25.06.2008

Le paradoxe

A la boîte comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer, nous migrons lentement mais sûrement vers un nouvel outil informatique commun à la maison mère et nous. Chaque enseigne abandonne son système propre et découvre un peu plus chaque jour, son nouveau joujou. Pour l’instant mon discours semble tout à fait logique, outil unique pour une communication simplifiée et des agrégations de résultats plus lisibles. Bon, j’avoue, tout cela c’est la théorie et le versant rose du dossier. En fait la Centrale d’Achats commence à souffrir et gronder, les charges de travail augmentent et l’outil informatique fait perdre du temps, parce qu’il est nouveau et ça c’est normal dans un premier temps, mais surtout parce qu’il est bien trop lourdingue. Résultat, il va falloir très certainement engager du personnel supplémentaire pour compenser ces pertes de temps. Dans l’immédiat à la Centrale , la pression est maximum pour que chacun en fasse toujours plus et les premiers dégâts sont là, vagues de congés maladie, réflexions cassantes « Vous suivez ou vous partez ».  Un outil informatique qui obligera à recruter, si c’est bon pour lutter contre le chômage, c’est paradoxal dans le raisonnement d’une entreprise qui se veut bien gérée ! L’investissement ayant déjà fait exploser les budgets, si on doit y rajouter des frais de personnels supplémentaires, le Return On Investissement risque de se faire attendre. Le R.O.I. est mort, vive le roi !    

 

06.06.2008

Le prix de la malbouffe

Parfois le midi quand je n’ai pas le temps de manger car j’ai une course à faire je m’offre un sandwich pour déjeuner sur le pouce. Un encas en somme. Pourtant quand je regarde les prix je suis affolé. Dans mon quartier, un sandwich dit mixte (jambon et gruyère) avec un Coca-Cola sont aimablement proposés dans ce que les boulangeries nomment « une formule » pour le prix astronomique de 4,50 euros minimum. Alors que dans mon restaurant d’entreprise je peux déjeuner d’une copieuse assiette de légumes variés (y compris pâtes ou riz), d’un morceau de fromage, d’un dessert simple (compote, macédoine de fruits etc.) d’un petit pain et d’eau à volonté pour la modique somme de 1,40 euro ! Et pour ce prix j’ai déjeuné chaud et équilibré. Quand on bouffe mal on paye plus cher, certainement une taxe contre l’obésité. 

 

 

05.06.2008

Le courrier du coeur

J’imaginais écrire régulièrement des vacheries sur mon entreprise et puis ma plume s’englue dans le mazout quand je m’y essaie, non qu’il n’y ait rien à écrire – au contraire serais-je tenté de dire – mais la lassitude et le découragement me gagnent. Allez au diable ! Les travers de cette boîte ne m’indignent même plus, je m’en contrefiche, ça fait mal au cœur mais j’essaie juste de maintenir mon cap et de tenir la barre pendant les quelques années qui me restent avant la retraite. Si le cœur me manque par contre il a carrément lâché définitivement pour une de nos collègues en voyage en Jordanie avec le CE et il a franchement bafouillé pour une autre durant quelques heures la semaine dernière. Vous comprendrez que je n’aie pas le cœur à rigoler !

 

03.06.2008

Je ne joue pas pour la galerie

« Il faut bien voir qu’on est dans un contexte très mouvementé cette année pour les voyages vers la France  » dit un spécialiste chinois du segment des voyages vers l’Hexagone. « Il y a eu l’incident des touristes chinois arrêtés aux Galeries Lafayette parce qu’on les soupçonnait de payer avec de faux billets, ce qui n’était pas le cas. Cela a eu un énorme retentissement en Chine poursuit notre interlocuteur. » Conséquence, la France ne figure plus au catalogue des voyagistes pékinois. Voilà ce qu’on peut lire ce soir dans Le Monde . Ainsi le fameux Grand Magasin serait en train de plomber les revenus touristiques de notre beau pays, heureusement que je ne travaille pas dans cette boîte, j’aurais trop honte !   

 

30.04.2008

La cantine

Il y avait longtemps que je n’avais pas évoqué le cas de la cantine ou plus précisément du restaurant d’entreprise. Et si j’en parle c’est que ça ne va pas et que je me plains. Voilà mon problème, à chaque fois que nous sommes en période de congés scolaires, les menus de la cantine deviennent quelconques – euphémisme pour ne pas dire dégueulasses – Je ne sais pas si c’est dans ma boite exclusivement ou si c’est partout pareil, mais en tout cas c’est systématique, pendant cette période ils nous servent des plats peu appétissants, des viandes qui baignent dans des sauces suspectes qui cachent le produit, des légumes tristounets, des pates molles etc. A croire qu’en cuisine il n’y a qu’un seul cuistot qui connaisse son métier et qu’il est toujours barré en vacances avec ses mômes ? Je me réjouissais des congés scolaires car il y a moins de monde au restaurant, mais maintenant je les maudis car durant ce temps on y mange mal, cruel dilemme. Vivement la fin des vacances !   

 

25.04.2008

Enfin libre !

Il est 13h30 le chef vient de partir, en réunion pour tout l’après-midi et ensuite en vacances pour la semaine. Sachant qu’ils sont nombreux à partir en congé la semaine prochaine, aussitôt mon avenir s’illumine et je me sens submergé par une vague de tranquillité béate. Comme en plus cette semaine prochaine s’annonce bien courte vu que je ferai le pont du 1er mai, tout d’un coup j’ai le moral qui se met au beau fixe. Il en faut peu pour être heureux.   

