CD la version stéréo du disque avec en bonus des titres issus des 45 tours de l’époque. Au final, si This Was est un album assez atypique dans la discographie fournie de Jethro Tull, il reste néanmoins comme l’un de leurs meilleurs, en tout cas le plus basique et l’un de mes préférés. Si vous ne connaissez pas cette merveille, foncez chez votre disquaire habituel pour la découvrir, il n’est jamais trop Tull pour bien faire !
08:56 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jethro tull, this was, ian anderson, flûte, blues
14.05.2008
Robert Plant & Alison Krauss au Grand Rex
L’affiche était trop tentante. Après le magnifique album réalisé par Robert Plant et Alison Krauss il y a quelques mois, les voir en vrai et qui plus est dans une salle comme le Grand Rex à Paris ne pouvait se manquer. C’est donc sur les Grands Boulevards que je filais mardi soir dès la sortie du boulot. Les portes étant ouvertes très tôt, l’entrée se fit dans la bonne humeur et sans bousculade intempestive, je suivis l’ouvreuse aux courbes sinueuses jusqu’au second rang où m’attendait un confortable fauteuil en similicuir laissant la place pour étendre ses jambes et en prendre à son aise. Ca commençait bien. Dès 21h après une première partie légèrement soporifique, les lumières s’éteignirent et le groupe entra en scène, Alison par la gauche et Robert par la droite pour attaquer le concert avec Rich Woman, morceau qui débute aussi Raising Sand leur disque. D’emblée l’impression est favorable, sur un tempo moyen, les deux voix se marient à merveille et le groupe est soudé. Alison est encore plus mignonne en chair et en os (oh ! si peu !) que sur les photos du CD, blonde tout en cheveux au regard mutin, quand à Robert Plant pendant tout le concert il affichera une humilité totale, abandonnant la scène plusieurs fois pour laisser sa jeune partenaire faire son show, lui le héros de Led Zeppelin le groupe mythologique qui atomisa des millions de spectateurs du monde entier venus dans des arénas pleines à craquer pour se faire exploser les neurones sous les riffs incandescents de guitares, les roulements de batterie mammouthiques et les hurlements totalement maîtrisés du dit chanteur, ce soir dans cette petite salle, on fait dans le raffiné, le délicat mais pas dans le mièvre. Tout l’album ou presque va y passer. Sister Rosetta Goes Before Us, violon, banjo et voix d’ange de la belle, Through The Morning Trough The Night où les harmonies vocales entre les deux artistes combleront les mélomanes, Let Your Loss Be Your Lesson bien enlevé ou encore Gone Gone Gone qui speed gentiment et au refrain sympathique. Sur Trampled Rose miss Krauss nous régalera de sa voix pure, d’ailleurs quand elle chantera en solo, la salle sera particulièrement attentive et silencieuse comme suspendue à ses lèvres, assommée par son charme et son talent. Bien sûr il ne pouvait être question de faire l’impasse sur le répertoire du Zeppelin, Robert Plant le sait mais malin, il va l’adapter, ce qui nous donnera une version de Black Dog complètement déstructurée et quasi méconnaissable et une version ahurissante de beauté de The Battle Of Evermore, tant les contre-chants de la Krauss magnifient le morceau. Autre grand moment une reprise de la carrière solo de Robert, In The Mood. Il y aura aussi Fortune Teller où le vieux Plant agitera sa crinière comme un vieux lion retrouvant sa jeunesse, Black Country Woman qui nous fera rugir de bonheur et puis Nothin’ et puis encore etc. Le concert durera deux heures, durant lesquelles les deux chanteurs se partageront la vedette, laissant aussi la place à leurs acolytes, le mythique T-Bone Burnett guitariste chef d’orchestre en poussera deux ainsi que le guitariste Buddy Miller. Ces deux-là sont aussi épaulés par Stewart Duncan et tous poly-instrumentistes passent de la guitare au banjo, pédale steel guitare, dulcimer, contrebasse et que sais-je encore. Un concert merveilleux dans une salle de grande classe, que demander de plus à la vie ?
21:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : robert plant, alison krauss, led zeppelin, grand rex
12.05.2008
Mémoires d'esgourdes
Sirènes des voitures de police, cavalcade des pas dans les rues, foule qui gronde, bruits fusants des jets de grenades lacrymogènes, choc des pavés lancés contre les boucliers anti-émeute des CRS, sifflets à roulette, cris en tous genres ne constituent pas l’unique bande son de mai 68. Car parallèlement à la révolution bruyante tout juste éclose, la musique qui vit le jour en 1968 atteint des sommets de créativité et de qualité encore rarement dépassée à ce jour, cette même année nous eûmes droit au Double Blanc des Beatles et à Beggars Banquet des Rolling Stones par exemple. Ca donne le niveau mais à cette époque qualité et quantité pouvaient aller de paire, puisque les premiers nous donnèrent aussi Hey Jude le 30 août, mais il y aura aussi Lady Madonna et les seconds Jumpin’Jack Flash dès le 24 mai. Rien qu’avec ces deux groupes on aurait déjà eu une bonne année mais nous vivions alors l’âge d’or du rock et s’il fallait lister tous les singles (45 tours) ou albums (33 tours) extraordinaires sortis durant cette année c’est un bouquin qu’il faudrait écrire. Je n’aurai ici qu’un modeste but, remettre en mémoire quelques bons moments musicaux pour les anciens et éventuellement indiquer des pistes pour les plus jeunes. Alors suivez le guide, nous allons monter au grenier ou descendre à la cave, ouvrir les cartons où sommeillent les joyaux qui bercèrent mon année 1968.
D’abord il y a les objets eux-mêmes, ces disques en vinyle dans des pochettes cartonnées de 30cm de côté, laissant une place suffisante pour que les photos et graphismes s’expriment et que nos yeux dès l’achat se repaissent par avance du bonheur qui découlerait infailliblement de l’écoute. Carton léger des pochettes fabriquées en France, carton épais et lourd de celles des disques importés des USA. Même le vinyl avait des qualités différentes selon le grammage du disque. Entre le marchand et mon retour chez moi c'est-à-dire chez mes parents, j’avais déjà le temps de gamberger sur le trésor que je venais d’acquérir. Vous comprendrez aisément qu’aujourd’hui avec un pauvre CD en plastoc tout riquiqui dont mes pauvres yeux déchiffrent à grand peine les notes de pochette je me sente un peu frustré.
Venons-en au fait, je vais cafter sans remords aucun, les noms de tous ceux qui m’ont enchanté durant cette année mémorable. Je cite dans le désordre tant ça se bouscule au portillon. Dès que j’allumais la radio – du moins l’émission Salut les Copains – s’enchaînaient des pépites comme Night In White Satin des Moody Blues, Massachusetts des Bee Gees, Baby Come Back des Equals, Eloïse de Barry Ryan ou Rain and Tears des Aphrodite’s Child et Monia de Peter Holm. Rien qu’avec ces six disques vous étiez le roi si vous les programmiez lors d’une surprise-party (ou une surboum si vous préférez !). Autres bonheurs radiophoniques, Otis Redding et Dock of the Bay, Donovan et son Hurdy Gurdy Man, Joe Cocker et sa fantastique reprise d’un titre des Beatles With A Little Help From My Friends tandis que la timide Mary Hopkins, protégée de Paul McCartney, susurrait Those Were The Days. Les artistes français n’étaient pas en reste, puisqu’ils nous donnaient Comme d’habitude pour Claude François et Comme un garçon et La Maritza pour Sylvie Vartan. L’éternel Johnny était bien sûr déjà là, avec Bonnie and Clyde, A tout casser ou Cours plus vite Charlie, tandis que Joe Dassin prenait sa grosse voix pour La bande à Bonnot ou nous conseillait d’aller Siffler sur la colline, Gilles Dreux nous saoulait avec son Alouette et Yves Montant pédalait tranquillement A bicyclette . Pour Michel Polnareff c’était Le Bal des Lazes alors que Jacques Dutronc ne se lassait pas de nous rappeler qu’Il est cinq heures Paris s’éveille. Autres gros succès, Herbert Léonard avec Quelque chose tient mon cœur, Julien Clerc et sa fameuse autant qu’entraînante Cavalerie alors qu’Hugues Aufray murmurait Adieu monsieur le professeur.
