19.04.2008
Cabourg
15:21 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cabourg, promenade marcel proust
22.03.2008
Les passages
14:32 Publié dans Echos de ma vie, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : passage verdeau, galerie vivienne, passage des panoramas, musée grévin, hôtel chopin, palais-royal
15.03.2008
Conflans-Sainte-Honorine
15:00 Publié dans Echos de ma vie, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conflans-sainte-honorine, seine, saint maclou
14.12.2007
Cologne
Dès que les grèves des transports de la mi-novembre ont cessé j’ai couru acheter mon billet. Je ne fais pas partie de ceux qui recherchent le soleil et la chaleur de l’hémisphère sud alors que nous sommes ici en hiver. Au contraire, à mon avis chaque saison doit être vécue pleinement. Donc en décembre, aller vers l’est pour profiter des vitrines et marchés de Noël sous une éventuelle averse de neige me semble tout indiqué. Le Thalys s’enfonce dans la grisaille de la campagne française. Les cultures hibernent, les champs semblent abandonnés et seuls quelques bandes de corbeaux errent sur la plaine, bosquets d’arbres transis, étangs, éoliennes qui s’agitent lentement et silencieusement à notre passage, le train est indifférent au paysage. Un canal bordé de maisons en briques rouges trahit notre entrée en Belgique, nous approchons de Bruxelles. Bien que ce soit le début de l’après-midi, on croirait que la nuit arrive déjà. Le ciel bas et le crachin qui tombe engloutissent dans la tristesse les villages et les champs qui filent. Nouvel arrêt à Liège puis nous nous traînons jusqu’à Aix-la-Chapelle à travers des décors sans intérêt notable. Ultime étape et but de mon périple, Cologne. Quand on arrive à Venise par le train ce qui surprend le voyageur c’est qu’au pied du grand escalier de sortie, le canal et ses vaporetto vous attendent comme les taxis à la gare du Nord à Paris ; ici, à Cologne dès la porte du hall franchie on est tout de suite écrasé par la présence de la cathédrale. La gare au pied des marches qui montent au parvis accentue la démesure du monument. Impressionnant. Mon hôtel lui, a une porte dans la gare même et une autre sur le parvis. J’aurai pu venir en chaussons de Paris jusqu’à ma chambre…
Ma première visite sera donc pour cette cathédrale (DOM) mondialement connue où se pressent des foules cosmopolites. En dehors de son gigantisme, deux tours de 157 mètres, ce qui frappe, c’est sa saleté, la pierre est toute noire et malgré les sommes colossales dépensées chaque année pour la nettoyer, rien n’y fait car elle est trop fragile. A l’intérieur, piliers très fins et vitraux monumentaux eux aussi. Je m’enfonce dans la ville, attiré par les lumières à l’instar des lucioles, longues artères piétonnes et commerçantes comme partout, mêmes enseignes, mêmes types de magasins et d’articles qu’ailleurs. Avec les prix affichés en euros on se croirait n’importe où en Europe, je n’ai pas le plaisir de me prendre la tête avec des conversions approximatives ou de recompter mes pièces de monnaie pour mesurer mon pécule. Si je vais à l’étranger c’est pour y voir autre chose que ce qu’il y a en France ! Les aspects négatifs de la mondialisation, en supposant qu’il y eût des aspects positifs. Il pleut et il fait froid.
Les quelques heures de visite d’hier m’ont déçu aussi j’attends beaucoup de cette journée. La lumière du jour donnera peut-être meilleure mine à la ville. Parcours dans la vieille ville où subsistent quelques vestiges Romains, la place du Vieux Marché et l’ancien Hôtel de Ville dans le ghetto Juif qui fut ravagé par un incendie lors d’un pogrom en 1349, la place du marché aux Poissons au bout de la rue Lintgasse qui donne sur les bords du Rhin, majestueux, large aux hautes eaux boueuses. Des navires sont amarrés au quai, prêts pour des excursions quand les beaux jours seront revenus. Il bruine encore – la fameuse eau de Cologne certainement - gants et casquettes ne sont pas superflus. Des tuyaux de métal bleu, comme un pipe-line à deux mètres du sol, courent le long des rues, intrigué je me renseigne à l’Office du Tourisme, sur ces tubulures qui enlaidissent la ville, il s’agit d’évacuations pour la construction d’une nouvelle ligne de métro, me répond interloqué par l’incongruité de ma question le préposé au guichet, un jeunot qui n’a encore rien vu. Quand l’heure du casse-croûte sonne à la cathédrale, la taverne Brauhaus Sion rue Unter Taschenmacher me semble tout indiquée. Fenêtres vitrail, grandes salles lambrissées, tables en bois, lustres rustiques et décoration chargée. On s’assoit où l’on veut, sur un coin de table, des tas de couverts et serviettes en papier, on se sert pour dresser sa table. Déjà un Köbes, serveur en tablier bleu, s’approche avec sa couronne, le plateau à poignée qui contient les verres, vous proposer votre premier verre de Kölsch la bière locale, très légère et servie dans des verres flûtes de 20cl, renouvelés dès qu’ils sont vides. Et ils sont vite vides ! La carte est longue de spécialités roboratives où le cochon se met en quatre (et plus) pour vous allécher, encadré par les pommes de terre et la choucroute sous toutes ses formes. Le jarret de porc, les saucisses dont la liste est longue comme le bottin de ma ville, le boudin et le chou rouge, de la vraie nourriture revigorante pour le voyageur qui a déambulé toute la matinée dans les rues froides et sachant qu’un repas sans dessert est une injure à la gastronomie, une belle part de strudel aux pommes, bien épais et tiède, baignant dans sa crème vanillée termine en beauté ce qui ressemble à une épreuve de goinfrerie, je vous le concède, mais quand on va à l’étranger il est normal de goûter aux spécialités locales. C’est une question de politesse vis à vis de l’autochtone.
Je flâne dans les boutiques à la recherche de quelques cadeaux en vue des fêtes qui approchent. Il y a plusieurs marchés de Noël dans la ville, dont un médiéval, dressé au bord du Rhin, près du musée du Chocolat (Museum für Geschichte und Gegenwart der Schokolate), aligne une vingtaine de tentes où des babas en costumes d’époque, poulaines, tuniques et peaux de mouton, proposent une quincaillerie New Age assez bidon, alors que d’autres jouent les artisans, tressage de paniers en osier, maréchal-ferrant etc. En plus l’entrée est payante ! Je me console dans un salon de thé, devant une de ces énormes part de gâteau au chocolat surmonté d’une avalanche de crème Chantilly sur laquelle trône une cerise confite, dont les Allemands (et Autrichiens) ont le secret. Beaucoup plus tard, avant de rentrer à l’hôtel, au milieu des petits chalets de bois illuminés d’un marché de Noël à AlterMarkt j’avale un verre de vin chaud dont les douces effluves de cannelle étaient irrésistibles. Gastronomiquement parlant j’ai rempli mon contrat, car j’ai goûté tout ce qui était possible en si peu de temps, mais la ville m’a déçu, peut-être que l’été lui réussit mieux ?
