31.01.2009
François Mauriac : On n’est jamais sûr de rien à la télévision
Entre 1959 et 1964 l’écrivain François Mauriac (1885-1970) a tenu une rubrique « télévision » dans L’Express puis Le Figaro. C’est l’intégralité de ces petits textes qui sont ici réunis dans un livre passionnant pour ceux qui ont vécu comme moi les premières heures de la télévision. D’abord c’est l’occasion de se remémorer des émissions oubliées (L’Homme du XX siècle, La vie des animaux, La piste aux Etoiles etc.) des feuilletons passés (Rocambole) et des acteurs (Denise Gence, Jean Topart, René Dary, la liste est sans fin) qui sont l’univers de ma jeunesse. A cette époque il n’y a qu’une seule chaîne de télévision, la seconde chaîne naît en 1964, et les émissions culturelles sont nombreuses. Les textes doivent être remis dans leur contexte de l’époque et lus avec en mémoire le fait que Mauriac est un écrivain catholique fervent, par exemple une émission médicale d’Igor Barrère et Etienne Lalou, traitant d’obstétrique, le choque. D’ailleurs il n’aime pas trop ces émissions médicales où les chairs s’ouvrent. Par contre ses chroniques sur les pièces de théâtres, les écrivains et les livres présentés, forcent l’admiration pour sa culture. Et en même temps on reste étonné de le voir apprécier Bonne nuit les petits avec Nicolas, Pimprenelle et surtout le gros nounours ! Il aime aussi beaucoup Brigitte Bardot avec des mots choisis tout en retenue. L’intellectuel catholique et Gaulliste dont j’avais une image pesante et chiante (disons-le) devient plus humain, presque « monsieur tout le monde » quand il est devant son poste. Il s’insurge quand une émission littéraire parle d’un écrivain ou de son œuvre par allusions, car tous les téléspectateurs ne pourront pas suivre. Lui qui dit ne pas s’y connaître en musique, se régale et nous régale, quand il évoque un récital de piano ou un concert diffusé par la télévision. Il ne se passionne pas beaucoup pour le sport mais quand les footballeurs français prennent une volée, il est accablé.
Certaines de ses remarques sont encore d’actualité, par exemple quand dans Cinq colonnes à la une il voit un condamné à mort américain donner une conférence de presse « et pourquoi un des journalistes présents ne demanderait-il pas à ce condamné s’il est partisan de la peine de mort ? Et c’est précisément cette question qui lui a été posée ! »
Un excellent bouquin pour ceux qui ont connu ces années et vu ces émissions de télévision qui dans nos mémoires côtoient la date de la bataille de Marignan, le Gaulois Vercingétorix et les textes du Lagarde et Michard.
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29.01.2009
Bruce Springsteen : Working on a Dream
En revenant de chez mon disquaire lundi avec le paquet sous le bras j’avais un pressentiment, le Boss venait de voir paraître son nouvel album dont le single éponyme Working on a Dream entendu à la radio ne m’avait pas emballé outre mesure et même la pochette du disque était tarte, sans parler de son format bâtard qui vous interdira de le ranger sur l’étagère dédiée aux CD car trop haut de 3,5 cm. Bruce Springsteen est entré au Panthéon de mes héros musicaux depuis bien longtemps, depuis toujours ou presque, disons depuis 1975 avec son Born to run et quoiqu’il arrive il y restera. Néanmoins ce n’est pas une raison pour tout accepter les oreilles fermées et la première écoute fiévreuse de son nouveau disque m’a anéanti, tant je l’ai trouvé sans intérêt. Depuis j’ai réécouté plus d’une fois le CD et je crois honnêtement que c’est l’un de ses plus mauvais, en tout cas le moins intéressant, tous les titres son issus du moule du « tour de main » du « savoir faire » springsteenien mais manquent de ce petit plus qui fait les chefs-d’œuvre. Pas de titres particulièrement forts dont on est certain qu’ils entreront dans la légende, le disque est dans la lignée du précédent Magic mais sans un Radio Nowhere qui explosait les baffles de ma stéréo. Bien sûr avec Queen of the Supermarket Springsteen retrouve son écriture qui le rend proche des gens et de leur vie quotidienne et Good Eye est un méchant blues rocailleux (comme le Ventilator Blues des Stones sur Exile On Main Street) enfin l’album se clôt avec un titre bonus,The Wrestler, où l’on retrouve