25.11.2009

Graham Parker

C'est un article récent dans un magazine spécialisé qui m'a rappelé qu'un trésor dormait sur l'une des étagères du meuble de rangement de mes CD. Ce n'est pas que je l'avais oublié complètement mais la problématique est toujours la même, les journées ne sont pas assez longues, j'achète de nouveaux disques et je n'ai plus assez de temps pour écouter les anciens, les mois passent, les années itou et puis un jour, cet article vous replonge en l'année 1976.

L'année 1976 c'est par exemple, l'époque du premier disque de Blondie, de Eddie & the Hot Rods, ou de Patti Smith, mais aujourd'hui je veux parler de Graham Parker. Il est possible que vous ne connaissiez pas cet artiste, si vous n'étiez pas plongé dans la maelstrom musical de ces années ce ne sont pas les émissions de télévision ou la radio qui ont pu vous le faire découvrir. Graham Parker est un musicien anglais, auteur compositeur, chanteur et guitariste qui débuta dans les années 60 avant de monter en 1975 un excellent groupe nommé The Rumour. Je n'hésite pas à citer chacun des musiciens car ils sont tous remarquables individuellement et fabuleux collectivement. Brinsley Schwarz et Martin Belmont sont aux guitares, Bob Andrews au clavier, Andrew Bodnar à la basse et Steve Goulding à la batterie. Et je n'oublie pas une Parker 1.jpgsection de cuivres (The Rumour Brass) du feu de dieu qui les accompagne. Le premier album Howlin' Wind sort donc en 1976 et dès le premier titre White Honey c'est le bonheur. Des guitares affûtées et limpides, une basse bien ronde, de l'orgue, une section de cuivres et cette voix rugueuse et gorgée de soul. Toute la magie de Graham Parker est dans cette soul mâtinée de rock, ces titres superbement écrits (paroles et musique) servis par un très bon groupe. Sur ce même album on se délectera aussi de Silly Things son premier single, Soul Shoes et la slide guitare, et on se met à genoux devant Don't Ask Me Questions  un des grands classiques de Parker, les guitares tissent de magnifiques solos sinueux, la voix déchirée souffre, le refrain lancinant est inoubliable, facile à reprendre en chœur avec l'artiste. « Hey Lord don't ask me questions / Hey lord ain't no answer in me ». Douze titres parfaits, complétés d'un titre bonus sur la version du CD remasterisé il y a quelques années.

La même année sort le second disque de Graham Parker Heat Treatment qui démarre sur les chapeaux de roues avec le titre éponyme et qui reste dans la veine du disque précédent, d'ailleurs ici nous avons une Black Honey, au tempo lent qui met en valeur le talent du chanteur. Là encore dix titres parfaits, complétés par une paire de morceaux bonus sur le CD, Hold Back the Night et Sweet on You sortis en single à l'époque. Toujours en 1976, sort un album Live at Marble Arch, enregistré en public Parker 2.jpgcomme son titre l'indique, destiné à la promotion radio il n'était pas facile à se procurer mais il nous livrait le groupe en plein exercice face à un public.

J'évoquerai rapidement le disque suivant, paru en 1977, Stick To Me. Rapidement, car je ne l'ai plus écouté depuis plusieurs dizaines d'années, revendu avec toute ma collection de vinyles. Ces premiers disques de Graham Parker je dois l'avouer sont assez difficiles à se procurer en CD car les marchands Fnac ou Virgin n'en ont pas souvent en bacs et - même si je ne suis pas encore adepte de l'achat par Internet - sur le Net les stocks sont souvent en rupture. Moralité, si j'ai pu récupérer les deux premiers, ce Heat Treatment me manque cruellement ne serait-ce que pour le souvenir d'un The Heat in Harlem qui hante ma mémoire mais j'ai bon espoir de l'acquérir un de ces jours.       

Graham Parker continue toujours sa carrière, sans la Rumour, et sort des CD plus ou moins confidentiellement même s'il y a toujours de belles perles, Squeezing out Sparks (1979), The Mona Lisa Sister (1988) etc.

