18.06.2009

Je pars !

Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers dit la rumeur populaire, toujours est-il qu'il est vrai que je suis un des premiers partis en vacances ! Mon raisonnement est le suivant, premier arrivé premier servi et ce qui est pris n'est plus à prendre, donc je fais ma valise, j'enfile mon short et en voiture Simone !

Je vous laisse sans regrets ma place assise dans le métro, sur présentation de ce billet elle vous sera automatiquement réservée, même en cas d'affluence. Vous voyez qu'il est temps que je parte, je commence à délirer. J'ai laissé mes plantes chez la voisine, fermé les volets, je dépose ce billet sur mon blog et on se retrouve dans quinze jours, samedi ou dimanche !

Bon courage à tous, Bye ! Bye !

 

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16.06.2009

L'accident

Attention, ceci est une histoire vécue. C'était au début de l'hiver, il y a quelques années déjà, disons une trentaine au moins et sans trop exagérer, il était vingt heures à peu près et la nuit tombait lentement mais sûrement.

Je roulais tranquille au volant de ma Renault, quittant Herblay pour aller voir un ami à Bezons. La route était sombre et je n'aime pas trop rouler la nuit, car je vois mal la chaussée lorsqu'elle est éclairée seulement par mes phares. De plus, les voitures venant en face de moi ont tendance à m'éblouir. Mais enfin, en région parisienne je n'ai pas trop de problème car l'éclairage public est bien assuré. C'est surtout en province, sur les petites routes de campagne que je souffre le plus.

J'avais branché la radio pour écouter le hit-parade sur RTL. A cette heure-ci il y a de la circulation, les gens sortent en direction de Paris pour aller voir leur film du samedi soir, dîner au restaurant ou bien glander sur les Champs-Élysées. Je roulais donc sur la nationale qui mène à Cormeilles-en-Parisis quand à la sortie d'un virage, j'aperçois dans le faisceau de mes phares, un piéton qui traverse juste devant moi alors que j'accélérais pour sortir de cette courbe. Impossible de l'éviter, la route est trop étroite et je ne peux pas freiner brutalement en plein virage, d'ailleurs je suis talonné par plusieurs voitures.

Je tente un  petit écart, mais j'accroche l'homme avec l'aile avant gauche. Il rebondit sur le capot, puis sur le pare-brise avant d'aller rouler à terre. Dans mon rétroviseur, je le vois étendu sur le macadam alors que de nombreux véhicules arrivent en sens inverse.

Je ma gare rapidement sur le bas-côté et je sors de ma voiture. Jusqu'à cet instant, tout c'est passé si vite que je n'ai rien ressenti, mais maintenant, dans le noir et le froid, seul piéton sur cette putain de route, je l'avoue, j'ai la trouille. Le type est peut-être salement amoché.

Sur ce point je suis vite rassuré car l'homme est debout de l'autre côté de la chaussée et me fait signe. Tout en me faisant de grands signaux de la main, il traverse et vient à ma rencontre d'un pas décidé. Bon sang ! Il est balèze le gars. On dirait une porte d'armoire normande ! Et s'il venait me casser la gueule. J'avais peur pour lui, maintenant j'ai peur pour moi. Quelle galère ! En plus il n'est pas tout seul l'animal, j'avais pas remarqué son copain qui lui, avait déjà traversé. Les deux types s'approchent, je serre les fesses.

- "Vous n'êtes pas blessé ?

-   ... Saint-Germain ...

-   ... ?"

Qu'est-ce qu'il raconte celui-là ? Son ami intervient et dans un mauvais français, m'explique qu'ils sont Anglais et perdus. Leur minibus est garé un peu plus loin et ayant vu de la lumière dans un pavillon, ils pensaient demander leur chemin aux propriétaires.

Après m'avoir assuré, dans un charabia franco-anglais, moi-même j'avais du mal à trouver mes mots après toutes ces émotions qu'il n'était pas du tout blessé, je leur indiquai la route de leur destination finale.

Quand je retrouvai mes copains et que je leur narrai mon aventure, ce fut une rigolade générale. C'était le premier piéton que j'écrasai, j'étais jeune et j'en verrai d'autres, mais enfin, on se rappelle toujours avec tendresse de la première fois.