Bruce seul aux commandes, guitare et piano, pour un titre intimiste et il y excelle comme toujours. Avec la scène certains morceaux remonteront peut-être dans mon estime (il sera en France en juillet) mais en tout état de cause l’année 2009 débute réellement mal, d’ailleurs la maison de disques française l’a certainement compris puisque avec le disque est joint un second CD où Antoine de Caunes nous narre la carrière de Springsteen avec des extraits musicaux pendant 74 minutes (sans intérêt aucun pour les fans) certainement pour dire aux acheteurs, ne vous contentez pas de ce Working on a Dream que nous savons tous très moyen mais allez piocher dans le reste de sa discographie vous y trouverez des merveilles. Je n’oublierai pas de signaler qu’un DVD est aussi joint au colis. Je vais mettre et remettre cent fois la galette dans le lecteur et tout comme à l’école je m’étonnais de connaître ma leçon après l’avoir rabâchée, je vais finir par me convaincre que finalement le disque n’est pas si mauvais, déjà je trouve le single plaisant …
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28.01.2009
Le tube de dentifrice
Le tube de dentifrice, cet objet usuel pour tous du moins je l’espère, a déjà été maintes fois la source de gags ou de dessins humoristiques. Ce n’est pas sous cet angle que j’ai l’intention d’aborder la question. Quelle question de demanderez-vous ? Effectivement il faut avoir l’esprit un peu torturé comme le mien pour y trouver un de ces problèmes quotidiens qui nous rendent la vie plus dure qu’aux autres. Voilà mon dilemme, le tube doit-il être équipé d’un bouchon amovible ou bien ce bouchon doit-il rester fixé au tube même ouvert grâce à une astucieuse charnière ? Le réflexe tend à opter pour le bouchon solidaire du tube avec une explication qui semble imparable, ainsi le bouchon ne peut pas tomber dans le siphon du lavabo ou gicler sous le meuble de la salle de bain. Ca se tient, mais confrontons la théorie à la pratique. Dans le cas du bouchon amovible, le risque évoqué existe mais les lavabos étant équipés d’une bonde le bouchon ne peut pas filer dans le siphon, par contre il peut se faufiler sous un meuble. Il peut, mais ce n’est pas obligatoire. Prenons le cas du bouchon solidaire, le risque de le voir s’échapper est nul, sauf s’il se barre avec le tube mais là nous sommes dans le domaine du gag, ce que j’ai exclu dès la seconde phrase. Par contre et là c’est permanent, il se créé autour de la charnière et dans le pas de vis un dépôt de savon qu’il faut à chaque fois nettoyer si on ne veut pas voir une gangue ou un amas craspec obturer le tube. Dans le premier cas le dentifrice s’étale impeccablement sur la brosse alors que dans le second, le bouchon empêche l’étalage parfait. De longues années de pratique et tout autant de réflexion me permettent de vous livrer enfin la conclusion de mon étude, il est préférable de choisir un tube de dentifrice avec un bouchon amovible, l’entretien simplifié est plus avantageux que le risque éventuel évité. Ceci dit, on peut adopter l’un ou l’autre modèle, se laver les dents régulièrement et néanmoins puer de la gueule. Je vous livrerai à ce propos, mes réflexions scientifiques une autre fois.
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27.01.2009
David McNeil : Angie ou les douze mesures du blues
David McNeil est chanteur et il a enregistré plusieurs albums sous son nom, il est aussi auteur-compositeur pour Yves Montant, Alain Souchon ou Julien Clerc et depuis 1991 il écrit des romans dont ce Angie ou les douze mesures d’un blues ressorti en collection de poche. Un titre bien long pour un livre si court qui n’a d’intérêt que pour son côté autobiographique qui nous (re)plonge dans le monde musical des années 60. L’auteur encore jeune guitariste jouant dans les rues se retrouve par un de ces hasards grandioses, road manager de Memphis Slim une légende du blues pour ceux qui ne le sauraient pas, entre Paris, Bruxelles et Londres. On croise dans le livre les Rolling Stones, d’autres bluesmen fameux comme John Lee Hooker, Willie Dixon etc. Un bouquin qui se lit très vite, je l’ai lu dans la journée, très plaisant pour ceux qui ont connu ou s’intéressent à la musique de ces années de grâce. Sympathique mais sans plus.