 

24.11.2009

Les vitrines de Noël

Le week-end dernier je me suis rendu en pèlerinage à Sèvres Babylone, comme tout les ans vers cette époque, traîner dans les rayons du Bon Marché ce magasin parisien qui sent encore son Boucicaut et les traditions, trait d'union entre les grands magasins de notre capitale et les enseignes Britanniques comme Harrod's. Car je ne sais pas pourquoi mais ce magasin me rappelle toujours ces temples londoniens où le bon chic bon genre aime prendre ses quartiers. Dans les rayons, cashmeres et tweeds fricotent avec les soies. Le bourgeois vient y faire ses courses en famille, ici on flâne dans les allées sans brusquerie, on tâte d'une main experte les étoffes sans s'inquiéter des prix, ensuite on passe dans l'autre magasin consacré à l'alimentaire, étalages à profusion de produits de qualité, thés et confitures, viandes et poissons, pains et mille autres appétissants attraits.

Quand vient Noël, le coin décorations au dernier étage et les vitrines à l'extérieur savaient restituer cette ambiance festive de mon enfance. Las ! Tout s'écroule. Le coin décorations pour le sapin est d'une froideur à transir toute velléité et les vitrines sont à pleurer de rage. Dans tous les magasins, les décors de Noël me font penser à ce qu'on appelait la nouvelle cuisine il y a encore peu de temps (mais on commence à faire marche arrière), trois haricots verts alignés contre un morceau de poisson large comme mon pouce ou pire encore les fameuses émulsions qui devaient affoler les papilles. Ne sachant plus quoi inventer - car hors de l'invention il n'y a pas de vie - on se rue dans le n'importe quoi, l'important étant de faire moderne. Pour en revenir aux vitrines, il ne reste quasiment rien de Noël. Bien entendu l'aspect originel de la tradition religieuse a été effacé au maximum au fil des ans, en ces temps de diktats contre toute manifestation ostentatoire de sa religion il n'eût plus manqué de voir des vitrines caillassées, et plus le Noël des marchands devient laïc plus il devient laid. Finies les décors de neige, les rênes et autres animaux gambadant dans la forêt, tirés des livres d'images des enfants. Aujourd'hui les vitrines sont pour les adultes, néons clinquants, verre et métal, message subliminal que seul la lecture du dossier de presse permet d'expliciter. Cachez ce Noël que je ne saurais voir, mais trouvons une combine pour que le client continue à rappliquer.

Je suis certainement dépassé par les évènements et n'ayant pas d'enfants, je m'égare sûrement, les gosses d'aujourd'hui s'émerveillent peut-être devant ces vitrines sinistres pour mon goût. D'ailleurs Noël en soit, ils n'en ont rien à battre, du moment que l'école est fermée et qu'ils reçoivent la paire de Nike ou la PlayStation qu'ils espèrent.

Du coup en rentrant de ma tournée des Grands Magasins, je repensais à mon billet d'il y a quelques jours où je fustigeais la hâte des magasins à afficher dès la mi-novembre Noël ; j'avais critiqué le goût déplorable de Bricolex avec ses Pères Noël gonflables bêtement suspendus dans leurs vitrines, mais je m'aperçois que ce sont eux qui restent finalement au plus près de la tradition. Les bras m'en tombent de découragement, en ce nouveau millénaire, pour rêver de mes Noëls d'antan, il ne me reste plus que Bricolex pour me souvenir. Quelle mascarade !          

 

23.11.2009

Ma semaine télé du 16 au 22 novembre

12singes.jpgLundi, premier jour de la semaine, donc reposé, je peux me risquer à revoir sur ARTE L'armée des douze singes qui se termine à presque 23h. J'entame sérieusement ma réserve de sommeil ce qui va accroître mon déficit en fin de semaine, mais tant pis. Le film de Terry Gilliam est toujours aussi déjanté et le tandem Bruce Willis / Brad Pitt vaut le détour.