 

 

 

15.06.2009

Ma semaine télé du 8 au 14 juin

Kakou.jpgLundi j'ai passé mon tour préférant occuper ma soirée à d'autres activités plus intéressantes et mardi il s'en est fallu de peu que je ne réitérasse. Pourtant je me suis laissé tenté par France4 et une rétrospective Elie Kakou 10 ans déjà ! Si je mets de côté le blah-blah inhérent à ce genre de programme hommage à nos chers disparus, les sketchs du Kakou m'ont encore amusé, sa gueule, ses travestissements (Mme Sarfati) et ses portraits bien vus. Un petit bonhomme pour un grand talent.

Le lendemain sur France3 Des racines et des ailes proposait une virée en Provence et ce fût réussi. La transmission du savoir faire d'un restaurateur de murs en pierres sèches (les restanques) était particulièrement instructif et émouvant car la passion du vieil homme pour sa région était communicative. Quant au reportage sur un garde forestier dans la région de la Sainte-Baume il nous rappelait une nouvelle fois que la nature est belle et que nous devons absolument la préserver. Instructif aussi la manière dont il était capable de remonter à l'origine d'un feu de forêt après une enquête digne des Experts !

Kilmer.jpgJeudi soir sur Virgin17 un film de Michael Apted Cœur de tonnerre daté de 1992 avec Val Kilmer et Sam Shepard, un polar dans une réserve indienne. Déjà vu mais sympathique. J'en dirai autant le lendemain avec Classé surnaturel sur NRJ12 un téléfilm de la BBC où une équipe de psychologues enquête sur un gamin qui semble possédé par l'esprit d'un défunt. Ce qui était bien dans ce film c'est qu'il n'y avait pas d'effets spéciaux, ni de tentative de nous faire peur, au contraire nous étions dans le banal, la vie de tous les jours.

En me relisant je constate que je n'ai pas regardé grand-chose et que de ce peu, rien n'est mémorable excepté mon mardi soir sur France3. Ca sent les vacances, les chaînes commencent à décélérer, les bons programmes vont rester au frigo en attendant la rentrée.

       

14.06.2009

Provisions pour l’été

Dernière visite chez mon disquaire habituel, l'été rien de nouveau n'est mis sur le marché, il faudra attendre la rentrée de septembre avant le flot de fin d'année. Deux ou trois bricoles dans mon cabas, des indispensables en quelque sorte.

New York Dolls.jpgIl y a trois ans les New York Dolls ont fait leur come-back avec succès, voici leur nouvel opus Cause I sez so dans les bacs des bons disquaires. Les Poupées New Yorkaises n'ont plus vingt ans, nous non plus d'ailleurs, et David Johansen leur leader avec ses lunettes d'écaille semble assumer tout en conservant avec son gang leur allure d'ex-petites frappes. Le premier morceau qui donne son titre à l'album dégage bien les sinus sans pour autant casser les oreilles et tout l'album est vraiment agréable à écouter. Les guitares (Sylvain Sylvain et Steve Conte) se la donnent et me ravissent, David a toujours son chant gouailleur, que demander de plus ? La reprise d'un de leurs titres mythiques Trash en version reggae n'était pas indispensable. Un chouette disque pour passer les vacances.

Un qui ne revient pas, pour la bonne raison qu'il n'est jamais parti, c'est Little Bob, notre rocker national, l'unique ! Régulièrement les disques tombent et à chaque fois, c'est le même étonnement ravi, comment ce petit bonhomme peut-il réussir ce tour de force, ne faire que de bons CD gorgés de rock, de blues et de soul, simples mais bourrés de sincérité. Ce gars mérite une statue, voire la Légion d'Honneur, qu'il refuserait certainement car on la donne à n'importe qui Little Bob.jpgdésormais, or le Bob n'est pas n'importe qui. Avec Time to blast le Havrais poursuit sa route, fidèle à son credo, la rage au ventre, toujours. « Le moment de réagir, d'envoyer du son, d'exploser, de dire ce que l'on pense, d'arrêter de se faire marcher dessus. » prévient-il dans le livret qui accompagne le CD avant de conclure « Keep on rockin' ! ». Si vous n'avez pas la frite, Little Bob dans la platine CD et vous retrouvez la patate.

