22.05.2008

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal : film de Spielberg

792264205.jpgVingt ans après, Indiana Jones est de retour. Le dernier volet des aventures mouvementées du héros de Spielberg La Dernière Croisade datait de 1989 lui-même ayant succédé aux Aventuriers de l’Arche Perdue en 1981 et au Temple Maudit en 1984. Je tenais à aller voir ce dernier épisode dès sa sortie en salle, non pas que je sois passionné à ce point, mais au contraire pour m’en débarrasser au plus vite, ne pas avoir à écouter les commentaires enthousiastes ou déçus, lire les analyses et articles qui fausseraient mon jugement. J’avais bien conscience du fait que deux décennies s’étaient écoulées et que si l’archéologue avait vieilli, je n’avais pas rajeuni non plus, j’étais donc prêt à visionner le film avec les lunettes qui sont la rançon du temps qui passe. Le Crâne de Cristal reprend les mêmes recettes des épisodes précédents, des aventures débridées autant qu’improbables, des ennemis non plus nazis mais soviétiques car nous sommes dans les années cinquante, des clins d’œil et références multiples comme Tintin et le Temple du Soleil, Jules Verne et Le Voyage au Centre de la Terre , l’Homme de Roswell et les extra-terrestres etc. Cette fois, nous sommes au Pérou à la recherche d’un crâne de cristal aux puissants pouvoirs et Indy devra lutter contre une dangereuse adversaire (Cate Blanchett) et sa bande de sicaires staliniens, échapper à des fourmis géantes, franchir des chutes d’eau, engager une poursuite en véhicules militaires au milieu de la jungle, décrypter des messages codés… Le mal triomphera du bien (Non?Si !), un trésor convoité s’avèrera plus philosophique que monnayable et surtout, Indiana Jones découvrira qu’il est père d’un jeune homme avant d’épouser sa mère (Karen Allen) qui se trouve être la petite amie qu’il avait dans le premier épisode de la saga. La boucle est bouclée et j’espère définitivement, car un chapitre de plus serait le chapitre de trop. Un film agréable, sans plus, qui semblera un peu mou aux plus jeunes habitués aux films trépidants et hurleurs, certainement pas le meilleur des quatre, mais qui permet de mettre un point final à ces rocambolesques aventures.

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal film de Steven Spielberg  durée : 2h05 avec Harrison Ford, Karen Allen, Cate Blanchett, John Hurt et Shia LaBeouf           

 

02.05.2008

Deux jours à tuer : film de Jean Becker

1419950122.jpgUn publicitaire (Albert Dupontel) d’une quarantaine d’années, marié avec une femme délicieuse (Marie-Josée Croze) dont il a deux enfants bien gentils, des amis dentiste ou avocat, bref une vie bourgeoise bien confortable où tout lui sourit. Pourtant, un vendredi, tout bascule, il plaque son boulot (savoureuse scène avec l’industriel qui commandite une campagne de pub pour ses yaourts) sa femme car elle croit qu’il la trompe et ses amis après un mémorable dîner où il pète les plombs. Personne ne comprend quelle mouche l’a piqué et jusque là le film est assez agréable à suivre. La dernière partie du film où le pestiféré part en Irlande retrouver son père (Pierre Vaneck) qui l’avait abandonné quand il avait treize ans, si elle explicite son comportement est assez simpliste. Un film très moyen finalement, avec de très bonnes scènes (le vendeur de Jaguar, l’autostoppeur etc.) mais basique pour ne pas dire inexistant quant à la psychologie des personnages, alors que c’était l’élément clé pour la réussite du projet. Tous les acteurs sont parfaits, Dupontel a le regard noir de l’homme résolu car désespéré, Marie-Josée Croze est discrète mais charmante au possible. Ne manque qu’un scénario plus fouillé, plus subtil. Dommage.

 

 

Deux jours à tuer  film de Jean Becker   durée : 1h25   avec Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck     

 

