30.09.2008
Où étiez-vous ?
Où étiez-vous le jeudi 25 septembre ? Je suis en droit de m’interroger et par là même de vous poser la question. J’ai consulté les statistiques de fréquentation de mon blog, c’est un peu notre audimat pour nous les bloggers. Horreur, oh ! Désespoir ! Le 25 septembre personne n’est venu sur mon blog, aucun lecteur, résultat affiché zéro ! C’est la première fois depuis la création de ce site que je fais un résultat aussi minable, j’en suis encore abasourdi et même dépité. C’est d’autant plus accablant que depuis quelques semaines vous étiez plus nombreux à fréquenter régulièrement Corboland78. Alors quoi ? Vous aviez organisé une méga teuf et vous ne m’avez pas invité, me laissant seul devant mon écran, moi qui me décarcasse chaque jour pour vous fournir matière à lire, peut-être même à sourire, denrée rare s’il en est. Ce n’est pas juste ! En fait, c’est tellement incroyable que maintenant que j’y réfléchis à tête reposée, j’ai l’impression que c’est le calculateur de visiteurs utilisé par l’hébergeur de mon blog qui a dû tomber en panne ce jour là. Je pense que c’est la seule explication logique, bien sûr, vous ne m’auriez pas laissé tomber comme cela. N’est-ce pas ? Hein…?
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29.09.2008
On n'arrête pas le progrès
Depuis plusieurs mois déjà, se dévoile un nouveau jouet du progrès, une nouvelle merveille de la technologie, le fameux livre électronique. A l’instar de l’Ipod qui stocke un nombre phénoménal de morceaux de musique dans un petit objet au faible poids et encombrement, le livre électronique peut contenir une centaine d’ouvrages dans une petite tablette au format d’un livre de poche mais d’une épaisseur de quelques millimètres à peine. Différents boutons permettent de faire tourner les pages ou de se déplacer dans le texte. Je vous passe la description technique (augmentation de la taille des caractères par exemple, signets pour marquer une page etc.) qui peut varier d’un modèle à un autre, l’essentiel est là, nous pourrons bientôt nous balader avec notre bibliothèque dans notre poche de chemise ! L’objet marche déjà très fort au Japon et on le comprend aisément quand on songe aux Tokyoïtes tassés comme des sardines dans leurs métros, se tenant d’une main à la barre et de l’autre maniant d’un doigt leur livre électronique. Je ne me risquerai pas à critiquer cette évolution technologique à laquelle je céderai peut-être, j’ai bien un Ipod pour transporter ma musique dans les transports en commun. Néanmoins, je suis certain que je regretterai le poids du livre dans ma main, la texture du papier selon les collections ou les éditeurs, leur odeur quand ils sont très neufs, leur odeur quand ils sont très vieux, les jaquettes, bref l’objet en lui-même, le contenant avant le contenu. Il est évident que c’est le contenu qui prime, la qualité du texte qui prévaut sur la forme où il est offert, pourtant l’un ne va pas réellement sans l’autre. Un bon texte dans un beau livre donnera plus de plaisir que ce même texte dans une édition pourrie. Et le plaisir de contempler sa bibliothèque ? Cet aspect Harpagon, contemplant son or n’est pas négligeable dans les plaisirs collatéraux de la lecture. Et puis, pourra-t-on écrire ou souligner des phrases ou des mots dans ce livre électronique ? Je suppose que oui car techniquement ça me semble concevable. En effet quand je lis un livre, j’aime bien en souligner des passages que je trouve bien tournés, ou riches de sens ou encore avec lesquels je ne suis pas d’accord. J’ai aussi l’habitude, de souligner les mots que je ne connais pas, afin, de retour chez moi, dans rechercher la signification dans mes dictionnaires. Je me voyais très bien continuer à utiliser mes livres comme autrefois, tournant les pages d’un doigt humide, déplaçant le marque page au fur et à mesure de ma progression dans l’ouvrage, jusqu’à ma fin. Il semble que le futur voit les choses autrement. Par contre le livre électronique offrira un dernier avantage qui n’est pas des moindres, il interdira les autodafés comme dans Farenheit 451 !
