14.10.2009

La coccinelle

Les coccinelles sont les plus connus de nos coléoptères et certainement les plus appréciés. Il en existe plusieurs dizaines d'espèces en Europe et la famille est représentée dans le monde entier. Ces coléoptères au corps luisant rond ou ovale sont faciles à reconnaître. Leurs couleurs vives, rouge, jaune ou orange et les élytres marqués de points ou taches. Ces couleurs vives signalent à leurs prédateurs qu'elles sont toxiques ou de mauvais goût car inquiétées les coccinelles dégagent un fluide toxique par les articulations des tarses. Ce phénomène s'appelle « saignée réflexe ».

« La coccinelle prend l'essor. Envolée du côté de l'église, elle signifie le couvent ; envolée dans une direction contraire, elle annonce le mariage. Souvenir peut-être des antiques croyances sur le vol des oiseaux, le naïf augure de la Catarineto en vaut, certes, bien d'autres consultés par nos illusions. Il est fâcheux que la pacifique réputation de l'insecte soit en désaccord avec ses mœurs. Ici, comme toujours, la réalité tue la poésie. A vrai dire, la Bête à bon dieu est une bête de carnage, un massacreur de haut titre comme il n'y en a guère de plus acharné. Elle broute les bancs de pucerons, à petits pas et laissant place nette. Où elle a pâturé, pêle-mêle avec ses larves qui ont même régime carnivore, rien ne reste de vivant sur le rameau pouilleux. » Nous apprend Jean-Henri Favre dans ses éternels Souvenirs entomologiques.   

Effectivement la coccinelle est l'ennemi absolu des pucerons et l'agriculture biologique l'utilise comme auxiliaire dans sa lutte contre les parasites des cultures. Pour exemple, trois milliers de coccinelles suffisent pour protéger cinq cents arbres. La petite bête pond ses œufs sur les plantes infestées de pucerons ou de cochenilles, les larves se nourrissent de ces insectes et passent par quatre phases de croissance avant de devenir adultes. L'hiver les coccinelles hivernent en groupe sous des pierres ou des branches mortes.

 

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11.10.2009

La punaise

A l'automne la punaise des bois se rapproche des habitations pour trouver un logement pour l'hiver dans les cavités, fentes ou interstices des charpentes en bois. Ce qui explique la présence de cette bestiole sur mon balcon. Même si vous en avez en grande quantité dans votre maison, pas d'inquiétude, l'insecte ne pique pas les humains et ne se reproduit pas dans nos habitations. La punaise que j'ai photographiée se nomme Raphigaster nebulosa. Moi je l'appelle Raphi.

Elle fait partie de la famille des Pentatomidés (hémiptère), punaises se nourrissant dans la nature de la sève des plantes ou des liquides internes d'autres insectes. Active de jour, elle aime se trouver dans les endroits chauds et son comportement n'est vif pratiquement qu'au soleil. Son appareil buccal est de type piqueur, ce qui signifie qu'elle ne peut ingérer que de la nourriture liquide. Toutes les Punaises des bois en Europe centrale ont un cycle d'une génération seulement par année. Un peu tardivement au printemps, la femelle pond sur les végétaux environ 40 œufs, rassemblés en plaque ou en bande. De ceux-ci, éclosent des larves sans ailes et pigmentées de différentes couleurs. Au troisième stade larvaire apparaissent les ébauches des ailes. Les punaises ne volent pas bien et Raphi émet lors de son vol le bruit d'un bourdonnement. Elle mesure à peu près 15mm. Les larves ont sur le dos comme moyen de défense des glandes émettant une mauvaise odeur. Chez les adultes, ces glandes se trouvent dans la partie inférieure du thorax. Cette sécrétion de forte odeur est diffusée en cas de menace. Pour cette raison, ne manipulez qu'avec précaution les Punaises des bois lorsque vous les évacuez d'une maison, en les faisant glisser sur un papier, si elles se trouvent au sol, ou en les faisant basculer dans un bocal, si elles sont sur une paroi.

Il existe d'autres sortes de punaises, comme le gendarme dont je vous ai parlé il y a peu, ou la punaise des lits, qui elle pique sérieusement et bien d'autres encore.

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08.10.2009

La tipule

Vous connaissez cet énorme moustique aux longues pattes frêles qui parfois entre dans les appartements à la fin de l'été ou au début de l'automne, et d'ailleurs en ce moment ils sont nombreux dans le hall de mon immeuble, cramponnés aux murs quelques jours avant de mourir. Cet insecte est une tipule, mais contrairement à ce que l'on croît trop souvent, ce n'est pas un moustique !