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26.03.2008

Qui va leur dire ?

Le rapprochement entre ma boîte et la maison mère se fait de plus en plus prégnant. Comme un pays vaincu nous devons nous plier aux intérêts supérieurs cédant aux vainqueurs les postes clés afin qu’ils y placent leurs hommes (en fait surtout des femmes) et fassent régner leurs lois. Chaque jour apporte son lot d’ébahissement devant les pratiques en vigueur chez les « autres ». On a l’impression d’entrer dans Brazil le film de Terry Gilliam ou dans une administration soviétique de la grande époque, avec ses structures hiérarchiques lourdingues et tentaculaires, où la moindre demande doit faire l’objet d’un courriel adressé à cinquante destinataires en copie et une dizaine en destinataires. Tout étant budgété la première étape consiste à déterminer à quel budget doit être affectée votre demande, puis il faut qu’un des destinataires du courriel veuille bien la prendre à son compte et qu’il la traite, c'est-à-dire qu’il la fasse suivre à un collègue voire un sous-traitant qui lui-même etc. Bien entendu rien n’avance très vite. Par contre ce qui avance rapidement c’est notre intégration dans ce merdier, véritables sables mouvants qui paralysent tout esprit d’indépendance. Par contre, quand je ne m’énerve pas et que j’essaie d’observer avec un œil impartial, j’ai la nette sensation d’entrer dans une entreprise de science-fiction, où ce ne sont plus les hommes qui décident, mais la Machine. La maison mère ne paraît pas se rendre compte que ses structures ont engendré leur propre vie et que ce sont elles qui commencent à diriger la boutique ! D’ailleurs pour assujettir un peu plus les humains, elle se dote d’un outil informatique monstrueux, construit comme une usine à gaz et ne répondant qu’imparfaitement aux besoins réels des utilisateurs, mais dont les sommes déjà investies interdisent tout retour en arrière. Bien entendu, toute les composantes ou filiales de l’Entreprise doivent elles aussi adhérer à ce projet. L’uniformisation des outils est sensée faciliter la tâche de tous, elle est plus certainement le moyen de nous tenir tous à sa botte.      

 

18.03.2008

Bienvenue au club

A l’initiative de deux anciens membres de la boîte, Alain M. et depuis peu Christine D. les retraités ou ceux qui nous ont quittés pour convenances personnelles ou forcées, s’organisent en un club. Les courriels ont commencé à circuler il y a quelque temps pour ramasser à droite et à gauche les coordonnées des échappés et en faire une liste dans un fichier Excel. Pour l’instant le club est modeste (90 noms à peu près) mais s’organise et s’est trouvé un nom Le Réseau. Sur cette liste les noms, période d’activité dans la boîte, adresse e-mail et si le retraité est d’accord, son numéro de téléphone. Un club à la bonne franquette, sans cotisation ni assemblée générale, juste l’envie pour ceux qui le souhaitent de renouer avec d’anciens collègues. Une initiative bien sympathique

12.03.2008

Retraitées en goguette

920549616.jpgNous avons appris de source sûre, que trois anciennes informaticiennes parties à la retraite (Annette, Claude et Christiane) ainsi que leur quatrième copine encore active (Ghislaine) avaient déjeuné ensemble ce midi. Ce qui n’est pas particulièrement intéressant en soi mais qui prend un certain relief quand on découvre qu’elles n’ont pas casse-croûté dans un boui-boui quelconque mais dans un restaurant huppé du quartier des Champs-Elysées, Les Elysées du Vernet. Une rapide recherche sur internet permet de découvrir le lieu de leurs agapes et d’y lire le commentaire suivant : « Ce restaurant gastronomique de l'Hôtel Vernet propose une cuisine raffinée. Côté décor, le chic est à son aise en ces lieux : on appréciera la grande cheminée où crépite en permanence un feu de bois lors de la saison hivernale, ainsi que la superbe coupole Art Nouveau en verre réalisée par Gustave Eiffel et Charles de Champigneulles. Côté cuisine, Eric Briffard, disciple de Joël Robuchon, ensoleille les tables le temps d'un repas d'affaires ou d'un dîner gastronomique. Au programme, selon la saison : truffe noire en cappuccino aux lentilles et foie gras, noix de Saint-Jacques raidies à l'écorces de Yuzu avec ses endives caramélisées, langoustines royales, marron glacé. Et l'on signale l'apparition d'un fameux "cochon basque des Aldudes, cuit en cocotte avec reine-claude, rhubarbe et girolles". Pendant que nous travaillons sans compter pour payer les retraites des anciens, voilà comment certaines dépensent leurs pensions dans le luxe et la débauche !

 

07.02.2008

Comment j'ai failli sauver la planète

A la boîte, comme partout j’imagine, on cherche à diminuer les frais généraux et on gratte tous les fonds de tiroirs pour ramener de la monnaie. Il y a une piste, modeste bien sûr, mais qui permettrait de faire d’une pierre plusieurs coups ! Economique et écologique. Je n’ai pas encore fait parvenir cette idée à la direction générale, car si j’ai l’idée je ne sais pas comment la présenter. Comme nous sommes entre nous, je vous la livre. Mon idée serait de supprimer la climatisation dans l’entreprise, économique et écologique comme je le disais, et pour néanmoins conserver l’avantage de la climatisation, il suffirait de mettre d’un côté de l’immeuble tous ceux qui brassent de l’air et de l’autre, tous ceux qui nous le pompent ! Vous le voyez, avoir des idées c’est bien, encore faut-il savoir les présenter ce qui n’est pas le plus simple. 

 

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