16:10 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cologne, Allemagne, Marchés de Noël, Kolsch, Le Rhin
04.11.2007
La secte
Un carnet de voyage bien particulier, car si au départ il s’agissait comme d’habitude de relater un court séjour dans une grande ville, il s’est avéré comme vous pourrez le lire, si le courage ou l’envie vous y incite, qu’il s’agit plutôt d’une expérience mystique.
Cette année là, j’avais donc décidé de m’offrir une courte escapade d’une journée dans la plus belle des villes du monde, dans un pays francophone et de proximité immédiate, en un mot et pour faire court, disons le immédiatement sans tournures de phrases alambiquées ni circonvolutions qui n’apporteraient rien à notre propos et risqueraient même si on n’y prenait garde d’alourdir notre discours, ce qui reconnaissons-le pourrait porter tort à ce début de texte et vous pousser à zapper, hélas ! pour vous peut-être, car en tant qu’auteur ne pouvant être juge et partie je vous laisse l’entière responsabilité de vos choix, aussi j’irai droit au but au risque de faire une phrase trop sèche et sans style que j’espère vous voir me pardonner car mon but ultime, pourquoi le taire, c’est de vous indiquer au plus vite et le plus simplement du monde que mon court périple, ou pour dire plus communément voyage, devait m’amener à Paris.
Et quand je dis Paris, je parle de Paris France bien entendu et non pas du Paris Texas que le cinéphile qui dort en vous risque d’éveiller en sursaut ce qui vous amènerez à suivre avec difficulté la suite de mon histoire car il est certain que l’homonymie prête à confusion, encore que la confusion elle, puisse prêter à sourire ce qui peut être un plus dans une histoire comme celle-ci où il faut bien l‘ admettre certains peinent probablement à suivre le fil, aussi afin de vous éviter le léger mal de tête que vous sentez poindre au tréfonds de ce que vous croyez être votre cerveau, je rappelle pour ceux qui ont suivi et je confirme pour les autres, que je partais à Paris.
Donc, muni de mon titre de transport adéquat, j’embarquai de bon matin dans le bus n°10, ce fameux bus qui n’a jamais défrayé la chronique alors qu’il relie régulièrement Marly le Roi à Saint-Germain-en-Laye sans aucun incident notable, honte à la profession journalistique pour ne l’avoir jamais mentionné dans les colonnes de ses journaux où le fait divers sodomite le dispute au bulletin de santé papal. Arrivé sans encombre en bout de ligne et débarqué devant le château qui abrite un remarquable musée anthropologique à l’orée d’une esplanade qui offre une vue panoramique qui s’étend de la plaine de Montesson au mont Valérien sans rien cacher des tours Eiffel et Montparnasse ou, quand le ciel est dégagé, du Sacré Cœur, elle-même à l‘ entrée de la forêt où le cadre stressé vient jogger le dimanche matin, je m’engouffrais dans le RER que nous nommerons « A » par souci de confidentialité pure et simple et non comme un clin d’œil élitiste au mélomane qui dresse l’oreille en vous au souvenir ému des premières mesures du standard du jazz, « Take the A train ».
Le voyage débuta sous les meilleurs auspices, favorisé par la traversée de contrées avantagées, Chatou ou Le Vésinet par exemple, dont les noms évoquent la calme bourgeoisie de banlieue dans ses jardins fleuris, cachée des badauds par de hauts murs d’où s’échappent des glycines parfumées ou des lilas embaumant les ruelles alentours. Puis c’est un paysage moins agréable à l’œil et le constructeur dans sa grande sagesse préféra enterrer son RER pour éviter au passager délicat la vue de ces immeubles populeux où les masses travailleuses, comme on disait hier, en quête d’emploi comme on dit aujourd’hui, s’entassent en attendant les jours meilleurs qu’une météo politique leur promet (indice de probabilité 2 sur 5). Le train filait et dans le wagon c’était la vie habituelle des banlieusards, le lecteur de journaux gratuits épluchant la page sportive, le jeune en survêtement blanc et casquette américaine le regard perdu à l’écoute de son I-Pod, une beurette pendue à son portable tenant le wagon informé de sa soirée et de sa vie sentimentale, un cadre droit sur son siège, sa mallette frileusement serrée sur les genoux qui lit Le Monde tout en consultant régulièrement son Blackberry, sur les strapontins des Beurs pas si petits qu’on le dit se hurlent des conversations qui ne nous intéressent pas, à une station monte une main tendue appartenant à un SDF « … sans ressources et sans logement… une pièce ou un ticket… de quoi me laver …. dignité.. » qui redescend à la station suivante.
J’arrive au terme de mon trajet à Châtelet. Quand la porte du wagon s’ouvre, les lois de la physique sont mises à rude épreuve car ceux qui sortent doivent affronter dans l’étroit encadrement, la masse de ceux qui montent le regard fixant avec envie les places assises libres. Ce premier combat gagné, il faut maintenant parvenir à l’escalier qui lui aussi est pris d’assaut par la foule conjointe de deux RER se partageant un quai médian. Au milieu de ces flux contraires errent des zombis, rasta torse et pieds nus un gobelet en carton à la main et vociférant ses invectives au visage des voyageurs indifférents, plus loin, écroulée le long d’un murs pisseux une silhouette indéfinie baigne dans son vomi tandis que passe une escouade d’uniformes bleus en rangers. Comme j’atteins la sortie et les bornes où l’on doit introduire son ticket ce sont des éclats de voix au guichet qui attirent mon attention, un client énervé s’en prend violemment à la préposée et seule la vitre de son réduit la protège d’exactions que la pudeur m’oblige à taire. Alors que je passe mon ticket dans la machine je suis brutalement propulsé en avant, non par une technologie moderne d’expulsion des passagers mais par un resquilleur qui force le passage en profitant de mon titre de transport. Secoué mais l’honneur sauf, je m’éloigne du malotru et me hisse à l’air libre loin de ces brassages de populace contenue à grand peine dans des couloirs parfois sordides.
Le documentaire animalier n’est pas fini puisque à peine sorti de cette termitière je dois me colleter avec la fourmilière qui règne des abords de la sortie Lescot à la place Sainte Opportune. Commence alors un gymkhana entre des groupes statiques de tchatcheurs professionnels ou de dealers en pleine activité, des cyclistes, patin-à-roulettistes ou planche-à-roulettistes les oreilles obstruées par les écouteurs de leurs baladeurs qui vomissent du MP3 obtenu grâce à des échanges peer-to-peer sur des sites Internet aux noms improbables, des bandes qui errent en se donnant des allures de marlous le regard aux aguets, des jeunes qui parlent fort pour attirer l’attention des filles qui passent semblant indifférentes mais dont les yeux brillants disent le contraire. Jonchant le sol, les canettes de métal et les papiers gras sont les fleurs du mal de ces tribus consuméristes qui arpentent les pavés cachant la plage. Passée la fontaine des Saints Innocents qui en ont trop vu pour le rester mes pas me mènent vers le boulevard Sébastopol que je franchis comme Orphée revenant des Enfers traversa le Styx.