La tipule est insecte diptère, une mouche de grande taille à longues pattes grêles dont les larves rongent les racines des plantes, nous apprend le Grand Robert. L'insecte est très souvent appelé « cousin ». L'adulte vit sur les fleurs. La femelle pond plusieurs centaines d'œufs dans la terre humide ; la larve creuse dans le sol ou dans le bois en décomposition. Quelques unes seulement attaquent les racines des plantes et après deux ou trois semaines elles se nymphosent et les adultes apparaissent au bout de quelques jours. Les tipules forment un grand groupe de plusieurs centaines d'espèces dans le monde. La larve de la tipule, long asticot de 3 ou 4 cm, est très recherchée des pêcheurs.

Si leur taille peut impressionner, les tipules ne piquent pas car elles ne sont pas pourvues des organes buccaux et de la trompe des moustiques femelles qui elles, vous sucent le sang.   

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04.10.2009

La blatte

« Qui ne connaît cet insecte puant, qui de nuit, grâce à son corps aplati comme le serait celui d'une énorme punaise, se glisse par les interstices des meubles, par les fentes des cloisons et fait irruption partout où il y a des provisions alimentaires à dévorer ? » interrogeait Jean-Henri Fabre dans ses Souvenirs entomologiques.

La blatte est un insecte nocturne et omnivore au corps aplati dont on compte près de 2500 espèces qui vont de la blatte germanique à la blatte orientale (cafard) en passant par la blatte américaine (cancrelat).

Les photos ci-dessous montrent une blatte à bandes brunes. Sa taille, entre 14 et 20mm, de couleur jaune brunâtre, deux bandes claires transversales sur le thorax, ailes de couleur miel. Elle vit dans les recoins sombres, chauds mais pas trop humides comme les faux-plafonds, dans les meubles et est surtout active la nuit. Si vous avez hélas ! Des blattes chez vous, le soir tard ou la nuit si vous entrez et allumez la lumière dans votre cuisine, vous la verrez s'immobiliser sur un mur ou au sol avant de filer et disparaître à vive allure. 

 

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29.09.2009

Le staphylin

Il y a peu, je me promenais sur une petite route dans la forêt de Saint-Nom-la-Bretèche quand la bestiole jaillit devant moi, trottant allégrement. Sentant qu'elle risquait de filer avant que je n'aie dégainé mon appareil photo, je frappais le sol d'un coup de pied, pensant la surprendre et l'immobiliser. Quelle ne fut pas ma surprise quand je la vis s'arrêter c'est vrai, mais se contorsionner pour se dresser sur ses pattes et relever l'arrière de son abdomen de manière menaçante, prenant la pose d'un scorpion !

 « C'est, en effet, une étrange créature que le Staphylin. Ses élytres abrégés, lui couvrant tout juste le haut des épaules, ses farouches mandibules recourbées en crocs de romaine, son long ventre nu qu'il relève et brandit, en font un être à part, d'aspect inquiétant » écrit Jean-Henri Favre dans ses Souvenirs Entomologiques et que je n'hésite jamais à citer dès que l'occasion se présente.

Le staphylin est un coléoptère dont on compte près de 30 000 espèces. Leur taille varie de 0,5 à 25mm et celui que j'ai croisé faisait facilement 20mm. Je pense qu'il s'agissait d'un staphylin noir ou « diable ». Ces insectes se nourrissent de détritus végétaux ou de cadavres d'animaux en décomposition. Ils vivent sous les pierres, les cadavres, les excréments.   

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27.09.2009

Le gendarme

Le gendarme est une punaise des bois rouge et noire. L'origine de son nom est certainement due à sa couleur qui rappelle l'uniforme ancien de ce corps militaire. L'insecte est aussi nommé Cherche-Midi pour la bonne raison qu'il recherche le soleil et à cette époque de l'année on en trouve des agrégations automnales au pied des murs ou des arbres (souvent des tilleuls ou des ormes) dès que le soleil montre son nez. Les photos ci-dessous ont d'ailleurs été prises ce dimanche quand le soleil a commencé à réchauffer l'atmosphère en fin de matinée.

Les gendarmes mesurent 10mm et sont très communs dans toute la France. Ils vivent en colonie sur les plantes et les troncs d'arbre et se nourrissent de la sève de ces plantes. Privés d'ailes (il ne leur en reste qu'une trace infime) ils ne volent pas. Il est à noter que cette punaise ne sent pas mauvais comme sa collègue la punaise des bois.

