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07/12/2008

André Bucher : Déneiger le ciel

André Bucher.jpgUn roman dont l’action se déroule pendant une nuit du 23 décembre, en montagne alors que la neige isole les maisons du centre du village aux environs de Sisteron. David, veuf d’une soixante d’années, va se lancer dans une expédition pour venir en aide à son vieil ami Pierre complètement coupé du monde dans sa bicoque à l’écart du village et il devra aussi aller chercher son fils Antoine en rade à une trentaine de kilomètres de là. Le périple devient voyage dans la mémoire, la réalité et le souvenir se mêlent quand sa femme décédée, écrasée par un chauffard, ou sa fille partie au loin et qui lui annonce son divorce, lui réapparaissent comme des mirages. Il y a aussi le fantôme de Martine disparue on ne sait où, fille de Muriel qu’il n’ose ou ne sait comment aimer hésitant à se lancer à son âge dans une dernière passion peut-être. Si David trace son chemin dans la neige et la nuit avec sûreté, dans sa tête le doute et les interrogations le rongent. « Que veux-tu ? Le mot fin en lettres rouges sur cette immense page blanche que tu déneiges en vain ? »

Un texte court, des mots simples, des émotions essentielles pour des hommes et des femmes vivants au plus près de la nature. André Bucher est agriculteur biologique et il en est à son quatrième roman. Chaque page tournée exhale l’odeur de la terre et chaque ligne lue respire la poésie. Un très beau livre.

« Le café fait signe aux réverbères qu’il ne peut pas fermer, les clients sont encore à l’intérieur. Alors les néons éclairent en l’étranglant la lumière du jour. Seuls les fumeurs sortent et toussent. La rue qui s’étouffe et un train qui passe au loin. Les lapins, les bébés derrière les fenêtres agitent joyeusement les oreilles et les mains. Les poètes maraudent les derniers mots, l’oreille collée au mauvais œil, ils notent les brèches de cœur et de comptoir dans leurs carnets ouverts comme des éponges. Certaines ont du sens et du chien et d’autres de la suie dans les idées. On redemande une tournée, la dernière pour la route, hein David ? »

André Bucher  Déneiger le ciel  chez Sabine Wespieser   

 

 

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