25.09.2008

Do you want to know a secret

liverpool_beatles3.jpgDepuis des années tous les fans des Beatles attendent la sortie en CD remasterisés de l’œuvre des Fab’Four. Chaque année la rumeur refait surface comme le monstre du Loch Ness mais à chaque fois il ne s’agit que de bruits sans fondement. Pourtant ces derniers mois, le frémissement devient plus perceptible et Rock’n Folk dans son édition qui vient de paraître, annonce en deux lignes, l’évènement pour 2009. Nous avons déjà eu un avant goût du bonheur que nous espérons intensément, au milieu des années 90, les trois doubles-CD de l’Anthologie, un ensemble de versions de travail ou de mixes rares qui circulaient sous le manteau livrés ici dans  des conditions d’écoute maximisées. Enfin en 2006, le projet Love, un spectacle sur les Beatles, fournissait un disque au son ahurissant mais les bandes originales avaient été légèrement retouchées et pouvaient faire hurler les puristes (Je pourrais aussi évoquer Let It Be Naked et la réédition du Yellow Submarine). Ces sorties nous ont rendus quasi fous, car nous avons humé le parfum de la perfection à portée de main. Si demain l’information s’avère ne pas être une intox, nous allons pouvoir rêver pendant quelques mois … Car j’espère une réédition définitive, tout le catalogue remasterisé avec un son parfait, chaque CD doublé par un second contenant les singles face A et B sortis à la même époque et un joli livret de textes et photos. Je sais que ça me coûtera la peau des fesses, mais que sont mes fesses comparées au bonheur de mes oreilles, je vous le demande ? Il sera alors temps de ressortir de ma bibliothèque l’extraordinaire bouquin de Mark Lewisohn The Complete Beatles Chronicles, qui reprend jour par jour toutes les sessions d’enregistrement de tous les titres des Beatles, avec tous les détails techniques ou humains de ces sessions. Une somme ahurissante autant que colossale de connaissances à remettre in situ, en écoutant, décortiquant toutes les mélodies magnifiques des Quatre de Liverpool. « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, petit Jésus fait que mon rêve se réalise dans les prochains mois ! » Let It Be.      

05.08.2008

Rory MacLean : Magic Bus

Magic bus.jpgLa route de Katmandou a fait rêver des millions de jeunes au milieu des années 60 et ils furent des milliers à s’y lancer, à pied, en stop, ou en bus, le plus souvent sans un sou en poche et la guitare au dos. Assoiffés de liberté et d’idéalisme, ils abandonnaient le monde mercantile en construction pour une quête du bonheur, de sagesse et de spiritualité qu’ils pensaient trouver en Asie. Le chemin passait par la Turquie , l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, le Népal, l’Inde et Goa. Un trajet de 9000 km sous le signe du Peace & Love avec en fond sonore les Beatles, Dylan et le Jefferson Airplane, avant les guerres et les explosions, avant la destruction des Bouddhas de Banyan et les ayatollahs fanatiques. Rory MacLean refait le périple, pistant les intrépides voyageurs à la recherche des témoins ou des lieux mythiques qui virent les hippies déferler en caftans des fleurs dans les cheveux et de l’herbe magique dans les poches. Certains y laissèrent la vie, d’autres leur esprit, nombreux furent ceux qui revinrent au pays et quelques uns restèrent sur place, mais tous en retirèrent une autre vision du monde. L’auteur nous conte cette formidable aventure en replaçant les pays traversés dans leur contexte politique de l’époque et avec lucidité quant aux effets secondaires découlant de cette « invasion » d’occidentaux dans des cultures et civilisations encore vierges de modernité. Un très bon livre pour parcourir à nouveau ces routes, résurgence de souvenirs pour les uns, réactivation du rêve pour les autres.

