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31.03.2008

Christine Perfect : The Complete Blue Horizon Sessions

1060650718.jpgUn nouveau disque de Christine Perfect chez mon disquaire, celle dont j’avais pour ainsi dire oublié le nom, et c’est ma mémoire qui à nouveau se réactive. La chanteuse pianiste du groupe Chicken Shack (circa 1967/69) m’avait enchanté au sein de ce combo de blues où officiait Stan Webb un sacré guitariste, avant qu’elle n’incorpore plus tard le Fleetwood Mac. Je sais que pour la majorité de ceux qui me lisent, je parle de gens dont vous ne soupçonniez même pas l’existence il y a encore cinq minutes, mais je n’en ai que faire, ce n’est pas mon problème, c’est le vôtre. Moi je tente de vous donner des pistes, d’ouvrir des portes ou des fenêtres vers des musiques qui n’existent plus mais qui sont archivées sur les Cd vendus dans les bonnes boutiques, faites en votre profit ou ignorer les, moi je n’y gagne rien. Le « nouveau » disque de Christine Perfect « The Complete Blue Horizon Sessions » est l’occasion de réentendre la voix douce et caractéristique de la chanteuse à travers seize titres, dont certains inédits, qui sans être tous obligatoirement des blues purs, flirtent avec ce genre. Avec Mike Vernon à la production, Top Topham à la guitare (Yardbirds), Dany Kirwan et John Mc Vie (Fleetwood Mac), Andy Silvester (Chicken Shack) on retrouve là une bande de lascars spécialistes de la note bleue et du son de velours. Il ne s’agit pas d’un disque génial ou exceptionnel, je ne suis pas complètement sourd, mais le plaisir d’écouter la belle voix d’une chanteuse sans prétentions, sur une musique cool jouée par des experts qui ne se la pètent pas, c’est déjà beaucoup.  

 

30.03.2008

Free Tibet

1278135920.jpgAlors que la Chine réprime assez sévèrement toute velléité de révolte chez les Tibétains, le débat fait rage à l’approche des Jeux Olympiques qui se dérouleront en Chine. Les nations doivent-elles y aller comme si de rien n’était ou doivent-elles boycotter les JO ? Cette dernière hypothèse semble définitivement écartée et ne subsiste que l’idée de bouder la cérémonie d’ouverture. Les enjeux politiques et économiques sont énormes aussi chaque nation essaie d’être sévère avec le pays organisateur sans néanmoins trop y perdre. Tout se jour dans le dosage. Bien sûr on aurait pu se poser la question plus tôt, au moment de la désignation du pays organisateur, car déjà à cette époque l’élu n’était pas un modèle démocratique et son dossier était bien chargé. Dans un esprit de conciliation on a choisi de tendre la main pour encourager les dirigeants Chinois à changer leur fusil d’épaule et aujourd’hui on voit le résultat, l’épaule n’est peut-être plus la même mais le fusil est toujours là ! Les gouvernants Chinois tablent sur l’amnésie et le manque de persévérance des pays occidentaux qui d’ici le mois d’août auront oublié les Tibétains. Il se pourrait que cette fois ils fassent une erreur de jugement, car si souvent par le passé nous avons négligé ou oublié à sa misère, tel ou tel autre pays d’Afrique ou même d’Europe Centrale, avec le Tibet nous sommes face à un mythe. Le fameux pays sur le toit du monde, les moines en robe safran, le dalaï-lama prix Nobel de la Paix avec sa bonne bouille rigolarde, le Potola et les moulins à prières, Tchang l’ami de Tintin, le yéti. Bien certainement ce ne sont que des clichés mais pour nous Occidentaux les clichés ont force de vérité et je ne suis pas certain que les Chinois aient bien intégré cet aspect du problème. Pour nous le Tibet est le pays de la paix par excellence. Alors, même si nous n’avons pas réellement pris conscience du drame qui se joue à Lhassa, même si nous ne construisons notre jugement que sur des images puériles, même si l’idée que nous nous faisons du Tibet est biaisée, ce pays est un symbole dans notre inconscient collectif, le symbole de la Liberté. C ’est pour cela que nous devons boycotter la cérémonie d’ouverture des JO, c’est pour cela que nous devons laisser les Chinois seuls dans leur stade ce jour-là, face à leurs responsabilités, face aux caméras des télévisions du monde entier. C’est le moins que nous puissions faire.

