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31.05.2008

Le château de Monte-Cristo

1572399208.JPGPour moi c’est devenu une banalité mais si je vous dis que j’habite à quelques pas du château de Monte-Cristo j’ose espérer vous faire rêver un peu. Même si vous n’êtes pas un spécialiste de l’œuvre d’Alexandre Dumas, Monte-Cristo évoque certainement pour vous un souvenir de lecture de jeunesse ou éventuellement un film avec Jean Marais, en tout cas une histoire pleine de rebondissements et d’aventures mouvementées aptes à enflammer l’imagination. C’est en 1844 qu’Alexandre Dumas enrichi par le succès des Trois Mousquetaires et subjugué par le paysage qu’il découvrit par hasard à l’issue d’une promenade à pied alors qu’il revenait de Versailles, acheta un terrain sur une colline du Port Marly (détaché de Marly depuis 1822) pour y faire construire un château. Selon ses instructions le château Renaissance aux façades sculptées fût érigé au milieu d’un parc à l’anglaise avec des grottes, des rocailles et de petites cascades. Ainsi naquit le château de Monte-Cristo bientôt complété un peu plus loin dans le parc, d’un petit castel néo-gothique, le château d’If, qui servait de cabinet de travail à l’écrivain et dieu sait s’il travaillait, écrivant sans relâche pour nous léguer romans, pièces de théâtre etc. qui font désormais partie de notre patrimoine culturel. Avec les années le monument périclitait mais c’est grâce à Alain Decaux qui sonna l’alarme par un article paru dans Le Figaro en 1970 que le domaine fût racheté conjointement par les communes de Marly le Roi, Le Pecq et Le Port Marly qui lancèrent un programme de restauration afin de nous restituer ce petit bijou. Car effectivement, bien qu’il y ait sur un même terrain deux châteaux, ce ne sont que de tout petits bâtiments. Le château d’If est un cabinet de travail et sa visite est interdite au public en raison de son étroitesse, mais vu de l’extérieur c’est une merveille entourée de verdure et bordée d’une large mare, dont les murs sont gravés des noms des œuvres littéraires de leur propriétaire. Sur le terrain en contrebas se dresse le château de Monte-Cristo plus imposant mais à taille humaine, n’allez pas vous imaginer un Chambord ou autre. Le monument se visite, nous offrant documents et histoire d’Alexandre Dumas (nous parlons du père) où se mêlent photos d’époque, caricatures parues dans la presse, sculptures etc. Au premier étage, après un voyage en Afrique du Nord, Alexandre fit installer un salon Mauresque restauré ces dernières années grâce à un don du roi du Maroc. C’est donc ici, tout près de chez moi, que l’illustre écrivain dans ce qu’il appelait « Une réduction du paradis terrestre » écrivit tous ces bouquins qui illuminèrent ma jeunesse et plus encore. Si vous passez dans le coin, venez (non pas chez moi) y jeter un coup d’œil. Bien entendu vu l’exiguïté des lieux il est préférable de venir le matin, car dès qu’il y a un peu de monde le charme disparaît.

Ouvert du 1 avril au 1 novembre - Fermeture le lundi - Informations au 01 39 16 49 49    

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29.05.2008

La disette

Il serait plus que temps de s’interroger. Dès que j’ouvre le journal ou que j’écoute les informations à la télévision et à la radio ce ne sont que nouvelles déprimantes ou catastrophiques, avec dans l’ensemble un certain point commun. Ce commun dénominateur, c’est le manque ou l’absence. Je m’explique. L’essence devient de plus en plus chère et va bientôt nous manquer ce qui entraîne des mouvements protestataires un peu partout dans le monde. L’eau est une denrée primordiale qui tend à la rareté dans certaines régions du monde et qui va devenir un problème pour nous aussi, si sa potabilité n’est plus assurée. Les richesses halieutiques s’épuisent lentement mais sûrement. Les prix agricoles resteront élevés pendant au moins dix ans conclue l’Organisation de Coopération et Développement Economique (OCDE) dans un rapport qui vient de sortir, car l’offre ne couvre plus la demande. Nous venons d’apprendre que le nombre d’adresses IP disponibles sera épuisé avant 2011 ce qui va interdire les connexions à Internet pour les nouveaux PC ou autres matériels mis sur le marché si rien n’est fait sous peu. Les étrangers sont expulsés car il leur manque des papiers et pour ceux qui restent il manque des logements.  Tous les jours vous constatez que le temps vous manque pour faire votre travail ce qui vous oblige à courir de plus en plus vite et nous savons aussi que Platini et Zidane nous manquent cruellement depuis qu’ils ont pris leur retraite. La liste pourrait s’allonger mais je manque de courage pour poursuivre. Voilà qui n’est pas banal pour une société qui se veut de consommation, car si l’a demande ne peut plus être satisfaite, c’est le modèle de société qui s’effondre. Une aubaine peut-être pour s’engager sur une autre voie ?   