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28.09.2008
Un petit grain
Le ciel est parfaitement bleu, le soleil brille tant qu’il peut, dimanche matin magnifique, le moral est à son zénith, l’envie de sortir nous taraude sans plus attendre. Promenade sans but précis dans la ville silencieuse à l’heure des grasses matinées, traversée des parcs publics où les chiens en laisse font leurs petites cochonneries sous l’œil émerveillé de leurs maîtres qui se remémorent la sentence digne de Diafoirus « qui chie bien, va bien ». Les joggers lâchés dans la ville se répandent sur le macadam la gambette plus ou moins bien galbée, dans des processions ahanantes et suante, plus tard la musique métallique des moyeux et dérailleurs bien huilés des pelotons du dimanche viendra compléter le tableau. Nous déambulons, profitant de la douce chaleur du soleil montant, sans nous rendre compte que nos pas emboîtent un courant encore indistinct, d’hommes et de femmes qui semblent se diriger tous vers un lieu précis. Il est encore trop tôt pour la messe dominicale, il n’est pas l’heure du salut de l’âme, par contre il est déjà temps de penser au confort de l’estomac, cabas et paniers à roulettes se hâtent vers le marché. Tout comme les pigeons se regroupent autour d’un maigre quignon de pain, une partie de la ville crée une foule dense sous la verrière du bâtiment où les charcutiers, poissonniers et marchands de légumes exposent leurs produits en pyramides ou étalages plus appétissants les uns que les autres. Autour du hangar à bouffe, les marchands de DVD et de fringues, une sous caste des professionnels des marchés, tentent de fourguer leurs produits. Nous entrons dans le temple, la cérémonie est commencée depuis longtemps déjà, les files sont plus ou moins longues devant les commerçants, certains attirent par leur boniment humoristique, d’autres repoussent par leurs prix trop élevés ou la qualité de leurs produits, d’un coup d’œil circulaire rapide, les bons artisans sont distingués des mauvais. On se hèle dans les allées, on se heurte dans les travées, certains tentent de resquiller dans la queue, d’autres veulent goûter à tout avant d’acheter, on tend de gros billets en s’excusant de ne pas avoir la monnaie, on pèse, on découpe, on tranche, des prix sont annoncés, des remises sont proposées, on bavarde avec l’un tout en servant une autre. Des lièvres et des volailles pendus au-dessus des étals nous rappellent – un court instant – qu’il y a peu encore ils courraient ou caquetaient heureux d’être vivants. Un espadon entier sur un lit de glace, attire le regard des gamins. Puisque nous sommes ici, j’achète une énorme grappe de raisin « Vous m’en direz des nouvelles ! » m’a prévenu le vendeur en me tendant quelques grains afin que je vérifie ses dires. Nous repartons, lesté de mon kilo de fruits, j’applique la méthode des aérostiers, je commence à grappiller dans le sac, tout ce qui est mangé allège mon fardeau et facilite notre retour. Soit la route était longue, soit j’ai trop plongé ma main dans le sac, toujours est-il que le raisin était si bon, qu’il n’en restait pas un grain quand nous sommes rentrés chez nous.
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27.09.2008
Le petit coin
Paul cherchait un appartement depuis longtemps déjà. Trop longtemps même. Aussi, quand le type de l’agence lui proposa un deux pièces mais dans un immeuble ancien, Paul était presque prêt à signer sans visiter l’endroit.
Le logement perchait au dernier étage, le sixième, d’une vieille bâtisse dans le centre de Paris. L’appartement était confortable, spacieux et clair ; Paul était enchanté surtout que le loyer n’était pas exorbitant.
- Le seul petit inconvénient, c’est pour les toilettes.
- Ah ! Oui ? Au fait, où sont les WC ? J’ai vu la salle de bain mais pas les toilettes.
- C’est sur le palier.
- Ah ! ?
- Mais enfin, un si bel appartement pour un si petit loyer, à ce prix là vous ne trouverez pas mieux.
Il fallait prendre une décision rapidement, il n’était pas seul sur l’affaire mais il avait la priorité. Vite il réfléchissait, pesant le pour et le contre. Après tout, on ne passait pas sa vie aux chiottes, oui mais quand on est malade…. Oh ! Ca suffit !
D’accord je signe !
Paul avait signé le bail et le chèque, on lui avait remis les clés, il pouvait emménager dès qu’il le voulait. Les peintures et les papiers peints étaient en bon état, pour l’instant ça ferait l’affaire. Une semaine plus tard il était installé dans son nouveau logis.
