30.09.2009
Les Beatles
Le coffret est sorti depuis trois semaines maintenant, tous les médias ont évoqué l'évènement, presse généraliste ou spécialisée et télévisions, les blogs, tout le monde a donné son avis, moi-même dès le 9 septembre j'avais marqué le coup avec un billet. Je pensais le compléter par
un second texte où j'aurais dressé un tableau critique et comparatif entre ces remasterisations et les versions antérieures dont nous nous contentions jusqu'alors. J'avais affûté mes oreilles, taillé mon crayon pour prendre des notes, posé l'un sur l'autre, bref j'étais prêt.
Mais à lire tous les articles parus, écouter les radios et la télévision, je me suis découragé ; j'attendais ce repas depuis tant d'années que lorsque je me suis mis à table, devant ces quatorze plats copieux dont j'ai voulu goûter aussitôt, j'ai ressenti un léger haut-le-cœur, trop bon, trop d'un coup. Je n'écrirai donc pas cet article, mais si vous voulez lire une critique pointue sur le sujet je vous conseille vivement d'aller jeter un œil chez Kill Me Sarah qui a écrit le meilleur article et la meilleure analyse que j'ai lue tous médias confondus.
Quant à moi lentement je digère tous ces disques, je décortique tous les livrets, je regarde le DVD inclus et je me régale, tout simplement. Car finalement emportés par l'élan général, nous en étions tous venus à disserter sur les aigus moins ceci, les basses plus cela, les voix comme ci, les instruments comme ça. L'audiophile la ramenait en braillant mais je me contenterai de l'avis du mélomane, quand une chanson est réussie qu'on l'écoute sur une chaîne hi-fi ou un transistor elle sera toujours bonne. C'est ça la grande leçon que nous lèguent les Beatles, toutes (ou presque) leurs chansons sont fantastiques, qu'on les écoute sur un Teppaz comme en 1966 ou sur un lecteur de CD en 2009, on reste ébahi devant tant de simplicité apparente (les apparences sont trompeuses) mais qui donne tant de plaisir d'écoute. Leur musique est intemporelle et gorgée d'un ingrédient particulièrement rare, la joie de vivre. Ecoutez un seul de leurs titres et aussitôt un sourire illuminera votre visage. Qui, à part les Beatles, est capable d'un tel exploit ?
Pour en revenir sur ces rééditions, si le mercantilisme n'avait pas pris le pas sur la musique, il n'y aurait qu'un seul coffret, mais chaque CD stéréo serait complété d'un CD bonus en mono, ainsi nous aurions les versions originales en mono telles qu'elles ont été conçues par les Beatles et les versions stéréo que nous dirons « modernes ». En tout cas, une bonne occasion pour réécouter leurs disques et compléter votre discothèque, car il n'est de discothèque sans disques des Beatles.
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29.09.2009
Le staphylin
Il y a peu, je me promenais sur une petite route dans la forêt de Saint-Nom-la-Bretèche quand la bestiole jaillit devant moi, trottant allégrement. Sentant qu'elle risquait de filer avant que je n'aie dégainé mon appareil photo, je frappais le sol d'un coup de pied, pensant la surprendre et l'immobiliser. Quelle ne fut pas ma surprise quand je la vis s'arrêter c'est vrai, mais se contorsionner pour se dresser sur ses pattes et relever l'arrière de son abdomen de manière menaçante, prenant la pose d'un scorpion !
« C'est, en effet, une étrange créature que le Staphylin. Ses élytres abrégés, lui couvrant tout juste le haut des épaules, ses farouches mandibules recourbées en crocs de romaine, son long ventre nu qu'il relève et brandit, en font un être à part, d'aspect inquiétant » écrit Jean-Henri Favre dans ses Souvenirs Entomologiques et que je n'hésite jamais à citer dès que l'occasion se présente.