Les punaises s'accouplent au printemps et ça peut durer 30 heures ! La femelle pond une soixantaine d'œufs dans un petit trou creusé à cet effet mais ce n'est qu'à la fin de l'automne que la larve devient adulte.

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22.09.2009

Le sirex géant

La fin de l'été et l'automne sont une bonne époque pour trouver et observer les insectes, ce que j'ai pu constater ce week-end sans avoir à faire de gros efforts pour débusquer ces charmantes bestioles. Quand je dis charmantes bestioles j'exagère un peu, car le bestiau dont je vais vous parler fiche un peu la trouille.

Pour vous donner une idée rapide, imaginez une guêpe de 40mm et vous avez devant le nez un sirex géant. Le sirex géant est un hyménoptère dont la larve ronge le bois en creusant des galeries dans différentes espèces d'arbres avec une préférence pour les conifères, ou dans les charpentes. La femelle, plus grosse que le mâle, cherche une faille dans l'arbre, plaie dans l'écorce par exemple et enfonce sa tarière de 8mm dans le bois pour y déposer plusieurs dizaines d'œufs. Un mois plus tard les larves écloses commencent à creuser une galerie verticale pour s'enfoncer plus profond dans le bois et elles y resteront pendant deux ans avant de remonter plus près de la surface pour se transformer en adulte qui devra fournir beaucoup d'efforts pour s'extraire du tronc et émerger. Cette larve peut atteindre 20 ou 30mm de long, grand corps mou équipé de belles mandibules.

Au début de cette notule je l'ai comparé à une grosse guêpe, mais si il y a une vague ressemblance, le sirex n'est pas du tout dangereux, car n'ayant pas d'aiguillon il ne pique pas. Ce qu'on peut prendre pour un long dard dans le prolongement de son abdomen est la tarière (ou oviscapte), nous sommes alors en présence d'une femelle. La durée de vie des sirex varie de deux à six ans.

Les photos ci-dessous ont été prises dimanche matin en fin de matinée dans les Yvelines, le sirex posé sur la partie sombre d'un tronc d'arbre, était quasi invisible. Ne pouvant déposer sur ce blog que de petites photos, il est à craindre qu'elles ne semblent trop sombres. 

 

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12.09.2009

Les syrphes

Les syrphes sont des diptères comme les mouches, de 8 à 12mm, à abdomen jaune et noir, au vol rapide et silencieux, très communs par temps ensoleillé de mai à septembre. Ces insectes sont très utiles car ils participent à la pollinisation des fleurs et leurs larves se nourrissent entre autres, de pucerons.

« L'ogre aveugle pique à l'aventure, certain de happer dans n'importe quel sens autour de lui. Un puceron est enlevé à la pointe de la fourchette buccale, qui aussitôt se retire. Un piston guttural avance et recule ; un jeu de pompe vide la pièce. L'appréhendé un moment gigote. C'est fait. Le puceron est tari. D'un brusque mouvement de tête, le ver rejette de côté la peau chiffonnée. Tout de suite à un autre, puis à d'autres encore, jusqu'à satiété. Enfin le goulu, pour le moment en a assez. Il se contracte, il somnole, il digère. Dans quelques instants il va recommencer..... L'entomologie appelle Syrphe l'élégant diptère qui provient de ce passionné éventreur. Le terme n'a rien de caractéristique : il signifie tout simplement moucheron. Dans le langage imagé, Réaumur appelait le ver lui-même le Lion des pucerons. »  Extrait des Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre.

Adultes ils ne consomment que pollen, nectar ou miellat qui est la production sucrée d'insectes parasites vivants sur certaines plantes.

A première vue on pourrait les confondre avec des guêpes car ils en prennent l'aspect, avec leurs bandes jaunes et noires, et leurs antennes courtes, pour effrayer leurs prédateurs. Par contre ils ne piquent pas. Ils volent très vite mais sont aussi capable de faire des vols stationnaires. La famille des syrphes comprend plus de 5000 espèces ! 

 

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06.09.2009

Les bourdons

Je suis assez fier de mon petit jardin suspendu au quatrième étage de l'immeuble car les jardinières ne manquent pas d'attirer quelques insectes volants particulièrement intéressants à regarder évoluer. Bien que ce blog ne soit pas entièrement consacré à l'entomologie, faire quelques arrêts images sur les insectes que je pourrai photographier nous familiarisera avec le monde mystérieux et fascinant de ces petites bestioles. Pour cette fois il s'agira du bourdon qui vient nombreux s'empiffrer du nectar de mes plantations. 