 

27.05.2008

Fais-moi un cygne

Il est 6h30 ce matin et j’attends le RER dans ma station de banlieue lointaine. Sur le grillage vert qui nous sépare de la rue et au-delà de la voie ferrée, une grosse corneille me regarde fixement. Usée par les ans, le plumage amoché, elle ne craille ni ne graille, elle me fixe sans un bruit. Alors que je prends conscience de son regard, passe un vol de canards, escadrille sympathique d’une dizaine de volatiles au cou tendu, volant assez bas et cancanant bruyamment. Ils font un large demi-cercle et s’éloignent dans le petit matin humide. La corneille agacée prend son élan et s’en va dans un lourd battement d’ailes. Pour qui sait lire les signes l’instant est riche d’enseignement, dommage que je ne sache pas lire.   

 

25.05.2008

Que d'émotions !

Les sportifs de haut niveau comme moi, confortablement installés dans leurs canapés avec une boisson fraîche à portée de main, se réjouissent car les activités vont reprendre. Echauffés par une fin de championnat de France de football où nous avons dû attendre la dernière journée pour connaître le nom du vainqueur et celui des relégués en seconde division, ce qui avait alimenté un débat aussi houleux que passionnant sur la pertinence et les conséquences d’une vraisemblable descente du PSG dans les abîmes footballistiques nous sommes prêts à affronter la suite des évènements sportifs qui s’annoncent nombreux. Donc Lyon a réussi le doublé championnat et Coupe de France alors que le PSG est de son côté parvenu à se maintenir en première division et à se faire taper en finale de la Coupe. On se demande d’ailleurs pourquoi on parle tant du PSG, car entre ses hordes de supporters débiles et ses résultats minables, voilà un club qui devrait arrêter le football pour se reconvertir dans l’aviron, au moins là il ne ramerait pas pour rien. Quand on a du mal à se servir de ses pieds, on utilise ses mains devaient penser les rugbymen de Toulouse quand ils sont entrés sur la pelouse de Cardiff samedi pour affronter en finale de la Coupe d’Europe les Irlandais du Munster. Une finale qui sentait mauvais dès le départ. Hélas ! S’ils firent des pieds et des mains justement, au coup de pied au cul (ce qui n’est pas permis) donné par le capitaine Toulousain Fabien Pelous à un joueur Irlandais, ceux-ci répliquèrent par un coup de pied (ce qui est autorisé) d’O’Gara qui leur assura les trois points d’écart leur donnant la victoire. Comme quoi, il y a parfois deux pieds deux mesures. Oublions hier et passons à demain, c'est-à-dire Roland Garros, le temple de la petite balle et vitrine des grandes belles bronzées. Pendant une quinzaine, les balles jaunes sur la terre ocre vont nous offrir un plaisir parfait, s’inscrivant parfaitement dans le cadre de nos téléviseurs, le sport et le média se mariant à merveille. Pourquoi risquer le torticolis et l’insolation dans les gradins du court alors que votre télé vous propose le cadrage parfait, les ralentis des balles effleurant les lignes blanches, les gros plans sur les people se pavanant cachés derrière leurs lunettes de soleil, les plans de complaisance sur les beautés anonymes éparpillées dans la foule ? Après ces deux semaines de luxe et de confort, où l’arbitre peut et se doit de réclamer le silence pendant les jeux, où même la sueur sur la peau des joueurs semble un nectar, nous passerons aux choses sérieuses. Du 7 au 29 juin l’Euro 2008 de football qui se déroulera conjointement en Autriche et en Suisse va faire vibrer l’Europe tout entière. Enfin nous retrouverons toute la délicatesse de ce sport viril, les tacles appuyés (« À la limite de la régularité »), les gifles et coups de coude (« Je crois que monsieur l’arbitre ne l’a pas vu ! »), les corps étendus sur la pelouse ou évacués par civière vers les vestiaires (« Dès que vous avez des nouvelles n’hésitez pas à intervenir »). Nous aurons droit aussi aux commentaires quotidiens des aficionados, au bureau ou au café, sur la pertinence de faire jouer tel ou tel ou sur les choix tactiques de l’entraîneur, car en France comme chacun le sait « il y a soixante millions de sélectionneurs ». Dans les stades et alentours, saucisses et bières vont s’affronter, supporters et services d’ordre vont se confronter et sur les pelouses les joueurs se rencontrer. Ca va puer le graillon et les suées, ça va hurler, gronder et siffler, il y aura des olas, des rires, des pleurs et du sang. Bref du spectacle et quand vainqueurs et vaincus auront regagné leurs pénates, il sera alors temps d’envisager de suivre le Tour de France cycliste, mais d’ici là … « Que d’émotions mon cher Jean-Mimi ! »         