La première fois qu’il y alla, ce fut pour visiter. En sortant de chez lui, c’était à droite au bout du couloir, une quinzaine de mètres tout au plus. Une porte en bois que l’on poussait, un loquet permettant de s’isoler et une minuterie pour la lumière, donc son temps serait compté se dit-il. L’endroit, vaste pour des WC proposait des cabinets à la Turc en émail blanc et les murs peints en gris étaient pisseux ce qui était la moindre des choses vu les lieux.
Sur l’un des murs latéraux une petite étagère et en dessous, un crochet métallique d’où pendaient des feuilles de papier journal, coupées en morceaux réguliers, par un esthète de l’étage peut-être ? Au plafond, une sorte de petit vasistas actionné par une tige de ferraille permettait d’aérer.
Paul en était là de ses investigations quand il entendit des pas dans le couloir. Il se dépêcha de sortir, pas assez vite néanmoins car il se retrouva nez à nez avec un vieux monsieur qui s’engouffra dans les lieux en maugréant « Pff ! Ça ne tire même pas sa châsse ! ». Paul allait répondre, mais que dire ? « Je ne faisais que visiter ! ». N’importe quoi ! En tout cas il était repéré, dès le premier jour ! Derrière la porte c’était l’avalanche. Paul rentra chez lui.
Dans l’après-midi il retourna aux toilettes pour uriner. Quand il tira la chaîne, des masses d’eau envahirent la cuvette et débordèrent sur ses chaussures. A l’avenir il faudrait faire gaffe et se reculer bien vite une fois actionné le système d’évacuation des eaux. En sortant, personne dans le couloir qu’il devait parcourir dans sa totalité pour réintégrer son logement. L’étage était constitué de ce long couloir, à un bout les toilettes et à l’autre l’escalier. Six logements répartis équitablement, trois à droite et trois à gauche du corridor. Paul habitait le premier à droite en venant de l’escalier.
Pour Paul il s’agissait d’une véritable expérience que ces chiottes en commun. Jusqu’à aujourd’hui il n’avait connu que des cabinets privés, que ce soit chez ses parents ou bien dans les différents appartements ou même studios qu’il avait habités depuis qu’il était indépendant.
De ses erreurs des premiers jours il en avait déduit quelques règles élémentaires. D’abord, pour pouvoir pisser (ou autre) tranquille, éviter les heures de pointe. C’était le plan « Pissons futé ». La plus mauvaise heure de la journée, c’était le soir, après le film de la télévision. Dès le générique de fin, les portes commençaient à claquer, la foule se pressait dans le couloir. Les plus chiants, si j’ose dire, étaient ses voisins d’en face qui vivaient à quatre dans un petit gourbi et qui partaient ensemble aux gogues. Pendant que l’un officiait, les trois autres attendaient devant la porte. Puis tout ce beau monde allait se coucher. Un des premiers soirs, ignorant tous ces petits rituels, Paul était sorti pour déposer son obole dans le vase adéquat. Juste comme il ouvrait sa porte, la bande des quatre en faisait autant et ce fut un sprint à cinq dans le couloir étroit. Arrivé premier, Paul ne s’éternisa pas, d’autant que ça piétinait d’impatience derrière la porte.
L’autre mauvaise heure, c’était le matin entre sept et huit, avant de partir travailler. Mais là, pas de problème pour lui, car il se levait à six heures ! Ca c’étaient les règles générales, car bien entendu il y avait les imprévus. Un après-midi qu’il ne travaillait pas, alors qu’il était en posture depuis un petit moment, tranquille sur son trou comme Noé sur son Arche, les pieds bien à plat, le dos courbé juste ce qu’il faut pour assurer son équilibre, tout schuss en somme, une cavalcade dans le corridor, on se rue sur la poignée de la porte, on force !
- M’man ! Y a quelqu’un ! pipi !
- Tu ne pouvais pas le dire plus tôt ?
Le gamin s’accrochait à la poignée en gémissant. Sa mère s’approcha.
- Toc ! toc ! Excusez-moi, c’est pour le petit …
- Pipi ! pipi ! maman !
Paul ne bronchait pas, ne sachant s’il devait se retenir ou au contraire essayer d’accélérer le processus. La situation devenait gênante.
- Toc ! toc ! Mais il n’y a personne ?
On n’allait pas entamer une discussion dans cette position, Paul renifla négligemment pour signaler sa présence. Le gamin continuait de pleurnicher, derrière la porte le dénouement approchait.
- Ca y est maman ! J’entends le papier, ça s’essuie la –dedans !
