04.08.2009
L’aigrette garzette
Vous vous baladez dans les prés, vous longez une petite rivière ou vous contournez un marais, un étang peut-être, quand vous apercevez un discret échassier tout blanc, immobile les pieds dans l'eau. Vous vous éloignez sans bruit pour ne pas le déranger, tout en admirant son élégante silhouette. C'était une aigrette garzette.
Encore un oiseau assez facile à reconnaître grâce à son plumage entièrement blanc et immaculé. Sa tête et son dos sont ornés de longues plumes blanches, elles aussi. Les pattes noires mais les doigts jaunes, le bec noir et fin, une soixantaine de centimètres de haut. Ces grands échassiers vivent en colonies au bord de l'eau sur presque tout le littoral français, plus généralement en zones humides dégagées, souvent en compagnie des hérons.
Les nids sont construits sur de petits arbres ou des buissons autour des marais, très simples et grossièrement aménagés. La ponte a lieu entre avril et mai et donne 4 ou 5 œufs couvés durant 21 à 25 jours par les deux parents. Les jeunes voleront après 45 ou 50 jours.
Les oiseaux se nourrissent de petits poissons, reptiles, batraciens, vers, insectes etc. qu'ils chassent à l'ombre des végétations flottantes ou en s'accroupissant et déployant légèrement leurs ailes pour créer de l'ombre et attirer leurs proies.
La population des aigrettes garzette est stable mais la disparition de son habitat (mise en culture, construction urbaine) pourrait lui nuire.
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20.07.2009
Le tadorne de Belon
Dans ma note sur le Marquenterre j'ai évoqué le tadorne de Belon mais peut-être que certains ne connaissent pas cet oiseau et par paresse ou manque d'intérêt n'ont pas cherché à savoir de quoi il s'agissait, aussi vais-je mettre les points sur les « i » !
Pour ceux qui sont pressés je dirai que c'est un gros canard. Pour les autres je continue. Ce canard est le plus gros qu'on puisse trouver en France (entre 58 et 67cm) et certaines caractéristiques le rapprochent de l'oie, quant à ses couleurs elles le rendent facile à identifier si vous en croiser un. Mâle et femelle sont quasi identiques, tête verte ou noire et bec rouge, cou blanc, large bande orangée au milieu de la poitrine,
ailes blanc, noir, vert.
Le tadorne de Belon vit au bord du littoral dans les zones de sable et de vase principalement. On peut néanmoins en trouver aussi près des estuaires et embouchures de fleuves dans les dunes herbeuses. Dans ce milieu il trouve son alimentation, mollusques, gastéropodes marins en tamisant la vase avec son bec. Quelques insectes aquatiques viennent compléter le menu.
L'oiseau fait son nid dans des cavités de talus (terrier de lapin par exemple) le plus souvent, mais il peut aussi le faire à même le sol dans les hautes herbes. La femelle pond une dizaines d'œufs et les petits restent au nid un mois et demi à peu près. Tous les canetons sont regroupés sous la protection d'adultes, comme une sorte de garderie ou de crèche ! Les tadornes sont fidèles et les couples durent toute la vie.
Enfin, le tadorne de Belon doit son nom à particule, à Pierre Belon un zoologiste français (1517-1564)
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11.07.2009
La pie
S'il est un oiseau commun particulièrement remarquable - digne d'attirer l'attention et facile à reconnaître - et attachant c'est la pie. Très élégante avec son plumage noir et blanc pour la pie bavarde et noir/bleu et blanc pour la pie bleue, la première se rencontre sur tout le territoire français, mais en Corse le premier couple n'a été vu qu'en 1992.
La pie bavarde habite les campagnes et les plaines fertiles, les régions alternant haies, bosquets et rangées d'arbres. Elle n'aime pas beaucoup les marais, les montagnes, les vallées encaissées et les forêts denses. Comme tout un chacun a pu le constater elle ne craint pas le voisinage de l'homme, au contraire même, car elle est sait en exploiter toutes les ressources mises à sa disposition. Rarement au cœur des grands centres urbains autrefois, elle s'enhardit passant des banlieues au centre des villes.
Oiseau bruyant et voyant, elle vit avec ses congénères dans les arbres. Elles sont sociables mais on les voit souvent se quereller et là on les entend ! Jacassements rapides, cris sifflés et caquètements à la saison des nids. Les nids sont construits le plus souvent en haut des grands arbres, volumineux et constitué de branchettes fraîchement cassées et entrelacées avec un toit et un étroit orifice d'accès. La ponte de six ou sept œufs a lieu en avril ou mai. Les petits resteront au nid durant un mois.