Le staphylin est un coléoptère dont on compte près de 30 000 espèces. Leur taille varie de 0,5 à 25mm et celui que j'ai croisé faisait facilement 20mm. Je pense qu'il s'agissait d'un staphylin noir ou « diable ». Ces insectes se nourrissent de détritus végétaux ou de cadavres d'animaux en décomposition. Ils vivent sous les pierres, les cadavres, les excréments.


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28.09.2009
Ma semaine télé du 21 au 27 septembre
Lundi je me branche sur ARTE et j'éloigne la zapette. Pour Le Grand Sommeil le célèbre film en noir et blanc d'Howard Hawks (1946) avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall je ne veux pas être distrait. Je dois dire que Bogart surnommé Bogie est historiquement, l'un de mes premiers héros. Le clope, le chapeau mou et l'imper, ses lèvres qui bougent à peine quand il parle, toute la mythologie du film noir est incarnée dans ce film. Pourtant rien n'est très clair dans cette adaptation d'un roman de Raymond Chandler, ce que Lauren Bacall (Aaaah ! Lauren Bacall) admet dans son autobiographie Lauren Bacall par moi-même parue en 1978 « Un jour Bogie arriva sur le plateau et demanda à Howard : « Qui a poussé Taylor du haut de la jetée ? » Tout s'arrêta. Ni Howard ni personne d'autre ne savait. Taylor était le mystérieux chauffeur dans le film. C'était sa disparition à l'origine qui avait amené Marlowe (Bogie) sur l'affaire. Howard envoya un télégramme à Raymond Chandler pour lui poser la question. Il ne savait pas lui non plus. » Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse.
Mardi je ne pouvais, ni n'avais envie, de rater le dernier volet d'Apocalypse sur France2. Encore des images d'Histoire, la pipe façon Popeye du général MacArthur, les cadavres brûlés des époux Goebbels à côté des corps morts de leurs enfants, tués par leur mère, ou encore les irradiés d'Hiroshima. Le générique final dédiait cette série aux victimes de tous les totalitarismes.
Après les horreurs de la veille, mercredi j'avais besoin d'un programme plus calme, ça tombait bien France5 proposait Silence ça pousse ! Plantes et jardins, présentateurs souriants, programme court, absolument parfait. Le lendemain toujours sur la même chaîne, La grande librairie. Les bons écrivains ne sont pas obligatoirement les meilleurs invités dans ce genre d'émission, la preuve ce soir avec Marie NDiaye ou Trinh Xuan Thuan. Une courte escapade à New York avec Colum Mc Cann a redonné un peu de vigueur à la soirée.
Vendredi sur France2 la chaîne proposait dans sa série Contes et nouvelles du XIXème siècle, un téléfilm de Claude Chabrol adapté d'un roman d'Emile Gaboriau, Le petit vieux des Batignolles. Ce fut parfait, intrigue policière menée par le toujours excellent Pierre Arditi (l'inspecteur) secondé bien malgré lui par Manuel le Lièvre (le médecin). Une préfiguration de ce que sera plus tard Sherlock Holmes.
Samedi sur ARTE ce sont Les Tudor qui étalent leurs turpitudes. La Boleyn se rapproche un peu plus de son but, le cardinal Wolsey commence à perdre la main et Henri VIII (Jonathan Rhys-Meyer) doit faire fondre le cœur des
midinettes quand il se met en colère et que ses beaux yeux humides de rage bouffent tout l'écran. La série continue à tenir ses promesses.
Enfin la semaine s'achève, comme toutes les semaines, avec dimanche soir sur France3 l'Inspecteur Barnaby. On ne change pas une équipe qui gagne. Pourtant la concurrence était rude, The sentinel sur France2 avec Michael Douglas, Comme une image sur ARTE avec le grand Jean-Pierre Bacri et Léon de Besson sur W9. Mais j'avais vu deux de ces films et me brancher sur l'un allait encore se terminer par une soirée zapping entre chaque film. Pour éviter cette attitude idiote, j'ai arrêté mon choix et posé la zapette hors de portée de main.
