01.11.2009
Bob Dylan : Christmas In The Heart
Je n'ai pas pu m'en empêcher, comme un gamin qui met sa main au feu sachant très bien qu'il sera brûlé. J'avais lu dans la presse spécialisée que Bob Dylan se préparait à sortir un album de chants de Noël et je dois dire que j'hésitais entre incrédulité et franche rigolade, mais dans un cas comme dans l'autre je ne me voyais pas acheter ce truc là ! Et puis je suis entré chez mon disquaire, j'ai vu le CD et je suis reparti avec. Même moi, j'ai du mal à me comprendre parfois.
Dès l'entame avec Here Comes Santa Claus j'ai failli m'étrangler, les clochettes et la voix éraillée de canard du Grand Bob, on hésite, est-ce un gag, est-ce la bande son d'un dessin animé ? Remarquez, d'autres pointures avant Dylan se sont engouffrées dans la brèche de l'album de chants de Noël, Elvis Presley et David Bowie par exemple, sinon ce type de disque est tout à fait dans l'esprit américain, Barbara Streisand et surtout Bing Crosby s'en sont fait une spécialité. Pour Dylan, la raison est motivée par une bonne cause, les royalties de Christmas In The Heart seront reversées à de bonnes œuvres qui viennent en aide aux vingt-cinq millions ( !) d'américains qui ne mangent pas à leur faim, dont neuf millions d'enfants. Mon argent n'aura donc pas été gaspillé en vain.
Parmi les autres titres repris sur le CD, Little Drummer Boy qui me rappelle (hélas ?) que dans une autre vie j'écoutais Nana Mouskouri à la radio ou bien Silver Bells cher à Bing Crosby. Si tous ces chants sont des classiques de Noël, Bob Dylan y apporte heureusement sa touche personnelle, Must Be Santa est particulièrement enjoué sur un tempo rapide mené par l'accordéon de David Hidalgo (Los Lobos) alors qu'une agréable pedal steel guitar enjolive Christmas Island.
Pour conclure, un disque que je ne ressortirai qu'une fois par an en décembre mais qui me permet cette année de faire un second geste caritatif en plus de mon chèque habituel aux Restos du Cœur. Sachez aussi que le CD est vendu avec un jeu de cartes de Noël et enveloppes et que si la pochette recto du livret fait dans le style gnan-gnan, le recto est beaucoup plus égrillard avec une Mère Noël en décolleté plus que généreux et jarretelles affolantes. Une bien belle image de Noël en vérité.
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05.05.2009
Bob Dylan : Together Through Life
Le nouveau Dylan Together Through Life vient de tomber dans les bacs des disquaires. Pour ce genre de gros poisson tous les médias s'en font l'écho et chroniquent l'album, donc je ne vais pas me gêner pour en parler moi-même.
D'emblée la pochette m'a déçu, tartignolle et mal équilibrée entre photo et texte, photo montrant deux types se roulant une pelle à l'arrière d'une bagnole. Dylan se préparait-il à faire son comin' out ? J'ai posé le CD sur la platine et après une première écoute je suis resté dubitatif, ni emballé ni franchement accablé ; j'ai remis la galette dans le lecteur et enclenché la touche lecture en boucle. Rien à faire, j'ai du mal à m'intéresser à ce disque. Bien sûr j'ai tout de suite repéré le troisième titre My Wife's Home Town mais c'est une adaptation d'un blues de Willie Dixon. Les côtés positifs de cet album, la voix de Dylan bien mise en avant par le producteur Jack Frost (un alias du grand Bob) et la production à l'ancienne en général, avec un son basique et brut. Les musiciens sont excellents avec Mike Campbell à la guitare et mandoline, Tony Garnier à la basse ou David Hidalgo (Los Lobos) à l'accordéon. Le côté négatif, c'est justement cet accordéon tex-mex trop présent tout au long de ce disque.
Maintenant il faut aussi replacer l'album dans son contexte, à savoir qu'il part d'une demande du réalisateur Olivier Dahan qui demande une chanson à Dylan pour son prochain film. Lequel accepte et compose Life Is Hard un peu mou du collier et que Dylan semble avoir du mal à chanter, à partir de là Dylan va écrire d'autres morceaux et se retrouver à la tête d'un nouveau disque, que voilà. Au final un disque mitigé avec quelques bons moments quand même, comme Jolene ou bien I Feel A Change Comin' On. On peut ne pas inscrire cet opus parmi les plus belles réussites de ce très grand artiste.