Au loin, dépassant de l’alignement des immeubles, un flanc de tubulures métalliques annonce le colossal vaisseau spatial échoué dans le quartier depuis plusieurs décennies. David Vincent ne se sent plus seul, nous sommes des millions à avoir vu ou même pénétré cette chose incroyable qui a poussé comme un champignon dans l’Etoile Mystérieuse, ils existent donc, le musée Beaubourg en est la preuve. Seuls les initiés savent que dans les sous-sols des hordes de mutants tentent de relier par des souterrains secrets, le monolithe du futur proche, à la pyramide du Louvres ou passé récent. L’entrée devenant la sortie et vice et versa, les courants telluriques pourront se déchaîner et offrir à Dan Brown un tome 2 à son Da Vinci Code. Taisons là des secrets qui ne peuvent que troubler le béotien.
J’avance donc, calme et confiant comme un chinois face aux chars sur la place Tien Ammen, vers la structure de métal et de verre. Telle une cathédrale, à ses pieds un parvis à sa mesure accueille les gueux qui mendient et les dévots qui en franchissent les portes à la recherche d’un savoir qu’ils croient proche mais qui leur passera au-dessus de la tête, comme le vol du Saint-Esprit, en raison de l’ésotérisme des expositions. Je tangente le vaisseau par la droite sans m’effrayer de la fontaine de Nikki de Saint-Phalle, et m’engouffre dans une ruelle qui donne dans la rue du Temple, je contourne la cordonnerie qui en fait l’angle et j’aperçois ma caserne, l’oriflamme vert et rouge claquant au vent.
La rue de la Verrerie me happe et un attrait irrésistible me pousse vers le n°34 dont je passe le porche du pas de l’habitué. Un bonjour cordial pour le gardien, petit gros sympathique qui semble épargné par la saudade et je me tasse dans l‘ ascenseur étroit qui me monte au quatrième étage. La porte est là, un bref instant j’hésite, « Fuis ! Dévale l’escalier en courant et retourne au pays merveilleux ! » me crie une petite voix. « Trop tard ! » dit ma main qui déjà pousse l’huis qui s’écarte. Le pouvoir du gourou est trop fort, les filtres du chaman ne peuvent être combattus, le petit nerveux à lunettes a encore gagné. Cette fois encore je prends place dans l’attelage mais un jour, un jour peut-être, un jour certainement, je prendrai ma retraite … -Avril 2005-
14:25 Publié dans Echos de ma boîte, Nouvelles, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La secte, RER, Beaubourg, Dan Brown
05.09.2007
Le jardin du Luxembourg
J’adore Paris. Je sais, c’est un peu bébête comme déclaration mais c’est la vérité et la vérité n’a pas à se travestir dans des circonvolutions de langage ou des périphrases qui noient le poisson. Je suis né à Paris, je travaille dans la capitale mais dieu merci je n’y habite pas. La beauté de la cité m’attire à un point tel qu’il n’est pas rare le samedi matin que j’en sillonne les rues pour le simple plaisir de la découverte ou au contraire pour revoir encore et encore ces décors fabuleux. Aujourd’hui je vous livre l’un de mes trajets favoris maintes fois parcouru. De la gare Saint-Lazare, ma gare suis-je tenté de dire, car toute ma vie mes déménagements en banlieue m’ont toujours échoué à proximité d’une station ferroviaire reliant Paris par cette gare chère aux Impressionnistes, je saute dans le bus n° 27 l’un de ces véhicules double-corps fierté de la RATP. La traversée de Paris en bus est un classique du voyage parisien à ne pas manquer. Après avoir tangenté les Grands Magasins et caressé l’Opéra nous plongeons vers le Palais Royal, l’énorme véhicule se glisse dans le Louvre entre la Pyramide en verre à gauche et le Carrousel à droite, dont les chevaux aux ors restaurés brillent de milles feux face aux objectifs numériques des touristes étourdis devant tant de beauté. Le Quai du Louvre avec la Seine à main droite, les péniches et les bateaux-mouches, les cases bourrées de livres des bouquinistes où l’on ne fait plus guère d’affaires. Nous traversons le fleuve devant les bâtiments de la défunte Samaritaine, le Pont Neuf l’est effectivement depuis qu’il a été ravalé, le bus tourne à gauche, Palais de Justice, Quai des Orfèvres, La Tour Pointue , Maigret nous regarde passer de la fenêtre de son bureau. Nous sortons de l’Île de la Cité , place Saint-Michel, la fontaine mythique où l’on se donne rendez-vous depuis des lustres, remontons le boulevard Saint-Michel seuls face au flot de voitures qui le descend pour se ruer sur la place du Châtelet avant d’enfiler la rue de Rivoli. A peine le temps d’apercevoir les ruelles du Quartier Latin où jadis je me goinfrais de sandwiches grecs, les commerces de jeans, les soldeurs de disques ou de livres et leur grand maître Gibert Jeune dont une des boutiques, à l’angle de la rue des Ecoles est une véritable caverne d’Ali Baba pour moi, puisque j’y trouve tous les CD dont je peux rêver et même plus dans un joyeux bordel qui évoque l’ancien sous-sol du Bhv. A gauche la Sorbonne et enfin le jardin du Luxembourg. Je demande l’arrêt. Parfois les grilles du parc qui courent rue de Vaugirard accueillent les clichés géants d’une exposition de photos. J’entre en faisant attention à ne pas percuter l’un des nombreux parisiens venus faire leur jogging du samedi matin. Anecdote, une fois j’y ai vu l’acteur Fabrice Lucchini prendre sa suée, Nike aux pieds. Les marronniers touffus ombragent les allées menant vers la terrasse qui surplombe le bassin et les pelouses fleuries face au Palais du Luxembourg où siège le Sénat. Depuis toujours le bassin accueille les voiliers des enfants et les maquettes plus sophistiquées de leurs papas. Je m’installe dans un fauteuil métallique, dos au soleil, pour profiter de la pelouse centrale et des massifs fleuris. Les pigeons accourent dans l’espoir d’un profit, suivis de près par les moineaux tout aussi téméraires. Au loin, un groupe de personnes de tous âges s’agitent au ralenti dans une chorégraphie millénaire, le Tai-chi. Je reprends ma marche, attiré par l’odeur du crottin qui trahi les poneys et les ânes qui baladent des gamins ravis alors qu’à quelques dizaines de mètres un plop ! plop ! régulier annonce des sportifs qui échangent quelques balles sur les courts de tennis. Pour d’autres ce seront des parties d’échecs silencieuse tandis qu’il en est qui préfèrent bronzer autour de l’Orangeraie. Nous sommes en pleine ville mais les bruits sont estompés et chacun joue à faire semblant de croire qu’il est à la campagne. Il est temps de repartir, j’emprunte la rue Guynemer qui me descend vers la fontaine de la place Saint-Sulpice où les touristes, guide en main, cherche les traces de leur lecture du Da Vinci Code. Le luxe bourgeois de la rue Bonaparte se traduit par la cohabitation paradoxale d’antiquités et de mode, déjà j’entrevois la Seine et le quai Malaquais. Le Pont du Carrousel, rive gauche-rive droite, la vue est superbe, Paris est réellement une des plus belles villes du monde. Je traverse rapidement le Louvre par une cour pavée afin de rejoindre le Palais-Royal car il est largement l’heure de déjeuner, j’hésite entre une salade dans une brasserie ou des sushis dans un des nombreux Japonais du quartier. Digestion dans les jardins du Palais-Royal et sous les arcades, flânant devant des échoppes vieillottes où l’on vend des médailles militaires, des boites à musique ou des tableaux. Les colonnes de Buren comme une forêt d’arbres pétrifiés attirent encore quelques curieux. Je poursuis ma route, l’avenue de l’Opéra avec le Palais Garnier en ligne de mire ; pour échapper au flot des piétons je bifurque sur la gauche et le fameux Harry’s Bar pour rejoindre le boulevard des Capucines et l’Olympia qui me rappelle de bons souvenirs musicaux. Déjà le quartier des grands magasins, Printemps et Galeries Lafayette, les trottoirs débordent de monde, la gare Saint-Lazare est toute proche maintenant, j’aperçois l’étrange sculpture moderne de valises empilées, je peux m’écrouler enfin sur la banquette du train qui me ramène dans ma banlieue verte. 
