15.07.2009

Whatever Works film de Woody Allen

woody allen.jpgBoris Yellnikoff est un physicien génial d'un certain âge (quand on ne veut pas dire vieux) qui a raté de peu le prix Nobel, notons au passage qu'il a aussi raté son mariage ainsi que son suicide ! Il vit seul à New York, donne des cours de jeu d'échecs à des gamins pour survivre, sans se gêner pour les engueuler copieusement tant il les trouve nuls et devise de l'état du monde avec ses potes dans des cafés du Village.

Nous sommes immédiatement sidérés par Larry David (Boris) tant il incarne le personnage de Woody Allen quand celui-ci fait l'acteur. D'ailleurs on se demande pourquoi il ne joue pas lui-même le rôle ? Le vieux Boris rouspète, râle, critique le monde, nous sommes habitués à ces sentences et références culturelles qui sont le propos de nombreux films de Woody Allen. Jusqu'au jour où Melody (Evan Rachel Wood) une jeune fugueuse va s'immiscer dans la vie de l'ermite. Le vieux cultivé misanthrope et la très jeune écervelée arrivée de son Sud natal commencent par former un tandem improbable mais en viennent à se marier ! Le vaudeville va alors s'accélérer, la mère de Melody séparée de son mari pour infidélité va débarquer à l'improviste, plus tard ce sera au tour du père. Les Sudistes contaminés par l'atmosphère de la Big Apple vont alors changer de vie, la mère abandonnant tout puritanisme deviendra photographe de nus et se mettra en ménage avec deux hommes, tandis que le père découvrira son homosexualité. Melody de son côté quittera Boris pour un acteur de son âge et Boris découvrira enfin ( ?) l'amour avec une femme plus mûre après avoir loupé son second suicide.

Finalement la pochade s'achève sur un happy end et Boris en déduit que « l'important c'est que ça marche ». Boris/Woody optimiste c'est nouveau. Le réalisateur a-t-il enfin découvert le secret du bonheur à 74 ans ? Un film mineur qui vaut surtout pour le personnage de Boris et qui comblera les fans de Woody Allen.

Whatever Works film de Woody Allen  durée: 1h32 avec Evan Rachel Wood et Larry David

      

12.10.2008

Vicky Cristina Barcelona film de Woody Allen

Woody allen.jpgLe nouveau Woody Allen vient de sortir comme chaque année à la même époque, à l’instar du Beaujolais et c’est une tradition que j’aime à respecter. Les grands crus de l’un comme de l’autre sont finalement assez rares, soyons honnêtes pour l’admettre, néanmoins je me vois mal ne pas les goûter chaque fois. Une fois de plus Mr Allen est resté derrière la caméra alors que moi ce que je préfère c’est quand il est devant, mais bon, c’est lui le patron ! Comme le titre du film l’indique Vicky Cristina Barcelona l’action se déroule en Espagne à Barcelone. Deux jeunes américaines, une brune venue pour étudier l’art Catalan et en passe de se marier, et sa copine blonde à la recherche de l’amour. A peine arrivées elles se font draguer sans périphrases inutiles par un artiste local du genre grand brun ténébreux. La brune raisonne et a des principes, la blonde (Scarlett Johansson) est instinctive et friande d’expériences. L’artiste (Javier Bardem) est temporairement célibataire depuis que sa femme (Penélope Cruz) l’a quitté. Contre toute attente la brune cèdera la première mais c’est la blonde qui se mettra en ménage avec le peintre. Jusqu’à ce que son ex-femme fasse une rentrée fracassante et tonitruante dans le plus pur style de l’espagnole hystérique. L’ex couple donne dans l’amour/haine mais se séparer leur est plus difficile encore, la blonde est la tare (si j’ose dire) qui équilibre l’existence du trio. On boit du vin, on fume beaucoup, on lutine, les couples se font et se défont. C’est très bien joué, nous sommes dans le vaudeville à la Woody Allen qui excelle dans la peinture des sentiments amoureux et complexes, les couples qui se font et se défont ; ce n’est pas un film génial, gardons ce qualificatif galvaudé pour d’autres occasions mais c’est très agréable à regarder, un bon Woody Allen donc. Dommage que la voix off qui nous accompagne durant toute la projection ne soit pas celle de Woody car j’aurais adoré. Post-scriptum, les critiques ont fait toute une tartine sur le baiser échangé entre Scarlett et Penélope, c’est très exagéré et beaucoup moins torride qu’annoncé ! 

