31.10.2008
Halloween
Après la nuit magique du week-end dernier, voici la nuit d’Halloween. J’ai ressorti d’un placard ma citrouille en plastique orange d’un esthétisme kitsch certain et j’y fais brûler une bougie. C’est juste pour marquer le coup et apporter une touche rigolote à la décoration habituelle de mon terrier. Je ne me balade pas vêtu comme Merlin au milieu de toiles d’araignées factices en ruminant des imprécations mystérieuses, il ne faut pas exagérer. La nuit tombant vite à cette époque, les bougies se prêtent bien à créer une ambiance et c’est comme une répétition avant les fêtes de fin d’année. J’aime assez ces traditions qui me ramènent à mon enfance pour quelques heures, même si Halloween m’était inconnue à cette époque, quand la vie était insouciante et qu’elles exaltaient mon imagination. Lumières tamisées ou flageolantes, le décor est planté pour passer une chaleureuse soirée d’automne ou d’hiver.
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30.10.2008
Le marionnettiste
La poupée vaudou à l’effigie de Sarkozy, quelle affaire ! Déjà le mec qui l’a créée il a sûrement pas inventé l’eau tiède car c’est vraiment benêt, ni drôle ni choquant mais ridicule et sans intérêt. Là-dessus l’autre qui aurait pu l’ignorer et on n’en aurait jamais entendu parler, personne n’aurait acheté cette niaiserie, voilà qu’il attaque en justice et qu’en plus il se ramasse ! Non content il fait appel pour attiser la gourmandise médiatique. Je ne peux pas croire que ce ne soit pas calculé et réfléchi par une armada de conseillers en communication, ça fait partie d’un plan bien sûr. Notre président se sacrifie, il s’immole en public pour nous arracher un sourire. Par ces temps de crise et d’apocalypse en marche, quand le bulletin d’informations ou le journal télévisé se termine par l’évocation de cette « affaire » nous ne pensons plus pendant quelques instants aux horreurs vues ou entendues précédemment et nous pouvons nous délecter de ce ridicule précieux. On agite la poupée mais c’est nous que le marionnettiste manipule.
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29.10.2008
Demandez le programme
Ca bouge à la TV ! Début 2009 les spots publicitaires vont disparaître des antennes de France Télévisions et les programmes devraient commencer plus tôt c'est-à-dire bien avant 21h. Par ailleurs Thierry Saussez le responsable de la communication gouvernementale qui dans un premier temps avait annoncé la création d’une émission où le gouvernement viendrait expliquer aux Français sa politique, a reculé sous la pression des syndicats et envisage maintenant des spots « publicitaires » plus longs consacrés aux communications gouvernementales. On pensait être débarrassé du matraquage publicitaire obscène des marques, on va récupérer en contrepartie le matraquage politique obscène du pouvoir ! J’ai l’impression de revenir aux temps historiques de la télévision quand le pouvoir Gaulliste y faisait sa pluie et son beau temps. J’attends avec impatience la rediffusion du feuilleton Thierry La Fronde et le petit train des interludes. Et si France Télévisions voyant ses moyens financiers réduits par l’absence de rentrées publicitaires devait supprimer des émissions, qu’elle n’oublie pas nos vieux en affichant une mire, une pendule avec la trotteuse des secondes, ça occupe les anciens sans trop les fatiguer.