20.04.2008

Shine A Light : film de Martin Scorsese

2085082797.jpgIl y a peu j’ai chroniqué le nouvel album des Stones, qui en fait est la bande son du concert filmé par Martin Scorsese. Le film vient de sortir sur les écrans et inutile de vous dire que je n’ai pas attendu pour courir le voir. Le disque est excellent mais le film est géant ! Je suis encore estomaqué par la prestation scénique de ces vieux grigous, tout est superbe dans ce film. L’image est soignée, les tons des couleurs sont chauds, le son et le mixage sont extraordinaires et les interprétations musicales quasi parfaites comme on l’avait entendu sur le disque. Voir les Stones pendant deux heures donner un tel spectacle rappelle qu’ils sont le « Greatest Group on Earth », car depuis 45 ans s’ils ont pu être égalés parfois, ils sont les seuls à ne s’être jamais séparés et perdurer, avec tout le talent qu’on les voit ici encore étaler. Qui fait mieux ? Personne. A plus de 60 ans, Mick Jagger se démène toujours comme un beau diable parfaitement conservé et Keith Richards malgré sa peau tannée de vieux caïman reste un modèle parfait de rock star au look de gipsy mille fois copié. Ces types ont la classe ce qui les distingue du reste de la meute. Scorsese en vieux renard fan des Stones les a filmés au Beacon Theatre de New York, un décor magnifique qui donne l’impression sur certains plans de caméras, d’être dans une église et d’assister à une messe noire. Les gros plans sont hallucinants, que ce soit l’œil ironique de Jagger ou la gueule fripée de Keith, c’est un vrai régal. Le blues avec Buddy Guy est fabuleux, la version de Connection chantée par Keith Richards dans son long manteau noir et sans sa guitare à la main est extraordinaire. Je pourrais continuer ainsi, égrenant les superlatifs et empilant les bravos, mais je vous jure que c’est du pur bonheur d’un bout à l’autre du film. En dehors du concert, quelques images d’archives, quelques scènes d’avant concert (la famille Clinton au grand complet venue assister au spectacle se fait prendre en photo avec les Stones) ou de préparation du show où l’on voit le réalisateur contenir sa rage quand il ne sait pas encore comment les musiciens vont organiser leur concert, quels morceaux ils vont jouer etc. et que lui doit prévoir ses mouvements de caméras. Le disque, le film, il ne manque que le DVD à venir … et un, et deux, et trois ! Musique et images évènementielles, référence ultime ( ?) d’un monument du rock, à ne rater sous aucun prétexte car les Rolling Stones sont à leur sommet. Epoustouflant.     

Shine A Light  Film de Martin Scorsese  durée : 2h  avec les Rolling Stones, Jack White, Buddy Guy, Christina Aguilera, la famille Clinton.

29.02.2008

Bienvenue chez les Ch'tis film de Dani Boon

583810415.jpgLe directeur de la poste de Salon de Provence (Khad Merad) tente désespérément de se faire muter sur la Côte d’Azur pour faire plaisir à sa femme dépressive. Sa combine tombe à l’eau et la sanction est sévère il est muté à titre disciplinaire dans le Pas-de-Calais ! Pour les gens du midi le Nord c’est pire que l’enfer et on lui promet les pires horreurs, aussi décide-t-il de partir seul et de ne retourner que le week-end dans le Sud pour voir sa femme et son fils. Son acclimatation se fera d’abord dans la douleur et surtout dans la découverte progressive d’une culture et d’un langage – le Ch’ti – au début incompréhensible, puis petit à petit il trouvera la générosité et l’amitié chez ses collègues (Dani Boon). Entre les quiproquos causés par l’accent et les expressions nordistes, les situations très drôles ou carrément farces, on rit durant tout le film, parfois jusqu’aux larmes. Les comédiens sont tous excellents, outres les deux héros, citons aussi Line Renaud, Zoé Félix, Michel Galabru etc. Je ne sais pas si Dani Boon à de l’avenir dans la réalisation cinématographique mais ce premier coup est un coup de maître. A voir d’urgence pour faire le plein de rire.

Bienvenue chez les Ch’tis film de Dani Boon avec Khad Merad et Dani Boon  Durée 1h46

 

17.02.2008

Inspecteur Barnaby

Depuis dimanche dernier, l’inspecteur Barbaby (joué par John Nettles) est de retour sur nos écrans de télévision et c’est France3 qui le diffuse à 21h. Alors que TF1 consacre sa soirée dominicale à des films ou séries comme Les Experts où le rythme endiablé, le montage à cent à l’heure, la technologie et la musique cherchent à nous en mettre plein la vue au point de nous aveugler parfois et d’avoir du mal à suivre le scénario, sur France3 au contraire la programmation mise sur le contre-pied avec notre Barnaby. Ici pas d’esbroufe ou d’épate, nous sommes en Angleterre, plus précisément dans la campagne anglaise telle qu’on l’imagine, cottages avec leurs rosiers et jardins bien entretenus, petit village avec son pub, la campagne vallonnée tout autour, le paradis. Sauf que. Sauf qu’il y a un meurtre, que le petit village cache des vilénies, qu’une petite vieille un peu fofolle a certainement aperçu des choses, qu’un second meurtre peut-être sera commis et que l’inspecteur épaulé de son fidèle adjoint Gavin Troy devra démêler les fils de l’intrigue pendant que sa femme et sa grande fille l’attendent pour aller dîner au restaurant en ville. C’est charmant, très british, ambiance Miss Marple d’Agatha Christie, thé à cinq heures et canapés au concombre. Reposant et parfait pour finir un week-end au calme avant de se replonger dans une nouvelle semaine de labeur.    