Une fois de plus je me suis posé la question, mais comment font ceux qui ont accès à plusieurs centaines de chaînes grâce au bouquet « ceci » ou « cela » ? Je me suis calmé en repensant à ce vieil adage « le plus est l'ennemi du bien ».
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27.09.2009
Le gendarme
Le gendarme est une punaise des bois rouge et noire. L'origine de son nom est certainement due à sa couleur qui rappelle l'uniforme ancien de ce corps militaire. L'insecte est aussi nommé Cherche-Midi pour la bonne raison qu'il recherche le soleil et à cette époque de l'année on en trouve des agrégations automnales au pied des murs ou des arbres (souvent des tilleuls ou des ormes) dès que le soleil montre son nez. Les photos ci-dessous ont d'ailleurs été prises ce dimanche quand le soleil a commencé à réchauffer l'atmosphère en fin de matinée.
Les gendarmes mesurent 10mm et sont très communs dans toute la France. Ils vivent en colonie sur les plantes et les troncs d'arbre et se nourrissent de la sève de ces plantes. Privés d'ailes (il ne leur en reste qu'une trace infime) ils ne volent pas. Il est à noter que cette punaise ne sent pas mauvais comme sa collègue la punaise des bois.
Les punaises s'accouplent au printemps et ça peut durer 30 heures ! La femelle pond une soixantaine d'œufs dans un petit trou creusé à cet effet mais ce n'est qu'à la fin de l'automne que la larve devient adulte.

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26.09.2009
La fête du cochon
Deux fois l'an, au printemps et à l'automne, Chatou (78) accueille la « Foire à la ferraille et au jambon ». Quand le temps est clément j'aime assez y traîner mes guêtres. Dès mon arrivée en fin de matinée, des odeurs quasi aphrodisiaques me chatouillent les narines ; les premières saucisses et andouillettes mollement étalées sur les grills fumant me font saliver, les jarrets dodus sur les broches, suent et luisent grassement. Nous nous reluquons mine de rien mais il est encore un peu tôt pour ce genre d'aventure.
Commençons par la ferraille, les stands des brocanteurs et antiquaires sont à chaque fois disposés de la même manière, jamais de surprise chacun est toujours à la même place. Il y en a pour tous les goûts, dentelles, livres, vaisselle, meubles, tableaux, tout se vend. Des atrocités, objets cassés et bibelots ringards, de rares jolies choses, meubles patinés ou bijoux, ainsi que des vieilleries qui me rappellent une autre époque. J'aime ces vieux ours en peluche, usés jusqu'à la trame, rescapés de batailles épiques. J'aime ces fiches de carton imprimées de numéros pour jouer au loto, j'aime ces jouets anciens, voitures ou wagons de trains aux couleurs délavées. Jaime aussi ces objets jadis courants, fers à repasser en fonte, vieux outils de métiers disparus, ainsi que ces boites en métal, bocaux en verre, paniers en osier, toutes ces choses habitant les cuisines d'autrefois. A fureter dans les stands des brocs j'ai l'impression de m'immerger dans une photo de Doisneau, les objets y perdent leurs couleurs et tendent vers le noir et blanc pour se mettre au diapason de mon fantasme.
Pourtant dans cette masse de vieilleries, souvent vendue au prix de l'or, peu de choses réellement tentantes ; ici tout est assez convenu, jamais je n'hésite un instant me disant « Tiens, c'est marrant ce truc, je l'achèterais bien ». A chaque visite je viens le cœur léger car je sais que je ne dépenserai pas mon argent sur un coup de cœur regretté quelques semaines plus tard.