Dans le genre pêchu les Black Crowes s'y connaissent aussi, leur nouveau disque est un double CD enregistré en live. En fait ce Warpaint reprend sur le premier disque l'intégralité de leur album précédent, joué dans le même ordre mais en public. Les guitares (Rich Robinson et Luther Dickinson) fusent et se mêlent en un joyeux rock'n roll sur lequel Chris Robinson chante à s'en cisailler les cordes vocales tout en lâchant parfois des traits d'harmonica, toujours bienvenus. Sur le second CD une reprise du Torn and Frayed des Rolling Stones confirme pour les sourds, War paint.jpgque ces américains sont les dignes héritiers du groupe anglais. It's only rock'n roll ! 

Enfin j'avouerai que si je suis retourné chez mon disquaire c'est aussi parce que ma carte de fidélité me donnait droit à un bon d'achat qui expirait à la fin du mois et qu'il n'était pas question que je n'en profitasse pas, tant d'achats pour si peu ! Repassant en accéléré dans mon esprit ma discothèque en la comparant aux bacs débordants à ras bords du marchand, je constatai que je n'avais pas racheté en CD les Elvis Costello de mon ancienne collection de vinyles. La bévue se devait d'être réparée et ça tombait bien puisque l'album My Aim Is True avait été réédité en version DeLuxe, soit un double CD reprenant le disque original et des bonus plus un second disque enregistré en live à la même époque (1977). Le binoclard énervé égrena dans mon salon ses titres courts mais speedés et je constatais avec émerveillement que j'y retrouvais le même plaisir que trente ans auparavant. Comment avais-je pu vivre toutes ces années sans Alison ou Watching the detectives ?    Costello.jpg

13.06.2009

Joan Didion : L’Amérique

Didion.jpgJoan Didion née en 1934 à Sacramento n'était pas très connue en France jusqu'à ces dernières années malgré son talent reconnu aux Etats-Unis, mais ce livre va certainement la faire sortir de son anonymat chez nous.

Il ne s'agit pas d'un roman, d'ailleurs le sous-titre imprimé sur la couverture est « chroniques » et dans ce genre littéraire, Joan Didion est un maître. A travers une dizaine de textes écrits entre 1960 et 1980, un recueil de reportages, elle nous raconte son Amérique. Car si nous plongeons avec délice dans le San Francisco hippie de 1967 ou si nous rencontrons John Wayne, c'est par le prisme de l'œil de Joan Didion, une Joan Didion flirtant avec ses problèmes psychologiques « Je me fais l'effet d'une somnambule, sensible uniquement à l'étoffe dont sont faits les mauvais rêves ». Les portraits, les réflexions sur l'époque et les lieux qu'elle fréquente sont empreints de cynisme mais néanmoins d'une cruelle lucidité. Les Doors, le groupe de rock, les Black Panthers, la « famille » Manson qui massacre Sharon Tate la femme de Roman Polanski, le meurtre d'une joggeuse dans Central Park à New York, autant de reportages et de regards sur une Amérique qui est en pleine mutation.   

Un beau livre, très réaliste, écrit à la première personne, par une écrivaine jamais dupe des évènements qu'elle observe avec acuité, sachant prendre immédiatement le recul nécessaire à l'analyse. J'ai maintenant très envie d'explorer rapidement sa bibliographie.

« Rien de très grave ne pouvait arriver dans le rêve, rien qu'un homme ne pût affronter. Et pourtant. La voilà qui arriva, la rumeur, et au bout d'un moment les grands titres. « J'ai eu la peau du Grand C », annonça John Wayne, à la manière de John Wayne, traitant ces cellules renégates comme n'importe quel autre renégat, et pourtant nous sentions tous que l'issue de cet affrontement-là était pour une fois imprévisible, que c'était le seul et unique duel que Wayne risquait de perdre. »  

Joan Didion  L'Amérique (Chroniques) chez Grasset

 

 

12.06.2009

Looking for Eric film de Ken Loach

looking_for_eric.jpgEric postier à Manchester est dans un sale état depuis qu'il vit séparé de sa femme et ses copains malgré leurs efforts pour lui redonner goût à la vie ne peuvent le sortir de sa torpeur. Sa maison est devenue un foutoir où ses deux beaux-fils adolescents se livrent à de petits trafics qui passent inaperçus aux yeux d'Eric.