Paul tira la châsse et sortit en trombe.
- Vous m’excuserez monsieur, mais c’était le petit…
- Mmmm…
Paul rentra chez lui, un reste de papier cul en boule dans sa poche. Tiens ! Le PQ, ne jamais l’oublier chez soi ! Remarquez on peut l’oublier une fois, mais pas deux ! Le jour où c était arrivé à Paul il avait dû ruser pendant une demi-heure pour pouvoir enfin accéder aux goguenots. Parvenu aux cabinets, il s’installe à la hâte, commence (schlofff !) Et soudain il réalise qu’il a oublié son paquet de Trèfle ouaté trois épaisseurs. Aucune feuille de journal ne pend au crochet. Angoisse. Stupeur et tremblements. Obligé de se finir chez lui après être rentré à petits pas comptés.
Maintenant Paul connaît les habitudes de tous ses voisins. En face, la bande des quatre, puis les deux vieux qui ont du mal à marcher. Une fois sur place ils profitent de l’arrêt pour se reposer avant de regagner leurs pénates. Ce sont eux qui approvisionnent le crochet en papier journal. Le dernier logement de ce côté du couloir est occupé par une jeune femme avec un petit garçon, celui qui attend la dernière minute pour aller pisser. En sens inverse quand on revient des toilettes vers chez Paul, le premier appartement est habité par un célibataire qui a pour habitude de lire le journal ou des revues dans les water-closets et il prend son temps le bougre. Quant au voisin immédiat de Paul, c’est l’étudiant, que Paul nomme « le siffleur ». Toute la journée il siffle à tue-tête et quand il va aux latrines il pisse comme une vache en sifflant à tout berzingue. L’avantage avec lui c’est qu’il n’y a pas à se déplacer pour savoir que le petit coin est occupé.
Paul s’était donc habitué à ce rythme de vie quand les premiers graffitis firent leur apparition. C’était en fin de journée, il venait tout juste de rentrer du travail, quand une envie taraudante le poussa vers l’endroit. Soulagé il allait ressortir quand son regard fut accroché par une phrase écrite à la craie sur le mur « C’est crado ici ». Des graffitis sur un mur de chiottes c’est assez courant, pourtant là, quasiment chez lui, c’étaient les premiers et ils étaient déplacés.
L’inscription resta telle quelle pendant trois jours. Le quatrième on rajouta de la même écriture, « Et ça pue ». Ce qui au départ passait pour une manifestation passagère prenait de l’ampleur. Paul s’en amusa. Voilà quelque chose d’assez intrigant pour m’occuper l’esprit pendant mes haltes forcées dans cet endroit, pensa-t-il. Qui pouvait écrire cela ? La bande des quatre, peu probable, avec leur manie d’aller pisser en délégation, ça ne collait pas. Les deux petits vieux, allons, allons, certainement pas. La jeune femme avec le bambin ? Non, pas une femme. Restaient l’étudiant et le célibataire. Voici des coupables plus plausibles.
Désormais il allait aux toilettes avec plaisir, quel serait le prochain message ? Rien pendant une semaine. Paul décida de contre-attaquer. Il acheta une boite de craies de couleurs et à son tour il inscrivit, en bleu, une réponse aux avis écrits en blanc, « C’est vrai ! ». La réponse ne se fit pas attendre, dès le lendemain, on pouvait lire « Enfin ! ». Par un accord tacite, une correspondance venait de débuter entre deux écrivains anonymes.
Après avoir critiqué l’état des lieux en termes châtiés, les réflexions abordèrent un thème plus général, « Demain le printemps », « Le soleil entre par le vasistas ». Puis vint le jour où les questions personnelles firent leur entrée, « Aimez-vous la mer ? ». Paul se prêta de bonne grâce à la tournure des évènements.
Au début les inscriptions s’étalaient en grand sur les murs, mais maintenant les écrivains devaient réduire les proportions de leur prose sinon les murs des WC n’y suffiraient plus. Cette relation par écrits muraux dura plusieurs mois, jusqu’au jour où Paul déménagea de nouveau. Il avait déniché un appartement plus grand avec toutes les commodités à l’intérieur cette fois.
Les déménageurs faisaient la navette entre le deux pièces et le camion, une caisse sur l’épaule. Paul leur prêtait la main. Comme il descendait l’escalier avec un des derniers cartons dans les bras, il croisa la jeune femme et son gamin.
- Bonjour !