28.03.2008

La coupe

Le vendredi c’est le jour du poisson, alors je suis allé chez le merlan. Comme j’étais en RTT (encore !) j’en ai profité et bien m’en a pris, il n’y avait personne chez Figaro. Oui je sais, le nom de la boutique n’est pas particulièrement original, mais l’astuce de ma première phrase n’est pas plus fine alors je ne critiquerai pas. Donc, j’entre et les cinq artisans me regardent interrogateurs. Seuls dans l’officine ils attendent le chevelu, un instant j’ai la main pour choisir mon artiste mais j’hésite et instantanément, tout le monde s’agite, l’un se dirige vers la caisse, l’autre s’éclipse dans l’arrière boutique, un autre se replonge dans son Equipe, bref un seul m’offre son fauteuil. Je m’y vautre sans façon et les opérations s’enclenchent, on me passe une blouse fort peu seyante mais fonctionnelle tout en me demandant quelles sont mes exigences. Moi je ne suis pas compliqué de nature, ajoutez à cela qu’il ne me reste pas assez de tifs pour avoir des prétentions capillaires, aussi je lui balance ma formule habituelle « Bien court, tout en avant et pas de vaporisation à la fin ! ». La coupe basique en somme. D’un coup de poignet habile, le coiffeur fait pivoter le fauteuil pour le shampoing tout en m’expliquant la manœuvre, « Allongez-vous ! », « Je vais faire couler l’eau ». Soit il s’imagine que c’est la première fois que je me fais couper les cheveux, soit il a percé en moi l’enfant qui subsiste ou, dernière hypothèse il me prend pour un débile léger ? Je ne cherche pas à approfondir la question et je le laisse soliloquer, après tout, vu le peu de monde dans la boutique, peut-être serai-je son seul client de la journée et a-t-il besoin de s’épancher. Quelques plaisanteries de garçon coiffeur auxquelles je réponds par un sourire neutre autant que charitable et la coupe avance, le ciseau taille et détaille, la tondeuse tond et son zonzon détend, le rasoir rase et les vannes du merlan aussi, bref tout va pour le mieux. La sono diffuse en sourdine une musique douce, je suis bien assis, l’autre me tripote le crâne avec délicatesse, je suis à deux doigts de piquer du nez pour un petit roupillon, quand l’artiste me prévient « Et voici le travail ! » en me tendant mes lunettes d’une main, tandis que l’autre me passe une glace derrière la tête afin que j’admire l’œuvre. « Parfait, parfait ! » Je me vois mal lui dire, « vous m’en avez trop coupé » en espérant qu’il puisse rattraper le coup. Un dernier aller-retour de brosse dans le cou pour évacuer ses cochonneries, je m’extraie de la combinaison nylon et je passe par la caisse. Je sors un billet et je lui laisse la monnaie comme pourboire, un court instant je me sens rupin et retiens un « Tenez mon brave… » de mauvais goût. Je sors, le vent frisquet me tonifie la peau du crâne, je me sens un autre homme.    

 

26.03.2008

Qui va leur dire ?

Le rapprochement entre ma boîte et la maison mère se fait de plus en plus prégnant. Comme un pays vaincu nous devons nous plier aux intérêts supérieurs cédant aux vainqueurs les postes clés afin qu’ils y placent leurs hommes (en fait surtout des femmes) et fassent régner leurs lois. Chaque jour apporte son lot d’ébahissement devant les pratiques en vigueur chez les « autres ». On a l’impression d’entrer dans Brazil le film de Terry Gilliam ou dans une administration soviétique de la grande époque, avec ses structures hiérarchiques lourdingues et tentaculaires, où la moindre demande doit faire l’objet d’un courriel adressé à cinquante destinataires en copie et une dizaine en destinataires. Tout étant budgété la première étape consiste à déterminer à quel budget doit être affectée votre demande, puis il faut qu’un des destinataires du courriel veuille bien la prendre à son compte et qu’il la traite, c'est-à-dire qu’il la fasse suivre à un collègue voire un sous-traitant qui lui-même etc. Bien entendu rien n’avance très vite. Par contre ce qui avance rapidement c’est notre intégration dans ce merdier, véritables sables mouvants qui paralysent tout esprit d’indépendance. Par contre, quand je ne m’énerve pas et que j’essaie d’observer avec un œil impartial, j’ai la nette sensation d’entrer dans une entreprise de science-fiction, où ce ne sont plus les hommes qui décident, mais la Machine. La maison mère ne paraît pas se rendre compte que ses structures ont engendré leur propre vie et que ce sont elles qui commencent à diriger la boutique ! D’ailleurs pour assujettir un peu plus les humains, elle se dote d’un outil informatique monstrueux, construit comme une usine à gaz et ne répondant qu’imparfaitement aux besoins réels des utilisateurs, mais dont les sommes déjà investies interdisent tout retour en arrière. Bien entendu, toute les composantes ou filiales de l’Entreprise doivent elles aussi adhérer à ce projet. L’uniformisation des outils est sensée faciliter la tâche de tous, elle est plus certainement le moyen de nous tenir tous à sa botte.      

