29.06.2008
Les lavandières
Si un jour l’électricité venait à être rationnée, voire interrompue par quelque cataclysme écologique annoncé depuis bien longtemps mais dont on n’aura pas tenu compte – une hypothèse absurde bien évidemment, Ah ! Ah ! Ah ! – dans ma région nous sommes parés. Alors que vos machines à laver rendues muettes encombrerons vos appartements ou buanderies et que vous devrez laver vos fringues dans des éviers mal conçus pour ces tâches, nous à Marly le Roi ou L’Etang-la-Ville qui avons encore conservé nos lavoirs d’antan, nous ferons entendre à nouveau le chant des lavandières. Les genoux écorchés, les reins meurtris, les doigts gourds dans l’eau trop froide, elles entonneront d’une voix avinée pour lutter contre la rudesse du métier ce délicieux chant qui passait à la TSF quand j’étais enfant « Tant qu’y aura du linge à laver / On boira de la manzilla / Tant qu’y aura du linge à laver / Des hommes on pourra se passer / Et tape et tape et tape avec ton battoir / Et tape et tape tu dormiras mieux ce soir ».
Lavoir de Marly le Roi
17:52 Publié dans Echos de ma ville | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les lavandières, lavoirs, tsf
15.06.2008
De l'art de cochon
Par ailleurs et malheureusement pour les artistes, c’était ce dimanche la brocante de la ville et tant qu’à faire, le bordel était plus à sa place sur la brocante qu’exposé comme de l’art. Désertant la Grand Rue du vieux village à la pente abrupte et trop étroite, depuis quelques années la brocante s’étale sur l’avenue qui court au pied du parc du Chenil entre le gymnase et le lycée, où elle peut prendre ses aises un peu plus chaque fois. J’y flâne tous les ans sans jamais y acheter quoique ce soit car il s’agit plus d’un vide grenier que d’une brocante. C'est-à-dire que chacun tâche de fourguer à un passant un rogaton qui encombre son chez soi, pour bientôt encombrer son chez lui avant que l’an prochain celui-ci ne trouve un autre preneur pour continuer l’histoire. Ca me rappelle ce jeu de cartes où le but de la manœuvre consiste à se désister du valet de pique qu’on se repasse les uns aux autres. C’est le principe même des brocantes de quartier mais c’est néanmoins charmant et le slalom entre les stands rappelle de bons moments ou souvenirs anciens quand apparaît sur un étal un objet familier ou qu’on utilisait enfant. Le même service de table que chez tata, les bouquins en piteux état de la collection Verte ou Rose dans lesquels on a appris à lire, le bibelot identique à celui qui hélas ! trône dans le salon, la veste à carreaux qui fût à la mode il y a dix ans déjà (« Dix ans ? » « Mais oui, tu l’avais achetée pour le mariage de Nicole ! »). Occasion de sourire avec nostalgie ou de s’étonner en constatant que tous nous encombrons nos vies d’objets plus ou moins futiles, plus ou moins de bon goût, et qui n’ont d’intérêt que par la charge émotive qu’on veut bien leur attribuer. « Objets inanimés avez-vous donc une âme ? » La réponse est oui tant qu’on les conserve dans nos intérieurs, dès qu’on s’en défait, telles des piles déchargées ils attendront qu’un nouveau propriétaire leur réinjecte son propre souffle.
14:25 Publié dans Echos de ma ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art 27, brocante
01.06.2008
Belles en cuisses
Ici nous attendons tous avec impatience le mois prochain, du moins tous les amateurs de cuisses ! Car vous je ne sais pas, mais moi je n’ai rien contre une belle paire de cuisses, charnues mais un peu fermes, douces au toucher et luisantes sous le soleil de juillet. Et quand je dis une paire c’est une façon de parler car je me sens encore assez vaillant pour m’attaquer à plusieurs paires et qui plus est en même temps. Il ne faut pas m’en promettre. Je n’ai plus la souplesse ni la patience, voire l’œil assez aiguisé pour les repérer ou les coincer moi-même alors je passe par des fournisseurs tout à fait légaux, je ne suis pas inconscient des risques encourus. Je n’ai que trois mois d’été pour m’en aligner quelques unes aussi il ne faudra pas traîner si je veux me taper de la rouquine car chez nous dans les Yvelines, la chasse à la grenouille est ouverte du 5 juillet au 21 septembre.
