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20/08/2016

Le Certificat d’études

On peut dire que le Certificat d’études est très lié au mois d’août, puisque c’est le mois qui l’a vu naitre et mourir !

Par la circulaire du 20 août 1866, Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique de Napoléon III, institue un certificat d'études primaires (CEP) destiné aux  élèves qui auraient subi avec succès un examen portant sur l'enseignement obligatoire. L'examen comporte alors, trois épreuves écrites (orthographe, style, calcul) et cinq épreuves orales (lecture, histoire sainte, grammaire, calcul au tableau, système métrique). L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée et l'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne à l'ensemble des épreuves et s'il n'a pas fait plus de dix fautes à la dictée.

Au début, l'organisation de cet examen est laissée à la libre discrétion des conseils généraux qui administrent les départements et il faudra attendre un arrêté de Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique sous la IIIe République, en 1882, pour qu'enfin l'examen soit organisé sur une base nationale. Le « certif » - comme on dit - va très vite devenir le sésame des jeunes paysans méritants vers les emplois de la fonction publique et un moteur puissant d'ascension sociale. Il va aussi contribuer à la sanctification de l'école et de la culture classique (souci de l'orthographe et de la calligraphie, passion pour l'Histoire...). Pourtant, même après la Seconde Guerre mondiale, il ne sera octroyé qu'à la moitié de chaque classe d'âge, les instituteurs ne présentant à l'examen que leurs meilleurs éléments.

C'est ainsi que pendant longtemps, pour la majorité des lauréats, il marque la fin de l'instruction obligatoire et l'entrée dans la vie active. Le certificat d'études primaires sanctionnait une scolarité primaire plus longue que celle d'aujourd'hui et couronnait un cursus de sept ans : après les deux années de cours moyen, il y avait encore deux années de Classe de fin d'études primaires, suivies par des élèves qui n'étaient pas entrés dans l'enseignement secondaire.

La réforme de 1959 du ministre de l'Éducation nationale, Jean Berthoin, prolonge l'instruction obligatoire jusqu'à 16 ans. Les classes de fin d'études primaires disparaissent peu à peu, avec l'allongement de la scolarité obligatoire, puis la mise en place du collège unique en 1975. En 1972, le certificat d'études primaires ne s'adresse plus qu'aux adultes et en 1987, ils sont moins d'une centaine de candidats. Cette très importante diminution est due au fait que le certificat d'études était le premier niveau de diplôme exigé pour pouvoir être titularisé dans la fonction publique. Mais à partir de 1983, les personnes qui ne sont plus soumises à l'obligation d'instruction (âgées de 16 ans et plus), sans diplôme et sans qualification professionnelle reconnue, peuvent présenter le Certificat de formation générale (CFG), son obtention donne l'équivalence du CEP.

Conséquence logique, le 28 août 1989, le certificat d'études primaires est supprimé, mettant fin à une existence de plus de cent ans.

 

« Dans le peuple, l’examen du certificat d’études primaires avait pris, pour clore l’enfance, tous les caractères d’une consécration que la première communion avait perdus. » Raymond Abellio « Ma dernière mémoire »

 

05:00 Publié dans Echos du monde | Tags : école | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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