« Le deuxième vernissage où nous allons ce soir est tout à fait étrange, une jeune Japonaise est couchée dans un sac, comme ça, sur le sol de la galerie d’art. Et c’est ça toute l’exposition, à part trois photos, sans doute prises à Tokyo, où elle tient dans ses bras un bocal à poissons. Un photographe de presse fait un ou deux clichés de la fille dans son sac puis s’en va, évitant le buffet qui propose du thon cru et du thé au gingembre. On s’en va nous aussi, on monte Cadogan Street, laissant là miss Ono, Yoko de son prénom, dont personne dès demain n’entendra plus parler. »
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26.01.2009
La médaille du travail
Après plusieurs décennies de travail je viens de recevoir de la part du Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, mon diplôme « à titre de récompense pour 35 années de service ». Il ne me reste plus qu’à le transmettre aux Ressources Humaines de ma boîte pour obtenir une jolie médaille d’or qui viendra compléter ma collection (Argent et vermeil) et toucher une petite ( ?) enveloppe garnie de jolis de papiers colorés qui trouveront tout naturellement leur place dans mon portefeuille. En réalité j’entre dans ma trente-septième année de labeur et j’avais oublié de faire valoir mon droit à la décoration plus tôt. L’ironie de la situation c’est que j’ai toujours détesté travailler et que je vais être à nouveau honoré tout comme ceux qui adorent bosser le seront ! Pourtant si il y a un héros c’est moi seul puisque j’ai passé ma vie à faire le contraire de ce à quoi j’aspire, les autres n’ont pas de mérite, osons le reconnaître.
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25.01.2009
Ma semaine télé du 17 au 24 janvier 2009
Peut-être est-ce le début d’une nouvelle chronique, je ne sais pas encore. Une semaine de télé qui n’entrera pas dans la légende si on excepte quelques images sur l’investiture d’Obama. Le samedi avant de me coucher j’ai l’habitude de zapper quelques instants sur M6 pour regarder quelques minutes de la série Médium, juste pour rigoler en voyant au gré des épisodes inédits ou rediffusés l’héroïne Patricia Arquette prendre dix kilos au moins ou les reperdre et regretter de ne pouvoir baffer ses deux gamines, prétentieuse pour l’aînée et vraiment bouffie pour la cadette. Le dimanche midi avant de déjeuner rien ne vaut un moment sur Frane 5 avec Les escapades de Petitrenaud, émission culinaire où l’œil gourmand du critique gastronomique Jean-Luc Petitrenaud active la salivation et met en émoi mon estomac, mon passage préféré c’est la rubrique « casse-croûte » quand il se retrouve autour d’assiettes de charcutailles avec un verre de vin et des compères qu’on devine gais lurons. Le soir sur W9 Le dernier Samaritain un gentil polar du frangin de Ridley Scott avec ce brave Bruce Willis dont la force tranquille associée à un doublage adéquat me le rend toujours sympathique. Lundi sur NRJ12 Snake Eyes de Brian de Palma avec Nicolas Cage et Gary Sinise (héros de la série Les experts : Manhattan) agréable jusqu’à l’épilogue où l’on tombe carrément dans le ridicule. Le mercredi j’ai un vice, je regarde sur Frane 5 Silence ça pousse ! Un magazine pour les jardiniers, ce que je ne suis pas. J’adore le tandem de présentateurs, elle un peu mémère, lui un peu fofolle. L’émission parfaite. Sur la même chaîne et juste avant, Question maison est souvent très bien. Le jeudi j’essaie d’être fidèle à La grande librairie sur France 5 le magazine littéraire de François Busnel par ailleurs rédacteur en chef de la revue Lire à laquelle je suis abonné. Mais ce jeudi j’ai pas mal zappé sur W9 pour suivre Le convoi de l’extrême un reportage sur les chauffeurs de camions qui sillonnent le Grand Nord sur des lacs gelés, au milieu de congères énormes sur des routes verglacées par des températures réfrigérantes à deux chiffres sous zéro. Vendredi c’est ARTE qui m’a retenu devant mon écran pour Voltaire et l’affaire Calas. Pour Claude Rich qui joue Voltaire dans une version filmée en haute définition. Dans un coin de ma tête il me reste des sensations de la même affaire, mais diffusée en 1963 avec Pierre Asso (Voltaire) et René Dary, en noir et blanc, due à la fameuse triplette Stellio Lorenzi, Alain Decaux et André Castelot pour la non moins fameuse Caméra explore le temps., la télévision des pionniers. La version de ma jeunesse me semblait beaucoup plus dramatique dans mon souvenir. Sinon durant la semaine il est rare que je ne jette pas un œil sur un ou plusieurs épisodes du dessin animé Les Simpson diffusé par W9 entre 19h45 et 20h40 car que vaudrait la vie sans un quart d’heure d’amusement garanti ? Je suis un grand fan de la série.