13:30 Publié dans Echos de ma ville | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : belles en cuisses, cuisses
31.05.2008
Le château de Monte-Cristo
Pour moi c’est devenu une banalité mais si je vous dis que j’habite à quelques pas du château de Monte-Cristo j’ose espérer vous faire rêver un peu. Même si vous n’êtes pas un spécialiste de l’œuvre d’Alexandre Dumas, Monte-Cristo évoque certainement pour vous un souvenir de lecture de jeunesse ou éventuellement un film avec Jean Marais, en tout cas une histoire pleine de rebondissements et d’aventures mouvementées aptes à enflammer l’imagination. C’est en 1844 qu’Alexandre Dumas enrichi par le succès des Trois Mousquetaires et subjugué par le paysage qu’il découvrit par hasard à l’issue d’une promenade à pied alors qu’il revenait de Versailles, acheta un terrain sur une colline du Port Marly (détaché de Marly depuis 1822) pour y faire construire un château. Selon ses instructions le château Renaissance aux façades sculptées fût érigé au milieu d’un parc à l’anglaise avec des grottes, des rocailles et de petites cascades. Ainsi naquit le château de Monte-Cristo bientôt complété un peu plus loin dans le parc, d’un petit castel néo-gothique, le château d’If, qui servait de cabinet de travail à l’écrivain et dieu sait s’il travaillait, écrivant sans relâche pour nous léguer romans, pièces de théâtre etc. qui font désormais partie de notre patrimoine culturel. Avec les années le monument périclitait mais c’est grâce à Alain Decaux qui sonna l’alarme par un article paru dans Le Figaro en 1970 que le domaine fût racheté conjointement par les communes de Marly le Roi, Le Pecq et Le Port Marly qui lancèrent un programme de restauration afin de nous restituer ce petit bijou. Car effectivement, bien qu’il y ait sur un même terrain deux châteaux, ce ne sont que de tout petits bâtiments. Le château d’If est un cabinet de travail et sa visite est interdite au public en raison de son étroitesse, mais vu de l’extérieur c’est une merveille entourée de verdure et bordée d’une large mare, dont les murs sont gravés des noms des œuvres littéraires de leur propriétaire. Sur le terrain en contrebas se dresse le château de Monte-Cristo plus imposant mais à taille humaine, n’allez pas vous imaginer un Chambord ou autre. Le monument se visite, nous offrant documents et histoire d’Alexandre Dumas (nous parlons du père) où se mêlent photos d’époque, caricatures parues dans la presse, sculptures etc. Au premier étage, après un voyage en Afrique du Nord, Alexandre fit installer un salon Mauresque restauré ces dernières années grâce à un don du roi du Maroc. C’est donc ici, tout près de chez moi, que l’illustre écrivain dans ce qu’il appelait « Une réduction du paradis terrestre » écrivit tous ces bouquins qui illuminèrent ma jeunesse et plus encore. Si vous passez dans le coin, venez (non pas chez moi) y jeter un coup d’œil. Bien entendu vu l’exiguïté des lieux il est préférable de venir le matin, car dès qu’il y a un peu de monde le charme disparaît.