 

12.01.2008

Into the Wild film de Sean Penn

c308dbe7cf675fb15c9b5ccc8798e394.jpgTiré d’une histoire réelle, le nouveau film réalisé par Sean Penn, nous raconte le destin de Christopher McCandless tout juste sorti diplômé de l’université. Bien que destiné à un avenir brillant, le jeune homme abandonne tout. Il quitte sa famille, brûle ses papiers d’identité, ses cartes de crédit et il part seul à travers les Etats-Unis décidé à vivre au milieu de la nature, au cœur de l’Alaska. Son périple passera par le Dakota et ses plaines de blés, une descente du Colorado en canoë, il fréquentera une communauté hippie dans le désert de Californie, rencontrera un retraité prêt à l’adopter. En stop ou en passager clandestin de trains de marchandises, il taille la route, comme un personnage d’une chanson de Bob Dylan, à la recherche de son idéal. Quand enfin il se posera au fin fond de la nature sauvage, dans un vieux bus abandonné là par on ne sait qui, il découvrira que la vie dans les bois – celle de Thoreau l’un de ses maîtres à penser – n’est pas si aisée et il y laissera la vie. Un très beau film, souvent émouvant, sur la soif de liberté, l’amour vrai de la nature, notre place sur Terre. Un film qui entrouvre une fenêtre vers une autre vie, un autre monde. Il y a trois sortes de gens, ceux qui ne comprennent pas ce genre d’aspirations et le film ne les intéressera pas, ceux qui les comprennent mais n‘ont pas le courage de les suivre, et les rares qui l’osent et qui ne vont pas au cinéma.

Into the Wild  film de Sean Penn avec Emile Hirsch, Vince Vaughn, William Hurt  Durée : 2h27

 

21.11.2007

Dans la Vallée d'Elah : flm de Paul Haggis

a9460c3afc6cdd72f63e8ad7f58b7176.jpgHank (Tommy Lee Jones) était un militaire de carrière, l’un de ses fils est décédé et le second, dont le régiment vient de revenir d’Irak, considéré comme déserteur, n’a pas contacté ses parents. Bientôt son corps démembré et calciné est retrouvé dans un terrain vague. Son père va se lancer à la recherche de ses assassins avec l’aide d’un officier de police (Charlize Theron). Son enquête au cœur de la Grande Muette sera douloureuse car au-delà du décès de son fils, sa recherche va lui faire découvrir que celui-ci n’était pas l’agneau qu’il pensait être, que lui-même a sa part de responsabilité dans le drame, que les règles de la guerre ont beaucoup changé et que son pays, l’Amérique « est dans une belle merde ! ». Après la guerre du Vietnam, l’Amérique affronte ses démons en Irak. Contre les guerres les réalisateurs font leurs films, les écrivains rédigent leurs livres, les manifestants défilent sous des banderoles « Plus jamais ça » mais rien n’y fait, des combats entre militaires nous sommes passés aux combats impliquant des civils, nous en sommes aujourd’hui à des guerres encore plus sales où soldats, civils, hommes, femmes et enfants s’étripent avec les moyens du bord mêlant l’humiliation à l’horreur. Et l’abjection la plus totale n’est certainement pas encore atteinte. Si rien de tout cela n’est montré dans le film – juste suggéré par des vidéos de mauvaise qualité prises avec le téléphone portable du fils – toutes ces horreurs sont latentes et dénoncent le bourbier Irakien. Un bon film, mais pas un chef d’œuvre, avec un excellent (comme toujours ?) Tommy Lee Jones, dont les traits tirés et les silences sont lourds de souffrance. A voir.