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28.10.2008
Histoire de plumes
Récemment ARTE a diffusé un reportage sur l’histoire du stylo bille et cet objet banal m’a ramené au temps de ma jeunesse, celle où le stylo BIC est né, au début des années cinquante tout comme moi. Quand j’étais à «la petite école » j’ai appris à écrire avec un porte-plume muni de la fameuse plume Sergent Major qu’on trempait dans un petit encrier de faïence blanche, logé dans le pupitre en bois de chaque écolier. Le maître ou un élève, une responsabilité donnée par le maître à un élève méritant, remplissait les encriers avec une bouteille rangée dans un placard avant que le cours ne débute, une bouteille un peu crapoteuse enveloppée d’un chiffon encore moins reluisant. Sur nos cahiers les mots s’inscrivaient en pleins et déliés, l’esthétisme se mariant au fonctionnel. Quand la plume, le papier, l’encre et le tour de main étaient en osmose, quel plaisir de voir le texte s’étaler et mesurer ainsi notre maîtrise de la calligraphie. La plume ne devait pas être trop gorgée d’encre sinon gare aux taches et bavures qui vous gâchaient une page d’effort, inversement si l’encre venait à manquer, le mot trop pâle devait être repris ; d’un coup de poignet on plongeait la plume dans l’encre odorante et onctueuse et en la frottant contre le rebord de faïence on éliminait le surplus de liquide. Bien entendu le buvard n’était pas un moindre accessoire, la main posée dessus il nous protégeait des bavures et quand l’ouvrage était terminé son application sur la page scellait à jamais le chef d’œuvre. Bien entendu entre les bons élèves qui s’appliquaient à réussir leur page d’écriture sans se tacher et les garnements du fond de la classe qui en mettaient plus sur leur blouse (en ce temps là les élèves avaient des blouses et en l’occurrence cela tombait bien) et leurs doigts que sur leurs cahiers il y avait tout un monde. Un monde mouvant où la page pouvait commencer bien mais qu’un défaut dans le papier bloquât la plume dans son élan alors que la main poursuivait son chemin et c’était la porte ouverte aux éclaboussures et pâtés, horribles taches de Rorschach où sans être psychologue on décelait la souffrance et l’amertume du scribe en herbe qui voit son œuvre réduite à néant. De cette époque j’ai conservé à l’extrémité de mon majeur, une légère excroissance, qu’enfant je croyais pleine de l’encre qui me barbouillait les doigts. Quand le stylo bille fit son entrée dans les établissements scolaires en 1965 ce fut une révolution, certains professeurs voulaient maintenir l’usage de la plume d’autres n’en voyaient pas l’intérêt, il en fût même qui ménagèrent la chèvre et le chou autorisant les prises de notes au stylo mais les devoirs à la plume. Combat d’arrière garde qui ne dura pas, le stylo s’installa dans nos poches de chemise malgré quelques ratés comme les fuites et les pointes baveuses. Aujourd’hui le porte-plume est devenu stylo plume, le stylo bille est partout et le stylo feutre gagne du terrain chaque jour.
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27.10.2008
Antoine Blondin : Monsieur Jadis ou l’école du soir
A l’occasion d’une promenade récente dans Paris un samedi, je suis tombé par hasard sur une brocante installée sur les trottoirs d’un boulevard près de la porte Saint-Martin. Bibelots et bricoles habituelles jusqu’à ce que je tombe sur une pile de bouquins jetés en vrac sur une méchante couverture. Voir tous ces livres aussi mal considérés me cause toujours un choc aussi me suis-je précipité vers ces orphelins attendant qu’un bon samaritain s’intéresse à leur sort. Bien m’en a pris, car dans ce tas informe je déniche une paire de Blondin. Antoine Blondin (1922-1991) écrivain, journaliste, pilier de bistrot, une épopée faite homme. Ses articles sur le Tour de France et les matches de rugby sont dans toutes les anthologies de la littérature sportive quant à ceux sur les troisièmes mi-temps ils ne manquent pas de saveur. Le livre que j’ai en main, Monsieur Jadis, est une édition de la Table Ronde de 1970 dont je n’ai pas trouvé la photo pour illustrer cet article, et qui provient d’une bibliothèque du CE d’une boite sise rue Réaumur, le cachet sur la page de garde en fait foi et la fiche de prêt est encore dans le livre. Dans ce roman, l’auteur est pris dans une rafle de police et emmené au poste pour un contrôle d’identité, l’occasion d’utiliser le dédoublement de la personnalité, pour nous narrer sous le nom de Monsieur Jadis ses souvenirs d’autres commissariats et de rencontres hautes en couleurs, telles qu’on en fait quand on vit une vie de noctambule. Un écrivain stylé, une langue fluide et pleine d’humour, une culture certaine mais sans ostentation. Certains passages rappellent les dialogues d’Un singe en hiver avec Gabin et Belmondo, vous vous souvenez du film, et c’est bien naturel puisque c’est lui qui avait écrit ce roman. Un très bon livre à lire en dégustant les mots comme on retient quelques instants dans sa gorge une goulée de bon vin. A lire sans modération.