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24.01.2009
Robert Alexis : La robe rouge
Robert Alexis vit à Lyon, La robe rouge est son premier roman mais bien que paru il y a deux ans, c’est maintenant que je le découvre et c’est une divine surprise. Le livre est très court, moins de cent pages, mais intense et sans gras. L’action se déroule en un lieu non précisé (Europe centrale peut-être) à une époque non révélée non plus (XIX siècle je pense) mais ça n’a aucune importance. Un jeune officier issu de la noblesse ne se sent pas vraiment dans son élément au sein de la vie de garnison, comme étranger aux mœurs usuelles d’hommes vivant entre eux ou paillardise et rudesse sont le lot quotidien. Un jour l’un de ses subordonnés va lui présenter Rosetta une Italienne pas farouche. A partir de cet instant un scénario diabolique va s’enclencher où le hasard n’a pas sa place comme le découvrira bien trop tard le héros de cette histoire. Disons sans en dire plus qu’il ne faut pour ne pas dévoiler le sujet du roman, que l’officier va découvrir un monde de perversions qu’il ne soupçonnait pas et que lui-même va succomber en se révélant un autre par une sorte de outing inattendu qui passera aussi par un pacte tacite avec le Diable peut-être. Le texte n’est pas graveleux alors que le sujet aurait pu l’y faire glisser, la structure est constituée de nombreux paragraphes distincts et les mots sont simples. Le roman ne doit pas être jugé sur le pauvre résumé que j’ai tenté de faire, il faut le lire pour en apprécier l’atmosphère un peu vieillotte, l’ambiance mystérieuse et prenante, se laisser entraîner et séduire par cette histoire machiavélique qui révèle des aspects qu’on a l’habitude de garder secret sur la nature humaine. Beaucoup de choses en si peu de pages, bravo !
« Surtout quoique vous voyiez, qui que vous reconnaissiez, n’en faites pas cas. Contentez-vous d’ouvrir les yeux. Il y a là un spectacle qui vous intéressera. Dès l’entrée, je sus que je pénétrais dans un univers hors du commun. Des femmes déguisées en homme, des hommes travestis en femme se tenaient par la main. Certains invités portaient des masques. La villa se composait d’une enfilade de pièces liées entre elles par un long couloir. Il y avait parfois tant de monde qu’on avançait à peine. »
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23.01.2009
Bon appétit !
Lu dans Que Choisir de février 2009. La Direction des fraudes vient de publier le bilan de son plan de surveillance des résidus de pesticides. 41% des légumes contiennent des résidus dont 7% dépassent les normes réglementaires. Pour les fruits on atteint 70% dont 8,5% dépassent les normes. Quand on compare ces résultats à ceux de 2008, les chiffres étaient les suivants, légumes 35% et fruits 65%. La situation empire mais ça n’empêche pas qu’on nous ressasse le fameux slogan « Mangez cinq parts de fruits et légumes par jour ». Faites un effort, à défaut de le faire pour votre santé, faites-le pour les marchands de fruits et légumes !