- Bonjour ! Vous déménagez ?
- Oui, ce soir je ne serai plus là. Je descends ce dernier paquet.
- Ah ! … Bon, hé ! bien, adieu…
- Merci.
- Oh ? Vous avez des traces de craie bleue sur votre pull-over.
- Quand on déménage, il est rare qu’on ne se tâche pas.
La jeune femme s’éloigna, l’air songeur, essuyant discrètement les traces de poudre blanche maculant le bout de ses doigts.
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| Tags : le petit coin, les wc, le pq |
25.09.2008
Do you want to know a secret
Depuis des années tous les fans des Beatles attendent la sortie en CD remasterisés de l’œuvre des Fab’Four. Chaque année la rumeur refait surface comme le monstre du Loch Ness mais à chaque fois il ne s’agit que de bruits sans fondement. Pourtant ces derniers mois, le frémissement devient plus perceptible et Rock’n Folk dans son édition qui vient de paraître, annonce en deux lignes, l’évènement pour 2009. Nous avons déjà eu un avant goût du bonheur que nous espérons intensément, au milieu des années 90, les trois doubles-CD de l’Anthologie, un ensemble de versions de travail ou de mixes rares qui circulaient sous le manteau livrés ici dans des conditions d’écoute maximisées. Enfin en 2006, le projet Love, un spectacle sur les Beatles, fournissait un disque au son ahurissant mais les bandes originales avaient été légèrement retouchées et pouvaient faire hurler les puristes (Je pourrais aussi évoquer Let It Be Naked et la réédition du Yellow Submarine). Ces sorties nous ont rendus quasi fous, car nous avons humé le parfum de la perfection à portée de main. Si demain l’information s’avère ne pas être une intox, nous allons pouvoir rêver pendant quelques mois … Car j’espère une réédition définitive, tout le catalogue remasterisé avec un son parfait, chaque CD doublé par un second contenant les singles face A et B sortis à la même époque et un joli livret de textes et photos. Je sais que ça me coûtera la peau des fesses, mais que sont mes fesses comparées au bonheur de mes oreilles, je vous le demande ? Il sera alors temps de ressortir de ma bibliothèque l’extraordinaire bouquin de Mark Lewisohn The Complete Beatles Chronicles, qui reprend jour par jour toutes les sessions d’enregistrement de tous les titres des Beatles, avec tous les détails techniques ou humains de ces sessions. Une somme ahurissante autant que colossale de connaissances à remettre in situ, en écoutant, décortiquant toutes les mélodies magnifiques des Quatre de Liverpool. « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, petit Jésus fait que mon rêve se réalise dans les prochains mois ! » Let It Be.
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24.09.2008
Ca se passe chez nous
Vingt dieux la belle église ! « Toute l’Info » notre journal interne d’entreprise vient de sortir et c’est une pin-up épaules nues, sourire Colgate qui rédige l’édito. Pourtant en lisant la signature Christine M. il s’agit bien de notre Directrice Générale, comme chaque mois. Pourquoi mon éblouissement soudain ? Peut-être parce que la photo accompagnant le texte n’est pas la photo habituelle, une photo nouvelle mais plus datée, ou comment faire du neuf avec de l’ancien. J’ai été bluffé, donc bien joué ! Sinon, le DRH s’est félicité d’avoir réussi à fermer deux magasins tout en recasant tout le personnel dans le Groupe. Là c’était donc, comment faire du vide sans faire de vagues. Bien joué aussi ! Enfin il y est aussi question de la rénovation de notre magasin situé à Parly2 avec « des sols en parquet » une réelle innovation quand on se rappelle qu’il y a à peine quelques années, on tablait sur un concept minimaliste du genre hangar, avec des sols qui ne semblaient pas terminés. Là encore comment faire du neuf avec de l’ancien, une idée qui elle reste indémodable.
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23.09.2008
Les salopes !
Vous le savez je ne suis plus très friand des spots de publicité dont nous abreuvent les chaînes de télévision. J’irai même jusqu’à dire que ça me sort par les yeux, aussi dès que le jingle annonce la séquence hurlante, je zappe vite fait. Mes ces sagouins ont tout prévu, toutes les chaînes passent leur spots aux mêmes heures, alors je coupe le son, c’est déjà un moindre mal. L’inconvénient c’est que dans ce silence brutal, j’entends parfaitement toutes les chasses d’eau de l’immeuble qui se déclenchent à l’unisson, d’où j’en conclus que si la pub me fait chier, elle donne envie de pisser à mes voisins. Tout cela pour vous dire que je ne suis plus très au courant des tendances publicitaires des annonceurs et que je suis tombé des nues quand ces derniers jours, faiblesse ou zappette hors de portée, je me suis trouvé contraint de visionner quelques pubs. Volontairement je ne cite pas les marques, assommé par leurs excès et intrusion forcée dans ma vie, je ne vais pas leur faire ici une publicité supplémentaire et gratuite !