Quant à ma collection de disques elle commençait à s’étoffer d’albums de rock anglo-saxon qui sont devenus depuis des classiques du genre. Truth de Jeff Beck avec l’extraordinaire Rod Stewart au chant, Boogie de Canned Heat et l’incontournable On The Road Again, Wheels of Fire de Cream avec monsieur Eric Clapton à la guitare, Mr Wonderful de Fleetwood Mac pour Peter Green et ses potes, Electric Ladyland de Jimi Hendrix qu’il serait indécent de présenter, In-A-Gadda-Da-Vida de Iron Butterfly dont je vous ai déjà parlé dans une note spécialement dédiée à cet album, This Was de Jethro Tull pour Cat’s Squirrel et la flûte de Ian Anderson, Cheap Thrills de Janis Joplin dont la pochette est dessinée par Crumb, A Saucerful of Secrets de Pink Floyd et je pourrais encore continuer longtemps avec Simon & Garfunkel et The Graduate sur lequel figure le fameux Mrs Robinson bande son du film Le Lauréat avec Dustin Hoffmann, ou encore Procol Harum avec Shine On Brightly… Quand on a vécu à l’époque d’une telle profusion de merveilles on reste dubitatif devant la production actuelle et si les CD n’ont pas le goût inimitable de mes vinyles d’antan, ils ont au moins le mérite d’archiver et de perpétuer la trace de cette musique que je chéris tant. Oui encore oui, 68 aura été une bonne et grande année !
13:14 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beatles, rolling stones, mai 68, otis redding, joe cocker, nights in white satin, johnny halliday
04.05.2008
Steve Winwood : Nine Lives
Quand l’album About Time est sorti en 2004, ce fut comme une résurrection, le grand retour de Steve Winwood l’enfant prodige du rock anglais qui nous enchanta au sein de différents groupes comme Spencer Davis Group (1964-1968), Traffic (au début des années 70) ou l’éphémère Blind Faith (1969) avec Eric Clapton. Multi instrumentiste, guitare, piano et orgue, doté d’une voix originale et chaude ses participations à différents projets musicaux d’autres musiciens sont toujours réussies et de qualité. Bref, l’homme a un pedigree et un CV bien fourni. C’est donc confiant et plein d’espoir que j’ai mis la main sur son nouvel album Nine Lives qui vient de sortir chez tous les bons disquaires. Après une première écoute très décevante, j’ai tout tenté, le CD joué à plein volume ou en sourdine, l’écoute au casque qui d’habitude révèle les moindres pépites enfouies au plus profond des gangues les plus repoussantes, hélas ! Rien n’y fît. Cet album est assez fade. Les compositions sont faibles, le ton du disque assez tristounet et la production, bien que réalisée par la même équipe que celle de About Time, est beaucoup moins aérée et brillante. Le Cd précédent regorgeait de percussions pétillantes et d’un ton enjoué ce qui n’est pas le cas ici. La musique est un melting-pot de différences influences noires, un peu World, un peu funky, un chouïa soul etc. Un sticker sur la pochette signale un duo avec Eric Clapton sur Dirty City mais ça ne suffit pas pour sauver l’album. Neuf vies pour accoucher de ça, beaucoup de temps pour pas grand-chose.
13:16 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : steve winwood, nine lives, blind faith, traffic, spencer davis group, eric clapton
20.04.2008
Shine A Light : film de Martin Scorsese
Il y a peu j’ai chroniqué le nouvel album des Stones, qui en fait est la bande son du concert filmé par Martin Scorsese. Le film vient de sortir sur les écrans et inutile de vous dire que je n’ai pas attendu pour courir le voir. Le disque est excellent mais le film est géant ! Je suis encore estomaqué par la prestation scénique de ces vieux grigous, tout est superbe dans ce film. L’image est soignée, les tons des couleurs sont chauds, le son et le mixage sont extraordinaires et les interprétations musicales quasi parfaites comme on l’avait entendu sur le disque. Voir les Stones pendant deux heures donner un tel spectacle rappelle qu’ils sont le « Greatest Group on Earth », car depuis 45 ans s’ils ont pu être égalés parfois, ils sont les seuls à ne s’être jamais séparés et perdurer, avec tout le talent qu’on les voit ici encore étaler. Qui fait mieux ? Personne. A plus de 60 ans, Mick Jagger se démène toujours comme un beau diable parfaitement conservé et Keith Richards malgré sa peau tannée de vieux caïman reste un modèle parfait de rock star au look de gipsy mille fois copié. Ces types ont la classe ce qui les distingue du reste de la meute. Scorsese en vieux renard fan des Stones les a filmés au Beacon Theatre de New York, un décor magnifique qui donne l’impression sur certains plans de caméras, d’être dans une église et d’assister à une messe noire. Les gros plans sont hallucinants, que ce soit l’œil ironique de Jagger ou la gueule fripée de Keith, c’est un vrai régal. Le blues avec Buddy Guy est fabuleux, la version de Connection chantée par Keith Richards dans son long manteau noir et sans sa guitare à la main est extraordinaire. Je pourrais continuer ainsi, égrenant les superlatifs et empilant les bravos, mais je vous jure que c’est du pur bonheur d’un bout à l’autre du film. En dehors du concert, quelques images d’archives, quelques scènes d’avant concert (la famille Clinton au grand complet venue assister au spectacle se fait prendre en photo avec les Stones) ou de préparation du show où l’on voit le réalisateur contenir sa rage quand il ne sait pas encore comment les musiciens vont organiser leur concert, quels morceaux ils vont jouer etc. et que lui doit prévoir ses mouvements de caméras. Le disque, le film, il ne manque que le DVD à venir … et un, et deux, et trois ! Musique et images évènementielles, référence ultime ( ?) d’un monument du rock, à ne rater sous aucun prétexte car les Rolling Stones sont à leur sommet. Epoustouflant.