Eric et ses copains postiers sont des fans de football et de leur club de Manchester United où s'illustra en son temps le fameux Eric Cantona, idole absolue de notre Eric. Un soir de déprime, sous l'emprise d'un pétard fumé pour chasser son cafard, Eric Cantona « I'm not a man, I'm Cantona ! » entre dans la vie d'Eric et le prend en main. Sous la férule du coach français, Eric va retrouver l'estime de lui-même, chasser ses démons, mettre de l'ordre dans sa vie et lui redonner un sens.

Ken Loach nous plonge dans une Angleterre prolétaire pour le décor mais riche en humanité. Bien que ce soit un film mineur dans sa filmographie il s'agit néanmoins d'un excellent film car on sourit, on s'émeut, on s'énerve, il y a de l'action et des extraits de matches de football. L'amitié et l'amour triomphent de toutes les épreuves.

Cantona est égal à lui-même distillant ses aphorismes comme un Socrate de banlieue et Steve Evets l'autre Eric est parfait dans son rôle de looser tendant vers la rédemption. Un film qui mérite d'être vu. « Si les mouettes suivent le chalutier c'est qu'elles savent qu'elles y trouveront des sardines » conclurais-je sans qu'on y voit un rapport bien évident avec ce qui précède...

Looking for Eric film de Ken Loach  Durée : 1h59  avec Steve Evets et Eric Cantona     

10.06.2009

A quelque chose malheur est bon

A quelque chose malheur est bon. Le malheur des autres, cela va sans dire. Il n'y a même que cela de bon. Il est assez difficile de se figurer une chose heureuse arrivant à un voisin de campagne, par exemple, et dont on puisse tirer parti. La preuve, c'est que le bonheur des uns ne fait pas le bonheur des autres, comme le dit fort exactement un autre Lieu Commun presque identique.

Votre meilleur ami vient d'hériter inopinément de plusieurs centaines de millions de francs. Eh bien ! Il est probable que vous n'en tirerez pas un centime. Peut-être même entreprendra-t-il de vous dépouiller, car il vous ressemble comme un frère.

Ce qui est incontestablement bon, c'est de voir souffrir le prochain, de savoir qu'il souffre. C'est bon en soi et c'est bon par les conséquences, puisqu'un homme abattu est un homme qu'on peut manger. Or, il est bien connu qu'il n'y a pas de chair, pas même celle du cochon, qui soit aussi savoureuse.

Léon Bloy Exégèse des Lieux Communs édité en 1901      

09.06.2009

Les yeux bleus

frank-sinatra.jpgDans la vie il n'y a pas que le rock et même si c'est ma musique de prédilection, j'apprécie aussi des chanteurs comme Franck Sinatra. Vous me direz que ce n'est pas non plus une obscure référence et que son talent est universellement reconnu, ce qui est vrai puisque ce type est une légende à lui tout seul.

Franck Sinatra est né en 1915 dans le New Jersey à Hoboken et il décèdera à Los Angeles le 14 mai 1998. Une vie bien remplie pour celui qui fut acteur aussi bien que chanteur. De sa carrière d'acteur si je ne dois retenir qu'un seul film ce serait L'Homme au bras d'or (1955) avec Kim Novak où il incarne un drogué. Quant à celle de chanteur qui s'étale de 1935 pour son premier enregistrement jusqu'à la fin de sa vie, tout le monde connaît au moins Strangers In The Night (1960) et s'il est catalogué comme crooner, il toucha aussi au jazz, à la bossa nova et à la variété.