20:56 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, jardin du Luxembourg, Louvres, Olympia, Harry's bar, Quartier Latin, Saint-Sulpice
24.08.2007
Voyages dans un fauteuil
Cette fois nous n’emprunterons pas l’avion ou le train, nous n’aurons même pas besoin de chausser nos rangers et encore moins de nous charger d’un quelconque sac à dos ou d’une valise étiquetée à notre nom. Le voyage sera encore plus beau peut-être, puisqu’il est de ceux qu’on fait confortablement lové dans un coin de son canapé, un livre à la main et la théière fumante sur la table basse. L’expédition par procuration ou les joies sans les peines, l’action sans l’effort. « Le plaisir qu’on trouve à voyager dans sa chambre est à l’abri de la jalousie inquiète des hommes ; il est indépendant de la fortune » (1)
J’ai fait le tour du monde. Avec Paul Théroux (2), grâce au chemin de fer qui permet de parcourir de longues distances tout en profitant du paysage et en côtoyant les autochtones, je connais la Chine , du désert de Gobi aux confins du Tibet, de la Grande Muraille à Ürümqi dans l’extrême ouest. La région m’est aussi familière par les récits plus anciens d’Ella Maillart (3) qui en 1935 quitte Pékin en direction du Sin-Kiang à dos de mulet ou de chameau pour une épopée que nul film ne pourra jamais égaler dans mon imagination. Concevoir un tel voyage quand on est une femme, à cette époque, dans une région troublée politiquement, voilà un beau défi mais quand il est relevé magistralement comme ici, chapeau bas ! L’Asie centrale me fascine assez pour que j’emboîte les pas d’Armin Vambery (4) déguisé en derviche errant qui gagnera Téhéran puis, à pied ou à dos d’âne, les régions interdites du Turkestan et les cités légendaires de Samarkand ou Boukhara et L’Afghanistan. Ces quelques exemples de voyageurs intrépides ne sauraient égaler le Père Huc (5) (il y a pas de jeu de mots !) qui entreprit en 1841 un périple de cinq années à travers Mongolie et Chine, en chariot ou jonque. Il fut le premier Français à atteindre Lhassa, adoptant costume, langue et règles de vie des régions traversées.
Une première pause s’impose, et une gorgée de thé me permet de reprendre mes récits de voyages. Après l’Asie j’ai aussi fait l’Afrique bien évidemment. J’ai cherché les sources du Nil avec Burton et Speke (6). Là, on pense à Zanzibar, aux caravanes d’esclaves et trafiquants, aux grands lacs africains, à la chaleur accablante, aux souffrances que ces hommes vont endurer. Par contre, pour le célèbre « Docteur Livingstone, je présume ? » c’est Henry Stanley (7) qui s’y colle. Là encore, ce sont guides indigènes, crocodiles, miasmes et pachas locaux. L’Afrique c’est aussi le désert et son grand diseur reste Théodore Monod (8). Quand l’aventure rencontre la poésie, la sagesse en découle. Au milieu de l’erg, seul, vous n’êtes rien qu’un minuscule grain de sable, un maillon du Grand Dessein ; l’accablement du « je ne suis que cela » et la puissance du « mais je suis un Homme » envahissent votre esprit et l’expérience mystique vous plonge dans la béatitude. On peut aussi voyager et rigoler, c’est le cas avec O’Hanlon (9) qui part à la recherche d’un dinosaure au Congo. Après avoir échappé à l’étreinte amoureuse d’un gorille le voici sur l’Impfondo un vieux rafiot qui remonte le fleuve Congo.
Ne laissons pas refroidir le thé dans nos tasses, j’allume une lampe basse qui donne une chaude clarté à la pièce et je me replonge dans mes bouquins chéris. L’Océanie offre elle aussi de belles images à mon imagination galopante. Bien sûr il y a Thor Heyerdahl (10) et son expédition de 1947 sur un radeau entre le Pérou et la Polynésie qui devait démontrer que les Incas auraient pu franchir les 6900 kilomètres séparant les deux continents. Ce qui nous amène à l’Ile de Pâques (11) et aux théories les plus folles pour expliquer la présence de ses monolithes dressés comme des sentinelles géantes … A cet instant vous pouvez vous laisser aller à toutes les spéculations, plus elles seront farfelues, plus votre imaginaire en sortira gratifié. Posons notre livre, fermons les yeux et supposons que…
Et l’Amérique, tu connais ? La vraie découverte, vous la ferez avec Mark Twain (12) qui nous narre sa vie de conducteur de bateau à roue sur le Mississipi ou Audubon (13) le célèbre dessinateur des Oiseaux d’Amérique qui s’embarque dans la remontée du Missouri aussi loin que possible sur un bateau de trappeurs, à travers les territoires indiens jusqu’à la Yellow River et même les Rocheuses pour dessiner toutes les espèces d’oiseaux qu’il croisera sur sa route. Cette expédition de 1843 sera aussi sa dernière et son journal prend des airs de testament. Il n’y a pas une Amérique, mais des Amériques. La preuve avec Samuel Hearne (14) qui s’était lancé dans une traversée de la toundra canadienne entre 1769 et 1772, ce qui nous vaut un remarquable récit d’amitié avec son guide indien Matonabbee et d’aventures de vie et de mort. Pour ceux qui sont intéressés par les indiens il est indispensable de consulter le fabuleux Pieds nus sur la terre sacrée (15) illustré de photos de chefs comme Sitting Bull, Geronimo ou la Princesse Angeline dues à l’illustre Edward S. Curtis. Des photos en noir et blanc sublimes, accompagnées de textes émouvants sur les grandes nations indiennes (Sioux, Apache, Ojibway, Choctaw etc.…) décimées par les colons. Un must absolu. Tout au sud de nos Amériques, il y a la Patagonie et son chantre le plus célèbre est certainement Bruce Chatwin (16). Je vous résume le pitch, un jour le jeune Bruce quitte tout pour partir découvrir ce bout du monde à cause d’un fragment de peau de brontosaure exposé dans une vitrine chez sa grand-mère.