« Katmandou est bourré de gens qui lisent le guide Lonely Planet sur le Vietnam. Ils s’installent dans les cybercafés et s’envoient des textos. Enfin quand même, nous, à leur âge, on voulait surtout fricoter ensemble et avoir une vie sociale, pas vivre dans un monde catastrophe. On n’avait pas de guides, on ne connaissait même pas le nom du pays voisin. « Ca s’appelle comment, cet endroit ? Le Bhoutan ? Mais c’est où, ça, le Bhoutan, nom de Dieu ? » Braille-t-il d’une voix qui déborde d’une énergie irritée. On voyait une nouvelle ville depuis l’arrière d’un camion. On voyait des lumières. On se disait : « Derrière une de ces lumières, il y a une petite pièce, et un lit, et même peut-être, si j’ai du pot, un corps bien chaud. » On nous déposait là. On se fiait à son sort. On se laissait porter par le vent. Maintenant c’est un gros jumbo qui vous dépose au coin de la rue. »   

Rory MacLean  Magic Bus  chez Hoëbeke     

 

12.05.2008

Mémoires d'esgourdes

Sirènes des voitures de police, cavalcade des pas dans les rues, foule qui gronde, bruits fusants des jets de grenades lacrymogènes, choc des pavés lancés contre les boucliers anti-émeute des CRS, sifflets à roulette, cris en tous genres ne constituent pas l’unique bande son de mai 68. Car  parallèlement à la révolution bruyante tout juste éclose, la musique qui vit le jour en 1968 atteint des sommets de créativité et de qualité encore rarement dépassée à ce jour, cette même année nous eûmes droit au Double Blanc des Beatles et à Beggars Banquet des Rolling Stones par exemple. Ca donne le niveau mais à cette époque qualité et quantité pouvaient aller de paire, puisque les premiers nous donnèrent aussi Hey Jude le 30 août, mais il y aura aussi Lady Madonna et les seconds Jumpin’Jack Flash dès le 24 mai. Rien qu’avec ces deux groupes on aurait déjà eu une bonne année mais nous vivions alors l’âge d’or du rock et s’il fallait lister tous les singles (45 tours) ou albums (33 tours) extraordinaires sortis durant cette année c’est un bouquin qu’il faudrait écrire. Je n’aurai ici qu’un modeste but, remettre en mémoire quelques bons moments musicaux pour les anciens et éventuellement indiquer des pistes pour les plus jeunes. Alors suivez le guide, nous allons monter au grenier ou descendre à la cave, ouvrir les cartons où sommeillent les joyaux qui bercèrent mon année 1968.

D’abord il y a les objets eux-mêmes, ces disques en vinyle dans des pochettes cartonnées de 30cm de côté, laissant une place suffisante pour que les photos et graphismes s’expriment et que nos yeux dès l’achat se repaissent par avance du bonheur qui découlerait infailliblement de l’écoute. Carton léger des pochettes fabriquées en France, carton épais et lourd de celles des disques importés des USA. Même le vinyl avait des qualités différentes selon le grammage du disque. Entre le marchand et mon retour chez moi c'est-à-dire chez mes parents, j’avais déjà le temps de gamberger sur le trésor que je venais d’acquérir. Vous comprendrez aisément qu’aujourd’hui avec un pauvre CD en plastoc tout riquiqui dont mes pauvres yeux déchiffrent à grand peine les notes de pochette je me sente un peu frustré.

Venons-en au fait, je vais cafter sans remords aucun, les noms de tous ceux qui m’ont enchanté durant cette année mémorable. Je cite dans le désordre tant ça se bouscule au portillon. Dès que j’allumais la radio – du moins l’émission Salut les Copains – s’enchaînaient des pépites comme Night In White Satin des Moody Blues, Massachusetts des Bee Gees, Baby Come Back des Equals, Eloïse de Barry Ryan ou Rain and Tears des Aphrodite’s Child et Monia de Peter Holm. Rien qu’avec ces six disques vous étiez le roi si vous les programmiez lors d’une surprise-party (ou une surboum si vous préférez !). Autres bonheurs radiophoniques, Otis Redding et Dock of the Bay, Donovan et son Hurdy Gurdy Man, Joe Cocker et sa fantastique reprise d’un titre des Beatles With A Little Help From My Friends tandis que la timide Mary Hopkins, protégée de Paul McCartney, susurrait Those Were The Days. Les artistes français n’étaient pas en reste, puisqu’ils nous donnaient Comme d’habitude pour Claude François et Comme un garçon et La Maritza pour Sylvie Vartan. L’éternel Johnny était bien sûr déjà là, avec Bonnie and Clyde, A tout casser ou Cours plus vite Charlie, tandis que Joe Dassin prenait sa grosse voix pour La bande à Bonnot ou nous conseillait d’aller Siffler sur la colline, Gilles Dreux nous saoulait avec son Alouette et Yves Montant pédalait tranquillement A bicyclette . Pour Michel Polnareff c’était Le Bal des Lazes alors que Jacques Dutronc ne se lassait pas de nous rappeler qu’Il est cinq heures Paris s’éveille. Autres gros succès, Herbert Léonard avec Quelque chose tient mon cœur, Julien Clerc et sa fameuse autant qu’entraînante Cavalerie alors qu’Hugues Aufray murmurait Adieu monsieur le professeur 