Costard, nœud papillon, chapeau, une allure de flambeur et une vie personnelle agitée puisqu'il épousera Ava Gardner (1951-1957) et Mia Farrow ((1966-1968) pour ses épouses les plus connues auxquelles il faudrait ajouter Nancy Barbato ((1939-1951) et Barbara Marx (1976-1998). Il fera partie du fameux Rat Pack avec Dean Martin, Peter Lawford et Sammy Davis Jr., un clan d'acteurs toujours prêts à faire les quatre cents coups. On lui prêtera aussi des accointances avec la Maffia et Lucky Luciano...

Si vous aimez le swing, une belle voix et la classe, je vous conseille fortement de tendre l'oreille à ce concert enregistré le 22 mai 1968 au Coliseum d'Oakland, je vous garantis une heure de bonheur musical en compagnie de The Voice ou Ol'Blue Eyes , surnoms donné à Franck Sinatra.      

08.06.2009

Ma semaine télé du 1er juin au 7 juin

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué mais sur TF1 le journal de 20h débute désormais à 19h58, ça me rappelle ces magasins qui annoncent des opérations promotionnelles baptisées « 6 Jours » mais qui durent deux semaines.

 

J'ai encore eu du mal à allumer mon poste de télévision cette semaine, mardi en milieu de soirée j'ai jeté un œil durant quelques minutes au match de football amical France/Nigeria sur TF1 mais j'ai bien vite renoncé à poursuivre dans cette voie. Pourquoi me faire du mal quand personne ne m'y oblige ? Mercredi idem, vers 21h30 j'ai regardé Silence ça pousse ! sur France5 qui me ravit à chaque fois. Un reportage sur les Jardins d'Albert Khan à Saint-Cloud m'a rappelé que la manière de filmer pouvait être trompeuse. Ces jardins sont réellement merveilleux et méritent la visite, le reportage était bien fait aussi, néanmoins quand on regardait les images on avait l'impression de se promener dans de très grands jardins alors qu'en réalité ils le sont beaucoup moins. Il ne suffit pas de le voir pour le croire.

cohn bendit.jpgJeudi sur France2 l'émission A vous de juger présentée par Arlette Chabot était, actualité oblige, consacrée aux élections européennes. J'en ai déjà parlé dans mon billet de vendredi. Foire d'empoigne, pétage de plombs, cacophonie générale, finalement j'ai décroché avant la fin. Le temps de zapper sur ARTE et d'y voir deux quéquettes sous la douche puis dans le plan suivant une foufoune qui ma paru bien seule dans un décor bien triste. D'après mon programme il s'agissait d'un film d'Anthony Cordier Douches froides (2005). Ils pouvaient aller se rhabiller, moi je suis parti me coucher.

Vendredi sur France2 encore, je me suis senti obligé de regarder Home le film de Yann Arthus-Bertrand qui sortait en diffusion planétaire et gratuite, sur les télés, dans les cinémas et sur des écrans géants dans plusieurs villes du monde. Pas moins ! Parfois il faut faire comme tout le monde si on ne veut pas passer pour un Martien le lundi lors des discussions au bureau devant la machine à café. Le documentaire tirait la sonnette d'alarme sur le risque encouru par notre planète si on ne prend pas des mesures drastiques immédiatement pour changer nos modes de consommation. De bien belles images, même si parfois on ne savait pas vraiment ce qu'on nous montrait, et des chiffres qui glaçaient le sang par leur précision sautant aux yeux. « Beau et chiant à la fois » aurait chanté Jacques Brel, mais clair pour tout le monde.Arthus.jpg

Dimanche midi en guise d'apéro sur France5, Jean-Luc Petitrenaud et ses Escapades me font saliver. De petits riens me mettent les papilles en joie, petites tartines amoureusement élaborées, terrines appétissantes, assiettes garnies et bouteilles vidées dans de grands verres alors que le barbecue dégage des fumets qui parviennent par petitrenaud.jpgdes voies pas très cathodiques jusqu'à mon tarin qui défaille. « Chérie, on mange bientôt ? »

Le soir je suis le résultat des élections sur France2 pendant 30mn, bien suffisant pour comprendre que presque personne n'est allé voter !   