 

Jethro Tull : This Was

1751805333.jpgIl y a quelques jours, dans le post intitulé Mémoires d’esgourdes  où j’évoquais les musiques ayant enchanté mon année 1968, il y avait entre autres, le disque de Jethro Tull This Was. Le hasard fait souvent bien les choses puisque ce disque vient de ressortir en version remasterisée sous forme d’un double CD augmenté de bonus. Encore une bonne occasion de s’attarder et s’attendrir sur cette tranche de passé. Quand l’album sort en cette fameuse année, le premier disque de Jethro Tull, d’emblée la pochette séduit, quatre petits vieux qui nous regardent d’un air narquois, au  milieu de leurs chiens, tels des bergers ou des clochards. La photo est très belle dans sa forme et sa composition et par le maquillage réussi des musiciens. Le disque démarre sur un tempo rapide avec My Sunday Feeling, breaks et flûte en instrument leader, voilà qui est peu banal ! A l’avenir ce sera la marque de fabrique du groupe, la flûte de Ian Anderson, chanteur et meneur du gang. Pourtant sur ce premier disque, ce n’est pas encore évident, car ici l’harmonica a la part belle comme sur le titre suivant Some Day The Sun Won’t Shine, un blues délicat. Nous sommes en pleine période blues revival et chaque groupe s’y essaie, Jethro Tull lui aussi sous l’influence de son guitariste Mick Abrahams, qui lorsqu’il quittera le groupe dès l’album suivant, laissant la place à Martin Barre, verra la musique du Tull évoluer vers un rock plus progressif et plus personnel. Pour l’heure nos quatre héros cherchent encore leur voie entre blues, reprises (Cat’s Squirrel) et même jazz (Serenade To A Cuckoo un titre de Roland Kirk), balançant une musique néanmoins originale par l’apport de la flûte, la voix du chanteur et la qualité des instrumentistes d’où émergent les solos rageurs de guitare de Mick Abrahams, la basse musclée de Glenn Cornick et la batterie de Clive Bunker. On se régale sur le splendide It’s Breaking Me Up, blues langoureux, truffé de giclées d’harmonica et de guitare, on n’échappe pas au rituel de l’époque à savoir le solo de batterie sur Dharma For One et le groupe s’énerve franchement sur Cat’s Squirrel avec Mick Abrahams qui se lâche, ralentissant le rythme avant de ré-accélérer crescendo. Sur scène la prestation de Ian Anderson marquait aussi les esprit, collant et hautes bottes lacées, long manteau sombre, cheveux longs et bouclés, en équilibre sur une seule jambe, la seconde pliée sur le genou, la flûte traversière en main, il s’agitait comme un furieux, chantant et crachotant dans son instrument pour insuffler de la vigueur à son rock de ménestrel moderne. Plus tard le groupe sera reconnu internationalement avec des titres comme La Bourrée ou encore Locomotive Breath et Aqualung qui font encore les beaux jours des radios. La présente édition offre deux CD, l’un reprend le disque originel en version mono remasterisée avec en bonus des morceaux joués pour la BBC et le second CD la version stéréo du disque avec en bonus des titres issus des 45 tours de l’époque. Au final, si This Was est un album assez atypique dans la discographie fournie de Jethro Tull, il reste néanmoins comme l’un de leurs meilleurs, en tout cas le plus basique et l’un de mes préférés. Si vous ne connaissez pas cette merveille, foncez chez votre disquaire habituel pour la découvrir, il n’est jamais trop Tull pour bien faire !            