Tout au nord, le Groenland est une terre fertile en aventures et si Monod était le pape des déserts de sable chaud, Malaurie (17) est celui des déserts de glace. Le Français a vécu avec les Inuits, mangeant avec eux l’hiver ces oiseaux d’été qui ont pourri sous les pierres, écouté leurs récits mythologiques, pêché et chassé, conduit le traîneau à chiens dans le blizzard par un froid cruel pour devenir un véritable Esquimau, une nouvelle légende.
Certainement vous sentez-vous un peu las. Tous ces pays, que dis-je, ces continents survolés aussi vite, une petite fatigue vous guette. Tenez bon, nous approchons du port, déjà les mouettes au-dessus du navire signalent que la terre est proche.
L’Europe nous la découvrirons avec Leigh Fermor (18) qui décide en 1933 de traverser à pied le vieux continent, de la Hollande à Constantinople. Une double aventure, celle d’un jeune homme en devenir et une Europe qui va bientôt connaître la guerre. Les Anglais sont de grands voyageurs et nous en terminerons avec leur île. Tout d’abord avec Stevenson (19), celui de L’Ile au Trésor ou de Docteur Jekyll et Mister Hyde, qui par des notes de voyage et des récits ou des souvenirs d’enfance, nous parle de son pays, le Ross de Mull, Magus Muir, les Pentland Hills ou Edimbourg. Ultime virée avec celui avec lequel tout a commencé, Paul Théroux (20) qui nous entraîne dans un tour de la Grande-Bretagne en train , à pied, bus ou stop de trois mois. Les ports, les mines fermées, les bagarres entre skins et mods, la vie en somme.
Mon thé est froid, je referme mon bouquin et je contiens un léger bâillement. Il est tard et la nuit tombe, il est temps que je me couche, promesse d’autres voyages plus merveilleux encore peut-être.
Bibliographie :
1- Xavier de Maistre « Voyage autour de ma chambre » Editions Nilsson
2- Paul Théroux « La Chine à petite vapeur » Grasset
3- Ella Maillart « Oasis interdites » Petite Bibliothèque Payot
4- Armin Vambery « Voyage d’un faux derviche en Asie centrale 1862-1864 » Phébus
5- Père Huc : « Souvenirs d’un voyage dans la Tartarie et le Thibet » suivi de « L’Empire chinois » chez Omnibus
6- Burton et Speke : « Aux sources du Nil » Petite Bibliothèque Payot
7- Henry M. Stanley : « Comment j’ai retrouvé Livingstone » chez Babel
8- Théodore Monod : « Méharées » chez Babel
9- Redmond O’Hanlon : «O’Hanlon au Congo » chez Flammarion
10- Thor Heyerdahl : « L’expédition du Kon-Tiki » au Livre de Poche
11- Francis Mazière : « Fantastique Ile de Pâques » au Livre de Poche
12- Mark Twain : « La vie sur le Mississipi » deux tomes chez Payot
13- John James Audubon : « Journal du Missouri » Petite Bibliothèque Payot
14- Samuel Hearne : « Le piéton du Grand Nord » Petite Bibliothèque Payot
15- « Pieds nus sur la terre sacrée » textes de TC McLuhan photos de Edward S.Curtis chez Denoël (1974)
16- Bruce Chatwin : « En Patagonie » Les Cahiers Rouges chez Grasset
17- Jean Malaurie : « Les derniers rois de Thulé » chez Pocket
18- Patrick Leigh Fermor : « Le temps des offrandes » et « Entre fleuve et forêt » chez Payot
19- Robert Louis Stevenson : « A travers l’Ecosse » aux Editions Complexe
20- Paul Théroux : « Voyage excentrique et ferroviaire autour du Royaume-Uni » Les Cahiers Rouges Grasset
15:40 Publié dans Livres, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Voyages, Chine, Asie centrale, Tibet, Ile de Pâques, Océanie, Missouri
20.05.2007
La Rochelle
Départ en catastrophe, le réveil n’a pas sonné et nous avons trente minutes de retard, or quand il est 4h45 le matin, ça fait beaucoup. Heureusement j’avais prévu de la marge ce qui nous laisse le temps, arrivés à la gare de Paris Montparnasse de boire un café avant de monter dans le TGV qui doit rallier Paris à La Rochelle en trois heures.
L’hôtel est à côté de la Grosse Horloge , ancienne porte de l’enceinte qui séparait le port de la cité. Première promenade autour du vieux port gardé par ses deux tours du XIV et XV siècle, la Tour Saint-Nicolas au donjon seigneurial haut de 42 mètres qui fait face à la mer et en vis-à-vis, la Tour de la Chaîne qui doit son nom à la chaîne qui permettait de barrer l’accès au port. Une troisième tour, la Tour de la Lanterne dite « des 4 sergents » se dresse à l’entrée du chenal qui relie la mer au vieux port. Cette tour de 70 mètres, surmontée d’une flèche gothique octogonale servait de phare et de prison. Parenthèse culturelle, en 1822 deux des quatre sergents Carbonari qui fomentaient un complot antimonarchique y furent emprisonnés avant d’être exécutés à Paris. Ces quatre sergents se nommaient Bories, Raculx, Goubin et Pomier, je referme la parenthèse.
Visite de la ville et de ses rues à arcades où s’abritent de nombreux commerces. Toutes les grandes marques de vêtements sont présentes, il y a même les Galeries Lafayette. La cathédrale, austère vue de l’extérieur est très lumineuse quand on y entre ; la rue des Merciers principale rue pour les commerces mais sans la fébrilité de la région parisienne ; l’Hôtel de Ville, magnifique bâtiment rénové avec sa tourelle armoriée, sa porte d’entrée gothique flamboyant et sa galerie au plafond sculpté ; dans les rues pavées, les maisons médiévales à pans de bois et ardoises côtoient la sobriété des grandes maisons des riches armateurs du XVIII siècle ; les vélos nombreux grâce à un important réseau de locations, pour rappel c’est ici que sont nées les premières rues piétonnes de France en 1975 et que furent mis à la disposition des Rochelais en 1976 les « petits vélos jaunes » ; le Chemin des Remparts qui longe un grand parc où coule un ruisseau ; la plage de la Concurrence battue par les vagues poussées par un vent assez fort qui éloigne aussi la pluie. Retour par la Tour de la Lanterne , puis le vieux port pour une pause quai Duperré où nous buvons un verre en terrasse, en regardant les passants qui se hâtent sous l’ondée qui s’est annoncée sans crier gare et les mâts des voiliers qui se dandinent dans le bassin. Nous commençons à ressentir la fatigue d’une journée commencée très tôt.
Un autre jour, visite du marché couvert, très propre et mignon sous sa verrière. Nous déambulons jusqu’à la gare, très belle avec sa haute tour, c’est la dernière grande gare monumentale construite par l’Etat (1910-1922). Le bâtiment a été rénové récemment, blanc immaculé avec ses décorations de poissons et crabes. A l’intérieur, le hall abrite des fresques aux teintes bleues pastel. Nous poursuivons jusqu’à l’Université après avoir contourné l’ancien bassin des chalutiers où l’on retape quelques bateaux. Quartier moderne et agréable à vivre, semble-t-il.