Un premier spot m’a interpellé, c’est celui d’une marque automobile Française, où un jeune gars propose à sa femme de camper devant le concessionnaire la nuit précédant le jour des promotions. Le type est sympa, prêt à tous les sacrifices pour sa chérie, laquelle accepte l’idée sans barguigner. Au matin, quand ils se réveillent, ils sont cernés par un camping sauvage d’autres gens qui ont eu la même idée. La femme du jeune gars lui tire alors une tronche d’enfer et on sent bien qu’il va porter le chapeau pour leur déconvenue. Si elle était si maligne elle n’avait qu’à proposer une autre idée, quelle salope !
Autre pub, un marchand de canapés nous montre une jeune femme tellement entichée de son divan en cuir qu’elle n’imagine pas pouvoir dormir ailleurs et que pour bien dormir il faut dormir seul. C’est là qu’on atteint le summum de l’esprit retors féminin, tandis que le mari se brosse les dents dans la salle de bain à l’heure du coucher, elle prend une de ses petites culottes dans sa commode, et se rue vers le malheureux innocent en hurlant quasi hystérique qu’il est un beau salaud, en brandissant sa lingerie comme si elle l’avait trouvée dans la poche de veste de son époux. L’assommant de cris et reproches, elle le plante ahuri dans la salle d’eau et se rue vers son canapé pour y passer la nuit seule et le punir. La salope !
Ces quelques minutes m’ont suffit pour me rappeler que si je n’avais pas un goût très prononcé pour ces mercantiles trivialités c’est qu’il y avait de bonnes raisons.
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| Tags : les salopes, les publicités, pub |
22.09.2008
Les marrons
C’est aujourd’hui l’automne d’après le calendrier mais depuis plusieurs semaines déjà les marrons jonchent les allées autour de chez moi. Encore un réflexe d’enfance certainement, je suis resté un éternel gamin dans ma tête, dès que j’aperçois sur le sol une de ces petites boules brillantes et lisses, je ne peux m’empêcher d’en ramasser une pour la caresser tout en me promenant. Ca agace ou fait sourire ma femme, ça dépend de son humeur du moment, mais je n’en ai cure, quel mal y a-t-il à rouler entre mes doigts cette petite merveille de la nature au poids idéal, à la texture parfaite ? Je suppose que cela rejoint la même motivation que ceux qui égrainent inconsciemment leur chapelet, ou ceux encore qui malaxent une boule de mousse décontractante. Le rouler de marron l’amuse plus qu’autre chose, ce qui l’énerve plus c’est quand au hasard de nos promenades, je m’arrête pour observer des coléoptères, ou que je me penche vers un objet non identifié, capsule écrasée, briquet Bic explosé, boulon rutilant, etc. tous ces trésors qu’enfant j’aurais entassé dans une boite planquée au fond de mon placard. Trop vieux pour continuer à me livrer à cette activité, ou pas encore assez âgé pour qu’on me le pardonne, je ne fais que regarder ou titiller de la pointe de mon bâton de marche. Quand l’attrait est trop fort, je ramasse quand même, sous les soupirs d’exaspération de ma moitié, avant de rejeter plus loin, ce qui fera le bonheur j’en suis certain, d’un autre moi, beaucoup plus jeune et qui passera par là.