Mercredi, je me branche sur France4 à 20h30 pour suivre Taratata pendant un quart d'heure, le temps de voir et écouter Beth Ditto de Gossip (dont je vous avais parlé dans le milieu de la semaine) interpréter deux titres. J'avoue que mon « intérêt » était plutôt voyeur que musical. Je suis venu, j'ai vu, je suis reparti. Ce quart d'heure écoulé, j'ai zappé sur TF1 pour France/Irlande de football. La semaine dernière j'avais écrit ici même que j'étais confiant pour la qualification au Mondial mais je n'imaginais pas passer une soirée aussi détestable ! Je ne reviens pas sur le match longuement évoqué depuis plusieurs jours dans tous les médias, des Bleus inexistants jouant comme des pieds et ne devant leur salut qu'à une main, Thierry Henry a montré qu'il avait le niveau de Maradona. Abruti par le spectacle et l'heure plus que tardive de fin de cette pantalonnade je me suis effondré - soulagé - dans mon lit. Dans les jours qui ont suivi, que n'a-t-on entendu comme conneries « Domenech doit s'excuser », « il faut rejouer le match », etc. mais nulle part je n'ai eu d'échos de déclarations de l'arbitre ! Car enfin, si quelqu'un est à blâmer c'est l'arbitre qui n'a rien vu et rien siffler.

Jeudi sur ARTE un film de Richard Kelly Donnie Darko (2001) avec Jake Gyllenhaal. Un adolescent schizophrène et solitaire, entend et voit un lapin géant lui prédire la fin du monde proche. Etrange, mystérieux mais non dépourvu d'intérêt, un film qui méritait d'être vu.

Vendredi, une fois n'est pas coutume, je me suis ennuyé ferme devant NCIS : enquêtes spéciales sur M6. D'habitude je trouve la série réjouissante, pleine d'humour, bien servie par une distribution parfaite mais ce soir je n'ai pas accroché.

En fin d'après-midi samedi, le match de rugby France/Samoa. J'attendais des adversaires un peu tout fou, au jeu virevoltant, en fait ils furent foutus dès le début, ratatinés par des Français très en forme. Vivement samedi prochain, le match contre les All Blacks devraient être passionnant.

le_cinquieme_element.jpgDimanche, sur France2 le film de Besson Le cinquième élément avec Bruce Willis et Milla Javovich est tentant mais je l'ai vu plusieurs fois, alors une fois encore c'est Barnaby qui me tient la main jusqu'au coucher.   

Une semaine de télévision assez étrange, avec des films légèrement hors des standards, une artiste de rock hors dimensionnée et un match de football hors norme ! 

22.11.2009

Stendhal : Vie de Henry Brulard

Stendhal 1.jpgHenry Beyle plus connu sous le nom de Stendhal naquit le 23 janvier 1783 et s'éteignit le 23 mars 1842. On lui doit entre autres, Le Rouge et le Noir et La chartreuse de Parme. C'est à l'âge de cinquante ans que Stendhal décide d'écrire son autobiographie dans un but bien précis car il estime « qu'il serait bien temps de me connaître ».

Livre d'auto introspection, cette Vie de Henry Brulard relate la vie de l'écrivain jusqu'à l'année 1800, c'est-à-dire jusqu'à son arrivée à Milan en Italie. Le texte ne paraîtra qu'en 1890 soit longtemps après le décès de Stendhal. Dès qu'on ouvre le livre ce qu'on remarque immédiatement ce sont les innombrables croquis qui ponctuent le texte, traits fin à la plume, qui croquent le plan d'une habitation ou un trajet entre deux villes etc. On ne sait si Stendhal craignant de se faire mal comprendre préfère ajouter un dessin à son propos, ou si plus certainement il fait un croquis afin de mieux faire remonter ses souvenirs pour nous les narrer.

De quoi sont faits ces souvenirs, de l'amour démesuré qu'il porte à sa mère mais/parce que elle meurt alors qu'il est très jeune encore (7 ans). De la haine qu'il voue à son père, le rendant responsable de la mort de sa mère. Freud n'était pas né, mais Stendhal l'avait inventé serais-je tenté d'écrire. C'est d'ailleurs cette haine qui le voit titrer cette autobiographie « Vie de Henry Brulard » et non Henry Beyle. Brulard étant le nom d'un oncle paternel, il conserve donc le lignage généalogique tout en escamotant le nom de son père.

On trouve aussi ici, tout ce qui caractérise l'écrivain, sa haine de la religion et de la monarchie « à l'annonce de la mort de Louis XVI, le jeune Beyle est saisi d'un des plus vifs mouvements de joie ». Et par-dessus tout de l'hypocrisie dont il accable son précepteur et sa tante Séraphie « Cette tante Séraphie a été mon mauvais génie pendant toute mon enfance ». En lisant ce texte on constate que Stendhal adorait les mathématiques et leur raisonnement exact, ce qui peut d'une certaine façon expliquer sa haine de l'hypocrisie.