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21.01.2009
Les horaires d'ARTE
La suppression de la pub sur les chaînes des télévisions publiques a au moins l’avantage de voir les programmes commencer plus tôt et personnellement ça m’arrange. Par contre le remaniement de la grille des programmes sur ARTE ne fait pas mes affaires. Chaque jour de la semaine j’aimais suivre ARTE Culture à 20h cette émission d’une grosse dizaine de minutes qui succédait aux informations du soir, désormais elle passe à 19h30. Sur la même chaîne le samedi je suivais Metropolis le magazine culturel vers 20h lui aussi, maintenant il est repoussé à 22h10. Le ton de ces deux émissions culturelles, les présentatrices dont une petite mignonne a filé entre-temps sur Canal, les sujets abordés, entre élitisme et tendance, m’amusaient ou m’ouvraient des portes. Leurs nouveaux horaires ne collent plus avec mes activités, l’une passe trop tôt et l’autre trop tard maintenant. Le téléspectateur est une engeance particulièrement rouspéteuse et jamais satisfaite. C’est normal je regarde la télé chez moi, assis dans mon canapé le chat sous une main et ma femme sous l’autre, donc les programmes m’appartiennent ! D’ailleurs ils sont faits pour moi téléspectateur, pas pour les gens de la télé. Soyez sympas, remettez ces émissions aux anciens horaires, sinon j’écris à Télé 7 Jours !
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20.01.2009
Le Titi est chiant
Le Titi est bien gentil mais il est chiant tout autant. Le Titi comme vous le savez c’est le nom que je donne au chat de ma femme qui en réalité se nomme Lilou, le bestiau pas ma femme, ce qui indique comme vous vous en doutez que c’est une chatte, le bestiau pas ma femme, quoique. Mais comme précédemment elle avait un chat, un gros mâle sans nom qu’elle appelait « le chat », j’ai décidé de simplifier les civilités et tous les matous s’appellent Titi. Voilà un point d’état-civil éclairci. L’animal est adorable et je reconnais que je me suis pris d’affection pour lui mais il sait aussi faire tourner en bourrique sa maîtresse. Le soir s’il estime qu’il est l’heure d’aller se coucher il vient miauler devant le canapé où nous sommes installés pour regarder la télévision sans s’occuper de savoir si le film est terminé ou non. Le matin c’est pareil, s’il pense que nous avons assez dormi il vient nous le faire savoir mais là il a une idée derrière la tête. C’est qu’il est largement temps de lui remplir sa gamelle. Dès lors le rituel immuable va s’enclencher, après avoir mangé, passage par sa caisse signalé par des grattements à n’en plus finir éclaboussant la litière alentour puis séance de miaulements dans les jambes de sa maîtresse pour qu’elle nettoie les déjections. Mais ce n’est pas terminé car après avoir mangé et réclamé s’il n’y en avait pas assez, fait ses besoins, elle s’assoit sur son cul et fixe ma femme, miaulant encore si elle tarde trop, car il est l’heure qu’elle aille se coucher sur le lit. Aussi ma femme doit-elle faire la chambre rapidement pour que le minet puisse s’installer sur le couvre-lit et y passer le plus clair de son temps, roulé en boule, par cette époque hivernale. Quand le printemps reviendra elle pleurera pour qu’on la descende dehors, sur les pelouses et sous les arbustes d’où elle peut scruter les gens qui passent et les oiseaux qui sautillent tout proches. Là c’est franchement pénible parfois, à peine descendue il lui arrive de remonter à l’étage en profitant d’une porte d’entrée ouverte par un voisin afin de laper quelques gorgées d’eau et re-chialer pour qu’on la redescende à l’extérieur. D’autres fois la tigrette vient geindre dans nos jambes, juste pour le plaisir de se faire cajoler et caresser et si elle en a assez mais que vous insistez, son regard devient intense et sa patte droite se dresse, boxant et piquant à la fois, les griffes à peine sorties, juste ce qu’il faut pour que vous compreniez bien le message. A part cela nous n’avons pas à nous plaindre, vivre chez le chat n’est pas si désagréable !

20:10 Publié dans Echos de ma vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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