29.11.2009
Pendant la messe la vente continue
Il y avait du monde ce matin sur le chemin de l'église et le parking était plein. Bravant la bourrasque, nous cheminions pliés en deux vers le temple, mais pourtant nous n'allions pas tous au même endroit exactement. Certains en surface tentaient d'élever leur âme en se rendant à la messe dominicale, alors que d'autres comme moi, nous glissions dans les sous-sols, dans la crypte de Saint-Thibaud pour la kermesse annuelle, vente de bienfaisance pour les défavorisés de la paroisse.
Tous les ans je me rends à ce raout, amusé par l'ambiance et cette plongée instructive dans un microcosme assez loin de mes préoccupations. Les habituels vendeurs retrouvent les habituels clients. Ici tout est d'occasion ou presque, car j'espère que la marchande de confitures faites maison n'entre pas dans cette catégorie. Au fond, le gros stand de jouets de récupération, au centre les petites dames âgées qui proposent leurs torchons et nappes brodés patiemment durant toute l'année pour cette vente de charité. « C'est peut-être bien ma dernière année, car mes pauvres doigts me font souffrir ». Là-bas les antiquités, comme je n'ai pas mis de guillemets au mot vous comprenez qu'il s'agit de bibelots sortis d'un grenier et non d'aimables vieillards attendant le client. Plus loin des « antiquités », là comme j'ai mis des guillemets au mot vous comprenez qu'il s'agit d'aimables vieillards attendant le client derrière leur étal où s'empilent bocaux et conserves de fruits et légumes.
Nous avons presque terminé le tour des étalages, il reste néanmoins ceux pour lesquels je me suis déplacé, les marchands de livres. Ils sont deux, l'un à gauche en entrant, l'autre à droite. Le premier fait dans le missel, les bibles, les biographies de papes et l'iconographie religieuse au premier degré tandis que le second propose des bouquins divers, dont une offre alléchante de cinq livres de poche pour un euro. A quatre pattes dans les cartons qui jonchent le sol, je cherche et trouve assez facilement de quoi m'assurer plusieurs heures de lecture à un moindre coût. Livres usés provenant de la bibliothèque municipale, bouquins de particuliers gardant les traces de dédicaces « Joyeux anniversaire Coco ! Pour tes 23 ans fêtés un peu en retard ... je t'embrasse très fort. Marine ». Les pages de garde des livres et les troncs des arbres ont cela en commun, la marque des passions des hommes, cœurs gravés dans l'écorce ou mots inscrits sur les feuilles vierges. Profitons-en tant que c'est encore possible, car ce n'est pas le Kindle ou autres livres électroniques qui permettront de laisser dans le futur de tels signes de poésie.
Tout ce petit monde se connaît, les uns font partie d'associations de la ville, cette dame d'un certain âge comme on dit, toute pomponnée qui me salue est inscrite au Lion's Club ; les messieurs ont un maintient posé, souvent un pin's au revers du veston, sorte de mot de passe, révèle leurs accointances. Tous vous adressent un petit mot gentil et bienveillant. L'esprit saint qui est descendu sur les fidèles pendant la messe à l'étage du dessus a certainement fait l'effort de pousser jusqu'au sous-sol, une ambiance de douce béatitude enveloppe cette brocante. Mon cynisme habituel a du mal à sortir de ma poche et je l'y laisse avec plaisir le temps de ma visite.
Durant ce temps, à l'entrée sous une tente blanche, les « durs » ont installé sur des tréteaux, bourriches d'huîtres et bouteilles de vin. Ici on parle fort, on rigole et on hèle le passant. Le vent s'est calmé, le soleil tente une percée timide, nous rentrons à la maison, moi avec mes bouquins dans un sac plastique de récupération et ma femme avec un bavoir brodé qu'elle offrira un jour à elle ne sait qui pour l'instant.