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21.09.2008
La roue de l'infortune
Ma femme passe beaucoup de temps devant son micro-ordinateur, c’est un de ses plaisirs. Quand je dis son, je devrais dire ses, car elle possède deux micros. Un gros PC de bureau encombrant devenu vieillot et qui rame pas mal, ainsi qu’un PC portable récent équipé de Vista. Quand elle n’avait que son vieux PC, elle avait acheté un bureau « spécial ordinateur », avec le plateau coulissant pour y mettre le clavier. L’inconvénient majeur avec ce type de meuble c’est qu’il ne reste aucune surface libre pour poser un document sur le bureau, comme de plus il avait été acheté chez un Bricolex ou assimilé, il branlait méchamment quand on se servait du micro. J’avais prévenu ma femme de ces inconvénients à venir mais ne tenant pas compte de mon avis elle avait acheté et monté son meuble toute seule. Quelques mois plus tard, l’un des pieds à roulette du bureau lâcha prise et le meuble dégagea sur le trottoir le jour du ramassage des encombrants. Finalement nous en revînmes à mon idée, un grand plateau épais posé sur des tréteaux, où elle peut désormais installer ses deux micros, une lampe, un pot à crayon et des documents si nécessaire. Le confort. Enfin presque, car maintenant il lui fallait un fauteuil. Sur un coup de tête elle s’est offert un siège ergonomique dont la forme rappelle plus un appareil de salle de musculation qu’un fauteuil. Disons que cela ressemble à un hybride entre une luge et un prie-dieu monté sur roulettes. Inutile de vous dire que je ne me suis jamais risqué sur cet engin, n’étant pas possesseur du permis adéquat ! Comme souvent sur les coups de tête on achète n’importe où, ici un magasin dont le nom m’est complètement inconnu et situé dans une banlieue très lointaine où elle était passée par hasard. Depuis plusieurs jours, une des roues du fauteuil a cédé. Bien entendu, ce qui semblait une roulette commune, s’est avéré un modèle particulièrement rare, peut-être unique ? Car nous avons beau errer de magasins en magasins, la roue à la main, nulle part nous ne trouvons sa sœur. La forme, le diamètre, sont standards, mais la tige qui fait la liaison entre la roue et le pied du siège est d’un modèle complètement inconnu des spécialistes qui restent dubitatifs devant le problème posé. On peut invoquer la fabrication à l’étranger mais ça ne résout pas mon problème. Son siège est désormais bancal, un comble pour celui qui se voulait ergonomique. Ah ! Quand les roues pètent… Je nous donne quelques semaines de recherches encore, c'est-à-dire qu’en fait j’attends le prochain jour de ramassage des encombrants pour que le fauteuil boiteux rejoigne le bureau bancal au paradis des meubles de merde.
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| Tags : fauteuil ergonomique, chaise à roulettes |
20.09.2008
Paul Nizon : La fourrure de la truite
Tout d’abord évacuons un quiproquo possible, il s’agit d’un livre de Paul NizOn (né à Berne en 1929 mais installé à Paris) et non pas de Paul NizAn (écrivain français 1905-1940). Un livre relativement mince au format agréable, un titre énigmatique qui ouvre la porte à l’imagination, nous sommes dans le domaine de la poésie en prose, de l’onirique et de la déambulation urbaine. Le texte écrit à la première personne nous apprend que le narrateur vient d’hériter de l’appartement de sa tante défunte, dans le nord de Paris entre la Butte Montmartre et la Porte de Clignancourt. Immédiatement on devine que le héros est encombré par ce legs, comme une poule ayant trouvé un couteau. La formule est connue mais correspond bien, par sa référence aux volatiles, à notre personnage du nom de Stolp, car descendant d’une famille d’acrobates, il doit vivre libre comme l’air et l’on sent qu’il a du mal à atterrir, que son rêve est de vivre comme les hirondelles ou les martinets, qui jamais ne se posent comme il le dit lui-même. A l’étroit dans cet appartement il part dans les rues du quartier, à l’aventure, dans les cafés ou et les restaurants. Au Bar du Football il rencontrera Carmen, mais son esprit reste hanté par une lithographie exposée dans une boutique proche de son nouveau domicile représentant une femme en fourrure, dans une pose sensuelle, surnommée La Truite. Le roman est mince à la dimension de son scénario, les amateurs de romans construits sur des histoires solides, des intrigues ou des rebondissements seront déçus, ici tout est dans le style, léger voire aérien comme la vie du narrateur. C’est très beau, facile à lire mais peut-être pas à conseiller à tous, moi-même je ne suis pas trop amateur.
« Pourquoi avoir acheté cette lithographie ? Pour l’avoir ? Ou plutôt pour ne plus l’avoir – sous les yeux, dans la vitrine ? En tout cas il n’était pas question que je l’aie près de moi. J’allais la donner à Carmen. Alors un grand abattement s’empara de mon être, au moment où, dans la pénombre de l’appartement, mes yeux tombèrent sur l’arrière-cour vide de pigeons. »
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