 

23.03.2008

Jean-Baptiste Evette : Jordan Fantosme

1189649164.jpgLondres, début du XX siècle, un homme est jeté dans la Tamise. Il est sauvé par un immigré italien et recueilli par un Irlandais tenancier d’un pub, mais s’il est sauf il s’avère qu’il est devenu amnésique. Avec l’aide de ses nouveaux amis du quartier des docks il va tenter de retrouver ses agresseurs et son identité perdue. Son enquête nous permet de visiter la capitale anglaise, des quartiers les plus défavorisés aux rues les plus huppées, de croiser la misère des uns et la haute société des autres. Chasseur il sera chassé devant combattre l’adversité et les trous de sa mémoire. Quand il s’infiltrera dans une société secrète adepte de l’ouvrage de Thomas de Quincey De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts, l’issue sera proche. Un polar bien gentil qui ne fait de tort à personne, rien de très palpitant dans cette histoire simplette qui offrait pourtant un terreau favorable avec un décor (le Londres de 1911), des personnages (un amnésique, des anarchistes Italiens, des indépendantistes Irlandais), une société secrète, bref de quoi faire la base d’un scénario à rebondissements. Comme le style d’écriture est en plus assez naïf, les amateurs de sensations fortes peuvent passer leur chemin. Dommage, mais pour être honnête il faut signaler qu’il s’agissait du premier roman de Jean-Baptiste Evette et que je nai rien lu d’autre de cet auteur.

« Ce qu’avait raconté le docteur n’en faisait pas un membre de cette société sanglante. Il avait simplement dû être imprudent. Mais seule une partie des ténèbres était dissipée. Aussi il ralluma la lampe et alla chercher les pages arrachées au registre de la Société. La réponse précise s’y trouvait peut-être, cependant il les avait déchirées avec une telle hâte qu’il était possible également qu’elles ne contiennent  rien à son sujet. De toute manière il fallait qu’il ait le courage de les examiner. »   

Jean-Baptiste Evette : Jordan Fantosme   Folio n° 3210

 

22.03.2008

Les passages

La dernière fois que j’ai évoqué le Paris de mon enfance, je m’étais attardé sur La Maison de Famille la célèbre confiserie de la rue du Faubourg Poissonnière. En empruntant à quelques mètres à côté l’entrée du Passage Verdeau nous continuons notre promenade dans le Paris ancien. Les passages, ces galeries couvertes qui traversent des pâtés d’immeubles, datent du début du XIX siècle et sont presque tous situés aux abords des Grands Boulevards. Eclairés par des verrières qui diffusent une lumière plus ou moins tamisée, les passages permettaient aux Parisiens de faire leurs courses à l’abri de la pluie, dans les différentes boutiques qui s’y étaient installées. Vers 1850 il y avait pas moins de 150 passages dans la capitale. Depuis cette date ils sont nombreux à avoir disparu, tel récemment le Passage du Havre près de la gare Saint-Lazare où s’est installée une FNAC il y a quelques années à peine. Nous avons donc traversé le Passage Verdeau et dans la continuité pris le Passage Jouffroy plus riche en commerces, une remarquable librairie entièrement consacrée au cinéma, où vous trouverez des raretés, ainsi que des DVD ou des photos de tournage, une bonne adresse pour les cinéphiles. Après avoir gravi quelques marches, à gauche, incongrue, l’entrée du minuscule l’hôtel Chopin pour un séjour romantique alors qu’à droite La Boîte A Joujoux, marchand de jouets est toujours là. Quand j’étais gamin, devant la porte se tenait un bouledogue articulé et quand on tirait sur sa chaîne, il ouvrait la gueule en poussant un aboiement rauque et gras qui m’impressionnait beaucoup. Depuis le temps, la pauvre bête doit être crevée, la mâchoire démantibulée par les hordes de mômes qui l’ont fait hurler. Dans ce même passage, plusieurs issues de secours du Musée Grévin dont l’entrée n’est pas loin, sur le boulevard Montmartre. Arrêt obligatoire devant la vitrine de la Tour des Délices, une pâtisserie dont les milles tentations me font sortir les yeux de la tête. Un court instant je me retrouve à l’air libre, le temps de traverser le boulevard pour enfiler le Passage des Panoramas. Ici on fait dans la carte postale ancienne ou régionale, les timbres pittoresques et les cachets rares. Quand j’émerge du passage, le quartier de la Bourse est à deux pas et je me dirige vers la Galerie Vivienne , certainement l’un des plus beaux passages parisiens. Beaucoup plus lumineux avec ses hauts plafonds et ses larges verrières qui diffuse la lumière a giorno. Les murs sont sculptés, des corniches courent au-dessus de nos têtes, alors que le sol est une mosaïque très bien entretenue. Les boutiques de luxe se succèdent et se vantent de leur ancienneté, Wolf & Descourtis vendent des tissus depuis 1875 alors que la Maison Legrand propose ses vins depuis 1880. Chez A Priori Thé vous pouvez prendre un brunch en terrasse, sous la verrière. Je ressors par l’étroite rue des Petits Champs et me faufile dans le Passage des Pavillons, minuscule et sans commerce notable, avant de descendre l’escalier qui donne dans la rue de Montpensier, c'est-à-dire derrière les jardins du Palais-Royal. Je rentre sous les arcades où ne paradent plus les Merveilleux et les Merveilleuses, et déambule devant les boutique vieillôtes qui vendent des médailles militaires, ou des tableaux passés. Ca sent la nostalgie et avec la fraîcheur des courants d’air, je m’éloigne hâtivement, préférant traverser les jardins où les pigeons disputent la moindre miette aux friquets. Les colonnes de Buren sont toujours là, presque ignorées désormais et c’est la place du Palais-Royal avec sa bouche de métro hallucinante, décorée dans un style oscillant entre du Walt Disney et un rêve hallucinogène.        