14:58 Publié dans Echos de ma ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le château de monte-cristo, alexandre dumas, marly, monte-cristo
08.05.2008
La java bleue
13:23 Publié dans Echos de ma ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orgue de barbarie, java bleue, rémouleur, rempailleur
11.03.2008
Le passage du gué
14:45 Publié dans Echos de ma ville, Echos du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections municipales
24.02.2008
Sur le banc
Ce matin un soleil resplendissant chasse rapidement les traces du brouillard de l’aube, la température est clémente, les vacances scolaires à peine entamées dans la région Parisienne ont fait fuir vers la province bon nombre d’habitants du quartier, tout est calme. L’air sent le printemps, les merles sifflent à tout va dans les forsythias qui se teintent de jaune, l’humeur est à la promenade pour faire le plein de soleil. Dans les jardins, les primevères tachent de couleurs vives les pelouses au pied d’arbres encore maigrichons et nus alors que des jonquilles attendent leur heure. Le parc Jean Vitold avec ses buis est encore trop humide à cette époque pour qu’on s’y arrête. La rue qui le longe et remonte vers la gare est déserte en ce dimanche matin. Les pavillons sont encore endormis, les gens traînent chez eux. Nous approchons de la gare, quelques piétons le cabas à la main signalent que le marché n’est pas bien loin. Un rapide café au Fontenelle, le patron portugais est toujours aussi taciturne quand il nous sert, contrastant avec sa femme qui nous lance un « bonjour ! » souriant et enjoué alors qu’elle sort de sa cuisine. Les habitués du comptoir ont remisé leurs cigarettes au fond de leurs poches et l’atmosphère y gagne, mais restent fidèles à leurs demis et leurs jeux de hasard. Nous traversons le marché, juste pour le plaisir pour moi, de fouiner quelques instants dans l’étal du soldeur de livres et DVD au cas où une affaire serait à faire ! Puis nous reprenons notre promenade le long du gymnase et du terrain de sport contigu où quelques ados s’échauffent avant une partie de football. Ensuite c’est le lycée silencieux car fermé aujourd’hui. Je jette un œil à une salle de classe du premier étage et échange un regard complice avec le squelette qui me regarde d’un œil mort et indifférent. Les salles de sciences restent les salles de sciences. Nous contournons l’établissement et remontons jusqu’à la mairie en passant devant la cabine téléphonique rouge, legs précieux d’une ville anglaise – Marlow-On-Thames - avec laquelle nous sommes jumelés. Derrière la mairie le superbe parc arboré du Chenil redescend vers le gymnase et le marché. De larges pelouses où l’été parents et enfants viennent s’asseoir, de nombreuses essences d’arbres dont les noms sont notés sur de petites plaques de couleur et parrainés par les gamins des écoles de la ville. Il fait maintenant assez beau et chaud pour que ma femme et moi nous accordions une pause, sur un banc, que dis-je, notre banc, car toute l’année quand la météo le permet et que nous sommes de passage dans ce parc, nous nous autorisons une pause sur ce banc. Idéalement placé, il domine tout le parc, légèrement à l’ombre d’un vieux chêne. On se croît en vacances ou bien nous faisons des projets de voyages. La vie est belle et douce quand on sait se contenter de peu de chose, du soleil, des oiseaux qui chantent et un banc.