Dissipons tout de suite un éventuel malentendu, le bourdon n'est pas le mâle de l'abeille. Le mâle de l'abeille est le faux bourdon. Le bourdon est un insecte hyménoptère (comme les fourmis, les abeilles et les guêpes) à l'aspect massif, au corps velu qui vit en colonies composées de mâles, d'ouvrières (femelles stériles) et de reines (femelles fécondes). Les bourdons vivent dans des nids souterrains construits par les reines.

Les reines ne sont fécondées qu'une seule fois mais elles ont la possibilité de conserver les spermatozoïdes dans un organe spécial (la spermathèque) où ils continuent à vivre, prêts à être utilisés quand la reine désire débiter des œufs. Ce processus est identique chez les abeilles et les fourmis.  

Bourdon terrestre.jpgLe bourdon terrestre : il mesure entre 10 et 24mm et il est très commun. On le reconnaît à son cul blanc. Il construit son nid sous terre, n'hésitant pas à utiliser des trous inoccupés par des rongeurs pour s'y installer en une colonie. A l'automne, les mâles et les ouvrières meurent, laissant seule la reine hiverner jusqu'au printemps. En mars celle-ci refondra une nouvelle colonie ; la première couvée de mai ne comportera que des ouvrières, mâles et femelles ne naissant qu'en juillet.

 

Bourdon des pierres .jpgLe bourdon des pierres : il mesure entre 10 et 27mm et il est lui aussi très commun. On le reconnaît à son cul orange. Habitat souterrain là aussi. Mâles et femelles naissent en été.

 

Bourdon des champs.jpgLe bourdon des champs : il mesure de 10 à 22mm, commun lui aussi. On le reconnaît à son cul jaune. Habitat souterrain encore et les mâles et les femelles naissent en juin.  

 

 

 

 

Il reste une autre variété de bourdon que nous n'évoquerons pas ici, le Bourdon dit Inconnu, lui on le reconnaît à son gros cul.

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02.09.2009

Le sympètre

De ma sortie « nature » de dimanche dernier j'ai rapporté un extraordinaire document photographique. Alors que je musardais dans le haut du parc de Marly le Roi, une lande en plein soleil, l'appareil photo en main à l'affût de la moindre bestiole, prêt à shooter tout ce qui bougeait, mon regard fut attiré par un objet volant non identifié.

Je pistais l'animal, car j'étais certain de sa nature mais sans savoir de quoi il s'agissait. Plusieurs tentatives d'approche livrèrent d'ignobles clichés illisibles et flous, enfin la bête se posa sur une plante sèche, m'approchant d'assez prêt je mitraillais avant qu'elle ne s'échappe encore et disparaisse définitivement de ma portée.

J'avais hâte de rentrer chez moi et d'examiner les photos sur mon ordinateur. De nombreux clichés ne sont pas assez nets pour que je vous les montre mais il en est un que je trouve plutôt satisfaisant, surtout si on considère que mon ancienneté dans le métier de photographe animalier ne date que d'une dizaine de jours.

A ce point du récit, je vous demanderais d'éloigner les enfants en bas âge ou d'activer le contrôle parental. Si vous êtes mineur quittez ce blog ou montrez à la Webcam l'autorisation de vos parents. J'attends.

Après avoir disséqué et examiné la photo plusieurs heures, j'ai réalisé que je venais de prendre en flagrant délit un couple de libellules en train de s'accoupler. Des recherches plus poussées me font penser qu'il s'agit d'un couple de Sympètres. Le Sympètre est une libellule d'une trentaine de millimètres. L'abdomen du mâle est rouge et son thorax brun, alors que la femelle est plus terne. Souvent au sol ou sur une pierre, elle chasse à l'affût et s'attaque à toutes sortes d'insectes passant à proximité. Une libellule très commune dans toute l'Europe.    

Sur la photo on voit bien le mâle rouge, cramponné à une fleur séchée marron, tandis que la femelle qui est gris argenté, a la tête en bas dans ce qu'on pourrait nommer hâtivement un 69 de belle facture. On distingue aussi très nettement leurs gros yeux. Lors de l'accouplement les libellules forment une roue, le mâle assistant la femelle en incurvant son abdomen. Chez certaines espèces, l'acte ne dure que quelques secondes mais pour d'autres, plusieurs heures et on les voit alors voler en tandem, ce à quoi j'ai donc assisté avant de pouvoir prendre ce cliché. Chez les insectes l'accouplement peut se faire « par opposition » comme ici, par « chevauchement ou superposition » comme chez les coléoptères ou encore en « angle aigu » comme pour les homoptères (pucerons, cigales etc.).    

 

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