 

Vicky Cristina Barcelona film de Woody Allen durée : 1h37 avec Javier Bardem – Penélope Cruz – Scarlett Johansson

01.11.2007

Le rêve de Cassandre film de Woody Allen

06a7882a95efac9a3fe1606ddd759036.jpgLes films de Woody Allen sont de deux sortes, ceux avec et ceux sans Woody Allen, Le Rêve de Cassandre est de cette seconde espèce. Autant le dire tout de suite, je préfère les films avec Woody Allen car c’est de sa personnalité et de son débit bégayant que je suis fan. Ce nouveau film poursuit la veine policière dans laquelle le réalisateur s’est engagé depuis ces deux dernières réalisations. Deux frères, l’un garagiste et joueur, l’autre à la recherche d’investissements florissants pour se sortir du petit restaurant familial dans lequel il travaille. Le film est assez long à débuter réellement et on se demande quand l’intrigue va commencer à se nouer. Enfin, si je puis dire, le garagiste perd une grosse somme d’argent au poker et vient demander de l’aide à son frère lequel peu argenté lui-même ne sait trop que faire. Quand débarque de Californie l’oncle qui a réussi à y faire fortune les deux frères pensent que leurs ennuis vont finir. En fait tout commence, car celui-ci veut bien leur lâcher de la galette mais à condition qu’ils le débarrassent définitivement d’un ancien collaborateur qui va prochainement déposer contre lui dans une affaire judiciaire. Pris entre le besoin pressant d’argent et la « solidarité familiale » comme dit l’oncle, les frérots vont se résoudre après moult péripéties à exécuter le témoin. La fin du film glisse dans la tragédie antique, chère à Allen, le garagiste culpabilise à mort ce qui pousse son frère à envisager sa fin pour sauver la sienne, mais les Dieux veillent au grain et la morale est à moitié sauve, les criminels sont punis mais le cerveau, l’oncle, s’en tire. Un petit film agréable mais loin du chef d’œuvre.

Le rêve de Cassandre film de Woody Allen  durée 1h48 avec Colin Farrell et Ewan McGregor   

 

  

 

17.07.2007

Ite missa est

Benoît XVI vient de libéraliser la liturgie des messes et à partir du 14 septembre, attention la date est précise comme pour les soldes, les prêtres pourront dire la messe en latin comme autrefois. Encore faudra-t-il qu’ils sachent le latin, présupposé qui n’est pas assuré car tout se perd ma brave dame. Certains y verront un retour à des pratiques archaïques, d’autres une ouverture à toutes les sensibilités. Moi, je n’ai connu que la version en latin quand j’étais au catéchisme le jeudi et à la messe le dimanche. Après la communion j’ai largué les soutanes et les risques insensés que je courrais peut-être, à trop fréquenter les sacristies si l’on en croît les révélations chaque jour plus nombreuses des victimes innocentes des crucifixions en rose. Donc, moi qui ne connaît que la messe en latin, je dois dire que ça avait de la gueule et si vous n’aviez pas votre missel à la main pour suivre l’action vous risquiez à tout moment de foirer la chorégraphie générale, debout quand il fallait s’asseoir et à genoux sur le prie-dieu quand il fallait se lever, sans parler du chant chorale qui vous obligeait à des « Humm !Humm ! » discrets si vous ratiez le premier couplet, perdu dans votre livre saint et ce karaoké sacré. Pourtant je garde une certaine nostalgie de cette époque, de ces rites secrets et en partie incompréhensibles. Un spectacle mystique d’or et de satin, d’encens et de cierges, de chants et d’orgue dont le mystère était renforcé par ce latin dont je ne comprenais pas un traître mot mais qui en était l’essence même. Pour résumer ma pensée, je dirai que la messe en latin, c’est comme un film de Woody Allen en version originale. Même si on ne parle pas sa langue, le ton et la musique qui se dégagent de son phrasé sont uniques et constituent une part importante de l’intérêt qu’on lui porte. De gustibus et coloribus non disputandum !