On notera aussi que ce roman (?) au-delà de la découverte de lui-même comme il le souhaitait, permet à Stendhal de s'adonner à la belle écriture sans rechigner à glisser dans son texte des anglicismes, ce qui le rend très moderne et fait sourire car il renvoie à des querelles linguistiques d'aujourd'hui sur ce genre de pratiques.

« La canonnade épouvantable dans ces rochers si hauts, dans une vallée si étroite, me rendait fou d'émotion. Enfin le capitaine me dit : « Nous allons passer sur une montagne à gauche ». J'ai appris depuis que cette montagne se nomme Albaredo. Après une demi-lieue, j'entendis donner cet avis de bouche en bouche : « Ne tenez la bride de vos chevaux qu'avec deux doigts de la main droite afin que s'ils tombent dans le précipice ils ne vous entraînent pas. - Diable ! Il y a donc danger ! Me dis-je. On s'arrêta sur une petite plateforme. « Ah !voilà qu'ils nous visent dit le capitaine. - Est-ce que nous sommes à portée ? Dis-je au capitaine. - Ne voilà-t-il pas  mon bougre qui a déjà peur ? » me dit-il avec humeur. Il y avait là sept à huit personnes. Ce mot fut comme le chant du coq pour Saint-Pierre. Je revois, je m'approchai du bord de la plateforme pour être plus exposé, et quand il continua la route je traînai quelques minutes pour montrer mon courage. Voilà comment je vis le feu pour la première fois. C'était une espèce de pucelage qui me pesait autant que l'autre. »

 

Stendhal.jpgStendhal Vie de Henry Brulard chez Folio        

 

21.11.2009

Dorian Cavendish

Il pleuvait ce jour là, comme chaque fois que Dorian se rendait sur la tombe de sa mère. Trois à quatre fois par an il venait se recueillir sur sa tombe dans ce petit cimetière aux allées pleines d'herbes folles et qui semblait à l'abandon. Seule la tombe de lady Cavendish était en parfait état et paraissait entretenue.       Plus que la pluie fine et pénétrante qui tombait, ce qui agaça Dorian, ce fut de voir un inconnu près de la sépulture de sa mère. C'était la première fois qu'il apercevait quelqu'un dans le coin. En s'approchant, le jeune homme constata que l'intrus venait de déposer quelques fleurs sur une tombe toute fraîche, à deux pas de celle de sa mère. L'homme, entendant les pas de Dorian sur le mauvais gravier, se retourna et s'inclina légèrement vers lui. Puis, se présentant, il expliqua qu'il venait d'emménager dans ce petit pays et qu'il avait fait suivre la tombe de sa grand-mère, pour rester près d'elle. La vieille femme lui avait servi de mère et il la chérissait plus que tout.

Quand Dorian pris congé, ce fut tout naturellement qu'Artie lui proposa de l'abriter sous son parapluie. Quand ils arrivèrent à la sortie du cimetière, ce fut tout naturellement que Dorian lui proposa de le ramener en voiture. Une tasse de thé devait sceller leur destin et depuis vingt ans, Artie et Dorian ne se sont plus séparés.

A Kircudbright, le petit village écossais, on a bien souri au début, mais maintenant, après tant d'années.... Le temps a passé les deux hommes ont vieilli. Dorian a perdu ses cheveux qui faisaient sa fierté. Artie souffre d'hémorroïdes depuis longtemps déjà, encore que si Artie endure le mal, c'est Dorian qui se soit plaint le premier de cet état de fait !

Avec les années, la passion a disparu, pourtant Dorian se souvient encore de la fois où Artie avait fait du gringue au commis boucher. Quelle scène de ménage ! Depuis ce jour, on ne mangeait que du poisson et Dorian y pensait avec émotion en suivant l'enterrement d'Artie. Une cérémonie très simple, suivie seulement par Dorian et l'ancien commis boucher, devenu entre temps le patron.

Mais quelle idée aussi, vouloir nettoyer la cheminée à son âge, grimper sur le toit avec tout son attirail sur l'épaule, alors qu'il existe des professionnels. Il avait glissé en redescendant et s'était tué sur le coup.