15:44 Publié dans Echos de ma ville | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Le Fontenelle, Parc du Chenil, Marlow-On-Thames, Jean Vitold
08.12.2007
23 Chemin des Sablons
13:25 Publié dans Echos de ma ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sapin de Noël, tradition, Chemin des Sablons
25.11.2007
Kermesse basse
Comme tous les ans, l’église Saint-Thibaut organisait pendant les deux jours du week-end sa Saint-Nicolas, une dizaine de jours en avance sur le calendrier. Saint-Thibaut est la seconde église de ma ville, la plus moderne par son architecture et l’originalité de son clocher cuivré étincelant au soleil. Nous ne sommes pas encore en décembre mais on veut déjà nous faire vivre à l’heure de la Nativité , les vitrines sont décorées, les rues des villes se parent de guirlandes lumineuses et de sapins géants, preuve que nos impôts locaux ne sont pas dilapidés. Comme chaque année, donc, ma promenade du dimanche matin m’a conduit vers l’église. Non pas vers la nef où se jouait la messe dominicale, mais vers la crypte où se déroulait une teuf d’enfer (Oups !). Tous les stands habituels étaient au rendez-vous, à la même place que les années passées. Deux mamies un peu plus usées à chaque échéance, vendent leurs confitures et cerises à l’eau de vie faites maison. Une dame en grande conversation avec des acheteuses potentielles propose des torchons brodés par ses gros doigts, sur une longue table s’amoncellent des vracs de livres où Jésus est bradé à l’égal d’un San Antonio. Certains se la jouent brocanteurs et étalent des vieilleries tous les ans refourguées en vain, bougeoirs en plastoc, napperons synthétiques, chapelets simplets. Petite bousculade à l’entrée de la seconde salle, deux dames retardataires tentent, gageure, de passer ensemble par l’encadrement de la porte, les bras chargés de pâtisseries tout juste sorties du four, quatre-quarts ou gâteau au yaourt, qui viendront enrichir la proposition d’encas sans lesquels il n’est de bonne fête réussie. Ca sent le catéchisme et les clubs du troisième âge, c’est délicieusement kitsch !
15:15 Publié dans Echos de ma ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Saint Thibaut, Saint Nicolas, crypte, Nativité, kermesse
14.11.2007
Mon cinéma
Longtemps j’ai fréquenté les cinémas multisalles, ces complexes dédiés à la consommation de pellicule, sortes de supermarchés du film où vous venez pour acheter une place mais qui entre la caisse et votre siège, vous obligent à passer devant le distributeur de pop-corn, les sodas, les barres chocolatées ou les cornets de glace, d’où tentation et main à la poche pour atteindre le porte-monnaie. Les néons clinquants, la foule qui s’y presse, les groupes bruyants qui confondent cinéma et Fête des Loges, le sans gêne durant la séance de ceux qui parlent ou s’invectivent, sans parler de ceux qui bâfrent leurs confiseries achetées à l’entrée m’avaient éloigné des cinés pendant plusieurs années. Jusqu’à ce que je déménage des lisières de la capitale vers ma ville du 78. Là, j’ai redécouvert le plaisir du cinéma de quartier cher à Eddy Mitchell. Mon cinoche se nomme Le Fontenelle et il offre deux salles, la salle Robert Enrico de 192 places pour les nouveautés et la salle Jean-Louis Trintignant de 144 places pour les films en deuxième semaine. Vous le voyez nous sommes dans des capacités relativement intimes, d’où l’impression quand on va y voir un film, d’être dans la même situation que celui qui assiste à un concert à l’Olympia et non à Bercy. Un volume de taille humaine. Dans le hall d’entrée, une exposition de photos ou de peinture, c’est selon. Le caissier ou la caissière est aimable, les gens font la queue sans chercher à griller la place de leurs voisins, l’atmosphère est familiale ou du moins de bonne compagnie. Quant à la programmation elle est toujours de qualité et parfaitement équilibrée entre les deux salles, ces derniers temps nous avons eu droit au Rêve de Cassandre, Dans La Vallée d’Elah, une reprise du Voleur de Bicyclette et vacances scolaires obligent, Les Rois de la Glisse et La Petite Taupe. Avant que le film de commence, la séquence des publicités ne s’éternise pas et propose quelques pubs pour des commerces locaux. Enfin, quand la séance se termine et que la salle se vide, si l’heure est favorable, la boulangerie à quelques pas permet de grignoter une brioche en rentrant à pied à la maison, bras dessus, bras dessous, avec sa compagne. Quand on aime la vie, on va dans ce genre de cinéma !
12:57 Publié dans Echos de ma ville, Films | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma de quartier, Le Fontenelle, cinéma, Eddy Mitchell