 

24.05.2008

Edward Abbey : Le feu sur la montagne

1502169481.jpgAu Nouveau-Mexique, John un vieux fermier vit seul dans son ranch avec ses chevaux et ses vaches, sur cette terre désertique accablée de soleil et peuplée de serpents et scorpions. Billy, le narrateur, est son petit-fils venu y passer les vacances scolaires. Avec Lee, l’ami de John, ces trois là vivent des moments inoubliables pour le gamin, traite des vaches, randonnées à cheval, au milieu d’une nature sauvage et difficile où le couguar peut surgir à tout instant. On pourrait croire cette étendue de désert abandonnée de tous, jusqu’au jour où l’armée décide d’en faire une zone d’essais militaires. John fait l’objet d’un mandat d’expulsion. Nous sommes aux Etats-Unis, au pays des cow-boys et des pionniers, le ranch de John a vu y mourir son grand-père et son père, aussi le vieil homme n’est-il pas décidé à abandonner sa terre. L’armée lui fera des propositions généreuses, mais rien n’y fera et c’est l’arme à la main qu’il se prépare à affronter l’armée des Etats-Unis pour défendre sa maison et sa terre, sa liberté. Jusqu’à la mort puisqu’il le faut. Une fois de plus Edward Abbey, l’auteur du Gang de la Clé à Molette, nous livre sa vision du monde où les mots liberté et nature s’écrivent avec des lettres majuscules. Ode aux grands espaces de l’Amérique mythique, l’écrivain libertaire nous donne encore un de ces bons romans qui redonne des forces grâce à des hommes simples qui se hissent au niveau de héros, ne voulant pas plier ou baisser la tête. Edward Abbey décédé en 1989 a été enterré à sa demande dans le désert et aujourd’hui nul ne sait où est sa tombe.

« Les vaches, qui pouvaient aller et venir à leur guise, mangeaient ce qu’elles trouvaient, mais ne pouvaient se contenter de cette maigre végétation pour survivre. Elles broutaient les rudes arbustes du désert – les buissons d’acacias, de chamisas, de cliffroses, d’éphèdres et de mesquites. Quand les temps étaient durs, quand les temps étaient très durs, elles pouvaient même manger les figues de Barbarie, parfois avec l’aide de leur rancher qui passait d’abord ces cactus au lance-flammes pour en brûler les épines. Si ça ne suffisait pas, le rancher devait acheter du fourrage. S’il se ruinait en fourrage, il n’avait plus qu’à vendre son bétail et attendre la pluie, attendre une meilleure année. Si la pluie tardait trop à venir, il vendait son ranch ou laissait la banque le lui prendre. Mon grand-père était un des rares ranchers indépendants qui fût parvenu, bon an mal an, à survivre à la grande roue de la sécheresse et de la crise . Il s’en était rarement bien sorti, mais il s’en était toujours sorti. »

