28.06.2008

Cormac McCarthy : Le Grand Passage

51P0CRWE92L._SL500_AA240_.jpgAttention littérature avec un L majuscule. Dès les premières pages du livre on sent qu’on entre en littérature et non dans un simple roman. Indépendamment du thème ou de l’intrigue, la puissance de l’écriture, le souffle puissant derrière des mots simples ne trompent pas. Il ne s’agit pas d’une vulgaire piquette, mais d’un crû charpenté et gouleyant, dont les arômes puissants restent longtemps en bouche, un régal, un chef-d’œuvre. J’ai découvert Cormac McCarthy récemment (voir ma chronique de son dernier roman La Route ) et je suis bien décidé à rattraper le temps perdu car lire un grand écrivain accroît le plaisir de la lecture en élargissant le champ de la conscience. Paru en 1994 Le Grand Passage se déroule dans les années 1920 entre l’Arizona et le Mexique. Un adolescent de seize ans, Billy, après avoir pris au piège une louve, décide de la relâcher dans son territoire natal, le Mexique, tel est souvent dans les chroniques, le résumé de ce roman. Nous sommes loin de la réalité et de l’ampleur du livre dans lequel l’anecdote de la louve ne représente que le tiers à peine du roman. Il y aura aussi, le retour au ranch familial où le drame prendra son envol avec les parents décédés et les chevaux volés, le frère cadet Boyd seul rescapé et leur quête à la recherche des voleurs Mexicains. Passage de l’adolescence à l’état d’adulte, la violence et la souffrance, émois et amour suggérés, la solitude et la faim, les traditions de partage entre les errants, ce fabuleux livre condense tous les thèmes essentiels de la vie et donc de la mort. A lire absolument.

« Il dit qu’à son avis il était imprudent de croire que les morts n’ont pas le pouvoir d’agir en ce monde, car leur pouvoir est grand et c’est sur ceux qui s’en doutent le moins qu’ils ont le plus d’influence. Il dit : ce que les hommes ne comprennent pas c’est que ce que les morts ont quitté n’est pas le monde lui-même mais seulement l’image du monde dans le cœur des hommes. Il dit qu’on ne peut pas quitter le monde car le monde sous toutes ses formes est éternel de même que toutes les choses qui y sont contenues. »

Cormac McCarthy   Le Grand Passage  Points  

 

16.03.2008

Assurance tous risques

Un récent article du New York Times relatait l’idée « géniale » de Karen S. Johnson sénateur de l’Arizona. Epouvantée à juste titre par les nouvelles fusillades sur des campus universitaires, le dernier date du 15 février à la Northern Illinois Unversity et a fait cinq morts et quinze blessés, Mme Johnson a trouvé la solution pour éviter que ce genre d’incident ne se reproduise. D’après elle il suffit d’armer les étudiants ! Considérant que la police met toujours trop de temps à intervenir, si les étudiants étaient armés ils pourraient se défendre et éliminer leur agresseur. Son projet initial était même plus précis puisqu’il devait s’appliquer à tous les établissements de la maternelle à l’université, mais ses conseillers lui on fait comprendre qu’il faudrait se limiter dans un premier temps aux universités si elle voulait que son projet ait des chances d’être adopté. Cette « super idée » n’a pas germé seulement dans l’esprit de ce sénateur mais elle est dans les cartons d’une quinzaine d’Etats comme l’Alabama, le Kentucky etc. Il est bon de savoir qu’aujourd’hui l’Utah autorise toutes les personnes titulaires d’un permis de port d’armes à circuler librement avec leur flingue sur un campus. Le projet n’est pas encore adopté et le débat sera âpre, mais Mme Johnson reste fière de son idée « Nous ne vivons pas au Far West, c’est juste que les gens d’ici ont des idées plus arrêtées sur la meilleure façon d’assurer leur sécurité. » Ca fout les jetons parfois.