Quant à ma collection de disques elle commençait à s’étoffer d’albums de rock anglo-saxon qui sont devenus depuis des classiques du genre. Truth de Jeff Beck avec l’extraordinaire Rod Stewart au chant, Boogie de Canned Heat et l’incontournable On The Road Again, Wheels of Fire de Cream avec monsieur Eric Clapton à la guitare, Mr Wonderful de Fleetwood Mac pour Peter Green et ses potes, Electric Ladyland de Jimi Hendrix qu’il serait indécent de présenter, In-A-Gadda-Da-Vida de Iron Butterfly dont je vous ai déjà parlé dans une note spécialement dédiée à cet album, This Was de Jethro Tull pour Cat’s Squirrel et la flûte de Ian Anderson, Cheap Thrills de Janis Joplin dont la pochette est dessinée par Crumb, A Saucerful of Secrets de Pink Floyd et je pourrais encore continuer longtemps avec Simon & Garfunkel et The Graduate sur lequel figure le fameux Mrs Robinson bande son du film Le Lauréat avec Dustin Hoffmann, ou encore Procol Harum avec Shine On Brightly… Quand on a vécu à l’époque d’une telle profusion de merveilles on reste dubitatif devant la production actuelle et si les CD n’ont pas le goût inimitable de mes vinyles d’antan, ils ont au moins le mérite d’archiver et de perpétuer la trace de cette musique que je chéris tant. Oui encore oui, 68 aura été une bonne et grande année !        

 

04.03.2008

Le gourou de la greluche

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Il y a quelques semaines à peine nous avions appris le décès de l’ex-gourou des Beatles et je pensais que la mode des gourous étaient passée. Que nenni ! Au contraire, je pense que cette information n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde et qu’elle a donné une idée à Paris Hilton. Nous noterons au passage que mademoiselle Hilton vient d’avoir une idée et donc que tout espoir n’est peut-être pas perdu. Donc la blonde de Beverly Hill s’est acoquinée avec un gourou pour se refaire une virginité (sic !) et d’après le journal 20mn écume les quartiers branchés de Los Angeles accompagné du saint homme, comme en son temps elle le faisait avec son chihuahua. M’est avis qu’entre le pelage du cabot et la coupe de tifs du gourou la bimbo se retrouve en terrain connu et n’y voit guère de différence. Pour le sage il s’agit certainement de son karma qui le voit récolter ce qu’il a semé et sur la photo ci-dessous on voit bien que sa souffrance est à la hauteur de cette épreuve. Courage gourou, le chèque est certainement proportionnel à ta souffrance !  

 

 

06.02.2008

Yogi Yoga Yogourt

L’agence AFP vient de l’annoncer, Yogi est mort. Il ne s’agit pas de l’ours un peu benêt des dessins animés mais du Maharishi Mahesh Yogi qui fût gourou des Beatles au milieu des années soixante. C’’est par George Harrison féru de musique Indienne (Ravi Shankar) que les Beatles tâtèrent de la philosophie du gourou allant même jusqu’à séjourner quelques semaines en 1967 dans un ashram auprès du maître afin de s’initier à la pensée orientale. Cet épisode folklorique qui fit la publicité du mouvement Hare Krishna n’est pas le plus glorieux de la saga des Beatles… Si les Beatles sont à moitié morts, le Yogi lui l’est définitivement, à moins qu’il ne revienne sur terre sous une autre forme, selon son karma. Maharishi Manesh Yogi avait 91 ans et vivait aux Pays-Bas depuis 1990 où était installé le siège de son mouvement de méditation transcendantale.