Maintenant seul chez lui, ce qui attristait le plus Dorian, c'était la lecture de la gazette locale. En page trois, un gros titre « Un homosexuel succombe des suites d'un ramonage en position instable ».       

19.11.2009

Le Beaujolais nouveau est arrivé

beaujolais-nouveau.jpgIci au bureau, contre vents et marées et quelque soit le sort qui nous attend, nous continuons à maintenir une certaine qualité de vie. Quand nous ne partageons pas un tas de crêpes ou des parts de galette, nous profitons de l'actualité en goûtant le Beaujolais nouveau. Nous n'avons pas traîné puisque en ce troisième jeudi de novembre, jour officiel de sortie du divin (?) breuvage nous voici réunis une fois de plus autour de la table de réunion, dont vous connaissez désormais la principale utilisation qui en est faite.

« On ne change pas une équipe qui gagne » ce sont donc les mêmes joueurs qui se préparent pour la bacchanale, JMM le patron, Maryse, Zina, Patrice et votre serviteur. Ces dames ont fait les courses dans les meilleures boutiques du quartier et s'étalent sur la table, pâté et rillettes, saucisson sec et à l'ail. Pour l'apéro quelques chips et tomates cerises accompagnent le crémant, un Bailly Lapierre frais, histoire de s'humecter le gosier et de le mettre en condition. Le chef est déjà pompette alors que les festivités n'ont pas débuté. J'ouvre ensuite une bouteille de Beaujolais nouveau mis en bouteille au domaine de Beaujeu, rond en bouche sans acidité apparente, le coquin se laisse boire sans difficulté. Souvent le Beaujolais nouveau, à mon goût, ressemble à de la piquette et si ce n'était l'aspect festif, je m'en passerais bien, mais là il est réellement très agréable à boire. Avec les charcuteries et le pain croustillant à souhait, c'est un régal. Pour le fromage, nous montons d'un cran avec vin moins jeune, un Morgon Château des Lumières, plus long en bouche et mieux affirmé. A ce point de l'histoire, JMM est déjà hors d'atteinte, imbibé jusqu'à l'os. Le téléphone commence à sonner mais personne n'en a cure, nous sommes aux abonnés absents, non mais sans blague. Un ordinateur branché sur Deezer diffuse une musique d'ambiance, les anecdotes et les souvenirs fusent, on se marre, on se félicite du bon temps qu'on prend selon l'adage qui veut que « ce qui est pris n'est plus à prendre ». N'est-ce pas le dernier Beaujolais nouveau que nous fêtons tous ensemble ? Qu'en sera-t-il l'année prochaine ? Comme à l'approche d'une fin du monde, nous nous abandonnons à la débauche. Heu ! Là j'enjolive un peu, mais ça résume l'esprit.

Déjà le pain vient à manquer, il faut refaire le plein. Le temps passe, les charcuteries sont un souvenir, le fromage mémorable pourtant est oublié. Les assiettes sont vidées, les miettes sont la seule trace tangible de l'orgie. Nous terminons avec la tarte aux pommes en lichant les dernières gouttes de pinard. Avant de nous séparer, la tronche rougeaude, nous nous jurons de remettre le couvert pour fêter Noël, promesse d'ivrogne peut-être mais j'ai bloqué le rencard dans mon agenda. Moi je suis prêt.     

 

18.11.2009

Ronnie Earl : Living in the light

091118 Ronnie Earl.jpgJ'avais découvert Ronnie Earl en 1991 avec l'album Surrounded by love, mais bien que le guitariste ne soit pas sans talent ça manquait de ce petit quelque chose qui fait la différence. Dix ans plus tard et plus, en 2005 je métais laissé tenté par The Dukes meets the Earl, Duke Robillard sur le canal droit et Ronnie Earl sur celui de gauche, la stéréo était à la fête et les guitares se la donnaient. Quand le Duke est dans le coup ça ne peut jamais être mauvais.

Et puis cet automne, le Ronnie a sorti un nouveau CD Living in the light que je viens seulement maintenant de me procurer après en avoir écouté quelques bribes sur le site d'Amazon et là je dis bravo ! Ronnie Earl vient enfin de faire le disque que j'attendais, du rock (un peu) et du blues (beaucoup) bien juteux, un son excellent et chaud.