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| Tags : messe, crypte, kermesse, cycnisme |
30.11.2008
La crypte, le retour
Comme tous les ans l’église Saint-Thibault organisait ce week-end sa kermesse pour fêter Saint Nicolas. Dans la crypte sous l’édifice, les stands désuets attendaient les visiteurs. Les mêmes dames, les mêmes stands au même endroit. Bocaux et conserves de produits du Sud-Ouest à l’entrée, puis les torchons et serviettes minutieusement brodés toute l’année en prévision de cette vente charitable, quelques antiquités familiales du genre bougeoirs, cendriers en verre, bibelots crapoteux hérités d’une famille Groseille quelconque, des petits bijoux et des confitures faites maison, des jouets attendant un repreneur. Des étalages et cartons de livres, un stand très bondieuseries avec des livres de catéchisme, des biographies de papes ou de saints hommes et un autre plus éclectique où tous les genres étaient proposés à des prix ridicules (1 euro les cinq bouquins), difficile de ne pas céder à la tentation et ne pas mettre la main à la poche. Sans trop perdre de temps à farfouiller dans ce vrac j’ai vite dégagé quelques polars d’auteurs connus mais que je n’avais jamais lus (Fred Vargas, Henning Mankell) ainsi qu’un Tristan Bernard dans une édition soignée. Voilà de quoi m’assurer plusieurs semaines de lecture pour une somme raisonnable. Comme quoi on peut lire sans dépenser des fortunes si on achète ses livres dans ce genre de manifestations. La kermesse bon enfant et vieillotte m’a replongé dans un passé proche et lointain à la fois où les clients ne se bousculaient pas pour vous prendre votre place au moment de payer, où l’on s’excusait si on marchait sur le pied du voisin, où l’on ne hurlait pas quand on discutait. La haute silhouette du maire sillonnait la crypte, plaisantant avec chaque exposant. Dans une pièce adjacente, quelques tables nappées à carreaux où l’on pouvait déguster les gâteaux préparés par les dames de la paroisse, tartes aux pommes et fondants au chocolat dans une chaude ambiance quasi familiale. J’aurai bien le temps de ressortir de la crypte pour affronter le vent frisquet de cette fin novembre.
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| Tags : saint-nicolas, crypte saint-thibault, kermesse |
25.11.2007
Kermesse basse
Comme tous les ans, l’église Saint-Thibaut organisait pendant les deux jours du week-end sa Saint-Nicolas, une dizaine de jours en avance sur le calendrier. Saint-Thibaut est la seconde église de ma ville, la plus moderne par son architecture et l’originalité de son clocher cuivré étincelant au soleil. Nous ne sommes pas encore en décembre mais on veut déjà nous faire vivre à l’heure de la Nativité , les vitrines sont décorées, les rues des villes se parent de guirlandes lumineuses et de sapins géants, preuve que nos impôts locaux ne sont pas dilapidés. Comme chaque année, donc, ma promenade du dimanche matin m’a conduit vers l’église. Non pas vers la nef où se jouait la messe dominicale, mais vers la crypte où se déroulait une teuf d’enfer (Oups !). Tous les stands habituels étaient au rendez-vous, à la même place que les années passées. Deux mamies un peu plus usées à chaque échéance, vendent leurs confitures et cerises à l’eau de vie faites maison. Une dame en grande conversation avec des acheteuses potentielles propose des torchons brodés par ses gros doigts, sur une longue table s’amoncellent des vracs de livres où Jésus est bradé à l’égal d’un San Antonio. Certains se la jouent brocanteurs et étalent des vieilleries tous les ans refourguées en vain, bougeoirs en plastoc, napperons synthétiques, chapelets simplets. Petite bousculade à l’entrée de la seconde salle, deux dames retardataires tentent, gageure, de passer ensemble par l’encadrement de la porte, les bras chargés de pâtisseries tout juste sorties du four, quatre-quarts ou gâteau au yaourt, qui viendront enrichir la proposition d’encas sans lesquels il n’est de bonne fête réussie. Ca sent le catéchisme et les clubs du troisième âge, c’est délicieusement kitsch !
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