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09.04.2008
Rolling Stones : Shine a Light
Un nouveau disque des Rolling Stones, c’est toujours un évènement pour moi, entretenu par les rumeurs préalables de longs mois avant sa sortie. Cette fois-ci, c’est un peu particulier car il s’agit d’un disque (un double CD en fait) enregistré en public fin 2006 à New York, bande son du nouveau film documentaire de Martin Scorsese, donc il n’y a pas de surprise, tous les morceaux sont connus, par leurs versions studio et même en live car si je ne les ai pas entendus les jouer sur scène, j’en ai des versions sur des disques pirates. Tout ceci ne m’empêche pas de m’exciter à l’idée d’écouter un nouvel album de mes Stones adorés ! Je place le premier CD dans le lecteur et j’appuie sur Play. D’emblée c’est la claque au niveau du son quand Jumpin’Jack Flash explose dans les enceintes, les guitares sur chaque canal, Ron Wood à gauche et Keith Richards à droite, même les cymbales de Charlie Watts se détachent clairement. Suivent Shattered et She was hot, avant d’attaquer une série de titres remarquables. All down the line avec le solo de slide guitare de Ron Wood, les cuivres et ce dont je n’ai pas encore parlé, la grosse ligne de basse de Darryl Jones, avec Loving Cup le premier invité, Jack White leader des White Stripes partage avec brio les vocaux avec Jagger. Quand les guitares acoustiques lancent As Tears Go By, nous sommes dans la séquence nostalgie. Je passe rapidement sur Some Girls et Just My Imagination car voici le superbe Faraway Eyes avec la steel guitare de Ron Wood, les remarquables vocaux de Mick Jagger « Thank you Jesus, thank you lord ! » et les non moins inénarrables chœurs de Keith, le public exulte. Le second invité c’est le fameux Buddy Guy, sur Champagne & Reefer, avec sa grosse voix et sa guitare sur un blues de Chicago, avec l’harmonica de Mick, toutes les guitares se la donnent, Ron à gauche, Buddy au centre, Keith à droite, whaou ! Encore un bon morceau avec Tumbling Dice, puis c’est le fameux quart d’heure de Keith Richards qui empoigne le micro pour un extraordinaire You Got The Silver, blues acoustique ou Keith se surpasse au chant. Les Stones sont grands, Keith Richards est leur prophète. Et il enchaîne avec Connection, le rythme s’accélère et sa voix est quasi méconnaissable. Le premier disque s’achève en beauté. Quand la seconde galette démarre, Sympathy For The Devil enclenche le début de la fin du concert, titre toujours magique mais éculé. Un instant j’ai l’impression qu’un B52 tente d’atterrir dans mon salon, mais en fait c’est la ligne de basse monstrueuse sur Live With Me, les guitares qui giclent, le solo de sax et Christine Aguilera venue donner de la voix en duo avec le Jag. Déjà ils attaquent Start Me Up et c’est Charlie Watts qui mène son monde à la baguette puis c’est 37 ans d’addiction au Brown Sugar qui m’explosent la tête, le solo de sax, le passage piano/chœurs qui répondent à Jagger et le final où tout le monde est en solo. Argh ! Un riff mémorable qui jaillit hors de la nuit et c’est Satisfaction. La fin du disque enchaîne les titres comme des bonus, car ils ne sont pas liés, une nouvelle séquence nostalgie avec Paint It Black où Charlie s’illustre, Little T&A avec Keith au chant, I’m Free un peu long et last but not least, l’extraordinaire Shine A Light, un très beau morceau avec un piano cristallin, des vocaux superbes de Jagger et Ron Wood qui s’escrime sur son manche. Gavé mais non repu, j’ai encore la force de hurler « Les images, les images … » (alors que le voisin tape sur le mur depuis un moment déjà) et je n’aurai pas longtemps à attendre puisque le film sort la semaine prochaine. Un bon disque, un son superbe, des interprétations de qualité, mais rien de nouveau pour le Rollingstonophile qui attend déjà avec impatience le prochain album studio.