Le CD débute sur le long, presque 9mn, Love Love Love qui alterne tempo rapide et lent auquel succède un instrumental S.O.S. blues lent aux solos étirés typiques du genre. Tout le reste du disque sera de cette trempe. Si Ronnie Earl n'est pas manchot et assure côté guitare, sa voix acceptable n'a rien d'extraordinaire aussi, malin, il a fait appel à Kim Wilson (Ex-Fabulous Thunderbirds) pour son fabuleux harmonica et son chant sur trois titres qui du coup sortent du lot Take a little walk with me, Child of a survivor et l'acoustique Donna Lee. Je pourrais citer les douze titres du CD tant je me régale à l'écoute de ce disque, River Charles Blues, What can I do for you ou Recovery Blues me mettent les doigts de pied en éventail, longs blues lents nappés d'orgue Hammond B3 aux chaudes sonorités sur lesquelles la guitare tisse des solos où les notes sont égrenées une à une pour vous filer des frissons. Depuis une semaine je n'écoute plus que cela, Ipod dans les transports et chaîne Hi-Fi le soir en rentrant. Du nanan pour mes vieilles oreilles.  

  

17.11.2009

Il s’en passe de belles quand vous n’êtes pas là

Le matin j'arrive au bureau très tôt, bien avant que le premier de mes collègues ne fasse son apparition et ça tombe bien. Je m'explique. Ce matin il pleuvait sur la région parisienne, un peu quand je suis sorti de chez moi, bien plus quand je suis sorti du RER au cœur de la capitale. Casquette et imperméable col relevé, je pensais atteindre mon bureau insensible aux intempéries, éventuellement un coup de chamoisette sur mes verres de lunettes et je pourrai démarrer en douceur ma journée de travail. Telles étaient mes pensées à l'abord de la traversée du plateau Beaubourg à l'ombre inquiétante des tuyauteries du musée du même nom.

Quand survint l'incident, le naufrage pourrais-je dire. Une sensation d'humidité au pied gauche puis rapidement une certitude, je prenais l'eau. Chaque pas n'était qu'une confirmation du diagnostic, ne pouvant m'arrêter au milieu de ce désert de pavés au risque d'aggraver la situation, je forçais la marche, clic !flop ! clic ! flop ! pour rejoindre le port au plus vite. Unique passager à bord de mes Clarks je ne pouvais compter que sur moi-même et prier Neptune d'épargner ma seconde godasse. Mes prières ou la distance finalement minime, je ne sais, toujours est-il que j'arrivais enfin à la côte.

La douce chaleur en ouvrant la porte de mon bureau fût un réconfort. Imperméable et casquette pendus au perroquet pour qu'ils s'égouttent, tel Robinson sur son île, je bénis ma solitude qui me permettait de retirer ma chaussure et ma chaussette. Le linge de pied essoré dans l'évier je le mis à sécher sur un radiateur avant de frictionner vigoureusement mon extrémité humide et m'éviter un rhume. J'entrepris ensuite une inspection complète de la savate. Les dégâts sont importants, la semelle est ouverte sur toute la largeur de la plante du pied, aucun espoir de réparation n'est envisageable.

Le tableau est alors mémorable, je suis le pied nu, ma chaussette est sur le radiateur et ma godasse git en-dessous. Quand la chaussure est sèche, je glisse une liasse de feuilles de papier coupée à la bonne dimension dans le fond, afin d'isoler un peu le pied. Je retarde jusqu'à la dernière minute le ré-enfilage de ma chaussette et j'aère la pièce avant l'arrivée des collègues ! Je me sens nettement mieux mais la Dim n'est pas complètement sèche. Je vais éviter toute sortie inutile aujourd'hui et contourner toutes les flaques d'eau dans la mesure du possible.   

Un gros coup !

Vite, vite, il est encore temps de vous organiser pour ce soir. Ceci n'est pas un ragot mais une information tout à fait fiable, le magasin BHV donne le coup d'envoi des illuminations de ses vitrines de Noël créées par Jean-Charles de Castelbajac ce soir à 17h30.

Cette année la célèbre enseigne sort la grosse artillerie puisque c'est Beth Ditto  la chanteuse du groupe The Gossip qui va déclencher les illuminations des façades du grand magasin de la rue de Rivoli le transformant en un vaisseau de lumières multicolores.