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02.11.2008
Bob Dylan : Tell Tale Signs
Je ne manque pas d’air, osez écrire une critique d’un disque de Dylan. Qui suis-je pour me le permettre, un dylanologue reconnu, un fan éperdu, un spécialiste quelconque ? Rien de tout cela, juste un amateur de musique. Bob Dylan vient de faire paraître le huitième volume des « Bootleg Series » qui regroupent les inédits, les versions brutes ou des titres rares du musicien. Ce qui laisse pantois l’auditeur c’est de constater que ces chutes abandonnées dans une malle feraient un coffre au trésor pour d’autres. L’album titré Tell Tale Signs couvre la période récente de 1989 à 2006, on y aborde donc les albums Oh ! Mercy (1989) Time Out Of Mind (1997) Love and Theft (2001) Modern Times (2005) sous un angle inédit avec des versions de morceaux connus mais produits ou enregistrés autrement et c’est franchement emballant car souvent plus dépouillés. Guitares, harmonica et dobro, sur lesquels la voix de Dylan fait des merveilles non pas techniquement, mais pour son timbre et l’émotion qui s’en dégage. Sur les versions live, si sa voix peut dérailler, sa marque de fabrique, elle sait aussi meugler comme sur High Water avec sa grosse basse limite boogie. On se régale aussi d’inédits comme le magnifique Red River Shore ou de versions alternatives comme l’intense Dignity accompagné de son seul piano. Le CD est double car le bougre se débarrasse à la pelle de ces « petites choses » qui pour nous sont autant de cadeaux de Noël avant l’heure. Comme l’objet est accompagné d’un magnifique livret d’une soixantaine de pages, vous comprendrez qu’on en a pour son argent, lecture et musique dans la même boîte, et qu’il devient enviable d’être un mendiant se nourrissant de telles miettes. Inutile de vous dire que j’ai déjà déversé la galette dans mon Ipod pour apaiser mon retour du boulot le soir, dans les transports en commun.
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19.08.2008
Les poilus
La chaîne de télévision ARTE a rediffusé il y a peu, le film The Concert For Bangla Desh, un film mineur pour un évènement majeur, le premier concert de solidarité de l’Histoire, pour les victimes de la famine au Bangla Desh, à l’initiative de George Harrison le Beatles. L’occasion de revoir des artistes de talent comme Dylan ou Clapton en 1971. Après un set d’introduction avec Ravi Shankar pour nous mettre dans le contexte, l’orchestre monté spécialement pour cette occasion par George, occupe toute la scène du Madison Square Garden de New York. Avant même que les premiers accords ne résonnent dans la salle, la première constatation c’est qu’ici c’est la fête du poil ! Les poils, les cheveux, les barbes, les moustaches se pavanent en une convention atterrante pour les coiffeurs. A tout seigneur, tout honneur, George Harrison, dans un costume blanc immaculé, cheveux mi-longs et barbe de saddhu mène le bal. A ses côtés à la guitare, Eric Clapton, cheveux cascadant aux épaules, moustache et rouflaquettes alors qu’à la batterie Ringo Starr a le visage mangé par une barbe noire et les cheveux qui lui tombent en mèches sur les yeux. Aux claviers Billy Preston cache sa coupe Afro naissante sous une casquette en laine tandis que Léon Russel assis devant son piano balance sa crinière argentée au rythme de la musique. Tous ont le poil triomphant, ignorant encore à cette date la calvitie qu’on voit venir chez certains, comme Carl Radle à la basse. Certains ont le cheveux très long comme Léon, d’autres l’ont sagement sur les oreilles comme Jesse Ed Davis le guitariste indien et donc au visage glabre, seul Bob Dylan, éternel iconoclaste, a le cheveux relativement court et frisé comme un mouton fraîchement tondu et quelques poils mal rasés sur ses maigres joues. Mais aucun n’a de poil dans la main et tous se dévouent sans mollir pour ce concert de soutien. Depuis ce premier combat contre la misère et la souffrance, d’autres ont suivi et plusieurs de ces Poilus nous ont quittés.
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