En fait je ne viens pas à Chatou pour la ferraille, je viens pour le cochon. Ah ! La bonne bête que cette bête là ! Quand enfin vient l'heure de s'y intéresser je n'ai pas longtemps à chercher l'allée dédiée au commerce cochon, tout comme à Amsterdam on trouve toujours facilement le quartier Rouge. L'écailleur d'huîtres rempli ses plateaux et me hèle, le marchand de kebabs m'apostrophe, la vendeuses de gâteaux bretons m'interroge du regard, le pinardier verre à la main m'invite à m'attarder, un gros auvergnat étale ses fromages et charcutailles à la vue de tous, je passe mon chemin sans céder à la tentation et j'accède au saint des saints, l'auberge de plein air où jarrets cuits à la broche et jambons grillés m'ont déjà conquis par leurs phéromones depuis mon arrivée. Je cède sans résistance aucune, victime consentante du corps à corps qui va suivre et dont je vous épargnerai les détails graisseux. Disons sans fausse modestie que j'en suis sorti vainqueur et comblé, ne laissant dans l'assiette qu'un gros os et des barres de gras mou. Houps !
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24.09.2009
Le hâbleur
Le service était presque terminé, les pèlerins avaient repris leurs baluchons et leurs bâtons de marche avant de s'éloigner sur le petit chemin pierreux. Dans la salle ne restaient que les deux serveuses, Marthe et Marie, éreintées par le coup de feu de midi. Le Jésus, un vagabond qui passait parfois manger un maigre morceau à l'auberge, leur tenait compagnie.
A voyager, on voit du monde et le Jésus n'était pas avare de mots pour narrer ses déambulations aux deux femmes avides de nouvelles d'ailleurs. Oubliant la vaisselle qui s'empilait dans la cuisine et le balai qu'il faudrait passer sous les longues tables en bois, les deux servantes buvaient les paroles du beau parleur. « Et Lazare, si vous saviez le nombre de fois où je l'ai fait marcher, il est d'une crédulité enfantine. » Marthe et Marie ouvraient de grands yeux ronds d'étonnement, « Mais on dit au village qu'il est paralysé ? ». Se rengorgeant, le Jésus éclata d'un grand rire sonore « Ha ! Ha ! Ha ! C'est un gros flemmard, oui ! ». D'une seule voix les deux souillons « Non ? », ce à quoi le Jésus abrupte, répliqua « Mais si ! » et se levant il sortit de l'auberge pour prendre la route de Béthesda.
Le Christ dans la maison de Marie et de Marthe une des premières œuvres (1654-1655) de Vermeer
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23.09.2009
Le pigeon
C'est le Mail & Guardian qui nous donne cette information. A l'heure d'Internet et de l'ADSL on pensait que la technologie avait enterré pour toujours les pratiques des temps jadis, mais on avait peut-être tort. La preuve, en Afrique du Sud devant la lenteur de l'opérateur national Telkom, une société a fait un test pour comparer le transfert de données par Internet et par ... un pigeon voyageur !
Un brave pigeon nommé Winston, c'est son moment de gloire alors citons son nom, qui s'était vu confier une carte mémoire de 4 gigas fixée à la patte, a mis 1h08 pour relier deux filiales de l'entreprise distantes de 67km et le transfert des données a pris 2h06. Dans ce même temps, seules 4% des données avaient pu être transmises par le biais d'Internet. Pigeon 1 - Internet 0.
Je ne sais pas si on doit tirer une morale de cette histoire mais entre ceux qui ont souscrit un abonnement Internet chez Telkom et Winston, je ne sais pas qui est réellement le pigeon !
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22.09.2009
Le sirex géant
La fin de l'été et l'automne sont une bonne époque pour trouver et observer les insectes, ce que j'ai pu constater ce week-end sans avoir à faire de gros efforts pour débusquer ces charmantes bestioles. Quand je dis charmantes bestioles j'exagère un peu, car le bestiau dont je vais vous parler fiche un peu la trouille.