Dans la vallée d’Elah film de Paul Haggis  durée : 2h avec Tommy Lee Jones – Charlize Theron – Susan Sarandon   

 

14.11.2007

Un bon plan cinéma

Une bonne adresse pour voir gratuitement, cela va sans dire, des films de cinéma, des séries TV comme Kaamelott, Heroes, Desperate Housewives, Dexter etc. ou des clips musicaux de Hendrix, Pink Floyd, U2, Vanessa Paradis ou pire …

Inutile de dire que vous venez de ma part et encore moins de me remercier, c’est à moi que ça fait plaisir !

                     http://www.r4v3n.com/

Mon cinéma

9b8c11cdee780e041a16d8c850d68335.jpgLongtemps j’ai fréquenté les cinémas multisalles, ces complexes dédiés à la consommation de pellicule, sortes de supermarchés du film où vous venez pour acheter une place mais qui entre la caisse et votre siège, vous obligent à passer devant le distributeur de pop-corn, les sodas, les barres chocolatées ou les cornets de glace, d’où tentation et main à la poche pour atteindre le porte-monnaie. Les néons clinquants, la foule qui s’y presse, les groupes bruyants qui confondent cinéma et Fête des Loges, le sans gêne durant la séance de ceux qui parlent ou s’invectivent, sans parler de ceux qui bâfrent leurs confiseries achetées à l’entrée m’avaient éloigné des cinés pendant plusieurs années. Jusqu’à ce que je déménage des lisières de la capitale vers ma ville du 78. Là, j’ai redécouvert le plaisir du cinéma de quartier cher à Eddy Mitchell. Mon cinoche se nomme Le Fontenelle et il offre deux salles, la salle Robert Enrico de 192 places pour les nouveautés et la salle Jean-Louis Trintignant de 144 places pour les films en deuxième semaine. Vous le voyez nous sommes dans des capacités relativement intimes, d’où l’impression quand on va y voir un film, d’être dans la même situation que celui qui assiste à un concert à l’Olympia et non à Bercy. Un volume de taille humaine. Dans le hall d’entrée, une exposition de photos ou de peinture, c’est selon. Le caissier ou la caissière est aimable, les gens font la queue sans chercher à griller la place de leurs voisins, l’atmosphère est familiale ou du moins de bonne compagnie. Quant à la programmation elle est toujours de qualité et parfaitement équilibrée entre les deux salles, ces derniers temps nous avons eu droit au Rêve de Cassandre, Dans La Vallée d’Elah, une reprise du Voleur de Bicyclette et vacances scolaires obligent, Les Rois de la Glisse et La Petite Taupe. Avant que le film de commence, la séquence des publicités ne s’éternise pas et propose quelques pubs pour des commerces locaux. Enfin, quand la séance se termine et que la salle se vide, si l’heure est favorable, la boulangerie à quelques pas permet de grignoter une brioche en rentrant à pied à la maison, bras dessus, bras dessous, avec sa compagne. Quand on aime la vie, on va dans ce genre de cinéma !      

 

03.11.2007

Le deuxième souffle : film d'Alain Corneau

24abdd390a42dadd3ac0a14dac1a2035.jpgCe film n’est pas un remake du film de Melville avec Lino Ventura mais une relecture du bouquin de José Giovanni et je trouve que c’est une réussite. Je vous en rappelle le sujet, nous sommes en 1958, Gus (Daniel Auteuil) s’évade de prison pour fuir à l’étranger avec Manouche (Monica Belluci), sans argent il se lance dans un dernier coup. Arrêté, une machination policière le fait passer pour une balance aux yeux de ses complices et du milieu, pour laver son honneur il se lance dans un baroud final qui n’est qu’une cascade de violence meurtrière. Les éclairages sont chiadés, les lumières perpétuellement filtrées pour donner des tons chauds et lourds comme des tentures de bordel. La brochette d’acteurs est sensationnelle, en plus des deux cités, Michel Blanc en flic revenu de tout qui attendra son heure pour ramasser la mise, Jacques Dutronc stylé et mystérieux, Eric Cantonna fidèle parmi les fidèles, Daniel Duval aux traits burinés, et tous les seconds rôles ou figurants ont une épaisseur qui rappelle les films d’autrefois. D’ailleurs le réalisateur alterne l’ancien et le moderne, l’ancien pour l’époque, les dialogues écrits, et le moderne dans les scènes de violence, avec les corps déchiquetés qui tressautent sous l’impact des balles et le son métallique des douilles qui ricochent sur le sol, comme dans un Tarantino. Par contre, ce qui est particulièrement frappant dans ce film, c’est toute l’ambiguïté entre le personnage de Gus qui nous est presque sympathique dans son escalade désespérée pour sauver « son honneur » et les crimes qu’il se sent « obligé » de commettre avant de quitter ce monde qui a beaucoup changé depuis sa première arrestation et dans lequel il ne se reconnaît plus. Car enfin, ce Gus n’est qu’un tueur ! Voilà un thème de discussion à la sortie de la salle.

Le deuxième souffle  film d’Alain Corneau  durée : 2h36 avec Daniel Auteuil, Monica Belluci, Michel Blanc  

 

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