« Je me rappelais par un juste retour, la matinée où Albert et moi avions confondu un antiquaire avec un bistrot et exigé qu’on nous servît des ballons de rouge sur un guéridon en Coromandel. Cette fois-ci non plus je n’irai pas au journal. Je devais me laisser aspirer sans secousses par ce fier objectif d’un dîner avec Odile, me confire en alerte pieuse ; cet après-midi, je dormirai. »
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26.10.2008
La nuit magique
Les nuits peuvent être plus belles que nos jours. Pour les enfants la nuit de Noël sera merveilleuse avec son espoir de cadeaux de même que celle où passe la petite souris qui vient soulager la peine d’une dent de lait perdue. Plus âgés, certains s’émerveilleront devant une nuit riche en étoiles filantes ou propice au passage rare de la comète de Haley. Pour moi la nuit de samedi à dimanche suffisait à mon bonheur puisque c’était l’une de ces nuits magiques où par la simple volonté de reculer la petite aiguille des horloges nous nous autorisons une heure de sommeil en plus. C’est tout bête mais cela me ravit chaque fois. L’opération est sensée faire économiser de l’énergie mais cela n’a jamais été réellement prouvé, ou du moins l’importance du gain n’est certainement pas très conséquent, ce qui est épargné le matin est sûrement perdu le soir. Mais qu’importe, l’extraordinaire c’est de constater que les jours ne font pas toujours vingt-quatre heures et qu’il se passe des choses mystérieuses la nuit quand nous dormons.
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25.10.2008
C'est Titi le plus beau
C’est ma femme qui m’a fait découvrir les chats que j’ignorais jusqu’à maintenant, tout comme ils m’ignoraient eux-mêmes. Le premier était gras et rouquin, vivant à ses côtés quand je suis entré dans sa vie. La cohabitation s’est déroulée sans heurts et j’ai commencé à m’attacher à ces bestioles. Quand un matin nous l’avons découvert crevé, à plat ventre et raide les quatre pattes écartées sur le carrelage de la cuisine, le désespoir de ma femme m’a affligé. Ne voulant pas revivre ces pénibles instants je lui ai interdit de reprendre un animal domestique. L’écho de ma phrase terminait à peine de résonner dans l’appartement qu’une minette y prenait ses quartiers. Une chatte tigrée répondant au nom de Lilou mais que j’appelle Titi car pour moi tous les chats se nomment Titi. Eventuellement quand je suis en veine de tendresse je me risque à l’appeler « ma petite bête ». Et je dois reconnaître qu’elle est adorable, très discrète elle ne fait jamais de bêtises. Alors que le rouquin était d’une curiosité insatiable, cherchant à entrer dans les placards ou dans les sacs quand nous revenions des courses, celle-ci est indifférente. Alors que l’autre ne pensait qu’à se goinfrer, la minette sait réclamer une pâtée plus élaborée quand elle est lasse de ses croquettes, mais sans excès de miaulements insupportables comme le précédent. Par contre alors que le premier ne cherchait pas à sortir du logement, la petite bête aime assez filer par la porte d’entrée dans l’escalier et prendre ses aises sur les pelouses ou sous les arbustes au pied de notre immeuble. Quand elle en a assez ou qu’elle veut rentrer, elle profite ou abuse d’un voisin, qui tous la connaissent, pour qu’il lui ouvre la porte de l’immeuble afin qu’elle puisse remonter. Elle attend alors sagement sur notre palier ou un autre que nous ouvrions notre porte pour se faufiler en miaulant, d’un air rouspéteur qui dit « enfin ! » dans la maison et courir à sa gamelle. S’en suit une interminable séance de nettoyage des pattes et du museau, en gestes délicats et souples, avant de regagner la chambre où elle s’endort dans sa position préférée, roulé en boule sur le gros oreiller, dans le silence et l’ombre de la pièce, retirée au fond de l’appartement. La nuit c’est sur le pied du lit qu’elle s’endort, ronronnant de plaisir de nous savoir à ses côtés. Et quand le matin, le lit défait laisse les draps ouverts pour qu’ils s’aèrent, sachant qu’il lui est interdit de coucher ailleurs que sur le dessus de lit, elle attend sagement, assise sur son cul dans le couloir qui mène à la chambre que la couche soit prête à accueillir notre petite boule de poils. Indépendante, notre co-locataire vit sa petite vie silencieuse, ne partageant avec nous que la soirée, quand assis dans le canapé nous regardons la télévision, elle vient alors se blottir sur mes genoux ou bien elle se vautre sur le dessus du dossier ce qui lui permet de nous tenir à l’œil tout en regardant par la fenêtre.