22:04 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rolling stones, shine a light, blues, keith richards, ron wood, buddy guy
07.04.2008
REM : Accelerate
Je ne suis pas un fan inconditionnel du groupe REM pourtant en 1991 quand est sorti leur album Out Of Time, seuls les sourds n’ont pas entendu dans les radios leur hit Losing My Religion ou encore Shiny Happy People ou Radio Song. Des refrains imparables chantés par Michael Stipe à la voix typique et immédiatement repérable, des lignes de guitare basse ronflantes jouées par Mike Mills et des parties de guitares incisives et précises de Peter Buck tout en restant sur des tempos moyens, bref un disque excellent. Les années passent, nous sommes en 2004 quand le groupe lâche Around the Sun, magnifiques parties vocales, titres hypnotiques sur des rythmes moyens/lents, hymnes envoûtants, Leaving New York, The Outsiders, Wanderlust ou encore Boy In The Well qui fait se pâmer ma femme sont quelques uns des titres incontournables de cet album magique aux ambiances ensorcelantes. Aussi quand il y a quelques jours est sorti le nouvel opus du trio je n’ai pas hésité à ajouter Accelerate à la pile de CD qui attendent leur tour à côté de ma platine Denon. Prévenu par des échos lus sur le Net le choc a été moins rude heureusement car les types ont changé d’optique et seraient revenus à l’esprit de leurs débuts que je ne connaissais pas. Ici on fait dans le maigre tout en muscles, 34mn41 seulement, mais vous en avez pour votre argent. Les guitares fusent, le rythme s’est accéléré comme le titre de l’album le gueule, la basse pulse avec maestria, le batteur cogne sur ses peaux, pourtant les mélodies sous-jacentes ne sont pas noyées dans l’énergie déployée (Supernatural Superserious) et nous avons même parfois des passages accalmis (Hollow Man) pour reprendre nos esprits. Et toujours cette voix envoûtante de Stipe. Remarquable.
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31.03.2008
Christine Perfect : The Complete Blue Horizon Sessions
Un nouveau disque de Christine Perfect chez mon disquaire, celle dont j’avais pour ainsi dire oublié le nom, et c’est ma mémoire qui à nouveau se réactive. La chanteuse pianiste du groupe Chicken Shack (circa 1967/69) m’avait enchanté au sein de ce combo de blues où officiait Stan Webb un sacré guitariste, avant qu’elle n’incorpore plus tard le Fleetwood Mac. Je sais que pour la majorité de ceux qui me lisent, je parle de gens dont vous ne soupçonniez même pas l’existence il y a encore cinq minutes, mais je n’en ai que faire, ce n’est pas mon problème, c’est le vôtre. Moi je tente de vous donner des pistes, d’ouvrir des portes ou des fenêtres vers des musiques qui n’existent plus mais qui sont archivées sur les Cd vendus dans les bonnes boutiques, faites en votre profit ou ignorer les, moi je n’y gagne rien. Le « nouveau » disque de Christine Perfect « The Complete Blue Horizon Sessions » est l’occasion de réentendre la voix douce et caractéristique de la chanteuse à travers seize titres, dont certains inédits, qui sans être tous obligatoirement des blues purs, flirtent avec ce genre. Avec Mike Vernon à la production, Top Topham à la guitare (Yardbirds), Dany Kirwan et John Mc Vie (Fleetwood Mac), Andy Silvester (Chicken Shack) on retrouve là une bande de lascars spécialistes de la note bleue et du son de velours. Il ne s’agit pas d’un disque génial ou exceptionnel, je ne suis pas complètement sourd, mais le plaisir d’écouter la belle voix d’une chanteuse sans prétentions, sur une musique cool jouée par des experts qui ne se la pètent pas, c’est déjà beaucoup.
19:06 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christine pefect, fleetwood mac, chicken shack, stan webb, yardbirds