Pour vous donner une idée rapide, imaginez une guêpe de 40mm et vous avez devant le nez un sirex géant. Le sirex géant est un hyménoptère dont la larve ronge le bois en creusant des galeries dans différentes espèces d'arbres avec une préférence pour les conifères, ou dans les charpentes. La femelle, plus grosse que le mâle, cherche une faille dans l'arbre, plaie dans l'écorce par exemple et enfonce sa tarière de 8mm dans le bois pour y déposer plusieurs dizaines d'œufs. Un mois plus tard les larves écloses commencent à creuser une galerie verticale pour s'enfoncer plus profond dans le bois et elles y resteront pendant deux ans avant de remonter plus près de la surface pour se transformer en adulte qui devra fournir beaucoup d'efforts pour s'extraire du tronc et émerger. Cette larve peut atteindre 20 ou 30mm de long, grand corps mou équipé de belles mandibules.
Au début de cette notule je l'ai comparé à une grosse guêpe, mais si il y a une vague ressemblance, le sirex n'est pas du tout dangereux, car n'ayant pas d'aiguillon il ne pique pas. Ce qu'on peut prendre pour un long dard dans le prolongement de son abdomen est la tarière (ou oviscapte), nous sommes alors en présence d'une femelle. La durée de vie des sirex varie de deux à six ans.
Les photos ci-dessous ont été prises dimanche matin en fin de matinée dans les Yvelines, le sirex posé sur la partie sombre d'un tronc d'arbre, était quasi invisible. Ne pouvant déposer sur ce blog que de petites photos, il est à craindre qu'elles ne semblent trop sombres.
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21.09.2009
Ma semaine télé du 14 au 20 septembre
Mardi j'étais écartelé entre le match de football Marseille/Milan AC sur TF1 et Apocalypse le documentaire en plusieurs volets diffusé par France2. Les Français contre les Italiens ou l'Europe contre le nazisme, j'ai opté pour la plus grande échelle, continuer à suivre le toujours remarquable documentaire. Les images colorisées nous rendent les anonymes plus proches, le noir et blanc les faisait entrer dans l'Histoire, la couleur nous fait entrer dans leur histoire. Même dans les moments les plus durs, le montage ne s'appesantit jamais sur les images les plus atroces.
Mercredi je délaisse France5 et son Question Maison suivi de Silence ça pousse ! Deux excellents programmes mais je suis toujours plongé dans l'écoute de mon coffret Beatles. Jeudi, encore une soirée où je ne sais donner de la zappette, sur France2 le magazine A vous de juger a invité Daniel Cohn-Bendit et vous savez que j'ai un faible pour le trublion rouquin qui maintenant a endossé le costume du vieux
sage, sur France5 un autre magazine, La grande librairie, consacré à l'actualité littéraire et présenté par le très bon François Busnel, c'est vivant et décontracté, a une heure d'écoute très raisonnable. Enfin sur ARTE un film policier de Guillaume Nicloux (2003) avec Josiane Balasko, Cette femme là, où l'actrice souvent drôle à l'écran, joue un rôle à contre-emploi de commissaire de police pas drôle du tout, dans des décors et une
lumière glauque. Etrange et envoûtant. Trois programmes pour une soirée ça devient mission impossible alors j'ai abandonné France5, me suis longtemps arrêté sur France2 avant de finir avec ARTE. J'ai un peu regretté de ne pas avoir suivi le film dans son intégralité mais je sais maintenant qu'il faudra que je m'y consacre lors d'une prochaine diffusion.
Vendredi je laisse passer le téléfilm de France2 consacré à René Bousquet avec l'excellentissime Daniel Prévost car il s'agit d'une rediffusion et je l'ai déjà vu, je peux donc me consacrer sans affoler ma zappette à la série NCIS : enquêtes spéciales diffusée sur M6. La saison 6 vient de débuter et ce sont de nouveaux épisodes, les acteurs sont toujours très amusants, Mark Hamon le patron de l'équipe, M. Weatherly son adjoint au sourire Colgate, Don Juan et cinéphile, Pauley Perrette qui dans son labo
épluche les pièces à conviction en écoutant du Hard Rock tout en sirotant des seaux de Coca Cola et le « bleu », souffre douleur de l'adjoint, spécialiste des ordinateurs. Je n'oublierai pas le médecin légiste joué par David MacCallum (quand j'étais gamin il jouait dans une série en noir et blanc avec Robert Vaughan, Des agents très spéciaux, dont nous étions tous très fans à la maison). Le NCIS dépatouille les crimes touchant les personnels de la marine militaire américaine.