Nous empruntons le passeur, une modeste embarcation à fond plat avec quelques bancs couverts, pour rentrer au vieux port en quelques minutes et s’offrir le plaisir de passer majestueusement entre les deux tours en usurpant le titre de marin. Visite de l’Aquarium. Une visite incontournable tant il est réellement superbe. Devant les nombreux aquariums, à regarder les poissons multicolores évoluer dans une eau translucide à hauteur des yeux, l’esprit se met à rêver, sont-ce des oiseaux, des papillons ou sommes-nous au milieu d’un dessin animé ? Une visite extraordinaire où la faune va de l’oursin au requin, en passant par le poisson clown, le poisson lune ou la tortue. Marée basse dans le port quand nous prenons un petit jus en terrasse d’un troquet au pied de la Tour de la Chaîne. Visite de la Tour de la Lanterne avec ses graffitis laissés par les prisonniers de toutes nationalités qui y séjournèrent. Balade le long de la promenade de la Concurrence. Sur la plage, un anglais a sculpté avec du sable un énorme crocodile à la bouille sympathique. Retour par les allées du Mail vers le centre ville. L’après-midi il fait très beau, nous dégustons une glace sur la promenade en bord de mer. La marée est haute, les voiliers sont de sortie et les touristes commencent à envahir la ville et la plage. Assis sur un banc, nous profitons du soleil, à cet instant la vie est belle. Plus tard, dans un parc, volière d’oiseaux, enclos avec un baudet du Poitou, des canards et des paons. De retour en ville, chez un libraire j’achète un livre sur le siège de La Rochelle , souvenir et culture. Nous envisageons le retour, notre TGV est à 11h demain matin.
NB : quelques photos sont dans l'album à gauche de l'écran
13:35 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La Rochelle, les 4 sergents, aquarium, tours
13.03.2007
La Foire à la Ferraille et au Jambon
Enfin nous n’oublierons pas que dans Foire à la Ferraille et au Jambon, le second terme n’est pas le moins alléchant. Et l’on se presse dès avant midi, devant les échoppes où le jambon cuit à l’os se prélasse sur de petits légumes braisés, les jarrets de porc qui suent et embaument dans la rôtisserie, devant les stands régionaux où la charcutaille dispute la vedette aux crus gouleyants. Sous le soleil qui luit, les tables en bois sont prises d’assaut par les gourmands. Le pain, le jambon et le vin ne font pas de vieux os. Hâtez-vous, ça ne dure que la semaine !
Par le RER A : station Chatou Croissy
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18.02.2007
Lisbonne 1995
LUNDI 1 MAI :
4h30 le taxi pour Orly est à l'heure. En trente minutes l’affaire est classée, c'est à l’aéroport que ça se gâte. Personne ne sait où se trouve la porte d'embarquement pour mon vol. Les panneaux indiquent la porte 2, le haut-parleur annonce la porte 6 et à chaque porte on nous renvoie à l'autre! A Orly le bordel commence tôt, il n'est pas encore 6h. Quand on demande des explications aux rares personnels de l'aéroport présents à cette heure, ils nous répondent de voir avec la compagnie qui assure le vol, à savoir Corsair, avec des sous-entendus peu flatteurs qui nous laissent deviner que la concurrence entre compagnies est rude. Tout s'arrangera assez bien, mais lentement et l'Airbus A.300 quitte le tarmac à 7h30 alors que ma convocation Nouvelles Frontières précisait 6h15, heure de départ... Aussitôt nous sacrifions au rituel du casse-croûte, car que vous soyez Américain, Français ou Papou, la gamelle c'est sacré. Dès l'annonce du petit-déjeuner, tout le monde se cale dans son fauteuil, bien sage dans l'attente de son plateau. Et comme la règle numéro un pour l'équipage c'est d'avoir des passagers calmes, tout le monde y trouve son compte. 9h30 Lisboa. Il fait beau et doux. Je fais la queue aux taxis, mais c'est bien organisé et j'arrive à l'hôtel bien trop tôt pour que la chambre soit libre. Je laisse mon sac et retire mon pull. Première virée dans Lisbonne. L'hôtel est au nord de la ville. Je descends l'avenue de la Libertad , vers le centre et vers la mer, qui en fait est le Tage. Nous sommes le 1er mai, des voitures du Parti Communiste sillonnent la ville, avec hauts parleurs et drapeaux rouges. Sur l'avenue déserte, ces slogans hurlés en portugais, ces drapeaux qui claquent au vent, on se croirait dans un film politique des années 70 avec Gian Maria Volonte. J'achète une "carte orange" locale et la teste d'emblée par un tour en métro. Le réseau est très dépouillé et il y a peu de monde aujourd'hui. Je me fais les trois grandes places, en enfilade, Restauradores et Figueiras. C'est grand et vieux, délabré même. Pas mal de monde qui glande, attend le bus, visite etc... Enfin la Place du Commerce, en arrivant par la rue Augusta on passe sous un arc de triomphe et on débouche sur la place, face à ce qui ressemble à la mer. La place est bordée de ministères. 13h retour à l'hôtel où je m'installe. Une douche et je repars. Métro jusqu'au Rossio puis je me dirige vers l'Alfama. Dédale de ruelles qui montent dans tous les sens, sans jamais redescendre dirait-on! C'est pire que San Francisco. Eglise San Antonio, construite à la place de la maison natale de Saint Antoine de Padoue. Par endroit, des terrasses offrent de jolis points de vue sur les toits de tuiles ocrent des maisons aux murs carrelés de bleu ou de vert. Tout est bien vieux et usagé par les ans. Bien que Lisbonne soit sur l'Atlantique on dirait une ville méditerranéenne. Je pense à Bastia mais en moins austère. Je prends le tramway 28 qui sillonne l'Alfama et ses ruelles tortueuses. Pas de vitres aux fenêtres (l'été je suppose ?), l'air frais me fait du bien, je commence à être saoulé de soleil et de marche. Les virages à angle droit et les pentes abruptes soudaines, laissent les passagers occasionnels perplexes. Je me fais la ligne de bout en bout pour le plaisir. Les tramways sont plus plus petits qu'à San Francisco mais dans certaines rues ou certains virages, on passe juste! Nulle part ça ne respire la richesse. Là, comme ailleurs, des clodos tendent leur sébile ou mieux, vendent à même le trottoir, de pauvres haillons dont on ne ferait pas des chiffons. Repéré comme touriste, plusieurs fois on me propose du hashish. C'est la première fois que je pars dans un pays dont je ne parle pas la langue, le portugais n'ayant rien à voir avec l'espagnol, et je me rends compte en ce premier jour que c'est assez déroutant et je suis tenté de parler un espéranto ridicule au lieu de me contenter de choisir une langue et de m'y tenir. Je repasse à ma chambre vers 18h pour une nouvelle douche. Je suis bien fatigué mais j'ai très faim aussi. Après un peu de repos, je retourne vers le centre où j'ai repéré une rue piétonne pleine de restaurants à terrasses. Rue Das Portas de Santo Antao, c'est pas rien de se rappeler les noms de rues, je me jette dans le premier gastos venu. Un plat de riz aux fruits de mer me cale gentiment les joues!! A chaque fois que je pars à l'étranger, le premier jour n'est pas terrible. Je tourne aux quatre coins de la ville sans ligne précise, je ne vois rien de bien extraordinaire et le soir je suis crevé! Allez, on verra demain.