Venez nombreux !

 

Beth Ditto.jpg

16.11.2009

Ma semaine télé du 9 au 15 novembre

Le lundi 9 novembre toutes les chaînes de télé s'étaient déplacées en grandes pompes jusqu'à Berlin pour la cérémonie de commémoration de la chute du Mur. Toutes sauf France3 mais ce qui est très drôle, c'est que cette chaîne a fait le plein et son Journal le 19/20 a été leader de sa tranche horaire avec 5 millions de téléspectateurs, soit 23,3% de part d'audience. L'Audimat est impitoyable.

cold_case_9.jpgLundi mon programme télé donnant son avis sur la série Cold Case programmée sur France2 déclarait « Le premier épisode au dénouement stupéfiant est l'un des meilleurs de la série ». N'ayant jamais visionné ce programme, je me suis laissé tenté. Bigre ! Si c'était là l'un des meilleurs épisodes, j'en conclus que je n'avais rien loupé.

Jeudi sur ARTE un classique d'Alfred Hitchcock Les 39 marches. Le film date de 1935 et la bande son mériterait un lifting car c'était limite pour suivre les dialogues. Je pensais aux jeunes générations qui se seraient risquées à regarder le film ce soir, en noir et blanc, des dialogues parfois presque inaudibles, des situations qui aujourd'hui peuvent prêter à sourire ; bref les gamins devaient se demander ce qui pouvait pousser leurs aînés à adorer ce cinéma. Le talent, tout simplement.39 marches.jpg

L'amorce du week-end s'annonçait délicate, vendredi du rugby et samedi du football, ma femme allait me faire la gueule si je ne la jouais pas fine. Dans l'absolu un beau match de rugby me réjouit plus qu'un match de foot, mais là, ce match de foot était porteur d'un enjeu majeur, il en allait de la qualification de la France pour le Mondial, pas moins ! L'honneur national était en jeu et même ma femme le comprenait. Alors j'ai négocié, vendredi soir nous regarderions sur M6 NCI : enquêtes spéciale jusqu'à 22h et j'enchaînerai ensuite avec la fin du match de rugby France/Afrique du Sud, non sans avoir profité des pauses de pub pour zapper sur le match et suivre l'évolution du score. Sachant que je pourrai revoir de larges extraits du match dans les émissions sportives du week-end, le compromis m'a semblé équitable.

Quant à samedi soir, la rencontre Irlande/France était impossible à rater. Le match fût ce qu'il fût qu'il soit, pas terrible, avec très peu de buts comme prévu, mais le 1-0 à l'avantage des Français était tout ce qui comptait. L'avance est courte mais il est raisonnable de penser que le onze tricolore réussira lors du match retour mercredi prochain à se qualifier pour le Mondial. Pour y faire quoi, au vu des prestations fournies durant tous ces matches de qualifications ? C'est une très bonne question mais nous aurons l'occasion d'en reparler en 2010. Dans l'immédiat je ne boude pas mon plaisir, vendredi soir les Bleus tapent les verts SudAf' et samedi les autres Bleus tapent les verts Irlandais. Tous les verres ayant été vidés, il ne me restait plus qu'à aller me coucher.

Enfin dimanche soir la soirée s'annonçait fleurie, sur France2 Le Dahlia Noir film adapté du roman très noir de James Ellroy et sur France3 l'Inspecteur Barnaby qui enquêtait dans le monde des collectionneurs d'orchidées. Comme toujours j'ai opté pour France3 car je ne sentais pas ce dahlia. Les orchidées par contre dégageaient de fortes odeurs de sexe, une scientifique en manque, une collectionneuse âgée avec un gigolo, un moine qui se voit contraint pour les besoins de l'enquête de traduire le journal intime d'une victime écrit en latin où elle détaille ses pratiques sexuelles, bref Barnaby avait du mal à garder son flegme. Au fait, savez-vous qu'orchidée en grec veut dire « petits testicules », en référence à la forme du bulbe de la plante !

Nous n'allons pas nous quitter sans que je ne vous livre un court extrait du Dictionnaire injuste et borné de la télévision. A la lettre M pour Nelson.jpgNelson Montfort : « Journaliste sportif fruit des amours contrariées entre une salade frisée et un dictionnaire bilingue ».      

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