Edward Abbey   Le feu sur la montagne  chez Gallmeister    

22.05.2008

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal : film de Spielberg

792264205.jpgVingt ans après, Indiana Jones est de retour. Le dernier volet des aventures mouvementées du héros de Spielberg La Dernière Croisade datait de 1989 lui-même ayant succédé aux Aventuriers de l’Arche Perdue en 1981 et au Temple Maudit en 1984. Je tenais à aller voir ce dernier épisode dès sa sortie en salle, non pas que je sois passionné à ce point, mais au contraire pour m’en débarrasser au plus vite, ne pas avoir à écouter les commentaires enthousiastes ou déçus, lire les analyses et articles qui fausseraient mon jugement. J’avais bien conscience du fait que deux décennies s’étaient écoulées et que si l’archéologue avait vieilli, je n’avais pas rajeuni non plus, j’étais donc prêt à visionner le film avec les lunettes qui sont la rançon du temps qui passe. Le Crâne de Cristal reprend les mêmes recettes des épisodes précédents, des aventures débridées autant qu’improbables, des ennemis non plus nazis mais soviétiques car nous sommes dans les années cinquante, des clins d’œil et références multiples comme Tintin et le Temple du Soleil, Jules Verne et Le Voyage au Centre de la Terre , l’Homme de Roswell et les extra-terrestres etc. Cette fois, nous sommes au Pérou à la recherche d’un crâne de cristal aux puissants pouvoirs et Indy devra lutter contre une dangereuse adversaire (Cate Blanchett) et sa bande de sicaires staliniens, échapper à des fourmis géantes, franchir des chutes d’eau, engager une poursuite en véhicules militaires au milieu de la jungle, décrypter des messages codés… Le mal triomphera du bien (Non?Si !), un trésor convoité s’avèrera plus philosophique que monnayable et surtout, Indiana Jones découvrira qu’il est père d’un jeune homme avant d’épouser sa mère (Karen Allen) qui se trouve être la petite amie qu’il avait dans le premier épisode de la saga. La boucle est bouclée et j’espère définitivement, car un chapitre de plus serait le chapitre de trop. Un film agréable, sans plus, qui semblera un peu mou aux plus jeunes habitués aux films trépidants et hurleurs, certainement pas le meilleur des quatre, mais qui permet de mettre un point final à ces rocambolesques aventures.

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal film de Steven Spielberg  durée : 2h05 avec Harrison Ford, Karen Allen, Cate Blanchett, John Hurt et Shia LaBeouf           

 

19.05.2008

J'arrête l'eau !

Fini, j’arrête l’eau. J’en avais le projet en tête depuis quelques temps déjà mais là c’est décidé je ne bois plus d’eau minérale. Pour autant je ne vais pas me mettre au pinard je vous rassure, du moins pas au quotidien. Non ! J’arrête l’eau minérale et je passe à l’eau du robinet, directement sans phase de transition ou de test. Je sais c’est un risque mais je l’assume, dès que ma dernière bouteille de Contrex sera vide, dans quelques heures, je la remplis de l’eau de la ville. Faut dire que je commençais à en avoir plein le dos, c’est le cas de le dire, de faire le plein. Le magnum de six bouteilles d’un litre et demi ça doit peser pas loin de neuf kilos, à vue de nez. Pour équilibrer l’effort, j’en prenais deux, un dans chaque main, et je ralliais mon appartement au quatrième sans ascenseur avec mon butin au poids de l’or et de l’effort. Longtemps j’ai pensé que c’était bon pour ma santé, exercice physique et eau, ça ressemblait au couplé gagnant. Jusqu’à ce que je tombe sur un article de presse, qui rappelait que l’eau du robinet en France – du moins – est potable. Qu’en en buvant et donc en n’achetant pas d’eau minérale on évite de consommer des bouteilles en plastique et que les dites bouteilles parcourent en moyenne 300 kilomètres entre l’usine et votre habitation, d’où coût d’énergie et gâchis de pétrole etc. Finalement le bon côté des choses était annulé par l’effet polluant de l’autre. Du moment que j’avais une bonne raison pour ne plus faire d’effort, il n’a pas fallût me le répéter deux fois. L’écologie sait parfois trouver les mots justes. Fini l’eau en bouteille, vive le jus de robinet !    

 

18.05.2008

Musée archéologique de Saint-Germain-en-Laye

452588247.jpgJe ne sais pas si vous connaissez Saint-Germain-en-Laye, mais vous devriez. Ne serait-ce que pour sa forêt ou encore le parc du château avec la terrasse qui domine la Seine mais plus encore pour son musée d’archéologie nationale installé dans les murs du château. Je sais que pour certains, l’archéologie ça sent le renfermé et la sortie forcée avec les gamins un jour de pluie et qu’on ne sait qu’en faire. Funeste erreur ! Le musée de Saint-Germain est bien au-dessus de tout cela et bien que je sois passé devant de nombreuses fois, il n’y a que un ou deux ans que j’y sois entré et je ne le regrette pas. C’est aussi pourquoi je viens d’y retourner ce week-end, non pas pendant la Nuit des Musées, mais en journée. De plus dernier argument de poids pour vous y rendre, ce musée fait partie de ceux qui depuis le 1 janvier jusqu’au 30 juin sont devenus gratuits à titre expérimental dans un premier temps, afin de mesurer l’impact de cette mesure voulue par le gouvernement.