MARDI 2 MAI :8h petit-déjeuner. Buffet à volonté. Ce matin visite du monastère des Hiéronymites dans le quartier excentré de Bélem. Je délaisse le bus, préférant prendre un tramway plus sympa. Le monastère est un gigantesque bâtiment blanc, finement ciselé, construit grâce à l'or que Vasco de Gama rapporta de ses voyages. Finalement il y sera enterré, on lui devait bien cela! La ville a changé, hier c'était jour férié, aujourd'hui tous les commerces sont ouverts, il y a du monde partout et beaucoup de circulation. Les taxis, souvent des Mercedes, sont noirs au toit vert. Il fait 28° et j'ai mis mon short avec un tee shirt, hier j'ai eu trop chaud. Après la visite, je vais acheter des Pasteis de Bélem, mini-flan dans une demie coque de pâte feuilletée, ça se mange tiède, saupoudré de sucre glace et de cannelle. Inutile de dire que ça passe en douceur... Un peu plus loin, visite de la Tour de Belém, tour de guet sur le Tage. Comme toujours dans ces bâtiments d'un autre âge, je suis étonné par l'habituel escalier en colimaçon très étroit. Comment faisaient-ils avec leurs équipements, leurs épées, pour y monter ? Retour vers le centre. Je marche un peu pour humer l'air du quartier. Bientôt, un petit vieux me prend à parti, assez sèchement. Je ne comprends rien à ce qu'il veut et ça l'énerve, moi aussi! Enfin je réalise qu'il m'indique qu'il y a 7 km jusqu'au centre ville et que c'est idiot sous cette chaleur de ne pas prendre le bus! J'en conviens et nous nous quittons bons amis. C'est un tramway qui me ramène en ville, puis nouvelle montée par des ruelles tortueuses, au linge pendant des balcons fleuris, ou par des venelles en escalier, jusqu'au Castel Sao Jorge. Le vieux château domine la ville. jardins ombragés et ventés. Je reste là un bon moment, à sécher, reposer mes vieilles jambes, admirer le paysage et finir mes Pasteis de Belém. Ah! Je suis bien! Au loin, le pont qui traverse le Tage, un des plus grands ponts d'Europe. A une extrémité du pont, une colonne gigantesque surmontée d'une croix. Le lointain est toujours noyé dans la brume depuis que je suis ici. Le chemin de ronde offre une vue merveilleuse sur toute la ville, au pied des murs des petits patios avec des abricotiers et des citronniers pleins de fruits. Le chemin est ombragé par des pins parasols. Petites tables de pierre, fontaines d'eau fraîche. Quelques artisans hippies y vendent leurs breloques colorées. De vieux canons défendent la ville du haut des remparts. D'après ce que j'ai pu voir, c'est un endroit particulièrement agréable pour se reposer et souffler quand il fait chaud. Comme on surplombe la ville, l'air est brassé et plus respirable qu'au centre qui est franchement pollué par les automobiles. Escalade des remparts. Nombreux volatiles, canards, oies, paons, coqs etc... Je redescends par l'Alfama et ses ruelles qui parfois ne mènent nulle part : les bécos. A 18h retour à l'hôtel, douche, air climatisé, repos. Je branche la TV , là aussi programmes à chier. Heureusement il y a TV5 en français et au moins, j'ai les infos. Le soir dîner dans un restaurant typiquement portugais, choisi dans mon guide. Situé dans le Rosso, c'est déjà bien compliqué de le trouver sur le plan mais sur place c'est encore plus dur! Il faut prendre une ruelle en escalier qui débouche dans un fatras de bouts de rues. Parfois le nom des rues est plus long que la rue elle-même! Je trouve mon restaurant, Le Cartuxinha rue Das Farinhas, tout petit, 25 places, propre, tenu par une dame très gentille parlant le français. Hélas! les rares clients sont eux aussi français. En entrée, du saucisson au sang, en fait un genre de boudin très parfumé aux herbes et tiède, morue sur des tranches de pain baignant dans un bouillon, dessert, poire marinée dans le vin et la cannelle. Quand je sors, il fait doux, mais le soleil couché, n'aveugle plus. Il fait bon traîner dans les ruelles calmes.
MERCREDI 3 MAI :
J'ai pris des couleurs, en me regardant dans la glace je vois un petit coup de soleil à la base du cou, à la limite du tee-shirt. Hier soir la météo annonçait 30° pour aujourd'hui, pourtant dans les rues, les lisboètes n'arborent pas de tenues estivales particulières. Nombreux sont ceux qui gardent un pull! En route pour le Bairo Alto, un autre quartier avec ses ruelles pavées, ses petites épiceries plongées dans le noir avec sur les trottoirs étroits, des cagettes de bananes et de fraises. Ce quartier est sur une colline, pour y accéder plus facilement, Gustave Eiffel a construit un énorme ascenseur, fin et gracieux comme sa tour ! La ville, toute en élévations diverses autorise de nombreux points de vue. Ce matin il y a du vent, j'ai les aisselles au sec. Dans le Bairo Alto il y a deux types de quartiers. De petites rues cradingues avec des petits commerces qui vivotent, comme à Barbès. Puis une petite place avec un jet d'eau, la Pracia Das Florès, et là tout autour, un maillage de rues de village, calmes et reposantes. Retour au Castelo San Jorge, pour du calme et de l'air frais. Casse-croûte à l'ombre. Je redescends la colline par l'Alfama et ses ruelles escaliers. Ils doivent avoir des mollets d'acier dans le coin. J'achète des fraises bien sucrées, dix francs le kilo. Même, dans ces ruelles étroites, les camions assurent les livraisons. Manœuvres et démarrages en côte. Métro pour aller visiter le parc Edouard VII, au nord de l'hôtel. Plan d'eau avec des canards et d'autres volatiles (ils aiment ça, ici!). Très belle serre équatoriale. Plusieurs salles, chaudes et sèches, pour les cactus, chaudes et humides pour les arbres et plantes de Polynésie, Afrique ou Amérique du Sud. On peut se faire un plan Indiana Jones pour pas cher! Retour à ma chambre en fin de journée, douche, repos etc... Je branche TV5 pour les infos et commentaires sur le débat Chirac-Jospin d'hier. 19h30 je ressors, je retourne dans le Bairo Alto, puis je m'égare dans les rues pour atterrir dans une rue "chaude" en début de soirée, finalement je retrouve mes repères mais j'en ai marre de marcher, je prends un bus qui passe et me dépose place Figueiras où j'ai mes habitudes. J'enfile une rue piétonne à restaurants et me laisse choir à la première terrasse sympathique venue. J'ai la dalle. Je m'envoie une copieuse salade de thon, je torche tout, les olives et la salade d'accompagnement. Ensuite espadon grillé, c'est très bon. Glace pour finir, je suis calé. A Lisbonne, c'est incroyable le nombre d'endroits où on peut manger. Il y a des restaurants comme partout, mais ils ont aussi des patisseries-snacks et autres bouis-bouis de toutes tailles, en général grand comme ma salle de bain : un comptoir avec des patisseries ou de petits beignets de poisson ou autre. On mange là, sur le pouce, ou on s'assoit s'il y a une ou deux tables de formica. On peut aussi emporter. Des gargottes de ce type il y en a partout. C'est sûrement le commerce le plus répandu ici. Même dans des rues perdues, large comme mon entrée, on en trouve! A croire que les lisboètes ne mangent pas chez eux. Je remonte en métro jusqu'à mon hôtel, jamais bondé il n'y fait pas trop chaud, il est bien pratique. On roule à gauche et il ressemble à celui de New York, en gros. Aux stations toutes les portes s'ouvrent automatiquement. Propre, sans clodos sur les bancs. Il y a une guérite sur chaque quai avec un employé.
