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28/02/2011

Ma semaine télé du 21 au 27 février

« - Tout de suite ! Illico presto subito ! la tévé c’est de l’actualité qui se congèle en histoire. Aussitôt fait, aussitôt dit. – Et quand il y avait pas la tévé, dit Sigismonde, alors y avait pas d’histoire ? »  Raymond Queneau  Les Fleurs bleues

 

Lundi sur France3, un documentaire Nous nous sommes tant aimés retraçant la carrière de quatre géants du cinéma, Michel Audiard, Bernard Blier, Jean Gabin et Lino Ventura, quatre copains entrés dans la légende et à l’affiche des plus grands films français. Des extraits de films, des interviews, des images archi-vues ou d’autres oubliées, des intervenants d’autrefois comme Léon Zitrone ou Max Favalleli et d’autres encore. Films en Noir & Blanc ou en couleurs, 90mn pour un rapide retour dans ma jeunesse, bien entendu ça m’a touché et j’ai aimé. 

110228 Hecq.JPGMardi sur France2, théâtre en direct de la Comédie-Française mazette ! Un classique du vaudeville de Georges Feydeau, Un fil à la patte . J’avais le vague souvenir de cette même pièce diffusée en Noir & Blanc par la télé des temps héroïques (dans les années 60) avec Jacques Charon et Robert Hirsch, lequel jouait le rôle de Bouzin, un grand moment de théâtre comique qui vous mettait des larmes de rire aux yeux. J’étais donc assez dubitatif dans l’attente de cette nouvelle représentation même si la mise en scène était signée Jérôme Deschamps, gage de qualité. J’ai vite été convaincu d’avoir fait le bon choix dès que Christian Hecq (Bouzin) fit son entrée sur les planches. Gnome chauve au jeu très physique, contorsions et mimiques, diction, tout y était pour me faire rire et j’ai bien ri ! Tous les autres acteurs étaient excellents par ailleurs. Excellente soirée bien entendu.

Mercredi, comme tous les soirs de la semaine, j’écoute attentivement le JT de France2 - où Marie 110228 Drucker.jpgDrucker remplace avantageusement le petit Pujadas parti en vacances scolaires – pour suivre les évènements dramatiques qui se déroulent en Libye. Tocsin pour Tobrouk, Kadhafi a tombé le masque, montrant au monde qui feignait de l’oublier, qu’il a vraiment une gueule d’enculé. Il est bien parti pour finir comme Ceausescu et il sera difficile, même aux plus compatissants, de le regretter. Je passe ensuite sur TF1 pour revenir à des préoccupations plus triviales, football avec Marseille/Manchester United en Ligue des Champions. Grosse affiche mais pas grand-chose à voir, après une heure de jeu les équipes se sont un peu excitées, mais sans occasions réellement déterminantes, nous nous sommes tous couchés avec 0-0 au compteur en nous promettant de nous revoir à Old Trafford pour un match retour qui devra se solder obligatoirement par un vainqueur.    

Jeudi, sur France5 le traditionnel rendez-vous avec La grande librairie de François Busnel. Les invités du jour, Moebius alias Jean Giraud ou l’inverse, célèbre dessinateur de BD auquel on doit Blueberry entre autres, il m’émerveilla jadis dans la revue Métal Hurlant ou Pilote ; André Brahic, astrophysicien doté d’un bagout d’enfer et d’une curiosité intellectuelle optimiste qui faisait plaisir à voir, hélas pour lui, les malheureuses dix minutes que l’émission en direct lui consacrait n’ont pas suffit à tarir tout ce qu’il aurait voulu nous raconter, les autres invités étaient plus discrets, Pierre Pelot le romancier et Frédéric Werst auteur d’un premier roman Ward, consacré à l’histoire d’un peuple inventé par l’auteur, mais plus fort encore, le livre est en version bilingue, une page en français et l’autre dans la langue de ce peuple, inventée de toute pièce elle aussi par ce Frédéric Werst qui ne semble pas manqué d’imagination.   

110228 Berleand.jpgVendredi téléfilm sur ARTE, Main basse sur la ville . Un thriller politique vaguement inspiré du meurtre du préfet Erignac, pas génial mais pas déplaisant non plus, sans que je sache vraiment ce qui en faisait la saveur, bien sûr il y avait François Berléand, bien sûr il y avait de beaux paysages de la Corse qu’on admirait en dégustant de la charcuterie insulaire, mais il y avait aussi de longs passages assez lents ponctués de scènes de violence plutôt réalistes.

Samedi après-midi, rugby sur France2 avec Angleterre/France. On pourrait ergoter ou discuter sur l’essai français manqué d’un poil par Rougerie ou des contres au pied malchanceux à cause des rebonds du ballon, certes, mais il y a aussi deux essais anglais évités par on ne sait quel coup de bol infernal. En fait l’Angleterre a une équipe très forte, trop forte pour les Européens, il n’est que de les voir quand ils accélèrent le jeu, leur puissance est comparable au décollage d’un 747 et laisse le spectateur comme l’adversaire, scotchés sur place. Au final nos Bleus n’ont pas démérité et le score reste honorable dans la défaite, 17-9. Pour le Crunch, il y a toujours une des deux équipes qui reste chocolat, cette année c’est la France !

Dimanche le Tournoi des VI Nations se poursuit sur France2 avec Ecosse/Irlande, un très beau match, très vivant avec une dramaturgie intéressante, les verts Irlandais prennent une belle avance avant que les bleus Ecossais ne viennent mourir sur leurs talons en fin de partie et s’inclinent 21-18. Le soir, sur la chaîne que vous préférez qu’importe, il y a Sarkozy à 20h venu nous expliquer sa nouvelle stratégie. Le coach remanie son équipe, la blonde et le rouquin sont évincés, l’heure n’est plus aux danseuses, il faut préparer la compétition de 2012 et muscler la dream team. Après, pour reposer mes pauvres méninges devant tant de subtilité et rester dans la rime (pauvre), je passe de Sarkozy à Barnaby sur France3. L’inspecteur plan-plan fidèle à ses méthodes parvient à ses fins et confond les méchants. Parfois les misérables sont punis, surtout à la télé !

 

Enfin pour répondre à Sigismonde, je ne sais pas si avant l’invention de la télévision il n’y avait pas d’histoire, mais depuis que nous avons la télé nous voyons l’histoire s’écrire et se dérouler sous nos yeux en direct. Dernière preuve en date, les évènements qui se passent en Libye, sorte de téléréalité dont le scénario ne serait pas complètement écrit par avance, ce qui laisse le téléspectateur se prendre au suspense et attendre l’issue avec une impatience anxieuse.