Mine de rien ce musée est un des plus riches au monde en collections archéologique et il est royalement installé dans le château qui vit sa construction vers 1122 sous Louis VI le Gros pour en faire sa résidence royale mais dont il ne subsiste rien aujourd’hui puisqu’il fut entièrement détruit en 1346 pendant la guerre de Cent ans. C’est Charles V qui le fait reconstruire entre 1364 et 1367. Plus tard François 1 y résidera très souvent et vers 1539 il le fera reconstruire à nouveau et c’est à lui qu’on doit l’utilisation des briques. Louis XIV y naquit, y passa une partie de son enfance et il s’en fallût de peu que la Cour ne s’y installe, avant que Versailles n’ait le destin qu’on lui connaît. Devenu en très mauvais état Napoléon III voulait le raser mais grâce à la reine Victoria, en visite officielle en France pour l’exposition universelle de 1855 et qui désirait visiter l’endroit ou vécu en exil Jacques II, elle obtint de l’empereur que le château ne soit pas détruit. Celui-ci féru d’archéologie décida d’y rassembler ses collections ce qui permit par un décret du 8 mars 1862 d’y créer un « Musée d’Antiquités celtiques et gallo-romaines ».

De nombreuses rénovations menées périodiquement en font aujourd’hui un musée très agréable à visiter où les salles permettent de voyager à travers les époques du paléolithique à la Gaule mérovingienne en passant par les âges du bronze et du fer. Outils, armes, bijoux, vestiges sont admirablement mis en valeur. Comme souvent dans les musées de ce type, il n’y a pas une affluence énorme, aussi profitez-en pour vous cultiver dans un décor superbe. En sortant vous irez vous oxygéner dans le parc et en longeant l’un des murs extérieurs du château, vous y découvrirez une plaque rappelant qu’à cet endroit eu lieu en 1547 le fameux duel entre le baron de Jarnac et François de Vivonne qui fut vaincu par un coup imprévu au jarret, d’où l’expression coup de Jarnac !

Musée National d’Archéologie  Château de Saint-Germain-en-Laye  Accès par le RER A juste devant le château     

17.05.2008

Christoph Ransmayr : La montagne volante

1011462702.jpgDeux frères Irlandais, l’un est marin Pad et l’autre Liam élève des moutons et étudie les cartes géographiques sur Internet, vivent sur une île jusqu’au jour ou Liam croît découvrir à partir d’images satellite une zone inexplorée du Tibet. Ils quittent l’Irlande pour se lancer dans l’ascension d’un sommet himalayen inviolé, une « montagne volante » selon les légendes des nomades khampas, tombée des étoiles et qui y remontera un jour. L’aventure devient quête et les deux frères pousseront leurs liens familiaux jusqu’à leurs limites, prétexte à une introspection pour Pad qui rédige ce récit, se remémorant la séparation de leurs parents, leur père plus ou moins membre de l’IRA etc. La vie et la mort sont indissociables, Pad y rencontrera l’amour avec Nyema la belle Tibétaine alors que Liam y laissera la vie.

L’écrivain Autrichien Christoph Ransmayr a mis plus de dix ans pour écrire ce roman après de longs voyages et il connaît très bien les lieux évoqués dans ce livre. Un très beau livre mais il faut faire l’effort au début, d’accepter la forme adoptée par l’auteur. Tout le livre est constitué de strophes de longueurs inégales sans qu’on en comprenne la logique (« La phrase flottante – ou mieux : la phrase volante – est libre et n’appartient pas seulement aux poètes » écrit Ransmayr dans sa préface) la ponctuation trouble aussi un peu et certaines tournures de phrases légèrement déconcertantes font du bouquin une sorte de long poème épique découpé en dix-huit chapitres. Une fois la surprise dépassée, le style et la langue écrite vous porteront vers les plus hauts sommets avec nos deux héros.

« et j’appris donc plus tard seulement, des jours, des semaines / plus tard, que les hampes de ces drapeaux de prière étaient / effectivement des clous, des clous avec lesquels les hommes / devaient fixer au monde l’ourlet de la montagne, / le clouer afin que la montagne reste auprès d’eux, et ne mette / pas à profit les tempêtes, si puissantes que les rochers / eux-mêmes étaient balayés comme flocons de neige, / pour reprendre son essor et se dissiper dans les airs. »

Christoph Ransmayr  La montagne volante  Albin Michel 

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