Le samedi soir je continue de suivre Les Tudor diffusés par ARTE. Les costumes et les couleurs sont très beaux, les complots prennent de l'ampleur, les maîtresses du roi Henry VIII doivent prendre un ticket comme à la Sécu pour avoir le droit d'occuper une place dans son lit au grand chagrin de la Reine, mais Anne Boleyn vient de faire son apparition et son nom entré dans l'Histoire indique qu'elle va faire parler d'elle. Déjà ce soir nous avons constaté que c'était une sacrée coquine !
Enfin dimanche soir, comme toujours je termine mon week-end sur France3 à Midsomer dans le calme de la campagne anglaise, ses cottages fleuris, le thé à cinq heures avec les sandwiches au concombre. Dommage qu'il y ait tant de crimes dans un si charmant paysage, mais s'il n'y en avait pas, l'Inspecteur Barnaby n'existerait pas !
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20.09.2009
Jean-Loup Trassard : L’ancolie
Jean-Loup Trassard est né en 1933 dans la Mayenne et il publie des livres depuis le début des années 60, tout en s'adonnant à la photographie et à l'élevage de bœufs près de sa maison natale où il vit une partie de l'année. Toute son œuvre est tirée de son enfance à la campagne, des travaux des champs, des saisons qui rythment la vie paysanne.
L'ancolie est un recueil de neuf nouvelles parues en 1975. L'ancolie, dite aussi Gant de Notre-Dame, est une plante cultivée dans les jardins à cause de la beauté de sa fleur, nous apprend Le Grand Littré ce qui donne le ton du livre et fait dire à l'auteur « L'ancolie fleurissait toujours sous un même pommier, dans un seul petit pré. Chaque année nous rendions visite à ce point bleu de l'espace. » Toutes les nouvelles présentées ici tournent autour du thème de la vie à la campagne, les cultures, la chasse, les petits sentiers dans les champs, la neige ou le soleil, le froid et le chaud, les petits métiers comme le sabotier.
Des textes délicats servis par une écriture et un style très fouillés pour ne pas dire complexes. Je dois reconnaître qu'il ne m'a pas été aisé d'entrer dans cet univers plus proche de la poésie que de la prose, fait de tournures de phrases déroutantes où adjectifs et compléments ne sont pas placés où le lecteur lambda les attend. Souvent il faut relire une phrase pour en comprendre le sens, les mots sont connus mais leur place dans la phrase rend perplexe. Le texte Renaissance des dehors et des dedans d'une forêt, est constitué de deux textes, l'un occupant les pages paires, l'autre les pages impaires. D'ailleurs les nouvelles les plus complexes à lire sont placées au début de l'ouvrage, comme pour décourager les impatients, ceux qui veulent du sens immédiatement. Se lancer dans la lecture de L'ancolie c'est prendre un risque, celui d'être déçu et d'abandonner très vite, ou bien d'atteindre des zones peut fréquentées de la littérature et d'y trouver une beauté absolue. La beauté à toujours un prix, ce sera celui de l'effort que vous voudrez lui consentir.
« Dans le jardin traversé la couche de neige avait beau être somptueuse, de façon évidente les formes en dessous l'apprivoisaient, allées, bassins, grillages et petits escaliers. Le portail près du pavillon n'avait pas grincé, ou du moins pas avec le même ton qu'à l'accoutumée, et la route perdait toute limite par rapport à ses bas-côtés, mais les restes obstinés d'un charroi y étaient inscrits. »
Jean-Loup Trassard L'ancolie collection L'Imaginaire chez Gallimard
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