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24.10.2008
Mise à nu
On n’arrête pas le progrès dit le dicton souvent ressassé. Prenons le cas des fouilles dans les aéroports, des appareils viennent d’être créés qui permettent de voir les passagers entièrement nus ! Les députés européens doivent voter sur la légalité d’installer ces scanners corporels dans les aéroports. Des appareils de tests existent néanmoins déjà à Londres, Amsterdam et Zurich et les Etats-Unis sont déjà en phase de déploiement. Le passager entre dans une cabine, lève les bras et ressort, ça prend trois secondes. L’opérateur est seul dans un local fermé à reluquer les corps. La précision est telle qu’au-delà de se rincer l’œil devant une paire de gros nichons, le préposé pourra déterminer si c’est du vrai ou du faux, du naturel ou de l’implant. J’en vois qui commencent à tourner de l’œil absorbés dans des rêveries humides. Calmons-nous. A votre avis et d’après votre expérience, dans une file d’attente pour l’embarquement, quel est le pourcentage de canons par rapport aux mochetés ? Ah ! Vous rigolez moins et vous allez peut-être même plaindre ces pauvres employés … C’est en tout cas le sondage du jour sur le site internet du Figaro.
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23.10.2008
Dans les villes de grande solitude
Un rapport de l’ONU vient de sortir titré « L’état des villes du monde ». C’est un pavé de 264 pages bourré de statistiques et d’études de cas sur l’urbain et la grande nouveauté pour 2008 c’est de constater que près de la moitié de l’humanité vit en ville ! Voici une nouvelle extraordinaire qui ouvre des perspectives imprévues. Si la moitié des humains ont décidé de vivre en ville, on peut aussi raisonnablement penser que dans la moitié de ceux qui n’y vivent pas, une bonne part le voudrait mais ne le peut pas. Aussi, je propose de supprimer les campagnes, encourageons l’extension des villes, voilà de quoi fournir du travail et relancer l’économie du bâtiment et donc des pays. Il faut faciliter l’accès au macadam et aux immeubles pour tous. Assez de campagne, de champs gras qui tachent les godasses et de prés qui sentent la bouse, de petites bêtes qui volent ou qui piquent. Imaginez les économies qu’on pourrait faire en arrêtant les dépenses à but écologique, toutes ces sommes seraient investies dans la construction de villes sans fin, se répandant sur la surface du globe comme les métastases d’un cancer galopant. Paris à Saint-Étienne par le métro ou le RER, des galeries marchandes jusqu’au fin fond de la Creuse. Si l’humanité le veut, réalisons son rêve au plus vite. Le village global de McLuhan deviendrait une réalité.
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22.10.2008
Coincé à la BULL
Pour les réunions, la question qui se pose le plus souvent c’est « chez toi ou chez moi ? », cette fois à la demande insistante de Nathalie nous avions opté pour chez elle car elle nous avait promis une surprise. Le choix du lieu de la réunion n’est pas anodin, car pour aller chez elle c’est une expédition au-delà des territoires raisonnables, au-delà du centre de Paris, c’est à Saint-Ouen ! Afin d’affronter les rues de la banlieue en force, Caroline et moi nous étions donné rendez-vous ce matin, dans la station de métro Garibaldi. Munis de notre plan nous voilà partis devisant gaiment vers les locaux de la BULL. Arrivés devant le bâtiment, stupeur, l’immeuble n’est plus qu’un chantier boueux où s’affairent des ouvriers casqués et bottés. Etait-ce la surprise promise par Nathalie ? Son bureau a-t-il été transféré dans un ALGECO ? Venir jusque là pour ça, c’est évidemment une surprise mais d’un goût douteux ! Heureusement nous avisons un panneau discret signalant que l’entrée est plus loin et effectivement nous pénétrons dans l’enceinte par les parkings. Ici aussi on se la joue « Pentagone » avec badge pour passer les portes, bureaux avec digicodes. Nathalie et Véronique sont venues nous accueillir et nous proposent une visite des lieux qui sont en réfection. Nous filons directement vers la cafétéria et le réfectoire où la surprise est enfin dévoilée. La cantine est splendide, tables et banquettes comme dans les brasseries, avec un jardin et quelques tables en extérieur pour déjeuner l’été. Quant à la cafétéria, là c’est carrément le genre boite de nuit, éclairages tamisés, chaises recouvertes de peaux de vaches noires et blanches autour de petites tables, ou bien tabourets design hauts sur pattes mariés avec des tables de même taille. Nous nous installons confortablement et après en avoir pris plein les yeux, Véronique sort de sa manche (c’est une image) des chouquettes et des mini-viennoiseries pour nous en mettre plein le ventre. Après avoir longuement bavardé et terminé notre encas il est temps d’émigrer vers la salle de réunion pour en venir au prétexte de notre venue en ces lieux ! Nathalie et Véronique sont des hôtesses parfaites, Caroline connait de nombreuses anecdotes, bref une matinée de travail (?) fort plaisante comme on aimerait en voir plus souvent ……..
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