La pie n'est pas difficile, elle se nourrit de tout. Graines, fruits, insectes, lombrics, œufs pillés dans les nids, rongeurs feront l'affaire et elle a appris à manger nos détritus ou une charogne. Ce qui me rappelle ce délicieux poème « Un hanneton près d'une pie passa / La pie qui était sage ne le mangea pas / Oh ! Quel beau morceau que la pie n'happa pas ! ».
La pie est un passereau de la famille des corvidés comme les corbeaux. Sa longueur est de 45cm dont 20cm pour la queue. Tête, cou et plastron noir ainsi que la queue. Son vol est saccadé.
La pie a la réputation d'être voleuse, mais en fait elle se hâte de mettre à l'abri les objets brillants qu'elle a trouvé et donc qu'elle estime lui appartenir, ce qui est une caractéristique de presque tous les corvidés. La pie voleuse est un opéra de Rossini (1817).
« Commune, si dédaignée qu'elle semble immortelle, en habit dès le matin pour bavarder jusqu'au soir, insupportable avec sa queue-de-pie, c'est notre oiseau le plus français. » Jules Renard Histoires naturelles
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| Tags : la pie, rossini, corvidés |
05.07.2009
Le parc du Marquenterre
Le parc du Marquenterre dont l'origine du nom signifie « la mer qui rentre dans la terre » est une halte privilégiée entre Scandinavie et Mauritanie pour des milliers d'oiseaux. Le parc de 200 hectares, réserve naturelle de la baie de Somme, propose trois parcours en fonction de vos envies ou possibilités de marche, une, deux ou quatre heures. Merveilleusement agencée la promenade permet de parcourir des prairies humides, des bosquets, des dunes et des lagunes et tout du long, des abris de bois percés d'ouvertures vous livrent à leur insu, les oiseaux dans leur milieu naturel, sur les mares et étangs. Au cours de notre périple, grâce aux jumelles louées à l'entrée et indispensables pour profiter pleinement de la visite, nous avons réussi à identifier au moins une dizaines de volatiles, des cigognes au nid avec leur petit, des aigrettes garzettes et spatules, des avocettes, des cormorans, des cygnes blancs et noirs, des tadornes de Belon, des grues cendrées, des vanneaux huppés, maints canards et oies cendrées. Je n'avais jamais tant vu d'oiseaux de races différentes en si peu de temps et surtout jamais vu autant de si gros oiseaux en vol comme les cigognes, les grues et hérons qui traversaient l'espace nonchalamment.
Au détour d'un chemin un groupe de chevaux superbes, crinières au vent, robe caramel, se met à courir dans les hautes herbes alors que deux cigognes les rasent et se posent un peu plus loin. Sur les étangs, oies cendrées et fuligules alors que dans la vase errent des chevaliers sous l'œil éteint des cygnes sauvages à bec jaune et des cygnes tuberculés à bec rouge.
Spectacle final, une héronnière, un ensemble de nids dans les arbres, genre de HLM pour volatiles. Les cigogneaux sautent sur place dans leur nid pour fortifier leurs ailes, alors que les petites aigrettes sautent de branche en branche pour le même motif.
Quand une buse est passée au-dessus de la colonie, ce fût un beau tohu-bohu dans les branchages !
Si vous ajoutez à tous ces oiseaux, les papillons et nombreuses variétés de libellules qui virevoltaient dans l'air odorant, vous comprendrez facilement que je me sois juré d'y revenir équipé d'un matériel photo de qualité. Les animaux ne sont pas les seuls attraits de ce parc puisqu'on y voit aussi des plantes de toutes sortes comme l'orchidée des marais.
Une visite extraordinaire qui mérite d'être renouvelée, car chaque saison ou heure de la journée, change radicalement le paysage et surtout la faune identifiable. Au printemps c'est la saison des amours, l'été on pense au retour et les petits échassiers quittent l'Europe du Nord pour l'Afrique, en automne les migrations se poursuivent et en hiver canards et pluviers dorés se régalent de l'herbe devenue rase.
Enfin je connais la réponse à la question posée par Holden Caulfield, le héros de l'Attrape-Cœur, roman de J.D. Salinger : « Vous ne savez pas, par hasard, où ils vont les canards, quand c'est tout gelé ? »
13:02 Publié dans Oiseaux, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : le parc du marquenterre |