07.06.2009

La collection de timbres

Le printemps est propice au grand ménage comme le dit la raison populaire. C'est en vidant des placards avant le jour des « encombrants » que ma femme a retrouvé une ancienne collection de timbres abandonnée depuis bien longtemps. La conserver c'était encombrer son armoire, s'en débarrasser était un crève-cœur. La vue de ces albums m'a rappelé ma propre collection en pension chez mon père depuis, depuis je ne sais combien de temps.

Quand je dis ma collection, je dois préciser qu'il s'agit d'une collection familiale, commencée par mon grand-père puis transmise à mon père qui m'y initia quand j'étais enfant et dont je devins le légataire. Quand on parle de collectionneurs de timbres, il y a un je ne sais quoi de péjoratif, une activité de binoclard solitaire, limite branlette, bref un monde qui indiffère le sportif ou l'actif compulsif de nos sociétés modernes. On voit un type voûté devant sa table, une loupe dans une main et une pince dans l'autre, se pâmant devant une vignette en papier grande comme un ongle, au milieu d'albums en imitation cuir, inquiet du moindre courant d'air qui ferait voltiger dans toute la pièce ses trésors accumulés patiemment. L'image n'est pas entièrement fausse, je l'admets volontiers, mais qui connaît un peu le monde des timbres sait qu'il se cache derrière cette activité, un monde invraisemblable de curiosités et de connaissances.

Quand j'étais enfant, je vous parle d'un autre siècle bien entendu, la télévision balbutiait, la TSF crachotait car nous ne connaissions pas encore les radios FM, en somme le monde m'était complètement inconnu et les moyens de le découvrir réduits. L'une des clés pour en entrouvrir les portes était la collection de timbres. Toutes les sciences et les connaissances y sont représentées. La plus évidente et celle qui me faisait le plus rêver, la géographie. Découvrir un timbre d'un pays qui n'existe plus est un pur enchantement pour un enfant. Je me souviens des timbres de la colonisation française en Afrique, l'AOF ou AEF (Afrique Occidentale Française et Afrique Equatoriale Française), de ceux du Dahomey et du Congo Belge, ou encore du Siam en Asie, pays qu'on ne retrouve aujourd'hui qu'en compulsant de vieux dictionnaires désuets. L'histoire y est aussi à l'honneur, ces portraits de rois et de présidents, ou bien ces héros tombés dans les oubliettes de la mémoire, ou du moins mis de côtés, comme les Mermoz, Clément Ader. Les portes de la curiosité s'ouvraient les unes après les autres, chacune étant prétexte à en ouvrir une autre.

Et que dire de la beauté de certains timbres, ces images réduites de fleurs, d'insectes, d'animaux de tous poils, les extraordinaires séries colorées du Costa Rica ou d'autres pays exotiques. Les reproductions de tableaux ou sculptures célèbres. Toutes ces minuscules vignettes nous permettaient d'approcher le monde des arts et des sciences, toutes ces disciplines où l'homme exerce ses talents. Devant ma table, avec ma loupe et ma pince, je voyageais dans le monde entier, j'entrais dans tous les musées, je mettais en appétit ma curiosité intellectuelle. Aujourd'hui l'extraordinaire Google (oui quand même) casse le rêve, vous tapez un mot (même un mot inventé) et le moteur de recherche vous affiche des centaines de pages de résultats.

A repenser à tout ce bon temps passé dans ma jeunesse à récolter des timbres, par des amis, de la famille, cartes de vacances ou enveloppes que je trempais dans une bassine d'eau pour décoller le timbre qu'ensuite je mettais à sécher entre les pages d'un parapheur, avant de les insérer dans mes albums, délicatement pour ne pas abîmer la dentelure qui préserve la valeur de l'objet, j'ai compris que je me passais d'un plaisir que je pouvais ressusciter.

Du coup, j'ai adopté la collection de timbres de ma femme et j'ai récupéré celle qui était chez mon père. Depuis nous sommes tous heureux, ma femme et mon père car leurs trésors inutilisés ne sont plus abandonnés et moi parce que je me suis trouvé une nouvelle occupation pour ma retraite. C'est qu'il va falloir compiler en une seule collection, deux piles d'albums pleins de timbres. Un boulot de titan pour redevenir enfant.            

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