JEUDI 4 MAI :
Rien de particulier au programme ce jour. J'ai tout vu. Je vais traînasser c'est ce qui est le plus plaisant. J'ai peu fait de photos, car il n'y a pas, à mon avis, grand chose de mémorable qui rendrait bien en photo. Les places de Rossio, Restauradores ne sont pas photogéniques, surtout qu'elles sont en travaux... Par contre, on peut y traîner, ou comme moi ce matin, prendre un café place de Figueira. Autour de moi, c'est un incessant ballet d'autocars, de camions de livraison. Kiosques à journaux, marchands de glace ambulants, cireurs de chaussures, vendeurs de bric-à-brac à la sauvette, autant d'occasions pour s'agglutiner sur les trottoirs. Un aveugle passe en hurlant son infirmité, scandant ses imprécations avec sa canne. Les petits métiers qui ont cours ici : vendeurs de billets de tombola, réparateurs de parapluie ambulants. Une femme tente de vendre quelques frusques. Sa boutique sur son bras gauche, elle vante sa marchandise de la main droite... Partout des groupes d'hommes qui attendent, discutent, insensibles au temps qui passe. Parfois l'un d'eux vous aborde et vous propose un appareil photo, au fond d'un sac en plastique, ou bien ouvrant son poing discrètement, une chevalière soi-disant en or. Dans cette calme agitation où l'on parle fort, seuls les pigeons semblent très actifs, picorant entre les tables des cafés, s'envolant brusquement dans un flip-flop bruyant, pour aller chier leur comptant sur une statue de la place! Je reprends mon bâton de pèlerin et je me dirige lentement vers le Bairo Alto et le point de vue de Santa Catarina. Un jardinet, avec bancs et tables à l'ombre, domine le Tage et le gigantesque pont qui permet d'évacuer la ville. A Lisbonne, le Tage est énorme, on hésite entre fleuve et mer, tellement il est large. Je descends la colline, vers les quais et le marché couvert. Le marché se termine, des camions pick-up, non bâchés, offrent à la vue, des os sanguinolents et des carcasses qui serviront à Dieu sait quoi...? Une petite jeune fille m'aborde pour me fourguer je ne sais quelle camelote ? Non, c'est un tapin. Bien que je n'aie pas une grosse faim, j'entre dans un restaurant populaire, rue Dos Remolares, où viennent déjeuner les commerçants du coin et du marché. Plafonds voûtés, murs carrelés de bleu jusqu'à mi-hauteur, ambiance typique. Ici, le travailleur veut de la nourriture bon marché. Le poisson est roi. Grillé, en beignets, bouilli... morues, sardines, espadons. Ainsi que le poulet rôti et les grosses frites épaisses. Brouhaha des conversations, vois graves, gros rires. Je ne comprends rien à ce qui se dit, mais j'ai l'impression que je ne rate rien d'essentiel... Je commande des sardines grillées, spécialité locale. Je mange les six grosses bêtes avec une pomme de terre à l'eau et des oignons crus. Je me lèche les doigts. Le pain est servi comme il est vendu en boulangerie, en boule individuelle. Il est 13h30, la salle est pleine et ça lape et ça clappe tant que ça peu, pour digérer les bouchées on cause. Les bouteilles de vin rouge ont pris des claques et les buveurs, âmes sensibles, abrègent leurs souffrances en les achevant! Avec une tarte aux amandes, un peu rassis, j'en ai pour 50 francs. Calé, je me cherche un endroit frais et calme pour digérer. Pour cela, une seule adresse, le Castel San Jorge. Bancs de pierre, ombre, brise et jet d'eau. Une boite de thé glacé et le Monde d'hier pour les nouvelles de France. A Lisbonne, soit ça sent les gaz d'échappement et vous êtes au centre ville, soit ça sent la sardine grillée et vous êtes dans les petites ruelles de quartiers. Dans certains endroits bien situés, ça pue les deux! 19h après un retour à ma chambre, je ressors faire un tour avant de dîner. La chaleur est étouffante, il n'y a pas d'air et le peu qu'il y a est pollué. Par des rues parallèles à l'avenue de la Libertad , je vais jusqu'au Rossio et rue Augusta, rue piétonne, je bois un verre en terrasse. La rue Augusta est occupée en son milieu, par les terrasses des patisseries-cafés. C'est la rue où l'on parade à Lisbonne, en frimant aux terrasses ou en défilant devant. Bien sûr, ici comme partout dans le monde, au bout de 5mn un gratteur de guitare se pointe et nous fait regretter qu'un jour on ait inventé la musique... Il est 20h le devoir m'appelle, je suis ici pour une étude ethnologique et je me dois de goûter les spécialités locales. En entrée, l'omelette aux fruits de mer est curieusement accompagnée de salade de tomates, carottes râpées et poivrons rouges et de frites!! Leurs frites...! La suite, du porc Alentejana. Petits cubes de viande, avec des coques et une sauce très parfumée. Ils utilisent la même herbe, genre persil, que les chinois. Le légume d’accompagnement, des frites bien sûr. Les serveurs qui sont espiègles par nature, changent les tables de place toutes les 5mn, quand elles sont bien rangées ils en sortent de nouvelles de l'intérieur et bien sûr, il faut revoir la disposition générale... Charmant ballet. Un bandeau lumineux sur une boutique voisine, indique 32°, ça me semble beaucoup, mais c’est vrai qu'il fait chaud. Les serveurs maintenant, cherchent à rameuter le client. Ils ont des menus dans plusieurs langues et ils les agitent sous le nez des passants, les prenant en nasse dans la petite rue. Le touriste vivant souvent en bande, dès qu'un banc de clients potentiels s'annonce au bout de la rue, c'est l'agitation chez les serveurs...
VENDREDI 5 MAI :
Ce matin le ciel est bien gris et la température a diminué, la météo prévoit 24° seulement. Mon avion est à 13h45, je n'ai pas le temps de faire grand chose. Petit-déjeuner, faire mon sac, jeter un œil à la TV dont les programmes, à quelque heure que je la branche, sont désespérément nuls. On se plaint de notre tv, quand on voit celle des autres... Il tombe trois gouttes quand le taxi me dépose à l'aéroport. Il fait plus frais et c'est plus agréable, car prendre l'avion c'est bien mais c'est long. L'organisation est bien faite, les contrôles inexistants ou du moins expédiés.
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