 

20.03.2008

Vivement l'été

La chaine de télé ARTE nous avait régalés l’été dernier avec son Summer Of Love, pour l’été 2008 elle récidive avec une programmation Seventies qui nous offrira de bons moments des années 70. Nous pourrons ainsi revoir le fameux concert pour le Bangladesh organisé par George Harrison avec quelques pointures comme Eric Clapton entre autres ainsi qu’un show du Pink Floyd de la grande époque. Une occasion de replonger dans ma discothèque pour en exhumer quelques merveilles ahurissantes mais bien oubliées depuis, ou encore dans mes armoires pour retrouver un vieux jean à pattes d’éph !

C'est clair

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Le patron de la SNCF – Guillaume Pepy – vient de présenter son plan grandiose d’investissement qui touchera autant la rénovation du matériel que la régularité des trains. Pour se faire bien comprendre rien ne vaut un bon dessin, un titre choc « Les 4 métiers du groupe SNCF » et en dessous, un organigramme à 5 têtes ! Evident, non ? 

 

19.03.2008

Une affaire qui pue

A Perpignan le président d’un bureau de vote a été mis en examen hier pour fraude électorale. Dimanche soir ce colistier du maire sortant (UMP) avait été pincé avec des bulletins planqués dans ses chaussettes afin « de refaire l’appoint après avoir constaté une erreur de comptage dans le nombre des bulletins disposés dans l’urne ». Voilà un gars qui ne manque pas d’air au milieu de cette affaire qui pue des pieds !

 

Bonne nuit les petiits

C’est aujourd’hui 19 mars la Journée Nationale du Sommeil. Une récente enquête met en évidence le manque de sommeil des Français, 12% de la population est insomniaque et 17% accumulerait chaque nuit une quantité de sommeil insuffisante. Les raisons invoquées pour expliquer cette mauvaise qualité de sommeil sont le travail (52%), le stress et l’anxiété (40%), les enfants (27%), les temps de transport (17%). Un adulte a besoin de six à dix heures de sommeil par nuit nous dit l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé ). L’enquête révèle aussi que dormir est un plaisir pour beaucoup (86,3%) mais que c’est angoissant pour 4,8% et ils sont près de 10% à penser que c’est contraignant alors que pour 6% c’est une perte de temps. On aurait pu imaginer qu’à l’occasion de cette journée nationale, les entreprises ferment et nous donnent congé afin de mettre en pratique ce que nous conseille l’INPES à savoir dormir. Il n’en est rien comme vous le constatez, tout comme pour la fête du travail le 1er mai on ne travaille pas, pour la journée du sommeil on reste bien éveillé. Seule l’idée dort au fond d’un carton ….

 

 

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