05.08.2008
Rory MacLean : Magic Bus
La route de Katmandou a fait rêver des millions de jeunes au milieu des années 60 et ils furent des milliers à s’y lancer, à pied, en stop, ou en bus, le plus souvent sans un sou en poche et la guitare au dos. Assoiffés de liberté et d’idéalisme, ils abandonnaient le monde mercantile en construction pour une quête du bonheur, de sagesse et de spiritualité qu’ils pensaient trouver en Asie. Le chemin passait par la Turquie , l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, le Népal, l’Inde et Goa. Un trajet de 9000 km sous le signe du Peace & Love avec en fond sonore les Beatles, Dylan et le Jefferson Airplane, avant les guerres et les explosions, avant la destruction des Bouddhas de Banyan et les ayatollahs fanatiques. Rory MacLean refait le périple, pistant les intrépides voyageurs à la recherche des témoins ou des lieux mythiques qui virent les hippies déferler en caftans des fleurs dans les cheveux et de l’herbe magique dans les poches. Certains y laissèrent la vie, d’autres leur esprit, nombreux furent ceux qui revinrent au pays et quelques uns restèrent sur place, mais tous en retirèrent une autre vision du monde. L’auteur nous conte cette formidable aventure en replaçant les pays traversés dans leur contexte politique de l’époque et avec lucidité quant aux effets secondaires découlant de cette « invasion » d’occidentaux dans des cultures et civilisations encore vierges de modernité. Un très bon livre pour parcourir à nouveau ces routes, résurgence de souvenirs pour les uns, réactivation du rêve pour les autres.
« Katmandou est bourré de gens qui lisent le guide Lonely Planet sur le Vietnam. Ils s’installent dans les cybercafés et s’envoient des textos. Enfin quand même, nous, à leur âge, on voulait surtout fricoter ensemble et avoir une vie sociale, pas vivre dans un monde catastrophe. On n’avait pas de guides, on ne connaissait même pas le nom du pays voisin. « Ca s’appelle comment, cet endroit ? Le Bhoutan ? Mais c’est où, ça, le Bhoutan, nom de Dieu ? » Braille-t-il d’une voix qui déborde d’une énergie irritée. On voyait une nouvelle ville depuis l’arrière d’un camion. On voyait des lumières. On se disait : « Derrière une de ces lumières, il y a une petite pièce, et un lit, et même peut-être, si j’ai du pot, un corps bien chaud. » On nous déposait là. On se fiait à son sort. On se laissait porter par le vent. Maintenant c’est un gros jumbo qui vous dépose au coin de la rue. »
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30.12.2007
Dion : Son of Skip James
En musique quand j’entends annoncer Dion, je pense à Céline et j’éteins la radio. Jusqu’à ce jour il en était ainsi car je ne connaissais pas Dion – tout court – un Italo-américain qui pourtant sévit depuis les années 60. Pour donner une idée à ceux qui ont un peu connu ces années là, en 1962 il jouait à Paris au Palladium et en 1964 au festival folk de Newport (rendu célèbre par la prestation de Dylan) où il rencontra justement Skip James le bluesman. Après une carrière en dents de scie, il nous revient avec un album blues pur jus, dans une formation originale, lui au chant, guitare et harmonica, un pianiste et un batteur qui assure quelques parties d’orgue. Sur les quinze titres de l’album, outre les deux compositions de l’Italo-américain tout le reste est constitué de reprises des plus grands. Citons pour l‘exemple, Nadine de Chuck Berry, My Babe de Willie Dixon , Preachin’ the blues de Robert Johnson, Baby I’m in the mood de Bob Dylan … La production est léchée, le son impeccable. Du velours pour les trompes d’Eustache.
14:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Dion, Son of Skip James, Chuck Berry, Dylan, Robert Johnson, Willie Dixon, blues